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Inception de Chritophe Nolan
Inception a été qualifié de plus grand film de l'année 2010 alors qu'il n'est sorti en France qu'en juillet et que l'année était loin d'être terminée mais Christophe Nolan a une solide réputation, son casting était soigné, le scénario donnait envie... A l'arrivée, Inception n'est pas mon film préféré de l'année 2010 mais il est quand même excellent. L'intrigue est tortueuse à souhait, l'interprétation est très bonne (mention spéciale à Leo DiCaprio et Joseph Gordon-Levitt) mais c'est surtout la mise en scène et les effets spéciaux qui vous scotchent au fauteuil. Un vrai travail d'orfèvre. Christophe Nolan ne prend pas le spectateur pour un con, l'oblige à effectuer un travail intellectuel (comme de suivre l'histoire plutôt que de raconter sa journée de travail à sa copine pendant la séance _ il y a de cafés pour ça, pitié) et laisse la part belle à l'interprétation. Le genre de film qu'on ne se lasse pas de revoir.
A serious man de Joel et Ethan Coen
J'attends toujours les films des frères Coen avec une certaine impatience mêlée de crainte car je les aime tellement que j'ai toujours peur d'être déçue. Une fois de plus, les frangins m'ont fait plaisir. Ils posent leur caméra dans le salon d'une famille juive et suivent le quotidien de Larry Gopnik, le père, à qui il n'arrive que des catastrophes. Il cherche alors conseil auprès de trois rabbins afin de devenir un homme bien. L'occasion pour les frères Coen de s'interroger sur la religion, la foi et l'incidence de la pratique religieuse sur le quotidien des croyants. Le héros est juif mais il aurait aussi bien pu être catholique ou musulman. Évidement, nous sommes chez les Coen donc le ton est ironique à la limite satirique, le tout émaillé d'un certain humour qui peut échapper à certains. J'ai lu beaucoup de critiques négatives sur des blogs car certains n'ont pas compris "l'humour juif "du film. J'ignorais qu'il existait un "humour juif", peut-être y-a-t-il un humour orthodoxe, bouddhiste ou musulman? A défaut, on trouvera toujours de l'antisémitisme.
La seule chose que je regrette, c'est la fin : une queue de poire! Le film s'achève abruptement, de façon grotesque comme si les Coen n'avaient plus de pellicule ou en avait marre de filmer. Un petit bémol pour une jolie mélodie.
Invictus de Clint Eastwood
Comment Nelson Mandela a-t-il réussi à obtenir un semblant de paix social dans son pays après son élection à la présidence? Grâce au rugby! Aussi fou que cela puisse paraître, c'est pourtant vrai. L'équipe de rugby nationale,
les "Springboks", était un symbole de l'Apartheid et la majorité des Noirs voulaient voir l'équipe dissolue. Nelson Mandela s'est évertué à garder l'équipe et a motivé ses membres afin que le pays remporte la Coupe du Monde 1995. Rien de tel qu'une victoire sportive pour unifier un pays. Si vous ne me croyez pas, souvenez vous de la liesse des Français quand l'équipe de foot a gagné la Coupe du Monde en 98...
Clint Eastwood réalise un superbe film, teinté d'humanisme et de générosité. Morgan Freman est simplement parfait et Matt Damon réalise une très bonne performance. Pas le meilleur Eastwood mais du grand cinéma quand même.
J'en ai déjà parlé...
Fantastic Mr Fox de Wes Anderson
Quand Wes Anderson s'attèle à l'adaptation d'un roman de Roald Dahl et qu'il choisit d'en faire un film d'animation, on se retrouve avec un vrai petit chef d'œuvre. Le film a un côté
old school tout à fait charmant et l'animation image par image lui donne un aspect saccadé qui va très bien avec l'histoire. Une histoire bien écrite, sur fond d'écologie et profondément...humaine. Le film est drôle, émouvant et tient le spectateur en haleine. George Clooney, Meryl Streep, Bill Murray, William Defoe, Owen Wilson, Michael Gambon et Adrien Brody prêtent leur voix au bestiaire animé. Si ça ne vous donne pas envie...
Le Bruit des glaçons de Bertrand Blier
Dire que j'avais renoncé à prendre du plaisir devant un film de Blier est peu dire. A part
Les Valseuses,
Tenue de Soirée et
Trop Belle Pour Toi, je me suis passablement ennuyée devant ses films. Pourquoi voir Le Bruit des glaçons me direz-vous? Car je suis comme beaucoup de gens (si c'est pas malheureux), je me laisse influencer par les journalistes. Les critiques étaient élogieuses, la bande-annonce alléchante et le casting me plaisait. J'ai bien fait. Ce film est épatant. Le sujet qu'il traite n'est pas,
a priori, drôle puisqu'il parle d'un homme atteint d'un cancer. Mais le trait de génie est que le cancer vient rendre visite au malade. Albert Dupontel est le cancer et Jean Dujardin est le malade. Tous les deux forment un duo au diapason, sans compter la présence élégante de Anne Alvaro.
