31 janvier 2012

Exclu : l'affiche française de W.E de Madonna !

   Pretty Pictures vient de mettre en ligne l'affiche française du film W.E réalisé par Madonna. Une affiche très sobre qui met autant en avant les acteurs que les critiques élogieuses de la presse...
W.E doit sortir dans nos salles le 9 mai 2012.

Le roi Edouard VIII d'Angleterre abdique quelques mois seulement après le début de son règne sur le Royaume Uni pour pouvoir épouser Wallis Simpson, une jeune femme divorcée. Il provoque alors la plus grande crise constitutionnelle d'Angleterre de tout le vingtième siècle.



Festival Ciné Junior : la 22ème édition se déroulera du 1er au 14 février 2012

     Ciné Junior, le festival dédié aux jeunes spectateurs est de retour dans 16 villes du Val-de-Marne.


     Ciné Junior késako ? Depuis 22 ans, l'association Cinéma Public organise le Festival international de cinéma jeunes publics CINÉ JUNIOR qui se déroule dans dix-huit salles de cinéma publiques du Val-de-Marne.
Le but du Festival est de faire découvrir aux enfants et aux ados du département des films français et étrangers et d'aider à la diffusion d'œuvres permettant l'éveil artistique du jeune public.
     C'est le Festival jeune public le plus important en France tant du point de vue de la programmation que du nombre de spectateurs.

     Le Festival Ciné Junior est aussi une compétition internationale de longs et courts métrages inédits ; des journées cinéphiles en présence de jurys professionnels ; plus de 100 films pour les enfants de 3 à 15 ans pour environ 3€ ; 300 séances et 18 salles ; des ateliers et des rencontres ; un hommage au cinéma italien avec un ciné-concert et une exposition sur Leo Lionni, une carte blanche au cinema dei piccoli de Rome et de nombreux chefs-d’oeuvre du patrimoine.

Voici le programme des films qui seront diffusées :

  COMPÉTITION
Les longs métrages en compétition

Les courts métrages en compétition Programme pour les 3/6 ans

Programme pour les 7/10 ans

Programme pour les 11 ans et +

HORS COMPETITION

THEMATIQUE : HOMMAGE AU CINEMA ITALIEN

    Événements exceptionnels  :
 Le samedi 4 février : à 18 h, ouverture officielle du Festival avec la projection en exclu de Zarafa, le premier film d'animation de Rémi Bezançon et Jean-Christophe Lie. La projection sera suivie d'une rencontre avec les réalisateurs.

Le dimanche 12 février aux 3 Cinés Robespierre à Vitry-sur-Seine : à 14 h 30, remise des prix des différents jurys.
A 15 h 45, Master Class de Manuel Poirier (Président du jury Ciné Junior 2012) : le cinéaste viendra échanger sur son parcours et sur ses films dont plusieurs extraits seront projetés.
La Master Class sera suivi d'un goûter offert par le Conseil Général du Val-de-Marne.

     Plus d'infos ? Tout le programme et l'agenda complet de la 22 édition  : téléchargez-le en pdf.
Et sur le site de Cinéma Public et sur Twitter.



Bons films et bon festival à tous !

29 janvier 2012

La Clé des Champs de Claude Nurisdany et Marie Pérennou (2011)

   Une mare abandonnée, deux enfants solitaires tombent sous le charme de ce lieu sauvage qui les aide à apprivoiser la vie.
À travers leur regard, la mare devient un royaume secret à la fois merveilleux et inquiétant, peuplé de créatures de rêve ou de cauchemar...


la clé des champs, affiche
     J'avais adoré Microcosmos, le premier film entomologiste de Claude Nurisdany et Marie Pérennou. Aussi, lorsque j'ai vu que mon cinéma de quartier jouait leur dernier film La Clé des Champs, c'est avec joie que je me suis engouffrée dans la salle minuscule et surchauffée de mon ciné.
Autant que j'aille droit au but : j'ai été très déçue. Tout ce qui faisait le charme et la poésie de Microcosmos a disparu : il y avait une cohérence entre les différents plans de Microcosmos et la musique soulignait poétiquement les séquences.
     Dans La Clé des Champs, les cinéastes ont eu l'idée de baser leur inspection de la mare et de ses habitants sur le souvenir d'un homme qui se rappelle un été au bord d'une nappe d'eau pendant son enfance. Il découvre avec émerveillement la faune et la flore, apprend à se connaître grâce à une petite fille qui s'amuse également au bord de la mare. Les moments où l'enfant scrute les eaux brunes sont l'occasion pour les réalisateurs de nous faire découvrir les animaux qui peuplent cet univers.
L'idée était bonne mais terriblement mal exploitée : le synopsis laissait penser que les enfants finiraient ensemble or il n'en est rien. Ce petit plan d'eau aurait pu être le déclencheur d'une belle amitié ou d'un premier amour mais ce n'est pas le cas : les gosses passent leur temps séparément, se fuient et ne s'apprivoisent jamais.
     Les séquences avec les animaux qui peuplent les eux stagnantes sont toutes admirablement filmées mais elles s'enchainent sans logique et sont d'inégales intérêt. La séquence qui m'a le plus enthousiasmée est la métamorphose d'une libellule : ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance d'assister en direct et en gros plan à la mue d'un tel insecte. C'est la séquence la plus poétique avec celle du nénuphar qui s'ouvre en accéléré _ mais qu'on a déjà vu maintes et maintes fois _ et celle où la petite fille utilise les coquelicots pour créer des petits personnages adorables.
     A part ça pas grand chose : les gamins ont l'air amorphe, leurs "jeux" sonnent assez faux alors qu'ils ne disent pas un mot, d'ailleurs la seule scène parlée aurait mieux fait d'être muette. De plus, pendant au moins 5 minutes, les cinéastes suivent les gosses en train de jouer avec des fleurs, créant des sifflets avec des roseaux, faisant tournoyer des branches d'arbres, etc : une séquence très nostalgique du monde de l'enfance et de ses jeux simples mais qui finit par ennuyer.
la clé des champs, photos
     La musique ne m'a pas plu et elle n'est pas toujours utilisée de façon opportune, tout comme les bruitages ridicules. 
     Quant à Denis Podalydès, qui interprète le narrateur, sa voix engage au roupillon et le texte qu'il débite est verbeux et plein de lieux communs.
     Je reconnais que certaines images sont magnifiques et qu'elles m'ont renvoyé des années en arrière, lorsque je passais l'été chez ma mamy, et que je scrutais la terre munie d'un bâtonnet, débusquant les petites bêtes ou que je courais à travers champs, les herbes hautes me fouettant les mollets. En sortant de la salle j'ai eu envie de prendre un billet de train direction l'Aveyron, où la majorité des séquences ont été tournées, pour moi aussi me rouler dans l'herbe et dévaler les collines à toute berzingue. C'était peut-être l'un des buts des cinéastes : nous donner des envies de campagne... mais un numéro Des Racines et Des Ailes nous fait le même effet.
     Dommage que le film n'aie pas su trouver sa place (docu, fiction, docu-fiction ?) et qu'il sonne parfois faux car cette petite mare recèle des trésors inattendus qui valent la peine qu'on s'y attarde.


La Clé des Champs de Claude Nurisdany et Marie Pérennou avec Simon Delagnes, Lindsey Henocque, Jean-Claude Ayrinhac, Denis Podalydès, des libellules, des grenouilles, des crapauds, des coquelicots...
Durée : 1 h 21 min
Sortie en salles : 21 décembre 2011

27 janvier 2012

César 2012 : 13 nominations pour Polisse !

   Après l'Académie des Oscars, c'est au tour de celle des Césars de dévoiler les films en compétitions pour la 37ème cérémonie qui se déroulera le 24 février prochain.
 
cesar, 2012, affiche, annie girardot

     L’Académie dévoile une sélection sans surprise, qui honore les grands succès de l'année, allant même jusqu'à faire concourir Intouchables dans les catégories Meilleur film et Meilleur réalisateur ! Choix que je qualifie d'excessif : Intouchables est un film charmant, frais et drôle mais artistiquement, il reste moyen.
     The Artist est également mis à l'honneur avec 10 nominations (comme pour les Oscars, tiens, tiens, tiens !) mais c'est Polisse qui remporte le gros lot avec 13 nominations.
     Le point le plus positif est le nombre plus important de films nominés par rapport aux années précédentes...


