J'ai profité du pluvieux mois de Mai pour voir en DVD les films que j'avais loupé lors de leur sortie en salles.
Aujourd'hui, je vous en présente 4 :
Arrête de pleurer potzina !
Je ne suis pas une fan du cinéma de
Luc Besson : sa réalisation tourbillonnante et son goût immodéré pour les effets ostentatoires m'ont toujours laissé à la porte de ses films. Aussi lorsque j'ai vu qu'il avait réalisé un film sur
Aung San Suu Kyi, militante Birmane et femme d'exception, j'ai eu un peu peur du résultat. J'avais tort :
The Lady est un film magnifique et, pour moi, le meilleur de Luc Besson.
Le cinéaste a eu la bonne idée de ne pas trop en faire, il a su se mettre en retrait afin de laisser s'épanouir cette histoire vraie qui ressemble à un roman.
La mise en scène est très sobre, classique même, et ce n'est pas un mal. Une telle histoire mérite ce type de traitement, une réalisation rock' n' roll aurait été une vraie catastrophe. En effet la vie de Aung San Suu Kyi ressemble à un film d'aventure dramatique : orpheline de père alors qu'elle n'était qu'une petite fille, elle part vivre en Grande-Bretagne pour poursuivre ses études, y rencontre son mari, Michael Aris, avec qui elle a deux enfants. Elle ne retourne en Birmanie qu'en 1997 parce que sa mère est malade et se retrouve engagée presque malgré elle dans le combat politique. Devenue un symbole de liberté, elle se trouve assignée à résidence alors que son mari et ses enfants n'obtiennent plus de visas pour venir la rejoindre. Cette femme exceptionnelle et sa famille ont sacrifié leur vie de famille pour sortir la Birmanie de la dictature imposée par la junte.
Luc Besson porte un regard respectueux sur Aung San Suu Kyi et ne tombe jamais dans le mélo (pourtant, il y a matière). Ce film met en avant le combat de Aung San Suu Kyi mais il met surtout en lumière celui de sa famille : les enfants de Suu ont grandi sans leur mère et Michael Aris a été privé d'épouse, d'amante et de la mère de ses enfants pendant de nombreuses années, il est mort sans avoir jamais revu sa femme. Cet homme merveilleux, Besson n'en fait pas un Saint mais montre son engagement sans faille et son amour infini pour son épouse.
The Lady est un film poignant, je n'ai pas pu retenir mes larmes devant certaines scènes. J'ai été émue par le jeu puissant de
Michelle Yeoh et encore plus par celui de
David Thewlis qui livre ici une de ses meilleures performances d'acteur.
Oui mais non...
Je ne connaissais pas du tout le cinéma de
Takashi Miike mais comme j’ai lu dernièrement dans la presse le plus grand bien de
Hara-Kiri : mort d'un samouraï, je me suis dit que je pourrais aller à la rencontre du cinéaste grâce à
13 Assassins, son précédent film qui est sorti chez nous directement en DVD en Mars dernier.
Je suis très partagée face à ce film : je ne peux pas dire que j'ai aimé mais en même temps, je n'ai pas détesté !
13 Assassins est un film de samouraïs qui suit à la lettre les codes du genre mais il y a plus d'action et le scénario manque un peu de finesse.
L'idée de départ est bonne : 13 samouraïs sont engagés par un seigneur pour en tuer un autre qui est cruel, violent, diabolique. Ce n'est rien d'autre qu'une mission suicide mais ces hommes sont des samouraïs donc ils considèrent que leur vie n'a pas d'importance comparée à celle de leur mission.
Pour moi, ça a été un choc culturel et moral et c'est probablement à cause de ça que j'ai eu du mal à entrer dans l'histoire. Je ne sais pas vous, mais moi, je suis d'une grande lâcheté. Ma devise c'est "Courage, fuyons !" J'y tiens à ma petite vie et je ne suis pas sûre que je serais prête à la mettre en jeu pour ce genre de cause. Voir ces hommes aller au devant d'une mort certaine (violente et douloureuse) pour mettre un terme aux exactions d'un siphonné m'a laissé perplexe. C'est beau, c'est fort, c'est courageux, c'est du délire.
Le film met du temps à démarrer, j'ai même dû retourner en arrière parce que j'avais décroché
mais une fois que la mission commence, l’histoire se suit sans déplaisir.
