Cent ans après le naufrage du
Titanic, un riche armateur a décidé de construire le
Titanic 2 et de refaire la même route que son prédécesseur. Le problème est que, réchauffement de la planète oblige, un glacier s'effondre et provoque un gigantesque tsunami qui envoie un iceberg s'écraser sur le
Titanic 2... en attendant un deuxième tsunami.
Bien, bien, bien. Les habitué(e)s du blog doivent se demander quelle mouche m'a piquée pour, non seulement voir ce film, mais surtout pour en parler ici. Je suis éclectique dans mes goûts mais, là, il y a des limites. C'est juste que, lorsque la bande annonce du film est parue sur le net, j'avais trouvé ça tellement nul que j'avais écrit un petit article sobrement intitulé
Titanic 2 pour partager mon désarroi. Or, depuis la publication de cet article, il a été lu pas moins de 6165 fois (!), l'URL ayant même été partagée sur Facebook ! De quoi attiser ma curiosité. Je me suis dit que j'allais peut-être passer à côté de l'événement ciné de l'année _ que dis-je ? de la décennie _ et qu'il fallait absolument que je mate ça et que je partage mes impressions avec toutes ces personnes avides de savoir.
Je craignais cependant que ma démarche ait quelque chose de sacrificielle, après tout, ce n'est pas parce que ça fait le buzz que c'est de la qualité (McDo vend des millions de repas par jour et c'est bien dégueux, non ?). J'avais raison ! Comment le dire de manière concise ? C'est de la merde en boîte. Je n'arrive pas à croire qu'on ait pu dépenser de l'argent pour réaliser ce... truc. Je ne peux décemment pas parler de film, je ne peux même pas dire navet parce qu'un navet, c'est comestible.
Tout est raté : le scénario totalement bidon, les dialogues (si on peut appeler ça des dialogues), le jeu des acteurs (des acteurs !!! Je suis trop gentille aujourd'hui), la réalisation (

), la musique... C'est un film totalement navrant qui ne mérite même pas une sortie directe en DVD. Pas un film catastrophe mais un film catastrophique.
Dès les premières images, j'ai eu envie de fuir. Le film s'ouvre sur un crétin qui s'éclate à faire du surf au Groenland : il attend que des blocs du glacier s'effondrent pour faire mumuse dans les grandes vagues gelées jusqu'à ce qu'un morceau grand comme New York s'effondre et qu'il se dise "Oh, merde !" Toute la scène _ sauf le futur surfer mort _ est en image de synthèse et on ne voit que ça. D'ailleurs le film regorge de plans en images de synthèse d'une telle médiocrité qu'on en vient à regretter l'invention des ordinateurs. Le
Titanic 2 est filmé en plan large et ça pue l'amateurisme. Lorsqu'il quitte le port, il glisse sur une mer d'huile improbable et on a l'impression que c'est un gosse de 10 ans qui a fait le dessin. Le pire, c'est que
Shane Van Dyke est très fier de cette image et il nous la balance au moins 15 fois pendant tout le fffi... truc. J'exagère ? Démonstration en images !
Je vous jure que ce n'est pas moi qui ai bidonné un truc avec Photoshop. Ce sont des images tirées du truc. Qu'est ce que je raconte ? Quand je fais des montages avec Photoshop, ce n'est pas tout naze comme ça ! Ce n'est pas un dessin animé ou une photo sur un mur, c'est vraiment censé être un bon gros navire prêt à sombrer. C'est terrifiant.
L'histoire est totalement débile en tout point. Qui aurait l'idée de construire un bateau qui s'appelle
Titanic 2 à part un junkie défoncé au speed ? Qui aurait l'idée d'embarquer à bord de cette boîte de conserve ? Le reste est à la hauteur. Le riche armateur,
Hayden pour les intimes, n'est en fait qu'un riche héritier qui ne rêvait que d'une chose : devenir garde-côtes mais le destin en a décidé autrement ! Comme papa vient de passer l'arme à gauche, son sens du devoir l'oblige à renoncer à ses rêves de David Hasselhoff afin de gérer l'empire familial. Pauvre mec. Ce jeune homme plein de terribles responsabilités est interprété par Shane Van Dyke lui-même dont la blondeur n'a d'égale que son manque total de naturel. J'ajoute d'ailleurs que c'est Van Dyke qui a écrit le scénario. Ce mec est partout.