Et tout de suite, la liste des films en compétitions :


Meilleur Film
La guerre est déclarée de Valérie Donzelli
Le Havre d'Aki Kaurismaki
The Artist de Michel Hazanavicius
Polisse de Maïwenn
L'exercice de l'état de Pierre Schoeller
Pater d'Alain Cavalier
Intouchables d'Olivier Nakache et Eric Tolédano

Meilleur réalisateur
Alain Cavalier (Pater)
Pierre Schoeller (L'exercice de l'état)
Valérie Donzelli (La guerre est déclarée)
Michel Hazanavicius (The Artist)
Olivier Nakache et Eric Tolédano (Intouchables)
Aki Kaurismaki (Le Havre)
Maïwenn (Polisse)

Meilleur Acteur
Sami Bouajila (Omar m'a tuer)
François Cluzet (Intouchables)
Jean Dujardin (The Artist)
Olivier Gourmet (L'exercice de l'état)
Denis Podalydes (La conquête)
Omar Sy (Intouchables)
Philippe Torreton (Présumé Coupable)

Meilleure Actrice
Bérénice Bejo (The Artist)
Leïla Beikhti (La source des femmes)
Valérie Donzelli (La guerre est déclarée)
Marina Foïs (Polisse)
Marie Gillain (Toutes nos envies)
Karin Viard (Polisse)
Ariane Ascaride (Les neiges du Kilimandjaro)

Meilleur Acteur dans une Second Rôle
Michel Blanc (L'exercice de l'état)
Nicolas Duvauchelle (Polisse)
Joey Starr (Polisse)
Bernard Lecocq (La conquête)
Frédéric Pierrot (Polisse)

Meilleure Actrice dans un Second Rôle
Zabou Breitman (L'exercice de l'Etat)
Anne Le Ny (Intouchables)
Noemie Lvovsky (L'Apollonide)
Carmen Maura (Les femmes du sixième étage)
Karole Rocher (Polisse)

Meilleur Scénario Original
The Artist
La guerre est déclarée
Intouchables d'Olivier
Polisse 
L'exercice de l'état 

Meilleure Adaptation
L'ordre et la Morale
Carnage 
Omar m'a tué 
La délicatesse

Meilleur Film d'Animation
Le Cirque de Nicolas Brault
Le Tableau de Jean-François Laguionie
Un Monstre à Paris d'Eric Bergeron
La queue de la souris de Benjamin Renner
Le chat du rabbin de Joann Sfar

Meilleur Film Etranger
Le discours d'un roi de Tom Hooper
Drive de Nicolas Winding Refn
Le gamin au vélo des frères Dardenne
Black Swan de Darren Aronofsky
Melancholia de Lars Von Trier
Une séparation d'Asghar Farhadi
Incendies de Denis Villeneuve

Meilleur Premier Film
17 filles de Muriel Coulin et Delphine Coulin
Le cochon de Gaza de Sylvain Estibal
La délicatesse de Stéphane Foenkinos et David Foenkinos
My little princess d'Eva Ionesco
Angèle et Tony d'Alix Delaporte

Meilleur Film Documentaire
Le bal des menteurs de Daniel Leconte
Crazy horse de Frederick Wiseman
Ici on noie les algériens de Yasmina Adi
Michel Petrucciani de Michael Radford
Tous au Larzac de Christian Rouaud

Meilleur Espoir Féminin
Adèle Haenel dans L’Apollonide, souvenirs de la maison close
Céline Sallette dans L’Apollonide, souvenirs de la maison close
Christa Théret dans La brindille
Clotilde Hesme dans Angèle et Tony
Naidra Ayadi dans Polisse

Meilleur Espoir Masculin
Nicolas Bridet dans Tu seras mon fils
Grégory Gadebois dans Angèle et Tony
Guillaume Gouix dans Jimmy Rivière
Pierre Niney dans J’aime regarder les filles
Dimitri Storoge dans Les Lyonnais

Meilleur Montage
The Artist
L'exercice de l'état
La guerre est déclarée 
Polisse 
Intouchables

Meilleur Photographie
Polisse
L’Apollonide, souvenirs de la maison close
L'exercice de l'état
The Artist
Intouchables

Meilleur Son
Intouchables
L’Apollonide, souvenirs de la maison close
L'exercice de l'état
Polisse 
La guerre est déclarée

Meilleure Musique de Film
Les bien-aimés 
L’Apollonide, souvenirs de la maison close 
Les bien-aimés
L'exercice de l'état 
The Artist 
Un Monstre à Paris

Meilleurs costumes
My little princess 
The Artist
La Source des Femmes
Les femmes du sixième étage 
L’Apollonide, souvenirs de la maison close 

Meilleurs décors
The Artist 
L’Apollonide, souvenirs de la maison close
Les femmes du sixième étage 
L'exercice de l'état
Le Havre

Meilleur court-métrage
La France qui se lève tôt d'Hugo Chesnard
L’Accordeur d'Olivier Treiner
J'aurais pu être une pute de Baya Kasmi
Un monde sans femmes de Guillaume Brac
Je pourrais être votre grand-mère de Bernard Tanguy

Un César d'honneur sera remis par Roman Polanski à Kate Winslet.

Qu'en pensez-vous ? Un de vos coups de cœur manque-t-il à l'appel ?

The Murderer de Hong-jin Na (2011)

      Yanji, ville chinoise coincée entre la Corée du Nord et la Russie, où vivent quelques 800 000 Sino-coréens surnommés les Joseon-Jok. Gu-nam (Jung-woo Ha) y mène une vie misérable et solitaire (sa femme l'a quitté) entre alcool et jeux. Myun (Yun-seok Kim), un parrain local, lui propose de l’aider à passer en Corée pour retrouver sa femme et même de rembourser ses dettes de jeu. En contrepartie, il devra tuer quelqu'un dont Gu-nam ne sait quasiment rien...


the murderer, photos
     Après le formidable The Chaser, Hong-jin Na revient avec The Murderer, un thriller palpitant et violent.
Sorti en même temps que J'ai rencontré le diable, The Murderer partage avec ce dernier une violence exacerbée et une tension extrême.
     The Murderer utilise la violence de façon très différente : dans J'ai rencontré le diable, la violence repose sur la rupture d'un homme avec la morale alors que dans The Murderer, la violence est d'abord sociale avant de se transformer en un délire trash proche de la BD. En effet, l'intrigue est bâtie sur un constat désarmant : 50 % des Joseon-Jok vivent d'activités illégales pour pouvoir survivre. Yanji apparait comme un no man's land où les habitants sont prêts à tous les sacrifices pour obtenir des conditions de vie plus dignes. La détresse est omniprésente : on joue, boit, vole, tue... comme on respire. Chaque jour est pire que le précédent, tout est sec, vide... Le titre original du film, The Yellow Sea est à cet égard plus parlant que le titre français : la mer jaune est celle qui ceint les côtes de Chine, du Japon et de la Corée du Sud, c'est une zone de trafics en tout genre où tout ce qu'il reste aux hommes est l'espoir. 
Les conditions de vie de ces individus sont dépeintes avec un grand souci de réalisme par Hong-jin Na qui prend son temps pour installer son intrigue.
the murderer, affiche
     Quand la mission est dévoilée et que l'histoire prend son envol, la violence prend une forme plus picturale. La scène du règlement de compte est à cet égard très sophistiquée, chorégraphiée et surréaliste. Ça n'en reste pas moins difficilement regardable eu égard aux bruitages et à l'utilisation d'armes blanches mais cet aspect très stylisé permet d'appréhender la violence avec plus de sérénité que dans J'ai rencontré le diable. D'autant que toutes les scènes de luttes sont inventives, tout comme les quelques courses-poursuites et que l'action s'équilibre avec des scènes beaucoup plus calmes.
     Le seul bémol est que le film s'étire un peu en longueur et qu'à vouloir développer son intrigue, Hong-jin Na perd le spectateur : on a un peu de mal à comprendre les raisons qui poussent les différents clans à s'entretuer, on ne sait même pas vraiment pourquoi le type du début se fait buter. L'histoire est un peu moins bien ficelée que celle de J'ai rencontré le diable mais The Murderer n'en demeure pas moins un très bon film, porté par des acteurs habités et en grande forme.
     Hong-jin Na confirme ici son talent de metteur en scène et signe un film plus engagé que son synopsis ne le laissait présager. Vivement son troisième film !



The Murderer (The Yellow Sea _  Hwanghae) de Hong-jin Na avec Yun-seok Kim, Jung-woo Ha, Jo-seong Ha, Chul-min Lee...
D'après l'œuvre de Hiroshi Mori
Sortie en salles : 20 juillet 2011
Sortie en DVD et Blu-ray : 29 novembre 2011
Interdit au moins de 12 ans avec avertissement

26 janvier 2012

Indignados, le nouveau film de Tony Gatlif (Bande-Annonce)

     Librement inspiré du livre Indignez-vous ! de Stéphane Hessel, le nouveau film de Tony Gatlif a germé dans son esprit après le discours de Grenoble de 2010.


