28 février 2011

1 billet publié = 10 repas offerts

Cette année, comme l'année dernière, Carrefour et Danone s'associent aux Restos du Cœur pour financer 10 repas pour chaque billets publiés sur nos blogs qui parlent de la collecte alimentaire qui aura lieu les 4 et 5  mars prochains. 
Pour cela, rien de plus facile : il suffit d'écrire quelques lignes sur votre blog sur la collecte alimentaire puis d'envoyer le lien via le site Les pieds sur la terre.
C'est extrêmement simple et ce petit geste permet à des personnes dans le besoin de manger. N'importe qui peut devenir une de ces personnes du jour au lendemain : demain, c'est peut-être moi qui irai frapper à la porte des Restos.
Soyez nombreux à relayer ce message sur vos blogs, l'année dernière les blogueurs avaient permis de financer 16 675 repas ! Ça ne va rien vous coûter, ça ne va vous prendre que quelques minutes mais vous aurez aidé les Restos du Cœur.

Mise à jour 11 mars 2011 : cette année 2 274 billets ont été publiés soit 22 740 repas offerts par Carrefour et Danone ! Bravo à tous ceux qui ont participé...

Oscars 2011 : the winner is...

Les Oscars 2011 n'ont offert aucune surprise puisqu'ils sont à l'image des pronostics. Le grand vainqueur de cette 83ème édition est Le Discours d'un Roi qui repart avec 3 prestigieuses statuettes :
  • Meilleur film
  • Meilleur acteur pour Colin Firth ( je suis trop contente )
  • Meilleur réalisateur pour Tom Hooper 
  • Meilleur Scénario Original

The Social Network qui était, paraît-il le meilleur film de l'année (je ne l'ai pas vu) doit se contenter de l'Oscar de la Meilleure Adaptation, celui de la Meilleure musique originale et celui du Meilleur montage.


Sans surprise, Natalie Portman remporte celui de la Meilleure Actrice pour son rôle de danseuse foldingue dans Black Swan.

The Fighter se voit distingué par deux statuettes : Meilleure actrice dans un second rôle pour Melissa Leo et Meilleur acteur dans un second rôle pour Christian Bale.

Toy Story 3 remporte le prix du Meilleur film d'animation et le prix de la Meilleure chanson originale pour Randy Newman, sachant qu'il était également nominé dans la catégorie Meilleur film, une première pour un film d'animation !

Inception ne remporte "que" des prix techniques :
  • Meilleure cinématographie
  • Meilleur mixage son
  • Meilleur montage son,
  • Meilleurs effets spéciaux. 

Le grand oublié de la soirée est True Grit des frères Coen qui, malgrés ses 10 nominations repart les mains vides.




"Je dois vous avouer que j'ai des bouffées d'enthousiasme, quelque part au niveau abdominal, qui menacent de se transformer en mouvements de danse, ce qui, aussi grande soit ma joie, risque de s'avérer problématique s'ils se manifestent avant que je quitte la scène".

26 février 2011

Céremonie des Césars 2011 : the winner is...

Cette année, Xavier Beauvois était le grand favori de cette 36ème cérémonie des Césars. Il n'a pas fait aussi fort que Jacques Audiard l'année dernière avec ses 9 trophées mais il repart quand même avec 3 statuettes :
  • Meilleur film (je rappelle que c'est pour Des Hommes et des Dieux)
  • Meilleure photo
  • Meilleur second rôle pour le merveilleux Michaël Lonsdale 
En fait, le grand vainqueur de la cérémonie est Roman Polanski avec 4 Césars pour The Ghost Writer :
  • Meilleur réalisateur
  • Meilleur montage
  • Meilleure musique
  • Meilleure adaptation 
Personnellement, je suis ravie car Des Hommes et des Dieux et The Ghost Writer font partis de mes films préférés de 2010.
La cérémonie a eu la bonne idée de mettre à l'honneur la jeune génération d'acteurs _ non pas que l'ancienne doit être jetée à la poubelle, mais un César permet de se faire connaître du grand public.  Ainsi, Sara Forestier a reçu le César de la Meilleure Actrice pour Le nom des gens et Eric Elmosnino celui du Meilleur Acteur pour Gainsbourg (Vie héroïque).

