Le 25 Juillet prochain, nous découvrirons sur les écrans un nouvel épisode de Batman réalisé par Christophe Nolan : The Dark Knight Rises. Nolan n'est pas le premier à avoir adapté les aventures du justicier masqué au cinéma, de nombreux cinéastes s'y sont essayés avec plus ou moins de succès.
De nombreux cinéastes dont Tim Burton, il y a plus de 20 ans...
Avant même la sortie du film, les fans des comics s'en offusquent, tout comme ils s'offusquent de la place centrale tenue par le Joker. Habituellement dans les films de superhéros, le vilain est le faire-valoir du héros, il n'a pas la vedette. Dans le film de Burton, les rôles s'inversent : le Joker occupe l'espace et le temps faisant pratiquement du Dark Knight un second couteau.
Les fans, qui aiment se mêler de tout, enragent également contre l'apparence du costume du héros. Burton envoie balader la cape et les collants bleus au profit d'une armure noire dotée d'une musculature gravée dans le cuir, d'un poitrail sculptural, le tout rehaussé par deux immenses oreilles. Le costume est un masque grâce auquel Bruce Wayne devient Batman et peut exprimer autant que cacher ses sentiments. Grâce à ce costume, il effraye ses ennemis alors que lui-même est effrayé par le monde.
Les fans sont outrés et le font savoir en lançant une campagne anti-Batman : ils envoient 50 000 lettres d'insultes, déchirent les pubs annonçant la sortie du film, font campagne contre Keaton... Le Los Angeles Times publie la lettre d'un lecteur qui indique qu"en choisisant un clown, Warner Bros et Burton conchient le mythe Batman". Résultat : le cours de l'action Warner s'effondre !
Tim Burton est alors contraint par le studio de réécrire une partie du scénario : il doit rendre le Joker plus drôle, moins délirant et on l'oblige à organiser un casting pour le rôle de Batman. Cependant, après avoir vu des dizaines d'acteurs de films d'action, il n'en retient aucun et le studio finit par céder pour Keaton. Avec le recul et lorsque l'on voit le résultat, on se dit que Burton a très bien fait car Michael Keaton a insufflé à Batman une mélancolie, une angoisse sourde, un sentiment de refoulement faisant de lui une des personnalités schizophréniques les plus fascinantes du cinéma.
Après toutes ces difficultés, le tournage peut débuter aux studios de Pinewood près de Londres. Loin des USA la pression retombe un peu mais les gens de la Warner surveillent de près (trop près) le jeune cinéaste de 30 ans. Pendant le tournage, le studio envoient des scénaristes retravailler le scénario, changent complétement certaines scènes, réécrivent les dialogues, tentent d'inclure Robin dans l'histoire, allongent la présence de Vicki Vale à l'écran... de quoi devenir dingue ! Tim Burton ressortira du tournage de Batman totalement épuisé et déprimé.
De tous les films que j'ai réalisés, c'est celui dont je me sens le moins proche. Pourtant, je me sentais proche au départ, mais ce sentiment s'est étiolé avec les difficultés.
Tim burton (Tim Burton par Tim Burton)
Toutes ces modifications imposées par le studio ne se ressentent pas à l'écran, Batman est un divertissement très agréable bien plus proche de l'univers de Kane que tout ce qui avait été fait jusqu'alors.
Si la sauce prend, c'est essentiellement grâce aux prestations de Michael Keaton et de Jack Nickolson. On savait Nickolson capable de jouer la folie depuis longtemps _ c'est son fond de commerce _ et sa composition est ici à la hauteur de nos attentes. Son Joker est un fou furieux, totalement déjanté et psychotique. Le côté gagman du personnage imposé par le studio ne lui confère pas un aspect plus sympathique, au contraire il est encore plus effrayant car ses rires sont ceux d'un malade mental près à exploser à chaque instants. Sa démence en fait un être libre qui s'assoit sur les codes sociaux. Il est la lumière du film alors que Batman est son ombre.
Michael Keaton est pour moi l'unique vrai Batman, n'en déplaise aux fans de Christian Bale. Son regard d'acier sous le masque lui confère une sauvagerie animale. Il joue Batman tout en clair obscur, un savant mélange de fragilité enfantine et de force brute.
Un autre point fort pour ce Batman, c'est la représentation de Gotham City. On ne peut que féliciter le chef décorateur Anton Furst pour la construction de cette mégalopole expressionniste, étouffante et gothique. Gotham City est un personnage à part entière, parfaitement exploité par Tim Burton, qui donne au film son caractère lyrique et romantique.
Avec le temps, Batman est devenu un film culte principalement pour la composition de Jack Nickolson et pour la scène du musée. Une scène incroyable pendant laquelle le Joker et ses acolytes taguent les tableaux exposés au musée de Gotham sur une musique pop composée par Prince ! Une façon ludique de montrer que la contre-culture peut être aussi enrichissante que la culture "bourgeoise" car elle est libre, sans code ni interdit.
Batman de Tim Burton est pour moi une des adaptations les plus réussies des comics de Bob Kane car le cinéaste a su s'approprier le mythe tout en en respectant l'esprit. C'est un film délibérément cartoonesque, anticonformiste et pop. Il a définitivement dépoussiéré Batman, lui conférant une aura particulière aux yeux des amateurs de films de superhéros. Mais les vrais fans de Tim Burton lui préféreront Batman, le défi, un film très burtonien car sombre, gothique, poétique et romanesque.














Ce n'est pas mon trip donc celui-ci je ne l'ai pas vu et le prochain je n'irai certainement pas le voir à moins que l'on arrive à me faire changer d'avis mais c'est pas gagné. Biz
RépondreSupprimerÇa va être mon défi que de te faire changer d'avis ! ^^ Ce n'est pas gagné puisque tu n'aimes pas les films d'anim'
RépondreSupprimerBisous miss !
Euh, j'avais laissé un commentaire, il a disparu :(
RépondreSupprimerBon bah je réitère ce que j'avais dit : terrible ce MIB 3, un régal ! et la fin, surprenante à souhait. Un chouette moment !
Euh... bon bah mon article pour MIB 3 apparaît ici, je n'y comprends rien ! Pour Batman de Burton, bravo pour cet article super intéressant. J'ai appris pas mal de truc merci Potz Ina.
RépondreSupprimerhttp://lechatmasque.wordpress.com/2011/04/25/batman-tim-burton-1989-nicholson-keaton-basinger/ le lien d'un vieil article sur le même film... on peut y lire l'un de tes commentaires d'ailleurs ;-)
Non, Le Chat ton comm' apparait bien sur l'article de MIB3, j'ai l'impression que Blogger a encore fait des siennes :(
RépondreSupprimerJe suis contente si je t'ai appris quelques petites choses :) Je me souvenais que tu avais écrit un article dessus, je vais retourner le lire pour me le remettre en mémoire :)
Bonne soirée miss !
Je viens d'aller le relire et c'est vrai que la fumée qui sort des bouches d'égouts, c'est kitchissime ! Mais j'adore :)
RépondreSupprimerJe viens de le regarder sur Arte et c'est vrai qu'il est excellent ! J'ai adoré le côté décalé de certaines scènes qui paraissent encore plus kitchs aujourd'hui :)
RépondreSupprimerMoi aussi j'aime beaucoup le côté kitsch du film et son humour aussi :)
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