28 mars 2011

What Happens During Ejaculation ? de Woody Allen (1972)

Ça se passe de commentaires. Je vous laisse apprécier !


24 mars 2011

Elizabeth Taylor : 27 Février 1932 - 23 mars 2011

55 films, 8 mariages, 7 maris, 4 enfants, de nombreux amants, un combat sans faille contre le SIDA, une soif de vivre intarissable, un talent immense...


liz taylor, elizabeth taylor

23 mars 2011

Titanic 2 de Shane Van Dyke (2010)

      Cent ans après le naufrage du Titanic, un riche armateur a décidé de construire le Titanic 2 et de refaire la même route que son prédécesseur. Le problème est que, réchauffement de la planète oblige, un glacier s'effondre et provoque un gigantesque tsunami qui envoie un iceberg s'écraser sur le Titanic 2... en attendant un deuxième tsunami.

      Bien, bien, bien. Les habitué(e)s du blog doivent se demander quelle mouche m'a piquée pour, non seulement voir ce film, mais surtout pour en parler ici. Je suis éclectique dans mes goûts mais, là, il y a des limites. C'est juste que, lorsque la bande annonce du film est parue sur le net, j'avais trouvé ça tellement nul que j'avais écrit un petit article sobrement intitulé Titanic 2 pour partager mon désarroi. Or, depuis la publication de cet article, il a été lu pas moins de 6165 fois (!), l'URL ayant même été partagée sur Facebook ! De quoi attiser ma curiosité. Je me suis dit que j'allais peut-être passer à côté de l'événement ciné de l'année _ que dis-je ? de la décennie _ et qu'il fallait absolument que je mate ça et que je partage mes impressions avec toutes ces personnes avides de savoir.
Je craignais cependant que ma démarche ait quelque chose de sacrificielle, après tout, ce n'est pas parce que ça fait le buzz que c'est de la qualité (McDo vend des millions de repas par jour et c'est bien dégueux, non ?). J'avais raison ! Comment le dire de manière concise ? C'est de la merde en boîte. Je n'arrive pas à croire qu'on ait pu dépenser de l'argent pour réaliser ce... truc. Je ne peux décemment pas parler de film, je ne peux même pas dire navet parce qu'un navet, c'est comestible.
Tout est raté : le scénario totalement bidon, les dialogues (si on peut appeler ça des dialogues), le jeu des acteurs (des acteurs !!! Je suis trop gentille aujourd'hui), la réalisation (), la musique... C'est un film totalement navrant qui ne mérite même pas une sortie directe en DVD. Pas un film catastrophe mais un film catastrophique.
Dès les premières images, j'ai eu envie de fuir. Le film s'ouvre sur un crétin qui s'éclate à faire du surf au Groenland : il attend que des blocs du glacier s'effondrent pour faire mumuse dans les grandes vagues gelées jusqu'à ce qu'un morceau grand comme New York s'effondre et qu'il se dise "Oh, merde !" Toute la scène _ sauf le futur surfer mort _ est en image de synthèse et on ne voit que ça. D'ailleurs le film regorge de plans en images de synthèse d'une telle médiocrité qu'on en vient à regretter l'invention des ordinateurs. Le Titanic 2 est filmé en plan large et ça pue l'amateurisme. Lorsqu'il quitte le port, il glisse sur une mer d'huile improbable et on a l'impression que c'est un gosse de 10 ans qui a fait le dessin. Le pire, c'est que Shane Van Dyke est très fier de cette image et il nous la balance au moins 15 fois pendant tout le fffi... truc. J'exagère ? Démonstration en images !
Je vous jure que ce n'est pas moi qui ai bidonné un truc avec Photoshop. Ce sont des images tirées du truc. Qu'est ce que je raconte ? Quand je fais des montages avec Photoshop, ce n'est pas tout naze comme ça ! Ce n'est pas un dessin animé ou une photo sur un mur, c'est vraiment censé être un bon gros navire prêt à sombrer. C'est terrifiant.
L'histoire est totalement débile en tout point. Qui aurait l'idée de construire un bateau qui s'appelle Titanic 2 à part un junkie défoncé au speed ? Qui aurait l'idée d'embarquer à bord de cette boîte de conserve ? Le reste est à la hauteur. Le riche armateur, Hayden pour les intimes, n'est en fait qu'un riche héritier qui ne rêvait que d'une chose : devenir garde-côtes mais le destin en a décidé autrement ! Comme papa vient de passer l'arme à gauche, son sens du devoir l'oblige à renoncer à ses rêves de David Hasselhoff afin de gérer l'empire familial. Pauvre mec. Ce jeune homme plein de terribles responsabilités est interprété par Shane Van Dyke lui-même dont la blondeur n'a d'égale que son manque total de naturel. J'ajoute d'ailleurs que c'est Van Dyke qui a écrit le scénario. Ce mec est partout.
Le riche armateur a eu une liaison avec une blonde à forte poitrine _ Amy Maine (Marie Westbrooke) _ qu'il a engagé comme infirmière de bord. C'est toujours sympa d'engager son ex, comme ça, on est sûr qu'il n'y aura aucune tension... Et Amy a un gentil papa, James (Bruce Davidson) qui est le Capitaine des gardes-côtes et qui va aider sa fille par téléphone portable. La technologie au service de l'homme. C'est James qui va tout comprendre avant tout le monde et essaiera de les sauver à l'aide d'une scientifique brune à forte poitrine (Brooke Burns), à bord de son hélicoptère éclairé d'une lumière spectrale verte. 
C'est vert, ça fait peur, non ?!!!
Je ne vous raconte pas la fin, je ne voudrais pas gâcher votre plaisir mais hou là là !! Il va y en avoir des rebondissements et des angoisses (*voix totalement ironique*).
Tout ça grâce au jeu subtile et délicat de tous ces merveilleux acteurs plus inconnus les uns que les autres, excepté Bruce Davidson que tout le monde connaît mais dont personne ne sait le nom. Leur interprétation est indescriptible tellement elle est mauvaise. Leur façon de dire leur dialogue est hallucinante,  même les mecs des Feux de l'Amour sont plus doués. Et ils n'ont aucune expression.
Le glacier sur lequel ils sont perchés est en train de s'effondrer et ces deux acteurs de légende nous livrent leur brillante interprétation de la panique ! J'ai fait un screen shot pile au moment où il y a un vacarme d'enfer et que la glace se fend sous leurs pieds. Elle, on dirait qu'elle a envie de faire son popo et lui semble avoir aperçu quelqu'un qu'il connaît mais il n'en est pas sûr. Fabuleux. L'ensemble du casting est au diapason.
Et que dire de ces merveilleux dialogues ? Rien, c'est trop pourri. Il y a des pseudos explications scientifiques que les frères Bogdanov ne renieraient pas, des appels au secours pathétiques et tout les personnages adorent dire "oui, d'accord". Sans mentir, le personnage de Van Dyke doit dire "oui, d'accord" une bonne cinquantaine de fois du moment où le bateau coule jusqu'à la fin du fffi... truc.
Quand à la réalisation, elle est pire que celle des Experts Manhattan. On a droit a des plans larges de bateau en synthèse en veux-tu en voilà, des ralentis... Oui, parce que Shane Van Dyke s'adore, il est omniprésent à l'écran et, comme il se trouve beau () , il se filme au ralenti entouré de nymphettes à gros seins qui se pâment en le regardant, le tout agrémenté d'un solo de guitare électrique aussi rock que Dick Rivers.
Comme le bateau coule, il est incliné et on a droit à une scène d'un rare comique quand un type s'accroche à une rambarde pour s'en sortir : pendant 2 minutes, on voit le type tortiller du cul pendant que des gens glissent toutes les 10 secondes le long du pont en criant. Ils ne tombent pas en groupe, ou par deux, non, non. Les uns après les autres à intervalles régulières ! Dit comme ça, ce n'est pas drôle mais j'ai failli me pisser dessus en voyant la scène.
Que serait un film catastrophe sans son histoire d'amour à l'eau de rose ? Un bon film, oui je sais. Mais pour maintenant, Titanic 2 c'est de la merde alors autant y aller jusqu'au bout. Oui, parce qu'au fond Amy et ce bellâtre de Hayden s'aiment toujours et il nous refont le coup du premier Titanic avec Jack et Rose, sacrifice ultime compris. Oooh, j'ai dit la fin ! Oups ! Bref, le générique de fin est même une ré-orchestration My Heart Will Go On de Céline Dion ! Je vous ai dit que c'était de la merde.