Le Meilleur second rôle féminin revient (pour ma plus grande joie) à l'éblouissante Anne Alvaro pour Le Bruit des Glaçons de Blier
Le Meilleur film étranger revient sans surprise à The Social Network de David Fincher.  Quand au Meilleur film court, c'est Logorama du collectif H5 (qui a reçu l'Oscar du meilleur court l'année dernière ! Ça sent le réchauffé...). Le César du Meilleur film d'animation revient à L'illusionniste de Sylvain Chomet.
Voilà pour les principaux prix, je vais vous épargner le césar du meilleur son ou du meilleur costume car tout le monde s'en fout. 
Une cérémonie sans surprise _ comme d'habitude, mis à part Forestier qui remporte  le prix devant Catherine Deneuve. Juste une belle occasion pour les gens du cinéma de se remercier mutuellement, de porter des belles fringues et de se faire un bon gueuelton après la cérémonie.

24 février 2011

Le Discours d'un Roi (The King's Speech ) de Tom Hooper (2011)



     Le prince Albert, duc d'York  souffre de bégaiement mais sa charge l'oblige à s'exprimer en public. Sur l'insistance de son épouse Elizabeth, il se rend chez Lionel Logue, un thérapeute aux méthodes peu conventionnelles...


colin firth, le discours d'un roi
  Le Discours d'un Roi n'est pas un de ces biopics sans intérêt très à la mode ces derniers temps ni même un film historique classique. Tom Hooper s'intéresse à la petite histoire pour mieux appréhender la grande.
Il se penche sur le destin hors du commun de "Bertie", le futur Roi George VI et plus précisément sur une partie importante de sa vie : le discours qu'il a prononcé pour déclarer la guerre à l'Allemagne nazie. Le discours qui a fait de lui le Roi légitime dans le cœur des britanniques.
Or, le Roi George VI aurait été incapable de prononcer le moindre mot sans le travail et l'aide précieuse de Lionel Logue car il était bègue.

C'est  cette rencontre improbable entre le futur Roi et son thérapeute que retrace le film. Dit comme ça, on a plus envie de se sauver qu'autre chose : regarder pendant 2 heures un type prendre des cours de diction, non merci ! Mais ce film ne raconte pas l'histoire d'un type lambda, son thérapeute n'est pas le plus académique des praticiens qui soit et l'enjeu est de taille car il a changé l'Histoire.
Autant mettre les points sur les "i" tout de suite : j'ai adoré ce film. Il dure pratiquement 2 heures mais le temps s'effile bien trop rapidement et quand il s'achève, la seule chose qui vienne à l'esprit c'est : déjà ?

Le Discours d'un Roi s'ouvre sur une scène terrifiante : le Prince Albert doit prononcer le discours de clôture de l'exposition de l'Empire britannique mais il bégaie, bafouille et n'arrive à émettre que de pénibles borborygmes. Ce discours est une épreuve aussi bien pour lui que pour sa femme et ses sujets. Lui se sent honteux et les spectateurs n'osent plus le regarder  dans les yeux.
Immédiatement le décors est planté : il n'est pas permis d'être bègue quand on est Prince. Autrement dit : il n'est pas permis d'être faible quand on est Prince même si cette faiblesse vous est imposer par l'existence.
A travers Bertie et son bégaiement, c'est nous même que nous regardons : nous avons tous quelque chose qui cloche et qui nous empêche d'avancer. Un handicap, une phobie, une névrose...ou le manque de confiance en soi. Cet homme est Prince et bientôt Roi, nous ne sommes que l'homme ou la femme du peuple et pourtant l'identification est immédiate. Il n'y a pas de frontières sociales face à la souffrance de ne pas être ce que nous souhaiterions être et le combat que l'on doit mener pour le devenir.

