Expulsée du jour au lendemain d'Égypte lors de la nationalisation du Canal de Suez, la famille François se retrouve démunie à Monaco. Claude, qui a alors 17 ans, trouve le moyen, à travers la musique, de gagner sa vie en faisant ce qu’il aime. Son père n’entrevoit dans ce choix aucune perspective de réussite…
C'est donc hier après-midi que ma mounie et moi sommes allées, toutes guillerettes, investir la salle de mon ciné préféré pour découvrir le nouveau film de Florent Emilio Siri avec le beau Jérémie Renier dans le rôle du chanteur pop. Et le moins que l'on puisse dire est que nous avons aimé ce film. Je dirais même plus, nous avons adoré au point d'envisager de retourner le voir ensemble prochainement.
Le portrait du chanteur réalisé par Florent Emilio Siri est très nuancé, subtile et permet de mieux comprendre certains aspects de la personnalité de Claude François.
Comme je vous l'ai dit, j'aime beaucoup ses chansons fraîches et dansantes (surtout celles de sa période disco ☺) mais je ne suis pas du genre à me documenter sur la vie privée des artistes si bien que j'ignorais tout ou presque de sa destinée. Mis à part qu'il avait été marié, avait eu deux beaux garçons et qu'il avait eu une fin dramatique, le reste de son existence n'était qu'un mystère. J'ai découvert grâce au film sa naissance en Égypte, son expulsion violente du pays, le dénuement de sa famille lors de son retour en France, sa blessure vive liée à sa terrible dispute avec son père, ses premiers échecs, ses relations chaotiques avec les femmes, sa pugnacité à réussir, son intransigeance envers lui-même et les autres, ses colères, sa détresse... J'ai découvert un homme au sale caractère mais surtout un homme blessé au désir ardent d'être aimé. La bonne idée de Florent Emilio Siri et de Julien Rappeneau (le scénariste) est de ne pas avoir fait une hagiographie mais le portrait d'un homme avec ses qualités et ses défauts. Paradoxalement, on en ressort encore plus troublé, ému et plein d'amour pour le chanteur disparu si tôt, si tragiquement, si stupidement. Ses crises de rage, sa mégalomanie ou son comportement infect envers les femmes ne le rendent pas détestables car elles ont une explication qui remontent à la jeunesse de Claude : son père, si rigide et froid qui lui a refusé son amour et sa mère étouffante, omniprésente, presque castratrice. C'est même ses colères qui le rendent humain et attachant car il fait preuve d'une telle obstination à réussir, d'une telle énergie créatrice, d'un tel perfectionnisme dans tout ce qu'il entreprend qu'on pourrait se dire que ce mec vient de Mars ! [Après avoir vu Cloclo je me dis que si Claude François était encore parmi nous aujourd'hui, c'est lui qui aurait eu en premier sa fan page Facebook... peut-être même qu'il aurait crée son propre réseau social !]
Si Cloclo est aussi réussi c'est également grâce à son casting, Jérémie Renier en tête. On a beaucoup parlé de la ressemblance physique entre les deux artistes mais la performance de l'acteur va au-delà du port d'une perruque ou de l'apprentissage de quelques pas de danse. Le mimétisme est hallucinant : par instant, on ne sait plus si c'est Jérémie Renier que l'on regarde ou Claude François qui serait sorti de sa tombe. Les gestes, le phrasé, la voix, les postures... tout est là mais rien n'est excessif ou surjoué. On n'est pas non plus dans une imitation grotesque comme a pu le faire Marion Cotillard dans La Môme (je vais me mettre les fans à dos là !).
Face à lui, Monica Scattini est excellente dans le rôle de Chouffa, la mère de Claude. Je citerai également Marc Barbé, impeccable dans celui de Aimé, son père. Benoît Magimel est méconnaissable en Paul Lederman, sa prestation _ bien qu'un peu figée _ est plus qu'honorable. Le reste du casting est à la hauteur même si je mets un petit bémol concernant Ana Girardot qui manque quelque peu de naturel.
Quant à la réalisation de Florent Emilio Siri, elle est impeccable. Certains lui reprocheront un certain classicisme mais pas moi qui n'aime rien tant que les plans séquences, les travellings et les cadres épurés. Il filme avec autant de talent les moments de désarroi du chanteur que les concerts où les filles en délires cassent les fauteuils et s'évanouissent.
Les multiples décors sont tous fabuleux _ saluons le travail titanesque de Dominique Carrara, Hind Ghazali et Philippe Chiffre _ et sont parfaitement mis en valeur par la superbe photo de Giovanni Fiore Coltellacci.