Le plus dramatique dans tout ça, c'est que Titanic 2 aurait pu être volontairement drôle en étant une parodie du film de James Cameron ou une parodie des films catastrophe en général. Mais il se prend tellement au sérieux qu'il est juste grotesque. J'imagine les membres de l'équipe pendant le tournage, super fiers de leur boulot et se tapant dans le dos à la fin de la journée.
Titanic 2 est un film à éviter d'urgence. Si vous vous ennuyez un dimanche, faites quelque chose de plus excitant comme... rangez vos chaussettes par exemple.

21 mars 2011

Exposition Stanley Kubrick à la Cinémathèque Française du 23 mars au 31 juillet 2011

      Cette année , la Cinémathèque Française met à l'honneur Stanley Kubrick à travers une exposition, des conférences, des projections de ses films...

      L'exposition va permettre de voir les notes, les décors, les photos, la correspondance, des scénarios, des documents de recherche, les costumes, les accessoires ainsi que des documents sur les projets non réalisés.  Le but n'est pas d'entrer dans l'intimité de l'artiste mais de voir tout le travail qu'il fournissait lors d'un tournage et de voir ses films avec un regard neuf. Il sera également possible de voir des photos prises par Kubrick lors de ses débuts comme photographe pour le magazine Look.
Cette exposition a été initialement créée par le Deutsches Filmmuseum à Francfort en 2004, en étroite coopération avec Christiane Kubrick, Jan Harlan et The Stanley Kubrick Archive at the University of the Arts London. Hans-Peter Reichmann, Directeur des expositions du Deutsches Filmmuseum, en est le Commissaire.
L'expo sera accompagnée d'une intégrale de ses films ainsi que d'un cycle "Autour de Kubrick".


Je l'ai déjà dit, je n'habite pas Paris mais là, j'envisage de déménager... Vous imaginez voir sur grand écran 2001, l'Odyssée de l'Espace, Barry Lyndon, Full Metal Jacket... ?!!! *soupirs*

Pour plus d'infos (séances, tarifs...), rendez-vous sur le site de la Cinémathèque consacrée à l'expo.

Je vous invite dès à présent à l'exposition virtuelle qui vous permettra de mieux comprendre l'œuvre globale du cinéaste ainsi que chaque film. Vous pourrez même écouter des extraits d'interviews données par Kubrick : Exposition virtuelle, Stanley Kubrick, aux croisements d'une œuvre. 

video

19 mars 2011

Harry Potter 7 Partie 2 : Premier Extrait

J'avais hâte de voir la deuxième partie mais là, avec cet extrait, c'est pire ! Vivement le mois de Juillet (et pas que pour HP d'ailleurs !)


Interviews des acteurs de HP 7

Critique de Harry Potter et les Reliques de la Mort Partie 1

16 mars 2011

Dans le personnage...

      Le photographe Howard Schatz a eu une idée : placer les acteurs dans plusieurs rôles ou situations dramatiques afin de faire ressortir l'essence du personnage. Telles étaient les prémisses de son ouvrage In Character : Actors Acting qui capte la plupart des stars hollywoodiennes en pleines actions,  c'est à dire faisant la grimace ! Il a continué la tradition pour Vanity Fair.