     Cinéaste engagé, s'attardant sur le sort des Roms, Tony Gatlif a ressenti une profonde colère après le discours de Grenoble qui stigmatisait les Tziganes. Dans les semaines qui ont suivi le discours, des camps ont été incendiés, des Tziganes ont été délogés par la force... Tony Gatlif s'est senti impuissant et a ressenti le besoin de faire un film engagé. Après la lecture du livre de Stéphane Hessel Indignez-vous !, il a eu lui aussi conscience de la nécessité d'une "insurrection pacifique". Après sa rencontre avec Gatlif, Stéphane Hessel décide de lui céder l'adaptation de son livre.
     Tony Gatlif décide alors de mettre au centre de son film une jeune fille africaine qui émigre en Europe pour essayer de trouver du travail et de l'argent. Cette jeune fille symbolise tous les "indésirables" d'Europe.
Cette Africaine qui vient par la mer, telle un fantôme, me semble être le symbole de tous les rejetés, de tous ceux dont l’Europe ne veut pas, tous les sans papiers, tous ces gens qui rêvent de l’Europe en pensant qu’elle va les protéger.
Tony Gatlif

     Lorsque le mouvement des Indignés a éclaté en Espagne, Gatlif a pris sa caméra pour filmer ces jeunes pour lesquels il éprouve "beaucoup de respect et d'admiration". Voir ces jeunes se battre lui a redonné espoir.
A Paris, il filme des gens qui, à force de dormir dehors, sont devenus aussi gris que les trottoirs et invisibles.
Il filme en gros plans et parfois de dos "par pudeur et pour éviter le misérabilisme". Il n'a "filmé de face que ceux qui voulaient témoigner".
     Indignados, c'est la "suite" du livre de Stéphane Hessel. C'est un film spontané et sincère, au cœur d'une année marquée par la révolte des opprimés.
Indignados sortira en salles le 7 Mars.

Indignados est le témoignage de ce qui se passe aujourd’hui, et nous plonge dans la réalité dense et palpable d’une Europe révoltée. Au cœur de l’actualité, au sein même des mouvements des Indignés, nous découvrons, à travers le regard et le voyage de Betty, jeune clandestine africaine, des hommes et femmes qui se dressent face à un système, pour juste pouvoir Vivre.


Pour plus d'informations : lisez le dossier de presse
Rendez-vous sur le site de Tony Gatlif,  son compte Twitter et sa page Facebook.





Indignados de Tony Gatlif avec Betty, Fiona Monbet, Isabel Vendrell Cortès, Norig, Nawel,Ben Kraiem, Eric Gonzalez Herrero, Karine Gonzales, Maud Verdier, Aurélien Le Guerinel, Adiatou Sakho, Lucie Laustriat.
Librement inspiré de Indignez-vous ! de Stéphane Hessel (Indigènes éditions)
Ventes internationales : Les Films du Losange

25 janvier 2012

Le film d'animation du mois : Les 101 Dalmatiens de Clyde Geronimi, Hamilton Luske, Wolfgang Reitherman (1961)

     Nouvelle année, nouvelle rubrique ! J'ai un véritable amour pour un genre souvent considéré comme mineur et enfantin par les amateurs de cinéma : le film d'animation. Cette nouvelle rubrique sera l'occasion de lui rendre ses lettres de noblesse et de partager avec vous mes coups de cœur ou mes coups de gueule ! Nous nous replongerons dans les classiques, nous irons flirter avec l'animation japonaise, nous nous pencherons sur des œuvres plus confidentiels... Films familiaux, pour les tous petits ou seulement pour les (très) grands, tous auront leur place ici.
     Pour commencer notre voyage tout en douceur, redécouvrons un film classique, familial, fédérateur et émouvant : Les 101 Dalmatiens.

les 101 dalmatiens, photos


     Pongo et Perdita, deux magnifiques Dalmatiens, deviennent par une terrible nuit d'orage les parents de 15 bébés ! La joie des parents et de Roger et Anita, leurs fidèles compagnons, est de courte durée car l'horrible Cruella d'Enfer a décidé de kidnapper les bébés pour se faire un... manteau ! N'écoutant que leur courage, Perdita et Pongo partent à la recherche de leurs petits...



les 101 dalmatiens, affiche
     Après l'échec cuisant de La Belle au Bois Dormant, Walt Disney décide d'abandonner l'adaptation de contes de fées au profit de projets plus modernes et moins ambitieux. Il décide alors d'adapter le roman de Dodie Smith, The One Hundred and One Dalmatians sorti en 1956.
     La bonne idée du scénariste Bill Peet est de raconter l'histoire du point de vue des chiens. Ainsi, dès le début du film les situations s'inversent : c'est Roger qui est le fidèle compagnon de Pongo et c'est Pongo qui sort Roger ! De cette manière le spectateur s'attache immédiatement à Pongo puis à Perdita et à leurs bébés.
     Il faut dire que la dramatisation des personnages est parfaite : non seulement tous les animaux sont adorables, drôles et émouvants (plus que dans la réalité puisque les Dalmatiens ne sont pas vraiment connus pour leur bon caractère !) mais en plus les personnages humains sont tous parfaitement dessinés et identifiables. Le must en la matière est Cruella d'Enfer qui est la plus méchante des méchantes Disney ! Son physique de liane, son faciès de chauve-souris, ses cheveux bicolores, son maquillage excessif, ses cigarettes empoisonnées et sa voix de crécelle en font un personnage terrifiant et inoubliable. Chacune de ses apparitions est un pur moment d'angoisse car, au-delà de son physique très particulier, Cruella est un monstre de méchanceté : égocentrique, colérique, arrogante, sans aucun sens moral, elle n'hésite pas à écraser tout le monde sur son passage pour obtenir ce qu'elle désire. La méchante Reine de Blanche-Neige est une mère-poule à côté de la "cruelle diablesse" !
Face à un personnage aussi fort, les autres auraient pu passer inaperçus sans le génie des artistes Disney. En effet, Roger, Anita et Nanny représentent les "gentils" mais ne sont pas pour autant des béni-oui-oui ou des faire-valoir. Ils sont doux et tendres mais savent aussi faire preuve de tempérament comme lorsque Nanny jette une théière à la tête de Jasper ou lorsque Roger s'oppose virilement à Cruella. Roger est d'ailleurs un de mes personnages préféré tant il sait se montrer drôle et ironique.
Quant aux deux laquais de Cruella, Horace et Jasper, ils sont tordants de bêtise et de maladresse. Pas vraiment méchants, ces deux nigauds provoquent l'hilarité à chaque apparition.
     Les animaux ne sont pas en reste : la famille de Dalmatiens est sensationnelle car chacun des membres à un caractère bien défini et un physique attachant comme le rondouillard Rolly. Les autres animaux sont tous très bien écrits, du vieux Colonel au danois en passant par le Sergent, les gentilles vaches ou le labrador.
     Forte de ce magnifique casting, l'équipe Disney nous offre un film divertissant et passionnant. Les péripéties se multiplient, les aventures s'enchainent, le rythme est endiablé. Mais ce n'est pas une raison pour oublier l'émotion : nous sommes attendris par les pitreries des chiots, terrifiés à l'idée qu'un des nouveaux-nés soit mort, amusés par Horace et Jasper et épouvanté par Cruella ! La fuite des chiots du castle d'Enfer est un moment purement anxiogène, heureusement allégé par les glissades et l’autoritarisme de ce bon vieux Colonel.  L'équilibre entre angoisse, rires et larmes est parfait.
     Les messages véhiculés par les 101 Dalmatiens n'ont pas pris un ride et c'est toujours un vrai plaisir de revoir ce film à "l'ancienne" à l'heure du numérique et de la 3D, d'autant plus que le graphisme est joli bien qu'un peu brouillon.
     Un autre bon point est que l'on n'est pas inondé par les chansons qui, souvent, cassent le rythme du film. Ici, les trois chansons s'intègrent parfaitement à l'histoire et sont très entrainantes, principalement Cruella d'Enfer entonné joyeusement par Roger.

     Les 101 Dalmatiens fait partie de ces films qu’on ne se lasse pas de voir tant il est drôle, tendre, rythmé et intemporel. C'est l'apanage des grands films, non ?



Les 101 Dalmatiens (One Hundred and One Dalmatians) de Clyde Geronimi, Hamilton Luske, Wolfgang Reitherman
Genre : film d'animation

Durée : 1 h 19 min
Sortie en salles : 1961
Sortie en DVD : 1998
A partir de 3 ans

24 janvier 2012

Oscars 2012 : 10 nominations pour The Artist !