helena bonham carter, le discours d'un roi

Le combat, le mot n'est pas trop fort. Bertie va devoir affronter son pire ennemi pour, enfin, pouvoir parler : lui-même. Bègue, contraint d'écrire de la main droite alors qu'il est naturellement gaucher, souffrant de problèmes d'estomac, délaissé par ses parents, vivant dans l'ombre de son frère aîné élevé comme le futur monarque, Bertie traine un paquet de boulets. Il manque cruellement de confiance en lui et il n'est pas prêt à devenir Roi. C'est ce que comprend très vite son thérapeute Lionel Logue. Thérapeute sans diplôme mais audacieux, acteur raté mais au sens de l'humour aiguisé. La thérapie qu'il propose au Roi est insolite : des exercices de respirations, des relâchements faciaux, des exercices vocaux qui enchantent la Reine Elizabeth. Le Roi finit par se lâcher entre les quatre murs vétustes du bureau de Logue et on le verra chanter et jurer comme un charretier ! L'amitié qui se tisse entre les deux hommes perdurera jusqu'au décès de George VI.

La naissance de cet amitié masculine et la volonté tenace de Bertie et de Lionel réservent des moments de grandes émotions. J'ai pleuré lors du discours de George VI mais j'ai aussi ri car certaines répliques ne manquent pas d'humour (j'ai eu l'opportunité de voir le film en V.O, j'espère que la version française est aussi piquante).

L'interprétation est plus qu'à la hauteur. Geoffrey Rush semble être fait dans de la patte à modeler tant son corps et son visage sont expressifs. Ce mec n'a peur de rien. Son attitude follement décontractée tranche avec la rigueur de Colin Firth qui, lui aussi est magistral. Il nous livre une interprétation brillante, sans exagération alors qu'il aurait pu tomber dans le sordide en jouant le bègue débile. Colin a obtenu le Golden Globe du Meilleur Acteur dans un Drame, je lui souhaite vivement de recevoir l'Oscar dimanche.
Helena Bonham-Carter est surprenante de sobriété dans le rôle de l'épouse aimante de George VI. Ça fait bizarre de la voir sans robe gothique ou perruque rouge ☺ Elle est très émouvante, amusante, gracieuse et jolie. 

Superbe interprétation et jolie réalisation : j'aime les réalisations sobres et Tom Hooper se dispense d'effets de caméra. Sa mise en scène peut paraître classique mais c'est dans le bon sens du terme : le cadrage est parfait, la lumière est divine et la photo somptueuse. La caméra qui précédait Colin Firth au début du film finit par le suivre comme pour montrer le changement : le Prince est devenu Roi.
Tom Hopper joue avec la lumière et avec les décors (somptueux), prend de la distance quand il le faut mais n'hésite pas non plus à utiliser des plans serrés afin de faire sentir au spectateur à quel point il est proche des personnages.

Enfin, la musique : exceptionnelle. Elle est signée Alexandre Desplat, celui-là même qui a signé la B.O de Harry Potter 7, The Ghost Writer, Fantastic Mr Fox... A ses compositions s'ajoutent le symphonie n°7 et le concerto n°5 pour piano de Beethoven. Le tout se mêle brillamment.

La seule chose que je puisse ajouter est : allez voir ce film. Il est émouvant et drôle et il nous donne cette agréable sensation d'avoir appris quelque chose sur l'Histoire du Royaume-Uni mais aussi, et surtout, sur notre propre histoire. Du grand art.

