25 janvier 2012

Le film d'animation du mois : Les 101 Dalmatiens de Clyde Geronimi, Hamilton Luske, Wolfgang Reitherman (1961)

     Nouvelle année, nouvelle rubrique ! J'ai un véritable amour pour un genre souvent considéré comme mineur et enfantin par les amateurs de cinéma : le film d'animation. Cette nouvelle rubrique sera l'occasion de lui rendre ses lettres de noblesse et de partager avec vous mes coups de cœur ou mes coups de gueule ! Nous nous replongerons dans les classiques, nous irons flirter avec l'animation japonaise, nous nous pencherons sur des œuvres plus confidentiels... Films familiaux, pour les tous petits ou seulement pour les (très) grands, tous auront leur place ici.
     Pour commencer notre voyage tout en douceur, redécouvrons un film classique, familial, fédérateur et émouvant : Les 101 Dalmatiens.

les 101 dalmatiens, photos


     Pongo et Perdita, deux magnifiques Dalmatiens, deviennent par une terrible nuit d'orage les parents de 15 bébés ! La joie des parents et de Roger et Anita, leurs fidèles compagnons, est de courte durée car l'horrible Cruella d'Enfer a décidé de kidnapper les bébés pour se faire un... manteau ! N'écoutant que leur courage, Perdita et Pongo partent à la recherche de leurs petits...



les 101 dalmatiens, affiche
     Après l'échec cuisant de La Belle au Bois Dormant, Walt Disney décide d'abandonner l'adaptation de contes de fées au profit de projets plus modernes et moins ambitieux. Il décide alors d'adapter le roman de Dodie Smith, The One Hundred and One Dalmatians sorti en 1956.
     La bonne idée du scénariste Bill Peet est de raconter l'histoire du point de vue des chiens. Ainsi, dès le début du film les situations s'inversent : c'est Roger qui est le fidèle compagnon de Pongo et c'est Pongo qui sort Roger ! De cette manière le spectateur s'attache immédiatement à Pongo puis à Perdita et à leurs bébés.
     Il faut dire que la dramatisation des personnages est parfaite : non seulement tous les animaux sont adorables, drôles et émouvants (plus que dans la réalité puisque les Dalmatiens ne sont pas vraiment connus pour leur bon caractère !) mais en plus les personnages humains sont tous parfaitement dessinés et identifiables. Le must en la matière est Cruella d'Enfer qui est la plus méchante des méchantes Disney ! Son physique de liane, son faciès de chauve-souris, ses cheveux bicolores, son maquillage excessif, ses cigarettes empoisonnées et sa voix de crécelle en font un personnage terrifiant et inoubliable. Chacune de ses apparitions est un pur moment d'angoisse car, au-delà de son physique très particulier, Cruella est un monstre de méchanceté : égocentrique, colérique, arrogante, sans aucun sens moral, elle n'hésite pas à écraser tout le monde sur son passage pour obtenir ce qu'elle désire. La méchante Reine de Blanche-Neige est une mère-poule à côté de la "cruelle diablesse" !
Face à un personnage aussi fort, les autres auraient pu passer inaperçus sans le génie des artistes Disney. En effet, Roger, Anita et Nanny représentent les "gentils" mais ne sont pas pour autant des béni-oui-oui ou des faire-valoir. Ils sont doux et tendres mais savent aussi faire preuve de tempérament comme lorsque Nanny jette une théière à la tête de Jasper ou lorsque Roger s'oppose virilement à Cruella. Roger est d'ailleurs un de mes personnages préféré tant il sait se montrer drôle et ironique.
Quant aux deux laquais de Cruella, Horace et Jasper, ils sont tordants de bêtise et de maladresse. Pas vraiment méchants, ces deux nigauds provoquent l'hilarité à chaque apparition.
     Les animaux ne sont pas en reste : la famille de Dalmatiens est sensationnelle car chacun des membres à un caractère bien défini et un physique attachant comme le rondouillard Rolly. Les autres animaux sont tous très bien écrits, du vieux Colonel au danois en passant par le Sergent, les gentilles vaches ou le labrador.
     Forte de ce magnifique casting, l'équipe Disney nous offre un film divertissant et passionnant. Les péripéties se multiplient, les aventures s'enchainent, le rythme est endiablé. Mais ce n'est pas une raison pour oublier l'émotion : nous sommes attendris par les pitreries des chiots, terrifiés à l'idée qu'un des nouveaux-nés soit mort, amusés par Horace et Jasper et épouvanté par Cruella ! La fuite des chiots du castle d'Enfer est un moment purement anxiogène, heureusement allégé par les glissades et l’autoritarisme de ce bon vieux Colonel.  L'équilibre entre angoisse, rires et larmes est parfait.
     Les messages véhiculés par les 101 Dalmatiens n'ont pas pris un ride et c'est toujours un vrai plaisir de revoir ce film à "l'ancienne" à l'heure du numérique et de la 3D, d'autant plus que le graphisme est joli bien qu'un peu brouillon.
     Un autre bon point est que l'on n'est pas inondé par les chansons qui, souvent, cassent le rythme du film. Ici, les trois chansons s'intègrent parfaitement à l'histoire et sont très entrainantes, principalement Cruella d'Enfer entonné joyeusement par Roger.