     C'est aujourd'hui que l'on a découvert la liste des nominés aux Oscars 2012. Cette année 60 films sont en compétions pour une 84ème cérémonie qui s'annonce très conventionnelle.


     Habituellement, je ne m'intéresse pas vraiment aux Oscars car c'est une cérémonie qui m'ennuie beaucoup. Mais cette année, chauvinisme primaire oblige, j'ai guetté les noms des nominés avec avidité sachant que The Artist avait de forte chance de l'être dans plusieurs catégories.
     Eh bien Mesdames et Messieurs, le film de Michel Hazanavicius est nominé dans 10 catégories dont Meilleur film, Meilleur réalisateur, Meilleur acteur (pour Jean Dujardin) et Meilleure actrice dans un second rôle (pour Bérénice Béjo) ! Il talonne Hugo Cabret et ses 11 nominations ! Il n'y a plus qu'à espérer que The Artist ne reparte pas les mains vides le 26 février prochain puisqu'il devra se battre avec des adversaires de taille : Woody Allen, George Clooney, Steven Spielberg, Terrence Malick...

     D'après Allociné, The Artist est le film français le plus nominé dans l'histoire des Oscars dépassant Le Pianiste, Z, Cyrano de Bergerac et Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain !

     Même si nous sommes tout à notre joie de voir un film français si bien représenté, n'oublions pas les autres et surtout les grands absents de ces nominations. Pas de Leonardo DiCaprio, pas de Andy Serkis, pas de Ryan Gosling ni même de Michael Fassbender pour la catégorie Meilleur Acteur. De très bons films semblent d'ailleurs avoir été totalement zappés par l'Académie ! Drive n'est ainsi représenté que dans la catégorie Meilleur son et Shame n'est pas du tout nominé... On constate une fois de plus que les films nominés sont ceux qui ont bénéficié de la plus importante campagne marketing. Je ne dis pas que les films en compétitions sont mauvais, au contraire, mais on sent le goût prononcé de l'Académie pour des films consensuels, accessibles, historiques, biographiques et pour les adaptations de best-sellers ! ☺

Ceci étant dit, voici la liste des nominations par catégories :

Meilleur film
The Artist de Michel Hazanavicius
The Descendants d' Alexander Payne
La Couleur des sentiments de Tate Taylor
Le stratège de Bennett Miller
Cheval de guerre de Steven Spielberg
The Tree of life de Terrence Malick
Minuit à Paris de Woody Allen
Extrêmement fort et incroyablement près de Stephen Daldry
Hugo Cabret de Martin Scorsese

Meilleur réalisateur
Michel Hazanavicius (The Artist)
Martin Scorsese (Hugo Cabret)
Alexander Payne (The descendants)
Woody Allen (Minuit à Paris)
Terrence Malick (The tree of life)

Meilleur acteur
Brad Pitt – Le stratège
Gary Oldman – La Taupe
George Clooney - The Descendants
Jean Dujardin - The Artist
Demian Bechir - A better life

Meilleure actrice
Meryl Streep – La Dame de Fer
Michelle Williams - My Week With Marilyn
Viola Davis – La Couleur des sentiments
Glenn Close - Albert Nobbs
Rooney Mara - Millenium

Meilleur second rôle masculin
Christopher Plummer - Beginners
Jonah Hill – Le Stratège
Kenneth Branagh - My Week With Marilyn
Nick Nolte - Warrior
Max Von Sidow - Extrêmement fort et incroyablement près

Meilleur second rôle féminin
Bérénice Bejo - The Artist
Jessica Chastain – La Couleur des sentiments
Melissa Mccarthy – Mes Meilleures amies
Octavia Spencer – La Couleur des sentiments
Janet McTeer- Albert Nobbs

Meilleur Scénario original
The Artist - Michel Hazanavicius
Mes Meilleures amis - Annie Mumolo, Kristen Wiig
Minuit à Paris - Woody Allen
Margin Call - JC Chandor
Une séparation - Asghar Farhadi

Meilleur Scénario adapté
The Descendants - Alexander Payne, Nat Faxon, Jim Rash
La Taupe - Bridget O'Connor, Peter Straughan
Hugo Cabret - John Logan
Le stratège - Steve Zaillant et Aaron Sorkin
Les marches du pouvoir - George Clooney et Grant Heslov

Meilleur film en langue étrangère
Une Séparation d'Asghar Farhadi
Bullhead de Michael R. Roskam (Belgique)
Monsieur Lazhar de Philippe Falardeau (Canada)
Une Séparation d' Asghar Farhadi (Iran)
Footnote de Joseph Cedar (Israël)

Meilleur film d'animation
Rango 
Une vie de chat
Chico et Rita
Kung Fu Panda 2
Le chat potté

Meilleure technique cinématographique
Guillaume Schiffman - The Artist
Jeff Cronenweth - Millenium
Robert Richardson - Hugo Cabret
Emmanuel Lubezki - The Tree of Life
Janusz Kaminski - Cheval de Guerre

Meilleure direction artistique
The Artist
Harry Potter et les Reliques de la Mort - Partie 2
Hugo Cabret
Cheval de Guerre

Meilleurs costumes
Anonymous
The Artist
Hugo Cabret
Jane Eyre
W.E

Meilleur documentaire
Hell and back again
If a tree falls
Paradise Lost 3 : purgatory
Pina
Undefeated

Meilleur court-métrage documentaire
The barber of Birmingham
God is the bigger Elvis
Incident in New Baghdad
Saving Face
The Tsunami and the Cherry Blossom

Meilleur court-métrage
Pentecost
Raju
The Shore
Time Freak
Tuba Atlantic

Meilleur montage
The Artist
The descendants
Millenium
Hugo Cabret
Le stratège

Meilleur maquillage
Albert Nobbs
Harry Potter et les Reliques de la Mort 2
La dame de fer

Meilleure musique originale
Ludovic Bource pour The Artist
John Williams pour Tintin et les secret de la Licorne
Howard Shore pour Hugo Cabret
Alberto Iglesias pour La taupe
John Williams pour Cheval de Guerre

Meilleure chanson originale
Man or Muppet (Les Muppets)
Real in Rio (Rio)

Meilleur mixage
Millenium
Hugo Cabret
Le stratège
Transformers 3
Cheval de Guerre

Meilleur son
Drive
Millenium
Hugo Cabret
Transformers 3
Cheval de Guerre

Meilleurs effets spéciaux
Harry Potter 7 - partie 2
Hugo Cabret
Real Steel
La planète des singes origines
Transformers 3

Pour la liste en V.O, rendez-vous sur le site des Oscars 2012.

Et vous chers lecteurs, que pensez-vous de ces nominations ? 
Ça vous intéresse ou vous avez d'autres chats à fouetter ?

21 janvier 2012

Cloclo, les premières images !

     Il y a un mois, StudioCanal mettait en ligne un teaser de Cloclo, le biopic sur Claude François.
     Histoire de vous faire patienter jusqu'à sa sortie, je vous propose de découvrir les premières images du film de Florent Emilio Siri mettant en scène Jérémie Rénier dans le rôle du chanteur.

     La ressemblance entre Jérémie et Claude est frappante et troublante. Évidemment ça ne suffit pas à faire un film, il faudra attendre jusqu'au 14 mars pour voir si c'est un chef d'œuvre ou un pur navet. Dans tous les cas, Jérémie Rénier pourra toujours concourir dans la catégorie du meilleur clone ! ☺















Cloclo raconte la vie de Claude François sous toutes ses facettes, et révèle l’homme derrière l’idole. Expulsée du jour au lendemain d’Egypte lors de la nationalisation du Canal de Suez, la famille François se retrouve démunie à Monaco. Claude, qui a alors 17 ans, trouve le moyen, à travers la musique, de gagner sa vie en faisant ce qu’il aime. Son père n’entrevoit dans ce choix aucune perspective de réussite…


18 janvier 2012

Le Privé (The Long Goodbye) de Robert Altman (1973)

     I love cinema a décidé de s'associer à la Cinémathèque Française afin de rendre hommage à Robert Altman en vous parlant d'un des meilleurs films du cinéaste : Le Privé.

En pleine nuit, Terry Lennox (Jim Bouton) demande à son ami Philip Marlowe (Eliott Gould), un détective privé, de le conduire de toute urgence au Mexique. Ce dernier accepte, mais à son retour il est accueilli par la police : Sylvia, l'épouse de Lennox, a en effet été retrouvée assassinée et Marlowe est inculpé de complicité de meurtre.


