A l'occasion d'un voyage en TGV qui ne se passe pas comme elle le souhaite, Albertine se souvient de ses vacances d'été en Bretagne en juillet 1979. Pour fêter l’anniversaire de la grand-mère, oncles, tantes, cousins et cousines sont réunis le temps d’un week-end animé...
Après le cruel et très réussi La Comtesse, Julie Delpy repasse derrière la caméra avec une chronique familiale campagnarde : Le Skylab. Elle pose sa caméra au sein d'une grande famille hétéroclite et nous conte ses souvenirs de vacances sur fond de disco.
Ce qui est touchant dans ce film, c'est que les souvenirs de Julie Delpy ressemblent un peu aux nôtres et qu'ils nous reviennent en mémoire pendant et après le visionnage. On se souvient du mobilier d'une grand-mère, des jeux idiots avec les cousins, des conversations politiques qui nous ennuyaient et qui finissaient en bataille rangée... Passées les premières minutes au goût de nostalgie, on se met à attendre que le cinéma reprenne ses droits et qu'il se passe quelque chose. Une attente longue et vaine : des souvenirs d'enfant, aussi charmants soient-ils, ne tiennent pas la distance d'un long métrage. En effet, il ne se passe pas grand-chose dans ce Skylab et la lassitude nous guette très vite d'autant que certaines scènes assommantes s'étirent à l'infini (le slow entre Albertine et le DJ par exemple).
D'autres films se sont essayés avec succès à la chronique familiale estivale comme La Baule Les Pins (Diane Kuris, 1990) ou L'Hôtel de La Plage (Michel Lang, 1978) dans lesquels les relations difficiles entre les protagonistes et les regards des enfants palliaient une certaine langueur. Dans Le Skylab, les personnages entrent tous en interaction les uns avec les autres mais aucun lien particulier ne se noue entre eux. Pourtant leurs caractères propres sont tous bien définis mais, à trop vouloir n'en laisser aucun de côté, Julie Delpy ne fait que survoler chacune de leurs "petites histoires". Car c'est ce qu'on ressent à la vision de ce film : une suite de petites histoires au sein d'une famille pour en constituer une grande. Mais faute de trame narrative, Le Skylab n'est en fait qu'une succession de scénettes d'inégal intérêt qui s'enchainent sans réelle cohésion. Tant et si bien qu'on finit par s'ennuyer sec comme devant le film de vacances d'un voisin ou d'une copine (car il ne faut pas se mentir, les films de vacances n'intéressent que ceux qui y ont participé).
Niveau réalisation aussi Le Skylab est décevant : la caméra de la cinéaste se fait tantôt tourbillonnante tantôt désespérément immobile. Julie Delpy filme le déjeuner, passe d'une table à une autre, d'une conversation à une autre puis se fige pendant 5 minutes sur les enfants qui chantent. La réalisatrice a certainement voulu donner un aspect "vrai" à son travail en utilisant sa caméra comme un caméscope familial mais ça n'est pas assez pour faire un film de cinéma : il ne suffit pas de filmer des instants de vie pour faire naître l'émotion. D'ailleurs, peu de personnages ont attiré ma sympathie : Anna et Jean, les parents d'Albertine (Julie Delpy et Eric Elmosnino) et Tonton Hubert (Albert Delpy) mais cela tient plus au talent des interprètes qu'aux personnages en eux-mêmes.
Pendant tout le visionnage, on se demande où veut en venir la réalisatrice et, quand enfin elle nous donne la réponse dans la toute dernière scène à bord du TGV, on se dit : tout ça pour ça ? Julie Delpy signe une ode à la famille et aux joies simples qu'elle procure. Il n'y a rien de mieux au monde qu'une partie de carte avec ses parents ou qu'une partie de foot avec ses oncles. Mouais. Sa vision de la cellule familiale penchant du côté d'un épisode des Bisounours ou pour faire plus cinéphile, du Magicien d'Oz, se heurte à la réalité _ à la mienne du moins. Pour preuve le repas du soir qui prend des allures de règlements de comptes s'achève dans la joie grâce à une boutade idiote de Jean : soit Julie Delpy est née dans une famille exceptionnelle où l'on peut tout se dire sans jamais s'en vouloir et où la jalousie et les rancoeurs n'ont pas leur place, soit elle se berce d'illusions. Dans les deux cas, je suis restée hermétique à son message peace and love.
Le Skylab plaira énormément aux adeptes du "c'était mieux avant" qui prennent du plaisir devant Les Choristes, Faubourg 36 et autres Guerre des Boutons qui se font le reflet d'une France qui n'existe plus et qui n'a jamais vraiment existé car il n'y a rien de plus enjoliveur que la mémoire. Les autres risquent fort de regarder l'heure et de bâiller à s'en faire valser la mandibule.
Le Skylab de Julie Delpy avec Julie Delpy, Eric Elmosnino, Aure Atika, Noémie Lvovsky, Bernadette Lafont, Emmanuelle Riva, Vincent Lacoste, Albert Delpy, Denis Menochet, Valérie Bonneton, Karine Viard...