Le riche armateur a eu une liaison avec une blonde à forte poitrine _
Amy Maine (
Marie Westbrooke) _ qu'il a engagé comme infirmière de bord. C'est toujours sympa d'engager son ex, comme ça, on est sûr qu'il n'y aura aucune tension... Et Amy a un gentil papa,
James (
Bruce Davidson) qui est le Capitaine des gardes-côtes et qui va aider sa fille par téléphone portable.
La technologie au service de l'homme. C'est James qui va tout comprendre avant tout le monde et essaiera de les sauver à l'aide d'une scientifique brune à forte poitrine (
Brooke Burns), à bord de son hélicoptère éclairé d'une lumière spectrale verte.
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| C'est vert, ça fait peur, non ?!!! |
Je ne vous raconte pas la fin, je ne voudrais pas gâcher votre plaisir mais hou là là !! Il va y en avoir des rebondissements et des angoisses (*voix totalement ironique*).
Tout ça grâce au jeu subtile et délicat de tous ces merveilleux acteurs plus inconnus les uns que les autres, excepté Bruce Davidson que tout le monde connaît mais dont personne ne sait le nom. Leur interprétation est indescriptible tellement elle est mauvaise. Leur façon de dire leur dialogue est hallucinante, même les mecs des
Feux de l'Amour sont plus doués. Et ils n'ont aucune expression.
Le glacier sur lequel ils sont perchés est en train de s'effondrer et ces deux acteurs de légende nous livrent leur brillante interprétation de la panique ! J'ai fait un
screen shot pile au moment où il y a un vacarme d'enfer et que la glace se fend sous leurs pieds. Elle, on dirait qu'elle a envie de faire son popo et lui semble avoir aperçu quelqu'un qu'il connaît mais il n'en est pas sûr. Fabuleux. L'ensemble du casting est au diapason.
Et que dire de ces merveilleux dialogues ? Rien, c'est trop pourri. Il y a des pseudos explications scientifiques que les frères
Bogdanov ne renieraient pas, des appels au secours pathétiques et tout les personnages adorent dire "oui, d'accord". Sans mentir, le personnage de Van Dyke doit dire "oui, d'accord" une bonne cinquantaine de fois du moment où le bateau coule jusqu'à la fin du fffi... truc.
Quand à la réalisation, elle est pire que celle des
Experts Manhattan. On a droit a des plans larges de bateau en synthèse en veux-tu en voilà, des ralentis... Oui, parce que Shane Van Dyke s'adore, il est omniprésent à l'écran et, comme il se trouve beau (

) , il se filme au ralenti entouré de nymphettes à gros seins qui se pâment en le regardant, le tout agrémenté d'un solo de guitare électrique aussi rock que
Dick Rivers.
Comme le bateau coule, il est incliné et on a droit à une scène d'un rare comique quand un type s'accroche à une rambarde pour s'en sortir : pendant 2 minutes, on voit le type tortiller du cul pendant que des gens glissent toutes les 10 secondes le long du pont en criant. Ils ne tombent pas en groupe, ou par deux, non, non. Les uns après les autres à intervalles régulières ! Dit comme ça, ce n'est pas drôle mais j'ai failli me pisser dessus en voyant la scène.
Que serait un film catastrophe sans son histoire d'amour à l'eau de rose ? Un bon film, oui je sais. Mais pour maintenant,
Titanic 2 c'est de la merde alors autant y aller jusqu'au bout. Oui, parce qu'au fond Amy et ce bellâtre de Hayden s'aiment toujours et il nous refont le coup du premier
Titanic avec Jack et Rose, sacrifice ultime compris. Oooh, j'ai dit la fin ! Oups ! Bref, le générique de fin est même une ré-orchestration
My Heart Will Go On de
Céline Dion ! Je vous ai dit que c'était de la merde.
Le plus dramatique dans tout ça, c'est que Titanic 2 aurait pu être
volontairement drôle en étant une parodie du film de
James Cameron ou une parodie des films catastrophe en général. Mais il se prend tellement au sérieux qu'il est juste grotesque. J'imagine les membres de l'équipe pendant le tournage, super fiers de leur boulot et se tapant dans le dos à la fin de la journée.
Titanic 2 est un film à éviter d'urgence. Si vous vous ennuyez un dimanche, faites quelque chose de plus excitant comme... rangez vos chaussettes par exemple.