Le film est émaillé de répliques savoureuses et d'idées surprenantes. Quand à la mise en scène de Blier, pour une fois elle est légère et dynamique (merci la steadycam).
Le seul point négatif est l'absence total de naturel et de talent de Emile Berling qui joue le fils de Dujardin. Sa présence à l'écran est vraiment pénible et gâche les scènes dans lesquelles il joue. Il devrait songer à prendre des cours d'art dramatique ou, mieux encore, arrêter la comédie.
Bad Lieutenant : Escale à la Nouvelle Orléans de Werner Herzog
Nicolas Cage fait partie de ces acteurs à la filmographie totalement inégale. Il alterne avec joie grands films et débilités profondes, mais toujours avec le même enthousiasme. Bad Lieutenant est dans la première catégorie. Ce film est du cynisme en barre. L'histoire se déroule après l'ouragan Katrina et Cage est un flic devenu accroc à la drogue après une grave blessure au dos. Son addiction lui fait prendre tous les risques, son comportement est de plus en plus déviant et il est au bord de la folie.
Nicolas Cage nous livre une performance totalement hallucinée et hallucinante. Il est tellement bon qu'il m'a fait peur! Les dialogues sont savoureux et le film porte un regard sans concession sur l'Amérique d'aujourd'hui et file un coup de pied au cul au fameux
american way of life.
La seule chose a regretter est qu'une fois de plus Eva Mendès joue la petite amie-salope du
bad guy et que sa performance est tout à fait oubliable.
Alice aux pays des Merveilles de Tim Burton
Si je te dis, ô fidèle lecteur, que je suis totalement fan du travail de Tim Burton, je ne t'apprends rien. Donc, lorsque mademoiselle Alice est sortie en salle, j'ai fait fi des critiques assassines et je suis partie, la fleur au fusil, voir le film. La fleur s'est pris un sale coup dans les pétales. Je vous épargne mes commentaires sur cette 3D de merde qui gâche les films et précisément CE film. J'en viens au vif du sujet : ce film est tellement peu burtonien que ça en est suspect. Où sont le gothisme, l'univers fantasmagorique, la poésie si chères à l'univers de Tim Burton? Son
Sweeney Todd m'avait rassurée sur son état d'esprit, passablement "disneyisé" depuis Charlie et la chocolaterie et voilà qu'il remet ça avec Alice aux pays des Merveilles. L'adaptation est ennuyeuse, le film s'étire en longueur, on s'en fout de ce qui va arriver à Alice (on a presque envie de la voir mourir). Les effets spéciaux sont navrants et l'interprétation est nulle. Celle qui s'en sort le mieux est Mia Wasikowska qui était quasiment inconnue avant la sortie du film. Helena Bonham Carter est grotesque, Johnny Depp en fait des tonnes et Anne Hathaway a l'air sous acide.
Je suis plus que déçue, je suis déprimée.
L'Apprenti sorcier de John Turteltaub
Très bien, j'avoue : j'aime beaucoup Nicolas Cage et j'ai vu un paquet de navets parce qu'il jouait dedans... Grâce à lui, en 2010, j'en ai vu un de plus. Bon sang que ce film est mauvais! Tout est à jeter. L'histoire : un jeune garçon déprimé découvre un jour qu'il est un sorcier, il est l'élu et il va devoir combattre les forces du mal. Ça vous rappelle vaguement quelque chose? Vous avez raison, c'est le point de départ des aventures de Mister Harry Potter. Très original ce scénario.
Les effets spéciaux sont risibles, les pubs Perrier sont plus réussies. Des boules de feu, des dragons, des oiseaux métalliques...même la perruque de Nicolas fait moumoute de supermarché.
Quand à l'interprétation, je ne sais même pas si ça vaut le coup d'en parler. Cage fronce les sourcils et nous on éclate de rire. Jay Baruchel m'a désespérément déçu : je l'avais trouvé prometteur dans
Tonnerre sous les Tropiques de Ben Stiller, mais là, c'est la cata. J'avais envie de le cogner et de le voir se faire lapider par le méchant sorcier. Et puis, il y a Monica Bellucci. Pas besoin d'en dire plus, elle fait potiche comme dans tous ses films...américains. Il y a des tas d'autres acteurs que je ne connais pas et que je n'ai pas envie de connaître.