Je ne sais pas vous, mais moi, je trouve cette idée sympa et les photos sont vraiment chouettes, non ?

Photos © Howard Schatz pour Vanity Fair

G : gauche
C : centre
D : droite

Brendan Fraser 
© Howard Schatz

G : Vous êtes un contremaitre qui a joué 200$ sur la partie et qui regarde son équipe rater un but à 1 seconde de la fin. C :  C'est votre premier saut en parachute et vous entendez votre instructeur dire que c'est votre tour "Comment ? Je suis désolé mais je ne vous entends pas... Quoi ?" D : Vous êtes au fond de la classe de 6ème en cours de biologie, exultant avec votre copain car votre prof viens de dire le mot "pénis".

Jason Schwartzman
© Howard Schatz


G : Vous êtes Adam, un garçon de 5 ans qui cache son rat domestique dans le tiroir des sous-vêtements de sa sœur de 7 ans. C : Vous êtes Lacey, la soeur de 7 ans qui vient juste d'ouvrir son tiroir. D : Vous êtes Adam caché dans le placard de Lacey quand elle crie "Adaaaam !!!"

Cloe Sevigny
© Howard Schatz

G : Vous êtes une hyperkinétique de 8 ans à sa fête d'anniversaire entendant que le clown vient juste d'arriver. C: Vous êtes une mère qui assiste au récital de danse de sa fille de 7 ans et vous la regardez faire une pirouette approximative   et une révérence presque parfaite. D : Vous êtes une fille de deuxième cycle dont les parents travaillent, sur le point d'avoir des relations sexuelles pour la première fois avec votre copain, quand votre petite sœur déboule dans la chambre. 

Geoffrey Rush
© Howard Schatz

G : Vous êtes le soigneur d'une boxeuse, l'exhortant désespérément "Elle s'est barrée avec ton mec ! Elle a kidnappé ton gosse ! Vas-y et tue cette grosse vache !" C : Vous êtes un homme s'épanouissant depuis 5 ans dans un mariage heureux mais sédentaire, protestant auprès de votre femme "J'ai dit que tu avais le physique d'un Rubens. Ça ne veut pas dire gros. Ça veut dire.. que tu as le physique d'un Rubens !" D : Vous êtes un gamin de 10 ans qui joue avec son fox terrier et une balle de tennis _ qui vient de passer par la fenêtre, avec votre chien à ses trousses.

Greg Kinnear
© Howard Schatz

G : Vous êtes un flic et votre sergent vous dit que le gosse que vous avez tué avait un téléphone portable, pas un flingue. C : Vous êtes un gosse qui utilise son télescope pour espionner les voisins et qui vient de capter sa prof de maths au lit avec son conseiller d'orientation. D : Vous êtes un candidat à la présidentielle, à une collecte de fonds, se souvenant qu'un beau sourire retient la foule.

Hugh Laurie
© Howard Schatz

G : Vous êtes un père dévoué, vous venez de vous asseoir à la table du resto avec votre femme et votre fille de 15 ans qui vous apprend, sur un air de défi, qu'elle est enceinte. C : Vous êtes un grand couturier qui, le matin de son défilé, réalise que rien dans sa collection n'est prêt ou fabuleux. D : Vous êtes un pompeux et fanfaron député britannique qui doit faire un discours qui sera retransmis sur la BBC, et vous êtes enchanté par le son de votre propre voix.

John Malcovich
© Howard Schatz


G : Vous êtes une actrice ingénue, nouvelle à Hollywood. Votre agent vient de vous appeler pour vous annoncer que vous avez décroché un rôle dans un grand film... vous serez le grand amour de George Clooney. C : Vous êtes un maçon qui prend sa pause déjeuner avec ses potes dans la rue, appelant une femme sexy "Hé, chérie, tu veux voir ce qu'il y a dans ma boîte à déjeuner ?" D : Vous êtes un revendeur de drogue qui doit beaucoup de fric à un caïd de la pègre, allant aux nouvelles d'un de vos dealers qui a perdu une grande quantité de coke.
Michael Douglas
© Howard Schatz

G :  Vous êtes un père dont la fille a disparu depuis deux mois. Vous avez été appelé par la police pour identifier le corps d'une jeune fille. Le drap est baissé... ce n'est pas votre fille. C : Vous êtes un garçon à un carnaval bizarre, regardant un artiste mastiquer des cafards. D : Vous êtes une fille de 14 ans qui vient d'entrer dans la chambre de sa sœur de 18 ans alors que celle-ci est en train de faire l'amour.

Jeff Goldblum
© Howard Schatz

G : Vous êtes le garçon de 14 ans d'une mère célibataire, vous raidissant quand elle entame maladroitement une conversation tardive sur "la petite graine". C : Vous êtes à la remise de diplôme de votre fille et, sa jolie camarade de classe que vous reluquez discrètement vient de dire "Monsieur Lefkowitz, vous ne pouvez pas avoir 58 ans, vous êtes trop cool !" G : Vous êtes le major de promo de votre classe de terminale, venant d'être présenté pour faire le grand discours de votre jeune vie, et votre esprit est complétement vide.

Les autres photos sur Vanity Fair.com

13 mars 2011

True Grit de Joel et Ethan Coen (2011)


                  La jeune Mattie Ross (Hailee Steinfeld), 14 ans, débarque en ville avec une seule idée : venger son père tué lâchement par l'ignoble Tom Chaney (Josh Brolin). Mais celui-ci a pris la fuite et s'est réfugié en territoire indien. Mattie engage alors Rooster Cogburn (Jeff Bridges), un US Marshal totalement ravagé par l'alcool. Mais Chaney est déjà recherché par LaBoeuf (Matt Damon), un Texas Ranger qui souhaite obtenir une récompense. Tous les trois ont la même cible et chacun obéit à ses propres motivations...