      Le Privé est ce qu'on appelle un film noir : le crime, l'infidélité, la jalousie, la trahison en sont les thèmes principaux. On y trouve bien sûr un détective privé blasé, une femme fatale, des personnages secondaires riches et une enquête tordue qui perd aussi bien le détective que le spectateur.
     Même s'il respecte dans les grandes lignes les codes du genre, Le Privé est un film qui porte en lui le style particulier de Robert Altman. En effet, le cinéaste a fait des choix artistiques qui peuvent dérouter le spectateur. Le Privé surprend par le choix de l'acteur qui incarne le personnage principal : Elliott Gould, jusqu'ici plutôt habitué à incarner des personnages légers, qui reprend un rôle tenu par le sombre Humphrey Bogart dans Le Grand Sommeil quelques années plus tôt.
     D'autant qu' Eliott Gould interprète un Philip Marlowe qui semble tout droit sorti des années 40 et qui détonne au milieu de la faune des 70's. Il porte un costume, une cravate, fume comme un sapeur pompier, vit une histoire d'amour avec son chat, conduit une guimbarde et se fiche de tout alors qu'autour de lui gravitent des personnes aux mœurs légères, des hippies s'adonnant au yoga et aux spacecakes, des individus soucieux de leur apparence, qui prennent soin de leur santé et qui adorent se faire dorer au soleil... C'est cette dichotomie entre le personnage du privé un peu réac' et les autres qui choque et qui fait de Marlowe un personnage tout de suite attachant comme le sont toujours les marginaux (au cinéma du moins). Sa nonchalance, son je-m'en-foutisme et son ironie sont irrésistibles... jusqu'à la fin où l'on s’aperçoit que Marlowe est tout sauf un débonnaire et un gentil benêt mais un homme guidé par ses propres principes et qui s'assoit sur la morale car il n'hésite pas une seconde à assouvir sa vengeance. Marlowe est donc un personnage bien plus complexe qu'il ne le laisse supposer de prime abord.
Un autre personnage qui fait tâche est celui de l'écrivain alcoolique, interprété par l'excellent Sterling Hayden, plus fragile que son imposante apparence ne le laisse présumer. Son mode de vie et sa façon de penser sont proches de celles de Marlowe et sa fin tragique est le résultat de son dégoût de ce monde. C'est la scène du suicide de l'écrivain qui amorce un changement de ton dans Le Privé, qui était jusqu'ici un film assez léger, et qui laisse éclater la misanthropie de Robert Altman qu'on ne faisait alors que supposer.
     En effet, Altman en profite pour critiquer l'Amérique des 70's à travers les rencontres que Marlowe va faire tout au long du film : ses voisines babas droguées, des gangsters imbus d'eux-même et stupides, un artiste alcoolique à la dérive, un médecin qui ressemble à un gourou de secte, une femme aux airs d'ange mais manipulatrice... Des personnages haut en couleur mais détestables que Marlowe observe d'un air désabusé. Des personnages certes un peu clichés mais qui sont le reflet de la société contemporaine de l'époque sur laquelle Altman posait déjà un regard désapprobateur.
     Outre le choix de l'acteur, l'autre excellente idée est la musique composée par John Williams : c'est la même chanson (The Long Goodbye) pendant tout le film mais avec des variations de rythmes et de tons... Une chanson mélancolique qui revient sans cesse mais sous des aspects différents comme pour mieux souligner la ruse et la tromperie des personnages...
     Avec Le Privé, Robert Altman signe un excellent film noir, passionnant et haletant dans lequel s'exprime tout son talent de directeur d'acteurs et de metteur en scène. Un de ses meilleurs films, annonciateur d'œuvres  plus désenchantées, dans lequel il impose son style et son attrait pour les personnages profonds et ténébreux. A découvrir ou redécouvrir.


Le Privé (The Long Goodbye) de Robert Altman avec Eliott Gould, Sterling Hayden,  Nina Van Pallendt, Jim Bouton, Henry Gibson, David Carradine, Arnold Schwarzenegger...
D'après l'œuvre de Raymond Chandler.
Durée : 1 h 52
Sortie en salles : 1973
Sortie en DVD : 2004

15 janvier 2012

Robert Altman investit La Cinémathèque Française du 18 janvier au 11 mars 2012

     Dans le cadre des Récits Américains, La Cinémathèque rends hommage à un cinéaste majeur qui a bouleversé le cinéma hollywoodien en pratiquant une relecture très personnel des films de genre : Robert Altman.

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     Après Clint Eastwood et Steven Spielberg, c'est au tour de Robert Altman d'être mis à l'honneur par la Cinémathèque Française.
     Cinéaste indépendant, s’appropriant les codes des genres traditionnels, à contre-courant des modes, Robert Altman est un artiste majeur. Sa filmographie convoque un thème récurrent : la critique de l'Amérique.
Aussi à l'aise dans le western (McCabe and Mrs Miller, 1971) que le surnaturel (Images, 1972) ou le film noir (Le Privé, 1973), c'est avec M.A.S.H. (1969) qu'il connait son premier vrai succès public et critique ce qui lui permet de fonder sa maison de production (Lion's Gate) afin de conserver son indépendance.
     Robert Altman devient rapidement un spécialiste du "récit éclaté" car il met en scène plusieurs histoires parallèles qui se croisent comme dans The Player ou Short Cuts dans lesquels il épingle les travers de l'industrie cinématographique et de la société contemporaine.
Son dernier film, The Last Show (sorti en France quelques semaines après le décès du cinéaste) est un hommage vibrant aux marginaux, aux artistes et à une Amérique en train de disparaître.
     C'est à cet artiste aussi poétique que réaliste et satirique que la Cinémathèque rendra hommage du 18 janvier au 11 mars.

     L'hommage prendra évidemment la forme d'une rétrospective avec la diffusion de nombreux films du cinéaste dans les salles de la Cinémathèque ainsi que la projection d'épisodes de séries inédits réalisés par Altman ainsi qu'un documentaire rare sur le tournage de Short Cuts.

Alfred Hitchcock Presents : The Young One / Alfred Hitchcock Presents : Together / Bonanza : Silent
Aria - Robert Altman et autres réalisateurs (film à sketches)
Basements
Beyond Therapy
Brewster McCloud 
Buffalo Bill et les Indiens
The Caine Mutiny Court-Martial
Company 
Cookie's Fortune
Countdown
Un couple parfait
Docteur T et les femmes
Les Flambeurs
Fool for Love 
The Gingerbread Man
Gosford Park 
HealtH
Images
John McCabe
Kansas City
The Last Show
M*A*S*H
Un mariage

Docteur T et les femmes
Les Flambeurs
Fool for Love
The Model's Handbook / Honeymoon for Harriet / The Delinquents
Nashville -
Nous sommes tous des voleurs
O.C. and Stiggs
The Perfect Crime / L'Histoire de James Dean (court-métrage de commande)
The Player
Popeye
Prêt-à porter
Le Privé
Quintet
Reviens, Jimmy Dean, reviens
Secret Honor
Short Cuts
Streamers
Tanner '88 : épisodes 1-2
Tanner '88 : épisodes 3-5
Tanner '88 : épisodes 6-8
Tanner '88 : épisodes 9-11
Tanner on Tanner
That Cold Day in the Park
Trois Femmes
The Troubleshooters
Vincent et Théo

Pour les horaires et les tarifs, regardez le calendrier des projections.

     Le lundi 30 février à 19h se tiendra une conférence animée par Vincent Amiel : Altman, le sens du spectacle.
Le spectacle selon Altman est toujours chargé d'Histoire, chargé des mythes et des représentations qui font l'identité d'une société, d'une nation, d'un groupe culturel. Mais, comme un substitut, ce spectacle remplace souvent le récit. Et pourquoi tant d'histoires qui se croisent, si ce n'est pour qu'aucune ne l'emporte ? Tant de destins pour qu'aucun ne se dessine vraiment ? Si le cinéma américain sait raconter des histoires, Altman montre qu'il sait les arrêter aussi, les figer : en faire spectacle.
La conférence sera suivi de la projection du film Short Cuts.

     Le 4 février, une Table Ronde consacrée au cinéma US aura lieu à 14 h : Le cinéma américain ou l'art de raconter des histoires : Eastwood, Spielberg, Altman (et les autres...).

Pour en savoir plus sur l'hommage rendu à Robert Altman, rendez-vous sur le site de la Cinémathèque Française ou lisez le dossier de presse.