Le pire, c'est que le film a eu du succès, que la fin scoubidou appelle une suite et qu'on va devoir subir une nouvelle campagne de pub. Mais là, ce sera sans moi, je n'aime pas Nicolas à ce point...
Prince of Persia : les sables du temps de Mike Newell
Si je suis allée voir ce film, ce n'est pas parce que j'aime les jeux vidéos (je déteste les jeux vidéos) mais bien parce que Jake Gyllenhaal fait partie de mes petits chouchous. Beaucoup ont glosé sur l'inconsistance du scénario et sur la pauvreté de la mise en scène mais, personnellement, j'ai passé un bon moment. Ne connaissant pas le jeu vidéo, je n'ai pas fait de comparaison et je me suis laissée porter par l'histoire. Il s'agit d'un film d'aventures exotiques sur fond de romance. Il faut reconnaitre que tout ce qui arrive aux personnages est prévisible et que la réalisation de Mike Newell est un peu lourde (ce mec adore les ralentis). On sent arriver gros comme un dinosaure l'histoire d'amour entre ce jeune homme impétueux et cette bombe sexuelle de princesse qui ne s'aiment pas du tout au début, que tout oppose mais qui finiront par prendre plaisir à se rouler des pelles. Prince of Persia n'est pas un chef d'œuvre, c'est du pur divertissement. Pour un samedi soir entre potes ou avec les gamins, c'est très bien.
En fait, j'ai chroniqué plus de films récents que je ne le croyais .
Je ne veux plus entendre parler de ce film, ce film n'existe pas.
Salt de Phillip Noyce
Ce n'est pas forcément le genre de films que j'apprécie le plus car, pour moi, le seul espion qui vaille le coup, c'est James Bond. Oooohhhh, Jaaames!
Bref, le film s'est montré à la hauteur de mes attentes : un scénario médiocre prétexte à l'action, une interprétation inégale, Angelina Jolie hyper canon même habillée en mec (je suis hyper jalouse, car moi, même habillée en fille, je ressemble à un Pokémon), des rebondissements à tout va, des scènes d'actions époustouflantes et une mise en scène nerveuse. Du bon divertissement, sans prise de tête. Un peu comme
Expendables ( à ce propos, je remercie l'internaute anonyme qui m'a encouragé à voir Expendables dans son commentaire sur Le Dernier Maître de l'Air _ j'ai passé un moment riche en émotions...).
The Ghost Writer de Roman Polanski
The Ghost Writer est le meilleur film de Polanski depuis bien longtemps (
Frantic?). La réalisation sobre de Polanski, à la limite du classicisme (dans le bon sens du terme) fait le penchant avec la modernité de l'histoire. Le cinéaste installe sa caméra dans les arcanes du pouvoir et nous livre un thriller hitchcockien : pauvre innocent plongé au milieu d'un monde de requins, cuisinière au regard scrutateur, blonde incandescente et mystérieuse, maison isolée et balayée par le vent, 2h10 de film et quasiment pas d'action... Polanski distille l'angoisse et fait monter la tension crescendo. On ne pourrait voir dans ce Ghost Writer qu'un film policier à la mécanique diabolique mais Polanski, à travers toute sa filmographie livre des parts de lui-même. Comment ne pas voir dans le personnage de Adam Lang, Premier Ministre assigné à résidence suite à des poursuites judiciaires internationales, le double de Roman Polanski? N'oublions pas que le cinéaste a de sérieux ennuis avec la justice américaine et qu'il est toujours considéré comme fugitif par Interpol.
Outre l'intelligence du scénario et la maestria de la réalisation, ajoutons un autre point positif : la qualité de l'interprétation. Bierce Brosnan n'a jamais été aussi bon depuis...il n'a jamais été aussi bon! Olivia Willis (l'épouse de Bruce Willis dans
6ème Sens) est magistrale d'ambiguïté, de sensualité et charisme. Quand à Ewan McGregor, il est fabuleux et trouve ici un rôle à sa pleine mesure.
Une claque.
Voilà pour ce petit "bilan", j'ai dû oublier quelques films sur la route, j'espère qu'ils ne m'en voudront pas, ni vous d'ailleurs. Dans l'ensemble, j'ai passé une très bonne année ciné, j'espère que l'année 2011 sera aussi bonne, si ce n'est meilleure. Elle pourra être meilleure si les distributeurs prennent le risque de programmer des films intéressants mais dont le budget marketing n'est pas égal à 2 fois le P.I.B du Soudan. Je me prends à rêver...