24 juin 2012

Prometheus de Ridley Scott (2012)

Une équipe d’explorateurs découvre un indice sur l’origine de l’humanité sur Terre. Cette découverte les entraîne dans un voyage fascinant jusqu’aux recoins les plus sombres de l’univers. Là-bas, un affrontement terrifiant qui décidera de l’avenir de l’humanité les attend. 


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     Prometheus de Ridley Scott, prequel non avoué de la saga Alien, était un des films les plus attendus du printemps 2012. Voir le créateur de la saga culte en reprendre les rênes et se réapproprier sa propre mythologie avait de quoi faire saliver. En outre, la production a mis le paquet niveau marketing, distillant les infos au compte-goutte, balançant des teasers plein de mystère sur le web, allant même jusqu'à partager des scènes entières qui, finalement, n’apparaissent pas dans le montage final... La mayonnaise a tellement bien pris sur la toile que l'on attendait Prometheus comme le Messie. On nous a fait croire qu'il y aurait un avant et un après Prometheus tout comme il y a eu un avant et un après 2001, l'Odyssée de l'Espace. Or, ce n'est pas le cas. Prometheus n'est pas le film qu'on nous a vendu : il n'est en rien révolutionnaire. Cela explique la déception des spectateurs et les critiques assassines : la déception est à la hauteur de l'attente. C'est dommage car, même s'il n'est pas le film de l'année, Prometheus est un bon film de science-fiction. Classique et non dépourvu d'incohérences mais esthétiquement soigné, haletant, effrayant et fort bien interprété par la plupart des acteurs.
     Pour une fois, faisons les choses à l'envers et évacuons tout de suite ce qui ne va pas. L'histoire est très classique et ne s'embarrasse pas de nouveautés. Les scénaristes se sont appuyés sur la mythologie Alien sans réussir à s'en affranchir : on retrouve une équipe de fiers-à-bras qui embarque sur un vaisseau (le Prometheus remplaçant ce bon vieux Nostromo) ; il y a des antagonismes au sein de l'équipe et des badass désagréables ; un androïde borderline ; une jeune femme qui devient une héroïne alors que rien ne le laissait présager et des monstres dégueux (face-hugger, chestburster, xénomorphe). En outre, le scénario fourmille d'incohérences importantes (que je ne dévoilerai pas, on ne fait pas dans le spoiler sur I love cinema) ce qui est choquant pour une production de cette importance. Enfin, j'ai eu le sentiment que Ridley Scott s'était auto-censuré à moins que ça ne soit les studios qui soient devenus prudes avec le temps. Tous ceux qui ont vu la saga Alien savent à quel point les films qui la composent transpirent le sexe par tous les pores de la pellicule. Les allusions sont nombreuses, les créatures sont hyper-sexualisées et les relations entre Ripley et les xénomorphes sont incestueuses. Prometheus ne pouvait pas nier ce passé aussi Ridley a crée des congres dont la tête en forme de gland repose sur un corps semblable à une verge grisâtre. Le cinéaste filme également le début d'une scène de sexe entre la géniale Noomi Rapace et l'insipide Logan Marshall-Green mais il coupe dès que le bellâtre enlève son T-shirt. Je n'étais pas venu pour voir du cul mais tout ceci apparait tiède en comparaison de ce qu'a fait par le passé Ridley Scott aussi bien sur Alien que sur Blade Runner.
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     Cependant Prometheus n'est pas exempt de qualité, bien au contraire. Visuellement, c'est une pure réussite et la 3D est superbe. C'est typiquement le genre de film à voir dans de bonnes conditions pour l'apprécier pleinement (d'où l'intérêt de bien choisir  son cinéma) car, pour une fois, la 3D apporte un vrai plus. J'ai été bluffée par la sibylline scène d'ouverture et par les hologrammes et en 3D les scènes d'attaques sont encore plus traumatisantes et effrayantes. En outre, un vrai soin a été apporté aux décors ainsi qu'au physique des Ingénieurs : on en prend plein les mirettes.
     L'histoire, bien que classique et imparfaite, se suit avec un réel plaisir. Ridley Scott sait faire monter la pression et je reconnais avoir eu les chocottes au point de me cacher les yeux à plusieurs reprises. Les personnages principaux y sont pour beaucoup car leur psychologie est fouillée : le démoniaque David (Michael Fassbender épatant), la froide Mme Vicker (Charlize Theron en grande forme) et Elizabeth Schaw (Noomi Rapace qui n'a pas à rougir face à Sigourney Weaver).
      L'air de rien le film soulève de nombreuses questions éthiques et religieuses mais n'y répond pas, laissant le spectateur se faire sa propre opinion et permettant des niveaux de lectures différents en fonction de son propre ressenti. Certains pourront se sentir frustrés par cette absence de réponses mais pas moi car j'aime quand un cinéaste me laisse spéculer sur l'aspect métaphorique d'un film. Les questions devraient cependant obtenir une réponse assez vite, la scène finale laissant supposer une suite.