13 janvier 2012

Sleeping Beauty de Julia Leigh (2011)

     Lucy (Emily Browning), une jeune étudiante qui a besoin d’argent, multiplie les petits boulots. Suite à une petite annonce, elle intègre un étrange réseau de beautés endormies. Elle s’endort. Elle se réveille. Et c’est comme si rien ne s’était passé… ou presque.

sleeping beauty, affiche
     C'est uniquement deux mois après sa sortie dans nos salles que je vous parle de Sleeping Beauty de Julia Leigh pour la simple et bonne raison qu'il n'est sorti que ce mercredi dans ma région. Vous vous souvenez peut-être que le film a été interdit aux moins de 16 ans par la commission de classification des œuvres cinématographiques sous prétexte qu'il serait "une incitation à la prostitution". Fort de cette mauvaise réputation, Sleeping Beauty a été très peu distribué sur notre territoire et c'est un miracle que mon petit ciné de quartier ait réussi à le jouer, ne serait-ce que pour une soirée !
Ceci étant dit, je réponds tout de suite à LA question qui vous brûle les lèvres : méritait-il cette interdiction ? Pas vraiment, du moins pas sous ce motif. Qu'il soit interdit aux moins de 16 ans peut se comprendre à cause du sujet traité et de la façon dont il l'est (même si je ne crois pas que des enfants iraient voir d'eux-même un tel film) mais Sleeping Beauty est tout sauf une incitation à la prostitution. A moins d'être totalement dérangée ou de n'avoir rien compris au film (voire les deux), je crois qu'aucune femme ne peut avoir envie de s'adonner à ce genre d'expérience après la séance.
     En effet, Sleeping Beauty traite de la prostitution sans complaisance : c'est un métier, les rapports économiques prédominent, les femmes ne sont que des objets de plaisir et c'est dangereux.
On est choqué, écœuré même, par le contraste entre la beauté éclatante de la jeune fille et les corps décharnés et œdémateux des vieillards qui viennent la caresser et/ou la maltraiter. Mais le pire est que la belle endormie paraît morte dans les bras de ces vieux cacochymes et on a la respiration coupée de les voir jouer avec ce corps qui semble privé de vie. Mais on ne peut pas haïr ces hommes car ils inspirent autant la pitié que le dégoût, eux que les forces et la joie de vivre quittent peu à peu.
     Emily Browning se retrouve une fois de plus, après Sucker Punch, dans la peau d'un objet sexuel convoité par les hommes. Elle troque sa blondeur peroxydée contre une teinte plus naturelle mais le personnage de Lucy est assez proche de celui de Baby Doll (la comparaison avec Sucker Punch s'arrête heureusement là). Lucy est un personnage complexe, difficile à cerner mais s'il ne fallait utiliser qu'un mot pour la décrire, je choisirai : perdue. Sa vie est désespérante, elle cumule les petits boulots, s'ennuie, n'a aucun respect pour elle-même. Elle a des attitudes qui pourraient la rendre antipathique (elle allume les mecs, se tape le premier qui passe, brûle de l'argent) mais sa vie est tellement vide qu'on ne peut pas lui reprocher ses errances. C'est un personnage froid qui m'a beaucoup fait penser à la Claire Dolan de Lodge Kerrigan. D'ailleurs, le traitement un peu froid est proche du travail de Kerrigan ou de Jane Campion (qui a d'ailleurs soutenu le film).
sleeping beauty, emily browning
     La différence est qu'il y avait de l'espoir dans Claire Dolan ce qui n'est pas le cas ici. Le film de Julia Leigh ne s'achève pas sur un sourire éclatant mais sur des torrents de larmes et des cris de désespoir.
Ce misérabilisme et la froideur du film peuvent repousser tout comme la langueur des personnages. Personnellement, loin de me rebuter, cette atmosphère m'a transporté et j'ai été surprise de voir se dérouler le générique de fin tant j'ai été happée par cette histoire. Le temps a filé bien trop vite à mon goût mais pas à celui de mes voisins qui bâillaient ostensiblement !
     Cependant, il faut reconnaitre que le récit se perd dans des intrigues secondaires difficilement compréhensibles. Par exemple, je n'ai pas compris la relation entre Lucy et Birdman et encore moins la destinée tragique de ce personnage. Est-ce pour souligner l'inanité de l'existence de Lucy ? Ou est-ce pour signaler son désir de normalité ? Si quelqu'un a une idée, qu'il n'hésite pas à la partager.
     Il n'empêche qu'il ne s'agit-là que d'un petit bémol et Sleeping Beauty aurait mérité une plus large diffusion car c'est un film envoûtant, dérangeant et esthétiquement soigné. Une première réalisation réussie (même si imparfaite) qui donne envie de suivre de près la carrière de Julia Leigh.



Sleeping Beauty de Julia Leigh avec Emily Browning, Rachael Blake, Ewen Leslie...
Sortie en salles : 17 novembre 2011
Durée : 1 h 40
Interdit aux moins de 16 ans.

Réédition en salles de Fric-Frac et Five Easy Pieces !

     Solaris Distribution a décidé de rééditer en salles deux films : Fric-Frac de Maurice Lehmann et Five Easy Pieces (Cinq Pièces Faciles) de Bob Rafelson.

     Fric-Frac de Maurice Lehmann ressort en salles le 1er Février 2012 en copies neuves. Sorti pour la première fois en 1939, le film a un joli casting composé de Fernandel, Arletty et Michel Simon.

 
     Fric- Frac est l'histoire de Marcel, un brave garçon, employé de la bijouterie Mercandieu. La fille du patron rêve d’en faire son fiancé mais Marcel tombe sous le charme de Loulou, une aguicheuse qu’accompagne le nonchalant Jo, délinquant à la petite semaine. Voilà que Tintin, l’homme de Loulou qui fait un séjour en prison, a besoin d’argent. Loulou ambitionne alors un « fric-frac » chez le bijoutier Mercandieu.

     Voir ou revoir Fric-Frac sur grand écran doit être une expérience cinématographique des plus intéressantes car il réunit en son casting 3 acteurs au jeu démonstratif et à la gouaille inégalable interprétant des dialogues teintés d'argot...



     Five Easy Pieces de Bob Rafelson ressort en salles le 15 Février en version restaurée. On trouve au casting de ce film sorti pour la première fois en 1970 : Jack Nickolson, Karen Black et Susan Anspach.

     Issu d’une famille bourgeoise, Robert Dupea est un révolté. Par réaction contre son milieu, il a renoncé à sa carrière de musicien pour devenir ouvrier spécialisé et vit avec une serveuse nommée Rayette. Pour lutter contre l’ennui, il boit et joue au poker… Un jour, Robert décide de partir vers le Nord, là où se trouve la riche demeure familiale. Il rencontre alors Catherine, la petite amie de son frère…

     C'est grâce à son rôle de Robert Dupea dans Five Easy Pieces que Jack Nickolson reçut sa première nomination aux Oscars. Dans la même lignée que Easy Rider, le film reprend cette idée propre au cinéma US des années 70 : partir en laissant tout derrière soi...


Pour en savoir plus sur ces deux films, rendez-vous sur solaris-distribution.com.

10 janvier 2012

Olivier Dahan va réaliser un biopic sur Grace Kelly !

     Décidément, le biopic est à la mode ! Olivier Dahan, le réalisateur de La Môme, est sur les rangs pour diriger le film biographique sur Grace Kelly.

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     Selon Deadline, Olivier Dahan aurait signé pour réaliser le film sur Grace Kelly : Grace of Monaco. Le producteur de ce film, Pierre-Ange Le Pogam (ex d'EuropaCorp) et Olivier Dahan auraient déjà eu quelques réunions afin de choisir l'interprète de celle qui abandonna sa carrière d'actrice pour devenir Princesse de Monaco par amour pour le Prince Rainier.

     Le film budgété à 15 millions de dollars est basé sur un script de Arash Amel qui a fait partie de la dernière Black List (ce qui signifie que ce n'est pas le meilleur script de l'année).
     L'histoire se déroulera sur 6 mois, pendant l'année 1962, lorsque Charles de Gaulle et le Prince Rainier entrèrent en désaccord sur le statut de paradis fiscal de la principauté. La France laissa un délai de 6 mois à Monaco pour réformer les lois fiscales et les tensions montèrent. A cette époque, Grace Kelly avait abandonné sa carrière d'actrice pour devenir Princesse à "plein temps." Le film se penchera sur ses manœuvres politiques en coulisses pour sauver Monaco.

     Au regard du succès de La Môme en France mais surtout Outre-Atlantique et l'Oscar que Marion Cotillard a reçu pour son rôle de Piaf, il est à parier que les actrices vont se bousculer pour obtenir le rôle. D'autant que le genre n'a jamais eu autant la côte auprès du public et de l’Académie des Oscars (Le Discours d'un Roi, La Dame de Fer, My Week with Marilyn...)