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                  True Grit est l'adaptation du roman homonyme de Charles Portis. Le roman a déjà été porté à l'écran par Henry Hathaway en 1969 sous le titre français Cent dollars pour un shérif avec "The Duke" dans le rôle de Cogburn. Je n'ai lu ni le livre ni vu le premier film et d'une certaine manière, j'en suis ravie ainsi je n'ai pas passé mon temps à faire des comparaisons et j'ai pu apprécier le film pour ce qu'il est.
Je ne suis pas ce qu'on peut appeler une fan de western, non pas que le genre ne mérite pas ses lettres de noblesse mais, en ce qui me concerne, les batailles de cowboys et d'Indiens, les duels au soleil et les types cradingues qui chiquent, ça va bien cinq minutes ! Hormis les films de John Ford et ceux de ou/et avec Clint Eastwood, les autres m'ennuient très vite.
Si je voulais voir ce film, c'est uniquement car il est dû aux frères Coen pour qui j'ai une tendresse particulière. J'aime leur travail et leur façon douce amère de voir le monde et j'étais curieuse de voir comment ils allaient aborder ce genre de film, si viril et manichéen.
Ils s'en sortent très bien et à leur manière : le personnage principal n'est pas un tough guy  plein de testostérone mais une jeune donzelle de 14 ans. Le personnage central du film, c'est bien Mattie Ross interprétée avec génie par la surprenante Hailee Steinfeld. L'affiche du film veut nous faire croire que c'est Jeff Bridges qui mène la danse alors qu'en réalité, les frangins Coen ont filé les clefs de la maison à un joli tendron haut comme trois pommes. Le seul qui aurait pu avoir le même culot, c'est Clint Eastwood.
D'autres choses dans ce western m'ont ramené vers Monsieur Eastwood :  la musique _ dès les premières secondes, on entend une mélodie au piano que le réalisateur de Sur la route de Madison ou de Million Dollar Baby n'aurait pas renié ;  un goût prononcé pour filmer la nuit et les clairs obscurs ;  la famille ou son succédané comme moteur de l'histoire ;  l'impossibilité d'échapper à son destin, aussi fatal soit-il.
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Avec No Country for Old Men et A Serious Man, les frangins montraient des signes évidents de mélancolie et exprimaient ouvertement l'idée qu'il est impossible d'échapper à son destin et que, souvent, ce destin n'est pas rose. Ce n'est pas True Grit qui change la donne. Il plane sur ce film une sorte de vague à l'âme que l'épilogue n'atténue en rien. Heureusement, avec la famille Coen, la plus triste des grisailles est toujours émaillée d'éclaircies radieuses qui prennent la forme de répliques savoureuses et amusantes ou de scènes passablement loufoques. L'alcoolisme de Cogburn y est pour beaucoup. Bizarrement son addiction, au lieu de le rendre antipathique, le rend très attachant. Nul besoin de préciser que la prestation de Jeff Bridges est excellente. Son Cogburn est un vieux ronchon aviné pratiquant la mauvaise foi avec une belle décontraction. Sa rencontre avec Mattie va le transformer : égoïste patenté et brutal, il deviendra une figure paternelle agissant plus pour protéger Mattie (de Tom Chaney et d'elle-même) que pour son compte.
Les scènes les plus savoureuses sont celles où Cogburn se bat avec LaBoeuf : Cogburn est soûl comme une barrique et LaBoeuf est un naïf tendance crétin d'une folle arrogance. Son accoutrement ne fait qu'ajouter au ridicule du personnage. Au premier abord, ces deux-là ne se ressemblent pas du tout alors qu'en fait ils ont des tas de points communs. C'est ce qui rend leurs confrontations si drôles. La scène où ils s'amusent à tirer sur des galettes de maïs pour prouver qui est la meilleure gâchette sous l'œil navrée de Mattie vaut son pesant de noisettes.
Matt Damon arrive à rendre LaBoeuf sympathique alors que ça n'était pas gagné d'avance. Dès les premières minutes, on sent que c'est un con aux intentions louches (l'idée de tripoter une gamine de 14 ans ne le choque pas), qu'il a une grande gueule et des petits bras. Mais lorsqu'il est blessé et qu'il se retrouve à zozoter, il prend une dimension plus engageante. Et c'est plus tard dans le film, au contact de Mattie, que sa vraie nature va apparaître : généreuse.
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La vérité est que Cogburn et LaBoeuf n'attendaient pas grand chose de la vie et qu'ils n'avaient que leur métier pour leur tenir chaud. Ils ressemblaient fort aux criminels qu'ils étaient chargés d'attraper. L'arrivée de Mattie, au départ mal vécue, va chambouler leur façon de voir le monde. Leurs regards n'allaient pas plus loin que le viseur de leurs fusils, ils vont s'apercevoir que des personnes gravitent autour d'eux et que certaines valent même la peine d'être protégées et sauvées. Ils mettront leur divergence de côté et se surpasseront physiquement pour ce petit bout de femme. Leur rencontre sera brève mais intense. Quand à Mattie, entêtée et sûre d'elle-même, elle se rendra compte qu'elle n'aurait jamais pu allée au bout de son projet sans l'aide de ces deux zigotos.
Au fond, True Grit n'est pas tant une histoire de vengeance qu'une histoire d'amour père/fille - frère/sœur. Et c'est bien là tout l'intérêt car, sinon, ce film n'aurait été qu'un énième western vite oubliable.
Il n'empêche que True Grit est quand même un western et que les frères Coen respectent le cahier des charges inhérent au genre. La question indienne est expédiée en trois secondes mais ces trois secondes suffisent amplement par la force du propos. On a droit à une pendaison - spectacle, au croque - mort charognard, à des scènes d'une rare violence et de bravoure épiques comme dans tout bon western qui se respecte. Le film est également d'une grande beauté esthétique : les étendues désertiques sont baignées d'une somptueuse lumière signée Roger Deakins, les scènes de nuit sont majestueuses, les scènes héroïques sont filmées avec art... Les décors et les costumes vont de pairs avec le reste.
Les personnages secondaires _ pas si secondaires que ça d'ailleurs, dont Josh Brolin, sont aussi lâches qu'ils sont sales. On en revient presque à regretter leurs apparitions tardives dans le film.
Joel et Ethan Coen ne révolutionnent pas le genre, et c'est tant mieux. A la place, ils nous offrent un très bon film qui fait regretter l'âge d'or du western hollywoodien.