21 février 2011

Johnny Depp : Wallpapers

     Parfois, les jours de pluie je m'ennuie, surtout le dimanche.   Pour passer le temps, je regarde un film, un épisode de New York : Section Criminelle (vous ne saviez pas que je voue un culte à Vincent D'Onofrio?!) ou un épisode de Sherlock Holmes (avec Jeremy Brett _ R.I.P) mais le temps s'écoule lentement le dimanche...quand on s'est levé à 7 heures car ces connards d'oiseaux ont décidé que le matin était le meilleur moment pour se taper la discut' sous mes fenêtres. Alors, on se fait plaisir parce qu'on le mérite. Ouais !!!!
(cliquez pour agrandir)

Johnny Depp, wallpaper, fond d'ecran, image

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Photos trouvées sur le web, montages réalisés par bibi

18 février 2011

35 Movies in 2 minutes de Sarah Bierman, Felix Meyer, Torsten Strer, Pascal Monaco

     35 Movies in 2 minutes est un court métrage sur le cinéma. L'idée est de représenter 35 films en 2 minutes sous forme de symboles.  Par exemple, la pluie du début représente le film Chantons sous la pluie (Singin' in the rain) de Stanley Donen.
Alors, dites-moi, vous les avez tous reconnu? Moi, non !

16 février 2011

Black Swan de Darren Aronofsky (2011)

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     Nina (Natalie Portman) est une jeune danseuse perfectionniste et renfermée. Elle est prête à tout pour obtenir le rôle principal du Lac des Cygnes mis en scène par Thomas (Vincent Cassel), un directeur de troupe cynique et imbu de lui-même. Nina est la grande favorite jusqu'à l'arrivée de Lily (Mila Kunis), une danseuse aussi volcanique et sensuelle qu'élégante et douée...