Qui voyez-vous pour incarner la somptueuse Grace Kelly ? 
Cette idée de biopic vous enthousiasme ou pas ?

VIDEO : la Master Class de Steven Spielberg à la Cinémathèque Française

      C'est hier soir que débutait la rétrospective consacrée à Steven Spielberg à la Cinémathèque Française.


     A cette occasion, Steven Spielberg est venu présenter en avant-première son nouveau film Cheval de Guerre (War Horse).
Animée par Costa Gavras et Serge Toubiana, cette Master Class est aussi l'occasion de revenir sur la méthode de travail de Steven Spielberg, sa façon de choisir ses projets et son amour pour le cinéma.

     Une heure de plaisir pour les cinéphiles amoureux du cinéaste. Merci à la Cinémathèque d'avoir mis en ligne cette belle leçon de cinéma !
Je n'en dis pas plus et vous laisse apprécier...

9 janvier 2012

Bilan ciné 2011 : le pire du pire...

     Après le meilleur du meilleur de l'année 2011, je vous propose "le pire du pire" : il n'y a pas de yin sans yang. Une fois de plus, je n'établirai pas un Top de flops mais j'évoquerai plutôt des mauvais souvenirs ou des déceptions. J'ai un peu hésité (1/4 de secondes) à proposer cet article car je sais à quel point les commentaires sous ce genre de billets peuvent être virulents. Mais je me sens pousser des ailes en ce moment...
C'est parti, voici mon "pire du pire" ou comment je suis capable d'avoir la dent dure (mes fidèles lecteurs savent que ce n'est pas vraiment mon genre).




The Green Hornet de Michel Gondry
J'aime beaucoup les films de Michel Gondry : leur magie, leur inventivité, leur côté décalé... J'aime aussi les films de superhéros mais pas au point d'en faire une jaunisse si on se moque des codes du genre donc je suis allée voir The Green Hornet conquise d'avance. Eh bien, pour le coup j'ai été hyper déçue. Le film est long, lent, pas drôle et il aurait pu être réalisé par n'importe qui. L'interprétation est calamiteuse, ceux qui s'en sortent le mieux sont James Franco et Christoph Waltz. J'ai regardé l'heure, j'ai bâillé, j'ai envisagé de fuir la salle... En bref, j'ai vraiment regretté de ne pas être allée voir Arrietty ou Incendies à la place.


Le Dernier des Templiers
Ce film avait tout pour me plaire : Nicolas Cage, Ron Perlman, Christopher Lee, une histoire de sorcières sur fond de religion et de peste noire... Quel gâchis ! Le film démarre plutôt bien, disons même que la première partie est assez bonne (j'ai bondi plusieurs fois sur mon fauteuil) mais la seconde est un ratage total ! Des effets spéciaux nullissimes, des rebondissements ridicules et une fin scoubidoubidou. Pour le coup, Nicolas Cage aurait dû rendre son templier, il n'est bubon à rien (hahaha, blague moisie).


Je ne veux même plus parler de ce film tellement je le trouve mauvais, ça serait user mes petits doigts à rien. Et en parler, même pour dire tout le mal que je pense de lui, ça lui ferait de la pub alors que mon vœu le plus cher est qu'il tombe dans l'oubli.
Ce qui m'extasie le plus sont les choix de Natalie Portman post-Oscar : du grand art (j'en connais qui vont me vilipender dans les commentaires, j'ai hâte ☺)


Paul de Greg Mottola
Voilà un film que j'avais envie de voir après toutes les bonnes critiques que j'avais lu. N'ayant pu le voir en salles, je me suis louée le DVD. Curieuse de voir, ou plutôt d'entendre, le travail de Philippe Manœuvre, j'ai mis le film en VF avant de repasser vite fait en VO tellement c'était atroce. La VO est moins pénible mais ça reste très mauvais. Je n'ai pas arrêté de me demander quand j'allais rire. Non seulement ce n'est pas drôle mais en plus c'est grossier. Le seul intérêt du film est Simon Pegg dont le personnage touchant sauve le film de la débâcle.


Bonobos de Alain Tixier
Les Bonobos c'est mignon, ça a une tête marrante, ça a une façon bien agréable de résoudre les problèmes et c'est une espèce en voie de disparition. Un docu sur le sujet ne peut être que salutaire (car pédagogique) et rassembleur (parce que les Bonobos, c'est mignon, ça a une tête marrante, etc). Le problème de ce docu c'est qu'il est bidonné. D'abord, le réalisateur a décidé de raconter l'histoire d'un Bonobo qui a été sauvé depuis longtemps et relâché dans la nature donc il a fallu jouer les scènes de sauvetage et d'apprentissages avec d'autres animaux. Choix plus que bizarre. De plus, certaines images proviennent d'un numéro de Ushuaïa Nature de 2005 ! Et je te prends des images d'une émission et je te monte ça avec des séquences réalisés avec 5 bonobos différents en faisant croire que c'est le même et j'appelle ça un documentaire ! Mouais, mouais, mouais. A cela s'ajoute la voix off endormie de Sandrine Bonnaire qui interprète Claudine André, créatrice du sanctuaire "Lola ya Bonobo" (bizarre puisque Claudine apparait à l'écran, elle aurait pu faire la voix off elle-même). Plus Emmanuel Curtil qui prête son horripilante voix à Béni, le Bonobo héros du film. Oui, oui, ils ont eu l'idée débile de prêter des pensées absolument connes à ce charmant petit animal. Ça ne donne pas envie de sauver l'espèce mais ça donne envie de quitter la salle.


Sucker Punch de Zach Snyder
Je ne sais toujours pas s'il faut rire ou pleurer tellement ce film est navrant. Si j'avais fait un Top des pires bouses de l'année, il serait en tête (même avant Black Swan, si, si, je vous jure). Le prologue m'a mis la puce à l'oreille : une scène d'ouverture de 5 minutes entièrement tournée au ralenti, sans dialogue, accompagné d'un massacre remix de Sweet Dreams avec une photo copiée identique à celle de Sleepy Hollow (vous savez ces couleurs un peu passées, tirant vers un gris bleuté dont raffole Tim Burton). L'actrice principale aux lèvres de poisson-chat qui se ballade en pyjama sous la pluie était également un signe. Je comprends que les amateurs de jeunes femmes à fortes poitrines uniquement vêtues de porte-jarretelles évoluant dans un univers de jeux vidéos y aient trouvé leur compte. Moi, ça m'a soûlé. Et la fin ! Tout ça pour ça ! J'ai eu un fou rire nerveux à l'idée d'avoir perdu 1 h 50 de ma vie devant cette daube.


The Company Men de John Wells
Voilà un film au cœur de l'actu puisqu'il y est question de plan de licenciements dans une grosse boîte US. The Company Men démarre bien, les acteurs sont assez convaincants même si les personnages sont hyper stéréotypés (le winner égocentrique, le beau-frère pas sympa, le bras droit humain, le big boss inhumain...) puis, tralala, Hollywood reprend les commandes et on se retrouve avec des situations artificielles. Aucun cliché ne nous est épargné, le happy end est tellement grotesque et écœurant que ça donne envie de vomir. Un film typiquement américain aussi bien dans la forme que dans le fond. A éviter si vous êtes à la recherche d'un emploi.


Numéro 4 de D. J Caruso
Je n'avais pas envie de voir ce film mais comme on m'a prêté le DVD, je me suis dit pourquoi pas ? Eh bien parce que c'est très mauvais, voilà pourquoi ! Dès le début du film, une chose me frappe : je n'ai aucune sympathie pour le personnage principal. Il est lisse, ennuyeux, il peut bien se faire écharper jmenfous. La fille de ses rêves m'a tapé sur le système avec ses sourires candides et son absence total de personnalité. L'histoire en elle-même n'est pas trop mauvaise même si elle est usée jusqu'à la corde (des extraterrestres trouvent refuge sur Terre et sont poursuivis par les méchants moches de leur planète d'origine) mais la façon dont elle est menée est médiocre. Tout comme l'interprétation et la mise en scène. Les effets spéciaux ne sont pas terribles non plus. Oui, bon, je n'ai vraiment pas aimé...☺


La fille du puisatier de Daniel Auteuil
Obligatoirement le film de Daniel Auteuil souffre de la comparaison avec l'original, maintes et maintes fois diffusé à la TV. La comparaison n'est pas à l'avantage du remake. La réalisation n'y est pour rien : Auteuil s'en tire honorablement mais sans grande originalité. Le vrai problème est ailleurs : l'histoire est totalement dépassée et l'interprétation est calamiteuse. Auteuil nous refait Ugolin, Kad Merad passe à côté du rôle, Nicolas Duvauchelle semble se demander ce qu'il fait là, Sabine Azéma n'a jamais autant surjoué, JP Darroussin articule encore moins que dans ses autres films et Astrid Berges-Frisbey est transparente et son jeu sonne faux. Celle qui s'en tire le mieux est Marie-Anne Chazel. L'histoire est bourrée de poncifs et le film de Daniel Auteuil n'apporte rien de plus par rapport à l'original.
C'est joli, c'est sûr : il y a de vastes champs de lavande baignés de soleil qui donnent envie de prendre un billet de train pour la Provence. On sent que Daniel Auteuil est sincère dans sa démarche mais ça ne suffit pas : son film ne provoque rien d'autre que l' indifférence.