11 mars 2011

Mon Top Musiques de Films

         A l'heure du cinéma muet le son n'existait pas, cependant, la projection était souvent accompagnée d'une musique au piano ou jouée par un orchestre. Cela permettait de souligner le séquençage, de faire un lien entre les différentes scènes et surtout d'accroître le rythme et la poésie du film. L'arrivée du son change la donne et permet d'enregistrer la musique à l'avance sur un disque et de la diffuser au moment de la projection. Fini les couacs, les fausses notes et les problèmes de synchronisation entre le son et l'image. Vous vous demandez où je veux en venir ? La musique dans un film n'est pas un simple accessoire de décoration, ce n'est pas juste un accompagnement phonique : c'est un élément déterminant de l'histoire. La musique est un personnage à part entière.
Je crois qu'on n'a jamais vu un excellent film accompagné d'une mauvaise musique. Par contre, un mauvais film peut être accompagné d'un belle partition ou du moins, d'un joli morceau. De même que des films médiocres se sont hissés au rang des bons films grâce à leurs mélodies.
Il y a différentes sortes de bandes-originales : celles composées par un compositeur de musique de film comme Howard Shore, Alexandre Desplat, Ennio Morricone, Bernard Herrmann..., celles composées par des groupes ou des chanteurs comme Franz Ferdinand, Massive Attack, Daft Punk...et celles qui relèvent de la compilation de tubes déjà existant comme le fait Quentin Tarantino. Tout ceci n'est pas essentiel car, comme dit le proverbe "Qu'importe le flacon, pourvu qu'on ait l'ivresse". Ma sélection de B.O (non exhaustive, ça va de soi) comprend aussi bien des œuvres originales que des compils.

  1. Requiem for a Dream (Darren Aronofsky) : un thème envoûtant qui ne cesse de revenir sous différentes formes pendant tout le film. Je crois que le succès du film tient plus à la musique qu'à l'histoire. OK, Jared Leto y est pour quelque chose aussi ! 
  2. Le Fabuleux Destin d'Amélie Poulain (Jean-Pierre Jeunet) : pas sûre que les pérégrinations de Ste Amélie nous auraient autant emballé sans les mélodies enjouées de Yann Tiersen.
  3. La Trilogie du Seigneur des Anneaux (Peter Jackson) : entre les envolées lyriques de Howard Shore et la voix angélique de Enya, on n'a plus qu'à frémir de plaisir.
  4. Pulp Fiction (Quentin Tarantino) : ou comment Tarantino remet au goût du jour les standards US.
  5. Virgin Suicide : la seule chose qui vaille le coup dans ce film, c'est la space music de Air et de Al Green.
  6. Orange Mécanique (Stanley Kubrick) : le thème principal de Purcell interprété par Wendy Carlos, petit genie de musique électro, est magnifique, envoûtant, terrifiant, fantastique. Plus Beethoven, Rossini et Gene Kelly chantant Singin' In The Rain. Kubrick a un don pour marier les musiques à l'image alors même que le contexte de ces histoires ne s'y prêtent pas. 2001, l'Odyssée de l'Espace est un film d'anticipation et Kubrick utilise le Beau Danube Bleu et Ainsi parlait Zarathoustra. Full Metal Jacket est le témoignage de l'horreur de la guerre et il s'achève sur les soldats chantant Mickey Mouse. Du culot? Du génie ? Du génie !
  7. Gangs of New York (Martin Scorsese) : Howard Shore, U2, Peter Gabriel et mon morceau préféré Dyonisus par Jocelyn Pook (je sais, elle a un nom comique).
  8. Solaris (Steven Soderbergh) : le thème de Cliff Martinez, c'est juste la perfection.
  9. L'Étrange Noël de Mister Jack (Henri Selick) : Danny Elfmann, le fidèle compositeur de Tim Burton, signe la B.O de ce petit chef d'œuvre d'animation et reçoit un Golden Globe plus que mérité.
  10. Certains l'aiment chaud (Billy Wilder) : Marylin Monroe qui susurre I Wanna Be Loved By You et surtout, La Cumparsita qui permet à Jack Lemmon de rencontrer l'âme sœur.
  11. La première trilogie Star Wars (George Lucas) : c'est tellement culte, il n'y a rien à ajouter.
  12. Trainspotting (Danny Boyle) : Iggy Pop, Blur, Lou Reed, Pulp, Underworld...Que du bon son. 
  13. The Blues Brothers (John Landis) :  du blues rien que du blues avec, en prime Aretha Franklin et son tube Think.
  14. Une Nuit En Enfer (Robert Rodriguez) : "Everybody be cool", nous dit le beau George Clooney, ouais sauf qu'avec cette B.O, on a surtout envie de danser. After Dark de Tino et Tarantula est de loin mon morceau préféré.
  15. Forrest Gump (Robert Zemeckis) : rien que des standards du rock, d'Elvis à Dylan en passant par The Doors. OMG !
  16. Le Professionnel (Georges Lautner) : Chi Mai, le thème magique d'Ennio Morricone. Musique somptueuse piteusement utilisée pour la pub...Royal Canin ! "De la connaissance du chien naît la précision nutritionnelle" et le joli berger allemand court dans les herbes hautes pendant que les cinéphiles font une crise cardiaque...
  17. L'Exorciste ( William Friedkin) : oui  ami(e), tu peux dire un grand merci à Mike Oldfield pour tous tes cauchemards.
  18. Donnie Darko (Richard Kelly) : INXS, Tears for Fears, The Church, Duran Duran et la chanson Mad World interprétée par Gary Jules que tout bon dépressif a dans ses favoris YouTube (vous pouvez toujours chercher, j'ai 269 favoris *rires diaboliques*).
  19. Apocalypse Now (Francis Ford Coppola) : tout est bon dans le cochon mais The End et ses pales d'hélicoptères, c'est du lourd, non?
  20. Matrix (Andy et Larry Wachowski) :  je n'ai rien compris au film mais la B.O m'a éclaté surtout Rock Is Dead de Marylin Manson et Wake Up de Rage Against The Machine.
  21. O'Brother (Joel et Ethan Coen) : Les Culs Trempés ! Oh, ce bon bluegrass des 30's...
  22. Quantum of Solace (Marc Foster) : les B.O de James Bond sont toujours réussis et la prod fait appel à des artistes pop pour le générique d'ouverture. Cette fois, c'est Jack White et Alicia Keys qui s'y collent et balancent un Another Way To Die tout ce qu'il y a de plus planant. Ooooh, James !
  23. Cadillac Record (Daniel Martin) : une B.O exceptionnelle car uniquement composée de standards du blues US _ Chuck Berry, Muddy Waters, Etta James _ interprétés par les acteurs du film.
  24. La Saga Rocky (John G. Avildsen & Sylvester Stallone) : les thèmes Gonna Fly Now et Redemtion sont inoubliables et Eyes of Tiger de Survivor est une tuerie rock. 
  25. Little Miss Sunshine (Jonathan Dayton et Valerie Faris) : une musique hyper planante et enjouée qui colle parfaitement au film mais qui s'écoute aussi très bien sans les images. J'ai une petite préférence pour The Winner Is, First Push et No One Gets Left Behind de Mychael Danna.
  26. Easy Rider (Dennis Hopper) : Born To Be Wild de Steppenwolf est devenu culte. Pour les fans de motos...et les autres.
  27. Underground (Emir Kusturica) : Kusturica est musicien, il adore la musique gitane et tzigane. La B.O d'Underground est un petit joyau qui file la pêche.
  28. Wayne's World (Penelope Spheeris) : un film de potaches déjantés assorti d'une musique pop & rock géniale. Queen, Alice Cooper, Jimy Hendrix (le fameux Foxy Lady interprété par Garth), Eric Clapton, Red Hot Chili Peppers, Gary Wright...
  29. High Fidelity (Stephen Frears) : pas le meilleur film de Mister Frears mais une B.O pop très réjouissante. Bob Dylan, The Velvet Underground, The Beta Band...et même Jack Black qui pousse la chansonnette.
     