C'est très violent, le bruitage est tellement bien fait qu'on a des hauts le cœur même si ça reste plus
soft qu'un
vigilante coréen ☺. C'est vrai que les films de samouraïs ne sont pas réputés pour leur douceur mais la plupart d'entre eux sont en noir et blanc ce qui atténue la violence de l'image. De plus, ils se dégagent souvent de ces films une certaine poésie qui est absente de
13 Assassins.
Même s'il ne m'a pas totalement convaincu,
13 Assassins m'a donné envie de voir les autres films de Miike, ce qui n'est pas si mal.
13 Assassins de Takashi Miike avec Koji Yakusho, Takayuki Yamada, Yusuke Iseya, Goro Inagaki...
Sortie en DVD : 20 mars 2012
Durée : 2 h 06 min
Quand Scorsese déclare son amour au cinéma, je m'endors !
J'adore
Martin Scorsese : j'aime le cinéaste, le scénariste, le restaurateur de films, le découvreur de talents. J'aime le voir aimer le cinéma. C'est pourquoi je me suis jetée comme un chien sur un os sur
Hugo Cabret, son film-hommage au cinéma de
Méliès et au Cinéma tout court. Le fait que
Hugo Cabret ait été présenté comme un film pour enfants ne m'a pas du tout rebuté puisque je suis moi-même une grande enfant (avec quelques cheveux blancs ☺).
Quelle déception !
Certes, le film est esthétiquement une vraie réussite mais l’histoire m'a laissé dubitative. J'ai eu l'impression de regarder un docu-fiction de 2 heures. En guise d'hommage,
Scorsese se contente du minimum syndical en mettant en scène la page Wikipédia consacrée à Méliès. Il n'y a pas de doute, c'est bien fait : les décors sont chiadés, les effets spéciaux itou mais qu'est-ce qu'on s'ennuie ! Je connaissais bien l'histoire de Méliès pour avoir lu de nombreux ouvrages consacrés à l'artiste, je savais donc que je n'apprendrais rien de nouveau mais j'espérais être émue, secouée, charmée... Ça n'a pas été le cas. Les passages les plus touchants sont ceux qui se passent entre Hugo et sa copine Isabelle parce qu'ils sont "vrais" et renvoient au monde de l'enfance.
En outre,
je n'ai pas très bien saisi l'intérêt du personnage du chef de gare si ce n'est pour rajouter un peu plus de malheur sur la tête de Hugo et pour apporter un peu d'humour et de fantaisie à un film qui en manque cruellement.
Le gros problème de ce film, c'est qu'
on se retrouve avec 3 films en 1 : un hommage en toc au cinéma, l’histoire d'un gamin en quête d'identité et celle d'un chef de gare acariâtre parce qu'il en a bavé dans la vie. Scorsese tente de lier ces histoires entre elles mais c'est trop artificiel. Aussi artificiel que la gare, les costumes et le sourire du chef de gare.
Oui, oui, oui, ouiiii !
Un sous-titre orgasmique pour un film qui l'est tout autant !
Qui l'eût cru ? Oui, qui aurait pu croire que
Roland Emmerich, qui a commis
Independence Day,
Godzilla ou encore
Arac Attack, était capable d'un tel génie ? Pas moi en tous cas.
L’histoire d'
Anonymous se base sur une question que de nombreux historiens se posent :
qui se cache derrière William Shakespeare ? On ne sait rien de cet homme : était-il vraiment ce grand dramaturge qu'on nous vend depuis des siècles ou n'était-il qu'un fantoche dans les mains d'un esprit éclairé ? C'est cette théorie que défend
Anonymous avec une grande intelligence. Certes, les amateurs de Shakespeare pourront être choqués par une telle idée mais
l'hypothèse est tellement bien étayée par Emmerich qu'on finit par se dire que c'est tout à fait possible. Le scénario est très intelligent et
Anonymous se suit comme un thriller. Les rebondissements sont nombreux et la fin laisse sur le carreau.
La mise en scène de Roland Emmerich est brillante : il utilise parfaitement les majestueux décors et dirige très bien ses acteurs. Le casting est d'ailleurs impressionnant
(Rhys Ifans, Vanessa Redgrave, David Thewlis...) et tous jouent à la perfection.
Sans aucun doute,
Anonymous fait partie de mes films préférés de l'année.
Vous avez vu ces films ?
Qu'en avez-vous pensé ?