natalie portman, black swan
     Pratiquement tout le monde a vu Black Swan et, ceux qui ne l'ont pas vu, n'ont pas pu faire autrement que d'en entendre parler tant la presse s'est emparée du film pour en faire le meilleur film de l'année 2011 (nous ne sommes qu'en février) et pour faire de Natalie Portman la nouvelle vedette du cinéma indé américain et, surtout, la seule actrice Oscarisable de l'année. Pour tout vous dire, depuis que j'ai vu l'affiche et les premières images lors de la Mostra de Venise, je n'ai qu'une envie : voir le film. J'ai lu les critiques de la presse plus élogieuses les unes que les autres et c'est donc le cœur léger et le sourire béat accroché au visage que je me suis rendue hier voir mon chef d'œuvre. Quand je suis ressortie de la séance mon cœur n'était plus léger et le sourire béat avait disparu. Un seul mot me vient à l'esprit : DÉCEPTION.
Comment est-il possible que l'ensemble des critiques ciné se soient à ce point enthousiasmé pour ça? Entendons-nous bien : Black Swan n'est pas un mauvais film mais ce n'est pas du tout un chef d'œuvre. De même que Natalie Portman nous livre une belle partition mais de là à dire que c'est le rôle qui va changer sa vie et qu'elle est la seule et l'unique, il y a une marge.
Mes connaissances en matière de danse et de ballets sont en dessous du niveau de la mer, ce qui ne m'empêche pas d'apprécier la musique classique et l'élégance des danseurs(ses). Je ne m'attarderai donc pas sur les chorégraphies qui ponctuent le film : je les ai trouvé jolies _ peut-être que je me trompe complétement.
Je préfère vous parler de ce que je connais le mieux : la mise en scène, la narration et les acteurs.
Darren Aronofsky avait déjà montré son goût pour les mises en scène nerveuses et compliquées avec Requiem For A Dream, il remet le couvert avec Black Swan. Sa caméra virevolte dans tous les sens, les danseuses passent dans le champ de la caméra à la vitesse de la lumière et le cinéaste est le champion des gros plans. On pourrait compter les points noirs sur le visage de Natalie Portman (si elle en avait) tant la caméra colle les personnages. Aronofsky "s'inspire" de Gus Van Sant et filme ses personnages de dos et de face. Le but est évidemment de communiquer le sentiment de malaise et d'étouffement qui étreint Nina aux spectateurs : c'est réussi, on en a la nausée. Pas moyen de souffler ou de prendre un peu de distance avec les personnages, on suffoque.
Le cadrage est aléatoire et  la caméra tremble subitement dans certains plans_ je ne sais pas si c'est fait exprès ou pas.
natalie portman, black swan, affiche
Quand à l'histoire, je ne sais pas quoi en penser. Est-on dans un thriller horrifique, dans un film de monstre ou un drame psychologique? Ou dans tout ça à la fois?  Vous me direz, quelle importance si l'histoire te transporte et t'émeut? Aucune, bien sûr. Sauf que je n'ai pas été émue ou transportée. L'histoire se focalise sur Nina qui, à force de vouloir atteindre la perfection _ en l'occurrence devenir le Cygne Noir __ se perd et perd la raison. Or, Nina est dingue depuis le début : avant même l'arrivée de Lily ou le début des auditions pour le Lac des Cygnes, elle voit des doubles d'elle-même dans le métro ou les couloirs. Sa névrose ne fera que s'accentuer jusqu'au dénouement (dont je ne vous dis rien, je ne suis pas du genre à raconter la fin des films). Elle est très déséquilibrée comme tout les gens qui l'entourent. Sa mère est d'une rare possessivité et l'infantilise (elle la met coucher alors que Nina a 28 ans, surveille ses sorties, ses ami(e)s, lui met une berceuse avant d'éteindre la lumière...). Lily se drogue, fume, boit, couche avec tous les mecs qu'elle croise, sexualise tout, ment... Thomas est un pervers : il séduit Nina pour mieux la rejeter, se moque d'elle, la pousse à bout, l'oblige à parler de sa vie intime, couche avec tout ce qui a un vagin... Oui, parce que si vous pensiez voir un film sur la vie d'une ballerine, vous serez déçu : il n'est question ici que de sexe. Nina est pratiquement frigide, tout le monde s'en rend compte et l'idée est que, si elle parvient à atteindre l'orgasme (seule ou en compagnie), elle pourra être le Cygne Noir et, par conséquent, réussira sa vie. Messieurs-Dames les losers, masturbez-vous, faites-vous déflorer, les choses finiront par s'arranger! Un message d'autant plus simpliste que, si on a affaire à une maboule, les choses ne peuvent pas s'arranger...
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Il y a un moment déjà que Natalie Portman tente de se débarrasser de son image de petite fille sage mais je ne sais pas si c'est Black Swan qui va changer la donne. Certes, on la voit se faire tripoter par Vincent Cassel, se masturber avec ardeur sur un oreiller et atteindre l'orgasme grâce à la langue experte de Mila Kunis lors d'une scène saphique extrêmement sensuelle mais j'ai plus eu envie de la prendre dans mes bras pour la consoler que de la baller dans un lit (je ne suis pas gay, c'est peut-être pour ça... ou pas). Natalie est une femme ravissante qui excelle dans les scènes de désespoir et de larmes. Et elle joue très bien la folie. On a beaucoup parlé dans la presse du fait qu'elle s'est entraînée pendant des mois et que c'est bien elle qui danse dans le film. Je suis sûre qu'elle danse dans certaines scènes mais pas dans toutes. Peu importe, Natalie Portman est actrice, pas danseuse et sa performance ne se limite pas aux entrechats. Le vrai problème est que j'ai trouvé Barbara Hershey, qui joue sa mère, bien plus impressionnante. Perso, c'est à elle que je donnerais l'Oscar. Elle est flippante en mère possessive et tyrannique. C'est d'ailleurs la relation mère-fille qui est la mieux développée dans le film. Toutes les scènes entre Portman et Hershey sont excellentes : au début, on les trouve émouvantes et à la fin, on ne sait plus laquelle des deux nous fait le plus peur.
Vincent Cassel est très bon, j'ai été très surprise par la qualité de son jeu. Ce n'est pas que je ne l'aime pas mais je trouve qu'il en fait toujours des tonnes. Pas ici. Il se montre sobre dans son jeu et laisse vivre un personnage fortement antipathique. Il ne fait rien pour rendre son personnage attachant et assume parfaitement la "garcitude" de Thomas.
black swan, mila kunis, natalie portman
Mila Kunis était, toujours d'après la presse, LA révélation du film. Sensuelle, provocante, audacieuse, émouvante...les adjectifs n'ont pas manqué aux critiques pour qualifier la jolie Mila. S'il suffit de dire bite, queue, chatte pendant 1 heure 45, je suis une révélation. Mila Kunis est jolie, il est évident qu'elle est capable de jouer la provoc' à la perfection mais c'est tout. C'est facile d'attirer l'attention du public quand on joue une garce, les spectateurs aiment détester les méchants au cinéma. Son personnage n'existe que grâce à Natalie Portman. Natalie fait le boulot et Mila lui renvoie la balle.
Quand à Winona Ryder, qui devait signer son grand retour, elle est incroyable de naturelle en pocharde névrosée...dans deux scènes et demie ! Il est fort à parier que dans 6 mois, plus personne ne saura que Winona Ryder a joué dans Black Swan.
Enfin, qui dit ballet dit musique. Il parait que Clint Mansell a composé la musique du film : moi, j'ai eu l'impression de n'entendre que des variations du thème principal du Lac des Cygnes pendant 1 heure 45, le tout agrémenté de bruits étranges pour faire peur au moment où Nina a peur. Rien de catastrophique mais rien de bien excitant non plus.
Black Swan est un film atypique, c'est son mérite. Il nous fait découvrir un univers bien particulier : celui des troupes de ballets classiques. Jamais formel, il péche par son excès d'ambition et par une réalisation trop brouillonne qui ne s'accorde pas avec son sujet. Il est fort probable que je l'aurais apprécié bien plus s'il n'avait pas joui d'une telle réputation. Je m'attendais à trop : j'espérais des scènes de danse passionnées, une actrice habitée, un esthétisme flamboyant, une fin surprenante... J'espérais un feu d'artifice, j'ai eu une explosion de pétards. Il faudra que j'attende quelques mois que le soufflé soit retombé pour le visionner à nouveau. Peut-être que je l'aimerais davantage.