  30. Bagdad Café (Percy Aldon) : que celui qui n'a pas pleuré en entendant Calling You interprété par Jeveta Steele lève la main. J'ai aussi un sérieux faible pour Blues Harp de William Galison.
  31. Le Bon, la Brute et le Truand (Sergio Leone) : le génie d'Ennio Morricone opère toujours. Je crois que de tous les thèmes de western, c'est celui de ce film que je préfère.
  32. Les Dents de la Mer (Steven Spielberg) : nous sommes tous traumatisés par cette musique. On entend les premières notes et on s'angoisse ! Merci John Williams.
  33. Psychose (Alfred Hitchcock) : plus personne ne prenait de douches à cause de ce film et de la musique acérée de Bernard Herrmann. Il a fallu que les écologistes s'en mêlent pour qu'on abandonne notre baignoire.
  34. Princesse Mononoké (Hayao Miyasaki) : la poésie visuelle est renforcée par l'œuvre lyrique et puissante de Joe Hisaishi et Yoshikazu Mera
  35. Valse avec Bachir (Ari Folman) : une musique onirique parfois teintée d'électro et une séquence sur Enola Gay de Orchestral Manoeuvres (pour les nostalgiques des 80's dont je fais partie).
  36. In The Mood for Love (Wong Kar-wai) : c'est puissant, envoûtant, sensuel, doux, érotique, enivrant...
  37. Le Lauréat (Mike Nichols) : Simon and Garfunkel ont composé la musique du film, on y trouve leurs plus grands tubes _ The Sound Of Silence, Mrs Robinson _ et Dave Grusin ajoute sa touche pour la musique additionnelle. Évidemment, il faut aimer la folk.
  38. Mon nom est Tsotsi (Gavin Hood) : une immersion totale dans la musique urbaine d'Afrique du Sud post - apartheid : le "Kwaito" qui lorgne sans rougir du côté du hip-hop US. Génial.
  39. Macadam Cowboy (John Schlesinger) : John Barry (R.I.P) était un artiste qui savait illuminer un film grâce à sa musique. Entre les morceaux lascifs à l'harmonica, les accents jazz et les airs de bossa nova, il faut s'appeler John Barry pou rendre tout ça cohérent !
  40. Ghost In The Shell (Mamoru Oshii) : un des meilleurs mangas accompagné d'une des meilleures musiques _ planante, poétique et puissante.
  41. Podium (Yann Moix) : si vous n'aimez pas Claude François, ce n'est même pas la peine d'y aller. Mais si, comme moi, vous vous déhanchez sur Magnolia Forever, foncez ! Benoît Poelvoorde interprète la plupart des chansons dont Ma Préférence de Julien Clerc. Avec, en supplément Lettre à France et Holidays de Michel Polnareff.
  42. On connaît la chanson (Alain Resnais) : pour le plaisir des yeux et des oreilles _ Sabine Azéma qui chante Résiste de France Gall, ça fait ma journée ! Et le reste, c'est du lourd : Jacques Dutronc, Charles Aznavour, Gilbert Bécaud, Alain Bashung, Edith Piaf, Serge Lama, Jane Birkin, Alain Souchon, Serge Gainsbourg, Eddy Mitchell...
  43. 8 Femmes (François Ozon) : les 8 femmes du titre interprètent chacune leur tour une chanson en rapport avec leur personnage. Les performances de Deneuve et Ardant sont oubliables mais Isabelle Huppert et Virginie Ledoyen ont un joli brin de voix. La musique additionnelle colle parfaitement à l'ambiance du film.
  44. Un Air de Famille (Cédric Klapish) :  des violons, des guitares sèches et une musique qui file la patate. Le thème principal a  servi de générique à l'émission "J'ai rendez-vous avec vous" de France 2 (c'est pas top mais au moins, c'était pas une pub pour des tampons...).
  45. S.O.S Fantômes (Ivan Reitman) :  toi aussi, tu as remué du popotin sur Ghostbusters de Ray Parker en ânonnant un pitoyable "I ain't afraid of no ghosts" et en balaçant les bras comme si tu avais ta machine à slime chargé en positif dans les bras ! 
  46. Brazil (Terry Gilliam) : il y a évidemment le thème principal très bossa nova en totale contradiction avec la vie des protagonistes du film mais aussi des mélodies puissantes, poétiques ou rythmées. B.O géniale pour film génial.
  47. La Panthère Rose (Blake Edward) : le thème principal est culte et a servi aussi pour la série animée. Même ceux qui n'ont jamais vu ni les films ni le dessin animé connaissent cette musique jazzy.
  48. La saga Indiana Jones (Steven Spielberg) : talatata talata talatata talatatata ! Les pilleurs de trésor n'ont qu'à bien se tenir, l'homme au lasso va leur péter la tête car "sa place est dans un musée !" OK ?!  Saga culte, musique culte. 
  49. Le Roi Lion (Roger Allers et Rob Minkoff) : je tiens à demander pardon à tous les membres de ma famille pour leur avoir cassé les oreilles pendant des mois avec Hakuna Matata que je chantais (faux) du matin au soir.
  50. Blade Runner (Ridley Scott) : la musique crépusculaire de Vangelis colle parfaitement au film et n'a pas pris une ride.
  51. ...et vous, c'est quoi vos musiques de films préférées ???