L'ensemble est habillé par de nombreuses chansons de Claude François mais aussi de Johnny Hallyday, Franck Sinatra, Otis Redding, James Brown et par les compositions originales du génial Alexandre Desplat.
Florent Emilio Siri a très largement réussi son pari avec cette biographie de Claude François qui ne sent pas du tout la naphtaline. Les nostalgiques y trouveront certes leur compte en revoyant leur idole prendre vie devant eux mais les autres ne seront pas en reste car Cloclo est avant tout du cinéma. En se penchant sur la vie de cet homme pas ordinaire, Florent Emilio Siri nous parle de la célébrité au sens large, de la course à la réussite, du désespoir de n'être personne et, surtout du désir d'être aimé. Désir que nous partageons tous.
Cloclo est un très bon film populaire et familial que je vous recommande chaudement.
Cloclo de Florent Emilio Siri avec Jérémie Renier, Benoît Magimel, Monica Scattini, Sabrina Seyvecou, Ana Girardot, Marc Barbé, Joséphine Japy, Maud Jurez...
Durée : 2 h 28 min
Sortie en salles : 14 Mars 2012














Merci d'avoir lu jusqu'au bout ma loooooongue critique ! ☺☺☺
RépondreSupprimerévidemment que je l'ai lu jusqu'au bout... d'ailleurs, c rare que tu fasses une mise en situation de ta séance ciné, j'aime plutot ca tu t'en doutes :o)
RépondreSupprimerbon tu es très enthousiaste sur le film proprement dit, alors même que tu n'aimes pas les biopic et que celui ci semble de facture plus classique que la mome ou gainsbarre...
bon je n'ai pas encore vu le film, j'espère que j'arriverais à le voir avant qu'il sorte de l'affiche car je suis sur que je vais prendre mon pied...moi non plus, alors que je lis pas mal de biographie d'artistes (mais plutôt des acteurs), je me suis jamais trop interessé au personnage Cloclo ( yann Moix en parlait un peu dans son livre podium), je ne connais donc pas grand chose de son enfance et vie privée, donc je pense que j'apprendrais pas mal de chose sur l'homme...
très bonne fin de we à toi Potz
Comment peut on détester à ce point les biopics, un exercice difficile, rarement convaincant il est vrai? Mais quand même c'est en réalisant un biopic Citizen Kane que Orson Welles a écrit une page majeur de l'histoire du cinéma.
RépondreSupprimerConcernant Cloclo nous allons surement zapper ce film, nous n'avons jamais eu le moindre intérêt pour le personnage et nous ne supportons pas sa musique... mais chapeau bas pour le papier
@filou : J'ai pensé à toi tout de suit en sortant de la séance, je suis à peu près sûre que tu vas aimer. Je pense qu'il y a assez d'émotion et de passages romanesques pour te faire fondre ^^
RépondreSupprimerJe savais que tu me lirais en entier mais comme on m'a déjà reproché d'avoir fait de longues critiques, j'essaie de synthétiser le plus possible maintenant. Mais là je n'y suis pas arrivée ! :)
Bonne soirée filou et bon début de semaine ☼
@Carmadou: Je n'aime pas les biopics parce qu'ils sont souvent décevants, les acteurs tentent d'imiter au lieu de s’approprier le personnage, on ne sait jamais où commence la part fictionnelle du récit... Je n'aime vraiment pas ça. Et tout le monde n'est pas Orson Welles !
Allez savoir pourquoi mais je ne suis pas du tout étonnée que vous n'aimiez pas la musique de Cloclo ^^
Super article pour un super film ! J'ai vraiment aimé Cloclo, une belle réussite et Dieu sait que ce n'était pourtant pas si simple.
RépondreSupprimerMerci Le Chat :)
RépondreSupprimerAh j'avais hâte de connaître ton avis mais commençant un peu à te cerner je ne suis pas surprise de ce post. Ravie que tu ais apprécié car c'est un bon film. Bises ma belle <3
RépondreSupprimerJe me souviens que tu l'avais aimé également :) Bisous ma jolie ♥
RépondreSupprimerTout est dit^^
RépondreSupprimerAutant j'ai vécut le film avec violence car je ne supporte pas les années 70, autant j'ai étais bluffée par la qualité du film à tout niveau. Le mélange "récit réaliste" et les petite séquence plus métaphorique comme celle de "son paradis" quand il meurt (où il se voit enfant et revoit son père), à la foie allégorique et en même temps si subtil.
Un film magnifique <3
(et jte soutiens à bloc pour La Môme)
Merci pour ton commentaire et surtout pour La Môme ;) J'en garde un très bon souvenir : beaucoup d'émotions, de rythme et une fin effectivement très touchante.
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