14 février 2011

Bonne St Valentin!

vincent d'onofrio, kiss



Renverse-toi que je prenne ta bouche,
Calice ouvert, rouge possession,
Et que ma langue où vit ma passion
Entre tes dents s'insinue et te touche : 

C'est une humide et molle profondeur,
Douce à mourir, où je me perds et me glisse ;
C'est un abîme intime, clos et lisse,
Où mon désir s'enfonce jusqu'au cœur...

- Ah! puisse aussi t'atteindre au plus sensible,
Dans son ampleur et son savant détail,
Ce lent baiser, seule étreinte possible,
Fait de silence et de tiède corail ;

Pussé-je voir enfin tomber ta tête
Vaincue, à bout de sensualité,
Et détournant mes lèvres, te quitter,
Laissant au moins ta bouche satisfaite!



12 février 2011

Burn After Reading de Joel et Ethan Coen (2008)

     Osbourne Cox (John Malcovitch), analyste pour la C.I.A est convié à une réunion de travail : l'objectif de cette réunion est de lui apprendre son licenciement. Il rentre chez lui avec la ferme intention de se soûler et d'écrire ses mémoires. Sa femme Katie (Tilda Swinton) n'est pas surprise par son comportement et elle s'en fiche car elle a décidé de le quitter pour Harry Pfarrer (George Clooney), un séduisant marshal fédéral... A des années lumières de ce petit monde, Linda Litzke (Frances McDormand) ne rêve que d'une chose : faire de la chirurgie esthétique. Mais comme elle n'a pas d'argent, son rêve est compromis jusqu'au jour où son ami Chad Feldeihmer (Brad Pitt) découvre des documents ultra-secrets appartenant à Cox. Et s'il faisaient chanter l'auteur des documents?