    9 mars 2011

    It Was On Earth That I Knew Joy de Jean-Baptiste de Laubier (2011)

          Un virus a décimé la race humaine. Seules les machines ont subsisté et se repassent les vidéos de leurs créateurs disparus.
    Le film est uniquement constitué d'images "volées" au quotidien d'un couple auxquelles se juxtaposent la voix métallique d'une machine qui récite les souvenirs du "Survivant" qui a vu le Monde se désagréger autour de lui.

         Jean-Baptiste de Laubier est un pilier de la scène électro, plus connu sous le nom de Para One. Il a étudié à la Femis aux côtés de Céline Sciamma, la réalisatrice de la Naissance des pieuvres dont JB de Laubier a signé la bande-originale.
    It Was On Hearth That I Knew Joy est un court métrage commandé par...Sixpack, une marque de fringues ! Peu importe qui produit le film, l'important c'est le résultat. JB de Laubier dit s'être inspiré du travail de Chris Marker, un réalisateur pour qui les commentaires sont aussi important que l'image.  It Was On Earth That I Knew Joy m'a également fait penser à L'Armée des Douze Singes de Terry Gilliam pour son scénario apocalyptique et à 2001, L'Odyssée de l'Espace pour l'absence d'émotion des machines ainsi que pour le questionnement sur le devenir de l'espèce humaine.
    Jean-Baptiste de Laubier signe ici un court métrage bouleversant. D'apparences anodines, ces vidéos sont un cri d'amour à la vie, aux êtres qui nous entourent et sont le récit d'un monde qui vit ses derniers instants.
    La réalisation est superbe, certaines scènes _ pourtant si simples, relèvent de la maestria. Gaspard Noé pourrait prendre des cours.
    Il n' y a plus qu'à espérer pour nous que Jean-Baptiste de Laubier aient quelques projets de longs métrages dans ses tiroirs et qu'il trouve un producteur.
    J'espère que vous aimerez autant son travail que moi. Bon film !




    2 mars 2011

    Forum des Images du 2 mars au 22 mai 2011 à Paris : Un Monde de Machines

         J'ai reçu récemment un e-mail en provenance de l'attachée de presse du Forum des Images me demandant de parler du nouveau cycle thématique lancé par le Forum. Ce n'est pas parce que je n'habite pas Paris et que je ne pourrai probablement pas m'y rendre ( je travaille trop pour trop peu d'argent ) que je ne vais pas en parler parce que ça à l'air vraiment sympa.
    Cette année, la thématique sera Un Monde de Machine. Je vous poste la copie d'une partie du mail :

    À l’époque du « tout électronique », les machines, devenues à la fois si familières et si sophistiquées, sont partout. Pour autant, certains rapports avec elles restent ambigus.
    Le cinéma, issu lui-même de machineries de plus en plus complexes, rend compte à merveille de ces imaginaires ambivalents, voire contradictoires, suscités par les dispositifs mécaniques et artificiels, présents au quotidien.

    Ce cycle, qui réunit près de 150 films, est parrainé par le « trublion multicasquettes » Ariel Kyrou.
    Journaliste, essayiste, enseignant, Ariel Kyrou est membre du collectif de rédaction de la revue Multitudes. Il est également directeur associé de Moderne Multimédias et rédacteur en chef de Culture Mobile, un magazine en ligne sur les pratiques du mobile, du Net et du monde numérique.
    Le Forum des images est heureux de l’accueillir lors de la soirée inaugurale du cycle, pour la projection d’Astroboy à Roboland, en présence du réalisateur Marc Caro, mercredi 2 mars, à 19h30.