Lars Von Trier déclenche le scandale annuel cannois en affirmant qu'il éprouve de la sympathie pour Hitler. Déclaré persona non grata à Cannes, son film remporte néanmoins un prix grâce à Kirsten Dunst. Cet épisode a subi de multiples rebondissements jusqu'à ce l'affaire soit classée par les autorités. A présent, dans les bonus du DVD, Von Trier évoque une blague dont le seul but était de faire le buzz autour de son film ! Ridicule, non ?
A aucun moment je n'ai pris ses propos au sérieux et je n'ai même pas été choquée car il y a longtemps que Von Trier ne me choque plus. Ce que je trouve lourd c'est qu'on ne cesse d'assimiler Melancholia à ces déclarations foireuses et que le Prix d'interprétation reçu par Kirsten Dunst a un drôle de goût : celui de la solidarité mais pas celui du talent.


Very Bad Trip était surprenant, drôle et impertinent, frôlant le graveleux par instant mais restant toujours du bon côté de la Force. Very Bad Trip 2 sent le réchauffé : il reprend la même trame que le premier opus et est d'un mauvais goût extrême. Propos limite homophobes, zoophilie, j'en passe et des meilleurs. Un film de fainéants dont le seul but est de se faire du fric. Le pire c'est que ça a marché...


Limitless de Neil Burger
Le pitch était sympa tout comme le début du film mais très vite je me suis demandée ce que je faisais là. Impossible de m'identifier au personnage principal qui passe du statut de loser crado (ce que je ne suis pas, je me lave) à celui de golden boy permanenté et drogué (ce que je ne suis pas non plus). Je ne suis pas conservatrice ni cul-cul mais des films qui font l'apologie de la drogue, très peu pour moi. Tous les personnages sont des opportunistes, ce qui m'a écœuré. Et pour finir, Robert DeNiro est désespérément mou du genou.


Transformers 3 de Michael Bay
Je n'ai pas vu les deux premiers films donc je n'ai pas vu Transfomers 3 au ciné mais comme on m'a prêté le DVD, j'ai saisi l'occasion de comprendre l'engouement pour ces films de robots. Le scénario est tellement mince qu'il n'est pas nécessaire d'avoir vu les autres films pour comprendre _ le plus dur est de retenir les noms débiles des Transformers. Le film est horriblement long, il aurait dû être raccourci d'au moins une demi-heure. J'ai beaucoup regardé l'heure et je me suis goinfrée de chocolat pour faire passer le temps. Il n'y a pas à dire, les effets spéciaux sont chiadés mais est-ce suffisant ? Noooooon ! Enfin, il y a quand même un truc qui m'a bien fait rire (mais ce n'est pas fait exprès) : la fille. Rosie Huntington-Whiteley se ballade dans le film avec une veste blanche, un joli jean slim et ses cheveux sont bouclés impeccablement. Le genre de coiffure qui ne tient pas 5 minutes dehors à cause du vent mais, pour elle, pas de problème : elle court dans tous les sens, tombe d'un immeuble et ses cheveux retombent parfaitement, sans frisotis ni petite mèche rebelle. Parce qu'elle le vaut bien.
Son maquillage ne coule pas alors qu'elle sprinte par 40° avec la peur au ventre. Mais le meilleur-du-plus-bon, c'est sa veste blanche qui reste blanche jusqu'à la fin alors qu'elle s'est roulée dans la poussière et est tombée d'un building ! Trop forte cette fille !


Au revoir John Barry, Annie Girardot, Elizabeth Taylor, Sidney Lumet, Marie-France Pisier, Peter Falk, Raúl Ruiz, Katerina Golubeva, Heinz Bennet, Bill McKenney, Dev Anan, Yvon Marciano, Ken Russel, Robert Lamoureux, Paulette Dubost, Cliff Robertson, Jacques Jouanneau, Michael Cacoyannis, Marc Rioufiol, Maurice Garrel, Hélène Surgère, Jane Russel, Maria Schneider, Pete Postlehtwaite, Peter Yates... ͼ(ݓ_ݓ)ͽ


Les Schtroumpfs de Raja Gosnell
Très mauvais idée que d'avoir voulu mélanger prises de vues réelles et images de synthèse ! L’animation n'est pas trop mauvaise même si j'ai trouvé le graphisme laid _ question de goût. Le personnage de Gargamel est innommable, ça devrait être interdit de faire des trucs pareil ! L'histoire est moyennement intéressante, on s'en moque pas mal de leur lune bleue ! Mais le pompon revient à Neil Patrick Harris et Jayma Mays qui sont totalement nuls. Leur romance est dégoulinante de mièvrerie, je pense qu'elle a été écrite sur un coin de table par une ado de 15 ans.


George Lucas continue son work in progress et offre une ligne de dialogue inédite à Dark Vador sur l'intégrale Blu-ray de la saga. Plus des tas de petites modifications en numérique inutiles. Malgré la colère des fans, le coffret se vend comme des petits pains chauds... Seigneur Lucas voilà un déplaisir inattendu, nous sommes désolés par votre inconstance !


J'attendais beaucoup de ce film hommage à Steven Spielberg et aux films d'entertainment des années 80 mais je n'ai rien eu de ce que j'espérais. Le film est long a démarrer, la fin est décevante, la fameuse créature est totalement ratée, les seconds rôles sont caricaturaux et l'histoire est incohérente. La seule chose positive est la présence remarquable de Elle Fanning au générique.


Jafar Panahi voit sa condamnation à 6 ans d'emprisonnement et 20 ans d'interdiction de filmer maintenue. De plus, la répression se fait de plus en plus forte sur une dizaine d'artistes iraniens. Une pétition est mise en ligne pour leur venir en aide mais pour l'instant rien n'y fait, le gouvernement iranien reste inflexible.


J'avais adoré La Comtesse et le pitch du Skylab me faisait saliver. Au final, un pétard mouillé. Delpy réalise son film comme un film de famille, sa caméra remplaçant le caméscope de papa. Il n'y a pas vraiment d'histoire, les scénettes s’enchaînent sans lien entre elles, aucun protagoniste ne sort du lot. Aussi ennuyeux que le film de vacances de vos voisins.


Le cinéma voit double ! Deux gueguerres des boutons pour le prix d'une (La Guerre des boutons vs La Nouvelle Guerre des boutons) ; deux croisières sinon rien (Bienvenue à bord vs La Croisière) ; une partie de jambes en l'air entre amis achetée, une offerte (Sex Friends vs Sexe entre Amis)... Du grand délire et un manque flagrant d'imagination ! Le pire reste à venir en 2012 puisqu'on aura deux versions de Blanche-Neige, histoire de faire le plein de cœur de biche et de tartes aux pommes...


La comédie irlandaise de l'année n'est pas drôle du tout ! Mélange de western et de buddy movie, cet Irlandais est ennuyeux : une mise en scène mollassonne, une interprétation plus qu’approximative, une histoire idiote, des méchants ridicules... J'ai vaguement souri mais je n'ai pas ri du tout. Je me suis sévèrement ennuyée et je pense que si Brendan Gleeson n'était pas au générique, ce film n'aurait pas quitté son île... ce qui n'aurait pas été plus mal.


On prend les mêmes et on recommence ! Billy Cristal va présenter la prochaine cérémonie des Oscars tandis que Antoine de Caunes présentera celle des Césars : il y en a marre de voir toujours les mêmes têtes dans ces cérémonies ! Déjà que ces soirées d’auto-flagorneries sont ennuyeuses à périr, si en plus il faut qu'elles soient présentées par les mêmes tous les ans, autant laisser faire Michel Drucker.



     Et voilà ! Mon petit flashback sur l'année 2011 est enfin terminé, il est temps de se projeter dans l'avenir et de penser aux films à venir.
Il n'empêche que ça fait du bien de se lâcher un peu ! Je songe à inaugurer une rubrique dédiée aux navets, histoire de renouveler l'expérience !

Et vous, quels sont vos mauvais souvenirs ciné de l'année 2011 ?