george clooney, burn after reading, coenLes frères Coen ont un vrai don pour filmer les idiots : de Fargo à O'Brother en passant par The Big Lebowski, leur filmo est truffée de parfaits neuneus plus crétins les uns que les autres. Dans Burn After Reading, tous les personnages sont des débiles qui ont la moitié d'un petit pois en guise de cerveau.  On pourrait s'en offusquer ou s'ennuyer ferme mais non, c'est le contraire. Ce film est un festival de gags et de situations rocambolesques irrésistibles.  Burn After Reading n'est pas le meilleur film des frangins (surtout d'un point de vue narratif) mais c'est de loin le plus drôle. Au-delà des répliques savoureuses, ce sont les personnages qui apportent la folie. Les frères Coen peuvent dire un grand merci à leurs acteurs car c'est bien eux qui font le film.
John Malcovitch est génial en jeune licencié au bout du rouleau, trainant son désarroi en peignoir et pantoufles, noyant sa tristesse dans le whisky et pétant des câbles toutes les 10 minutes. La scène dans la voiture avec Brad Pitt vaut le déplacement.
George Clooney est un marshal fédéral pétochard, qui n'a jamais utilisé son arme, totalement paranoïaque et qui sursaute au moindre bruit bizarre. De surcroit, c'est un obsédé sexuel qui drague sur Internet et qui construit des sextoys dans son garage! La performance de Clooney est excellente, son Harry Pfaffer est dans la parfaite continuité de Ulysses de O'Brother.
Frances McDormand est une fois encore excellente, chacune de ses scènes est un petit moment de bonheur. Cette femme ne se prend pas du tout au sérieux et elle sait se moquer d'elle avec une telle décontraction et une telle intelligence qu'on ne peut que s'enthousiasmer.
Face à tous ces personnages haut en couleur, celui qui tient la dragée haute et qui vole la vedette à ses petits camarades, c'est Brad Pitt. Il est excellentissime. Il a l'air d'un gamin de 20 ans, il est encore plus abrutis que tous les personnages du film réunis et sa présence à l'écran est indispensable. Si bien que, lorsque son personnage disparait  (je ne vous dis pas pourquoi), le film perd un peu de son intérêt.
brad pitt, burn after reading
Mais, le film n'est pas exempt de défauts : les frangins ne se sont pas foulés pour l'histoire et la réalisation est assez pâlichonne. On a l'impression qu'ils se sont contentés de poser leur caméra et de laisser faire leurs acteurs. Après un film comme No Country For Old Men, on pouvait s'attendre à mieux. Le film sent bon la colonie de vacances et on voit bien que l'ensemble du casting s'est éclaté à faire ce film mais il aurait pu être tourné par n'importe qui : on ne sent pas la Coen's touch.
Et puis, chose étonnante venant des frérots : ils se moquent ouvertement de leur personnage. Eux, qui jusqu'ici n'avaient jamais jugés les personnages de leur film, aussi horribles soient-ils, témoignent un certain mépris pour ceux de Burn After Reading.
Un peu plus d'humanité et une réalisation plus soignée auraient pu faire de Burn After Reading un grand cru des frères Coen, le film se contentera de n'être qu'une œuvre secondaire dans une excellente filmographie.

10 février 2011

Destino de Dominique Monféry d'après le travail préparatoire de Salvator Dali (2003)

     En 1945, Walt Disney rencontre Savator Dali à Hollywood. Les deux hommes éprouvent de l'admiration mutuelle et décident de travailler ensemble sur un court-métrage.
Pendant un an, Salvator Dali, aidé de John Hench (un fidèle de chez Disney), dessine et peint les croquis de ce court-métrage : Destino, une histoire d'amour muette surréaliste, bercée par une mélodie hispanique.
     Dès que le studio voit les premiers croquis, le projet est stoppé net car il fut jugé trop... étrange. Il faudra attendre 50 ans pour que Roy Disney, le neveu de Walt, redécouvre ces croquis hallucinants et charge Dominique Monféry, un Français, de réaliser le court-métrage comme l'aurait souhaité Dali.
     Le résultat, dévoilé au Festival d'Annecy en 2003, est ni plus ni moins une toile de Dali animée. Le style est certes contemporain mais l'esprit du travail de Dali est respecté.

Bon film !