    En une centaine de films accompagnés de débats, rencontres et conférences, Le Forum des images propose d'explorer les liens ambigus que nous tissons avec nos machines à travers les images les représentant dans leurs dimensions à la fois esthétique, poétique, politique, économique et sociale.

    Notamment, au programme, toute une semaine consacrée aux oeuvres de Philip K.Dick adaptées au cinéma...


    Plusieurs thèmes seront abordés :
    • La mécanique au quotidient
    • Sexe Machine 
    • Tous en chaîne
    • La fabrique de l'image
    • Machines à traquer
    • Hommage à Philip K. Dick
    • Des hommes et des automates
    • Vers l'infini et au-delà
    • Machine, trop machine : "it's alive"
    • La fin du monde : alors on joue?
    L'homme bicentenaire, Mon Oncle, Disjoncté, Pleasantville,  Capitaine Orgazmo, Casanova, Les Temps Modernes, Les Ensorcelés, 1984, Ennemi d'État, eXistenZ, Minority Report, Pi, A.I...autant de films à voir ou à revoir. Plus des courts-métrages et des conférences.

    Retrouvez toutes les infos (les films, séances, tarifs, horaires, accès...) sur le site du Forum des Images.

    1 mars 2011

    Jane Russell : 21 juin 1921 - 28 février 2011

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         La mythique brune incandescente de Les hommes préfèrent les blondes s'est éteinte hier à l'âge de 89 ans. Ses formes généreuses ont fait d'elle la pin-up la plus appréciée des militaires américains et un des sex-symbols les plus célèbres des années 40 et 50.
    Sa carrière cinématographique fut assez courte bien que couronnée de succès. Dès 1957, elle se tourne vers la scène et présente un spectacle au Sands Hotel de Las Vegas avant de partir en tournée à travers les USA. Jane exploitera son talent de comédienne au théâtre pendant les années 60.
    Mariée trois fois, elle ne pouvait avoir d'enfants suite à une IVG qu'elle avait subi dans sa jeunesse. Elle a adopté trois enfants et a milité contre l'avortement. Elle a apporté son soutien aux associations d'aide à l'enfance jusqu'à la fin de sa vie.

    Annie Girardot : 25 octobre 1931 - 28 février 2011

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         Annie Girardot s'est éteinte ce lundi 28 février à l'âge de 79 ans. Atteinte de la maladie d'Alzheimer depuis quelques années, l'actrice avait pourtant continué à brûler les planches jusqu'à ce que sa mémoire soit trop défaillante.
    La jeune Annie quitte son Paris natal pour suivre des études d'infirmière à Caen mais, très vite, sa passion pour la comédie la rattrape.  Elle intègre donc l'École nationale supérieure des arts et techniques du théâtre et obtient son diplôme du Conservatoire national supérieur d'art dramatique en 1954 avant d'intégrer la Comédie Française.
    En 1955, elle interprète son premier grand rôle dans Treize à table d'André Hunebelle avant de donner la réplique à Jean Gabin en 57 et 58 dans Le rouge est mis de Gilles Grangier et Maigret tend un piège de Jean Delannoy.
    Mais le rôle qui va changer sa vie, c'est Nadia dans Rocco et ses frères de Visconti car c'est sur le tournage qu'elle rencontre l'homme de sa vie, Renato Salvadori avec qui elle aura une fille.
    Sa carrière décolle dans les années 60 et elle deviendra l'actrice française la plus populaire. Capable de tout jouer, elle alterne drames et comédies avec le même génie. Elle sera l'incarnation de la femme libre : elle joue l'avocat, le médecin,  le chauffeur de taxi, le photographe, le commissaire de police... des métiers, à l'époque, principalement réservés aux hommes. Elle n'hésite pas non plus à jouer les célibataires endurcies et fières de l'être dans La Vieille Fille de Jean-Pierre Blanc (1971) au côté de Philippe Noiret. Les femmes s'identifient à elle car Annie est une femme aux manières simples, qui interprète des femmes "normales". Quand Annie Girardot se coupe les cheveux, les Françaises foncent chez le coiffeur ! Elle a la reconnaissance du public mais aussi celle du monde du cinéma puisqu'en 1977 elle reçoit le César de la Meilleure Actrice pour son rôle dans Docteur Françoise Gailland de Jean-Louis Bertucelli. Cependant, les réalisateurs de la Nouvelle Vague ne s'intéressent pas à elle, ce qui n'empêche pas "La Girardot" de tourner.
    Dans les années 80, Annie se lance dans la chanson aux côtés de Bob Decourt qui deviendra son compagnon (elle a quitté Renato Salvatori qui la battait). Elle montera même deux comédies musicales mais le succès n'est pas au rendez-vous. Elle perd de l'argent et est même contrainte de vendre son appartement. Dans Paris, une rumeur circule : elle se drogue. La profession lui tourne le dos.
    Après une longue traversée su désert, elle renoue avec le succès grâce aux Misérables de Claude Lelouch  et obtiendra même le César de la Meilleure Actrice dans un second rôle. Elle retrouve sa place dans le milieu du cinéma, au théâtre et à la télévision. Elle obtiendra à nouveau le César de la Meilleure Actrice dans un second rôle pour  La Pianiste de Michael Haneke.
    Annie Girardot apprend qu'elle est atteinte de la maladie d'Alzheimer. Plutôt que de se terrer, Annie décide d'affronter la maladie et va même jusqu'à reprendre en 2002 son rôle fétiche de Madame Marguerite qu'elle avait déjà interprété en 1974. Mais sa mémoire flanche et son metteur en scène la "sauve" en lui proposant de porter une oreillette. Cependant, la maladie est la plus forte et Annie doit se résoudre à quitter les planches.
    En 2008, Annie Girardot accepte d'être filmé pendant 8 mois par Nicolas Beaulieu afin de montrer les effets de la maladie. On y découvre une Annie ne sachant même plus qu'elle fut actrice.
    Elle est décédé hier des suites de la maladie.