     Les 101 Dalmatiens fait partie de ces films qu’on ne se lasse pas de voir tant il est drôle, tendre, rythmé et intemporel. C'est l'apanage des grands films, non ?



Les 101 Dalmatiens (One Hundred and One Dalmatians) de Clyde Geronimi, Hamilton Luske, Wolfgang Reitherman
Genre : film d'animation

Durée : 1 h 19 min
Sortie en salles : 1961
Sortie en DVD : 1998
A partir de 3 ans

4 commentaire(s):

DAMESKARLETTE a dit…

Oh c'est un grand classique peut être l'un des rares dessins animés que j'ai vu tout de même. Bises à toi <3

filou49 a dit…

et la version live avec glenn close et gérard depardieu, tu en penses quoi? car j'avoue n'avoir jamais vu le dessin animé, mais seulement le film en chair et en os... faut dire qu'avant d'avoir des enfants, j'étais, tu l'avais compris, de ceux dont tu parles au début de ta rubrique : ceux qui traitent le cinéma d'animation avec condescendance et un peu de mépris :o)
superbe tentative de ta part de réhabiliter un genre souvent considéré comme mineur et longue vie à ta rubrique

potzina a dit…

@Dame Skarlette : je sais que ce genre n'est pas ta tasse de thé mais ça m'aurait quand même surprise que tu n'aies pas vu celui-là ! ☺

@filou49 : je n'ai pas aimé la version "live". Ce n'est pas mauvais mais c'est loin de la poésie du dessin animé et Glenn Close en fait vraiment trop ! ^^
Et merci pour tes vœux ! Je pensais à faire cette rubrique depuis un moment et c'est un peu toi et My Little Discoveries qui m'avaient "encouragé" à me lancer avec vos commentaires sur le sujet :))
Bon après-midi filou !

Cleophis a dit…

Ravie de voir que tu te lances dans cette nouvelle rubrique, toute analyse est constructive ! J'aime beaucoup les films d'animation et les 101 dalmatiens sont parmi mes préférés, par contre je reviens sur le fait que tu considères que les chansons coupent le rythme du film. C'est ce que j'aime le plus dans les animés Disney et j'ai remarqué aussi qu'à un certain âge, c'est le propre du film: ma fille n'a pas l'âge de comprendre tout ce qui se passe, du coup elle se désintéresse plus vite de "Kuzko" sans chanson (à part le groove de l'empereur au début) mais reste fascinée par "Aladdin" ou "Robin des bois". ;) Les chansons traduisent l'émotion du moment qu'un jeune enfant ne perçoit pas toujours dans les paroles.

 

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