     Même s'il n'est pas aussi titanesque que prévu, Prometheus est un divertissement intelligent et très plaisant. Espérons simplement que Ridley Scott obtienne le director's cut pour la suite et nous offre une nouvelle saga digne de ce nom. Après tout, Big things have small beginnings...




8 commentaire(s):

  1. J'aurais dû le voir avec monsieur mais problème de baby sitter! Du coup, il l'a vu seul et m'a dit que je n'aurais pas aimé...pas sûre!!

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  2. Bonne critique, comme toujours :)

    Bien d'accord avec toi sur les multiples incohérences et sur l'aspect bancal du film, entre prequel et pas-prequel, faisant de belles allusions au classique ALIEN (rien que dans les décors et, bien sûr, dans certaines scènes, jusqu'à la séquence finale…) tout en conservant une non-filation au film de 1978 et à la saga qui en découle… Michael Fassbinder s'en sort très bien dans son rôle ambigu, détestable tout en étant attachant. Bien aussi Noomi Rapace même si je l'ai personellement préféré dans MILLENIUM : je trouve par moments son personnage agaçant avec sa candeur exacerbée. D'ailleurs, la plupart des personnages du film semblent avoir été écrits à la serpette tant les incohérences de comportements frisent souvent le ridicule (voir pour cela l'actuelle parodie pleine de spoilers qui circule depuis peu sur le net, présentant un pseudo entrainement des scientifiques avant le départ du vaisseau… très drôle pour qui a déjà vu le film bien sûr !!)

    Sans révéler les moments clés du film, que dire de ces scientifiques censés avoir été triés sur le volet pour une telle expédition et se comportant comme des pignoufs mal dégrossis ?? Incompréhensible ! Quant au scénario, il apporte bien plus de questions que de véritables réponses. Sans prendre le spectateur pour un abruti, rendre les choses un peu plus claires auarient été un plus. C'est sûr, aujourd'hui les forums pullulent sur le comment du pourquoi du parceque Prometheus, le fameux buzz en fait. Et on ne peut que supposer, en attendant une éventuelle suite au film……

    Reste l'aspect visuel du film et là aussi, bien d'accord avec toi : c'est fabuleux, bluffant et mérite le déplacement au ciné, dans une salle immense avec son THX :-) Tiens, tu m'as même envie de le voir en 3D, moi qui ne suit pas fiand de la chose……

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  3. @Claudia : Tu n'as plus qu'à lui laissé la Choupette à garder et à aller le voir avec une copine ! ;)

    @Alain : Merci Alain ! Je me demande si une partie des incohérences n'est pas dû au studio puisque Scott n'a pas eu le director's cut. Peut-être que la version BR et DVD sera moins bancale ? Je l'espère :)

    Je ne l'ai pas vu dans une salle immense, j'aurai bien aimé mais mon ciné est bien équipé, mieux que le complexe MCGR de ma ville (en même temps, ce n'est pas dur de faire mieux !)

    Et pour tout le reste, on est d'accord :)

    Merci d'avoir pris le temps de partager ton avis avec moi, Alain. Bon dimanche !

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  4. Possible ce que tu dis pour les incohérences, je ne savais pas cela sur le director's cut… Je me suis demandé un temps si il n'y avait pas eu des hésitations en cours de tournage sur la direction à donner au film, la fameuse question du "prequel ou pas". Me suis peut être trompé mais il me semble avoir lu quelquepart que Damon Lindelof avait proposé en cours de route de détourné le film de son côté prequel et de laisser en suspens quelques points de l'histoire……

    En meêm temps, si c'est lui qui a écrit la trame de LOST… ça ne m'étonne pas qu'il se soit perdu en route (sans mauvais jeu de mots), il a l'air doué pour ça :-)

    Bonne fin de week end à toi aussi Potz !

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  5. Et bien moi aussi je suis d'accord ! :) ça fait plaisir ! excellent article ma chère, tu m'as bien fait rire aussi et j'adore la chute. Perfect ! vivement le Director's Cut et la suite (nous ne faisons pas partie de la bande de rabat-joie à laquelle je me confronte quotidiennement dans ma vraie vie ou sur les blogs et tant mieux ;-)

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  6. @Alain : Pour une fois que c'est moi qui t'apprend quelque chose ;)

    @Le Chat Masqué : Merci Le Chat :) C'est sûr que pour le coup, je n'ai pas eu l'occasion de lire beaucoup d'avis positif. Comme tu le dis, vivement le director's cut et la suite :)

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  7. J'ai été déçue par ce film. Trop de questions sans réponses. C'est dommage, il y a beaucoup d'éléments intéressants mais qui ne sont pas assez exploités.

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  8. Bonsoir Amy ! Bienvenue sur I love cinema et merci de ton commentaire :)
    Tu n'es pas la seule à n'avoir pas aimé malheureusement, peut-être que la suite plaira davantage...

    merci de ta visite et à bientôt !

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