Durée : 1h53
Sortie en salles : 5 octobre 2011












Potz, j'espère que tu as pas payé pour voir le film car finalement j'ai refilé mes places à personnes, et j'ai du en jeter 4 à la poubelle, donc c'est bête, je pensais que ce film ne jouait pas dans ton ciné de quartier en fait, tu aurais du me demander , faut oser, miss...
RépondreSupprimerbref, sinon, ta critique tranche pas mal avec toutes celles que j'ai pu entendre, c'est d'autant plus surprenant que jusqu'à présent, je t'ai rarement entendu dire du mal d'un film... c'est bête que je n'ai pu le voir, on aurait pu confronter nos points de vues... je pensais que cette chronique était bien plus violente et virulente et n'épargnait pas les adultes notamment
pour ma part dans les chroniques familiales de vacances, j'ai une tendresse particulière pour le film la baule les pins de diane kuris avec bacri et nathalie baye...j'ai du le voir 3 à 4 fois, je ne saurais expliquer pourquoi ce film me parle tant....
Moi j'ai bien aimé ce film, le côté un peu naïf était savoureux, j'ai beaucoup aimé les moments où les persos prennent le temps de raconter des histoires. Et le slow était un peu long il est vrai mais on revivait avec elle nos premiers émois amoureux, l'envie que la musique ne s'arrête jamais... c'est un peu de cela que j'ai retrouvé dans cette scène
RépondreSupprimer@filou : si, si, j'ai payé ! Effectivement, Le Skylab ne devait pas se jouer dans mon petit ciné mais en fin de compte, ils ont réussi à l'avoir. En même temps, je n'ai pas dépensé une fortune parce que j'ai une carte d'abonnement...
RépondreSupprimerJe sais que ma chronique détonne avec ce qui a pu être écrit sur le web, je n'ai lu quasiment que des avis dithyrambiques, c'est en partie pour ça que j'avais très envie de le voir. Ça + le fait que j'ai aimé les précédentes réalisations de Julie Delpy et que le casting ma plaisait beaucoup. Et en fait, je me suis gravement ennuyée, j'ai même regardé l'heure, chose que je ne fais jamais au ciné. J'ai même eu envie de quitter la salle, c'est dire ! Après c'est une question de vécu personnel je pense. Certains se sont retrouvés dans ses personnages, moi pas du tout !
En ce qui concerne La Baule Les pins, je ressens la même chose. C'est une film que j'adore, il s'en dégage un parfum très particulier et le casting est top :)
@Fanny : Je comprends ce que tu veux dire mais, à ma décharge, je ne suis pas du tout nostalgique de cette époque, au contraire même ! C'est peut-être pour ça que cette scène m'a ennuyé... Et je n'ai pas réussi à m'identifier aux personnages.
Mais ça doit venir de moi parce que j'ai lu un paquet d'avis positif sur ce film.
Ton avis est très intéressant vu les critiques élogieuses qu'on lit partout! Comme tu t'en doutes je n'ai pas encore pu voir ce film mais si c'est une vision Bisounours de la famille, alors il y a des chances pour que comme toi je n'adhère pas tant que ça... Dans le registre opposé, j'avais bien aimé "un Conte de Noël" d'Arnaud Desplechien (un film bientôt de saison!) ;o)
RépondreSupprimerbouuuh moi j'ai adoré ! Après c'est certainement une historie de vécu personnel effectivement, j'ai une famille un peu barrée qui ressemblait à ça quand j'étais plus jeune ;)
RépondreSupprimer@My Little Discoveries : j'avais beaucoup aimé Un Conte de Noël, sûrement parce que ça ressemble plus à ma famille ! ;) En même temps, si tu as l'occasion de le voir vas-y parce que la majorité a aimé, ça peut-être moi qui n'aie rien compris !
RépondreSupprimer@Fanny : ma famille aussi était dingue mais beaucoup moins sympa ! Des engueulades à table, il y en a eu et ça ne finissait pas aussi bien que dans le film, pas du tout même ! ;)
Je trouve cette fille de caractère a un talent fou, se lancer dans une carrière pas facile aux states et réussir. De plus ses films sont toujours sympa je n'ai pas encore vu celui ci mais j'irai le voir. Bises ma belle
RépondreSupprimerJe l'aime beaucoup aussi mais cette fois-ci je n'ai pas accroché à son univers. Tans pis, ça sera pour la prochaine fois !
RépondreSupprimerJe n'ai jamais apprécié les films de Julie Delpy : surtout 2 Days in Paris. Mais j'en ai plus trop le souvenir, je l'ai vu à l'époque sur CANAL+.
RépondreSupprimerBonne journée,
Robin.
Tu as vu La Comtesse ? Celui-là je l'ai adoré. L'univers et le sujet du film sont étranges mais la réalisation est excellente tout comme l'interprétation de Julie Delpy.
RépondreSupprimerDésolé je ne l'ai pas vu non plus...
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