7 février 2011

Ocean's Eleven de Steven Soderbergh (2002)

ocean's eleven, soderbergh, affiche


     Après avoir purgé une peine de deux ans de prison , Danny Ocean (George Clooney) décide de réaliser le plus spectaculaire des braquages : cambrioler en même temps trois casinos! Au passage, il souhaite récupérer son ex-femme, Tess (Julia Roberts) qui vit à présent avec Terry Benedict (Andy Garcia), le propriétaire des trois casinos en question.
Pour ce faire, Danny regroupe autour de lui une équipe de choc composée de 10  malfrats...

ocean's eleven, photos
     Ocean's Eleven est le remake du film L'Inconnu de Las Vegas de Lewis Milestone (1960) et il en reprend la trame.
L'intrigue du film est assez banale et a été mainte fois traitée au cinéma surtout pendant les années 50 - 60, années de gloire pour les films de gangsters. Évidemment, comme on aime tous les gentils bad boys, on a très envie de les voir réussir. Certes, ils vont rencontrer quelques embûches mais, comme on est à Hollywood et que le film est du pur entertainment, nos héros ne peuvent que gagner, avec un bonus à la clé (une fille, l'amitié, la maturité...) et une petite morale car, on a beau être des voleurs, on a quand même de l'éthique. Non, mais! Ainsi, le méchant et avare Benedict va se retrouver tout seul comme un con et ruiné pendant que la jolie Tess rejoint son truand de mari car lui, au moins, il l'aime plus que les dollars...même s'il a volé plein de fric au passage. Ce n'est pas la qualité du scénario qui a fait du film le succès qu'on lui connait et qui a transformé le film en franchise dite "Ocean". Car deux autres films suivront, avec des succès plus mitigés. Le succès du film tient en deux choses : le réalisateur et le casting.
Steven Soderbergh s'est taillé une jolie réputation depuis Sexe, mensonges et vidéos (1989) et son talent ne fait aucun doute. Pour ce qui est de proposer du divertissement de qualité, Soderbergh ne s'est jamais moqué de son public. A cela s'ajoute son don pour s'entourer d'acteurs prestigieux : Andie McDowell, James Spader, Jeremy Irons, Ian Holm, George Clooney, Jennifer Lopez, Tobey Maguire, Julia Roberts, Catherine Zeta-Jones... Soderbergh a su attirer des acteurs soit de talents soit qui plaisaient au public soit qui étaient les deux à la fois!
geoge clooney, julia roberts, ocean's eleven
Pour Ocean's Eleven, Soderbergh sort l'artillerie lourde et s'entoure d'un casting à faire saliver un ascète : Julia Roberts, George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon, Andy Garcia, Don Cheadle, Casey Affleck, Elliott Gould, Carl Reiner, Joshua Jackson... Le but est clairement affiché : faire des entrées. Avec un casting pareil, pas besoin d'histoire, on est sûr que le public sera au rendez-vous au moins la première semaine d'exploitation. Mais comme Soderbergh est ce qu'il est, il ne s'est pas contenté de son casting même s'il laisse la part belle aux acteurs (les scènes entre Brad Pitt et George Clooney sont pour le moins jouissives). Le film est émaillé de répliques savoureuses, la bande son est parfaitement calibrée pour l'histoire, la mise en scène est efficace aussi bien dans les scènes d'actions que de préparations, les personnages sont bien dessinés, les décors font rêver, l'humour est omniprésent et le scénario s'offre le luxe d'un retournement de situation de dernière minute.. En bref, le film réuni toutes les qualités pour remplir les tiroirs caisses tout en divertissant honnêtement le public ( comprenez : sans se foutre de sa gueule).
L'aspect le moins agréable du film est cette histoire d'amour sans intérêt entre Tess et Danny...à moins que le problème ne vienne de l'absence de relief du personnage de Tess ou de l'absence de talent de Julia Roberts, au choix. Le film part en guimauve surtout à la fin avec les yeux embués de Julia et le petit sourire en coin de George. Mise à part cela, Ocean's Eleven est un bon film de braquage, qui n'a rien a envier à ses aînés. Un film mineur, certes, mais jubilatoire.