14 août 2011

La Planète des Singes : les Origines ( Rise of the Planet of the Apes) de Rupert Wyatt (2011)

     Dans un laboratoire, des scientifiques menés par Will Rodman (James Franco) tentent de mettre au point un sérum contre la maladie d’Alzheimer en le testant sur des singes. Les essais se passent mal et le directeur du labo décide d'euthanasier tous les singes et de stopper les essais. Cependant, l'un d'eux est sauvé in extremis par Will qui décide de le garder chez lui. Le jeune primate nommé César (Andy Serkis) ne tarde pas à développer une intelligence exceptionnelle...

cesar, la planete des singes les origines, wallpaper, fond ecran
     Je ne vais pas entrer ici dans le débat pour savoir si La Planète des Singes : les Origines est un reboot, un prequel ou le remake de La Conquête de la Planète des Singes (J.Lee Thompson, 1972), tout ça ne m'intéresse pas. Je ne vais même pas le comparer avec celui de Schaffner ni même avec le plus récent de Tim Burton tant La Planète des Singes : les Origines est différent. Différents acteurs, différent scénario, différente technologie.
Pour ceux qui lisent le blog, ce n'est pas une surprise de me voir chroniquer ce film puisque j'ai dit à plusieurs reprises que les différentes bandes-annonces avaient piqué ma curiosité car il semblait que le film était esthétiquement et techniquement réussi et que l'histoire misait plus sur l'émotion que sur l'action. J'avais raison. La Planète des Singes : les Origines n'est pas un énième film bourrin où l'action lourdingue vient combler les vides intergalactiques du scénario. L'histoire est maligne, ne prend pas le spectateur pour un débile et les scènes d'action servent l'histoire et s'avèrent même primordiales au déroulement de l'intrigue. La Panète des Singes : les Origines est un film qui prend le temps de mettre en place les personnages, qui pose des questions morales et qui se permet des scènes très émouvantes.
     Pendant plus de la moitié du film, on suit César dans sa vie auprès des humains ainsi que son évolution personnelle : les rapports d'affection qu'il entretient avec Will et son père, les questions qu'il se pose sur qui il est et sa place dans le monde, sa colère rentrée à ne pas pouvoir vivre libre... La première partie se concentre aussi sur le personnage de Will et sur son obsession à combattre le maladie d'Alzheimer : son père en est atteint. Ensuite, César se trouvera séparé de sa famille d'adoption et sera placé dans un centre pour primates. C'est là qu'il prendra conscience que sa place n'est pas parmi les Hommes et que lui et ses congénères méritent de vivre libres.
Cette intrigue simple ne vous rappelle rien ? Moi ça m'a fait penser à Spartacus de Kubrick. Spartacus l'esclave courageux et brillant qui mena la révolte des esclaves contre une Rome décadente et cruelle. César c'est Spartacus en plus poilu (quoique.)
La comparaison entre les deux films s'arrête à l'intrigue car Rupert Wyatt n'a pas signé un film manichéen et  a préféré concentrer son histoire sur César et les tourments qui l'agitent plutôt que sur les autres singes. César est le personnage le plus sensible du film et le plus intéressant car c'est un animal sauvage à l'humanité à fleur de peau. C'est cette humanité qui explique sa volonté de mener son combat de façon la plus pacifiste possible. Mais il n'est pas naïf et connaît la cruauté humaine. Son cœur est partagé entre sa soif de liberté, son désir de vivre parmi les siens et l'amour qu'il porte à Will. Il est le seul à ne pas chercher à se venger et c'est ce qui fait que le film n'est pas une ode bucolique au monde animal : il n'y a pas d'un côté les gentils animaux et de l'autre les méchants Hommes, la majorité de ces primates souhaitant profondément la mort de ces Hommes qui les ont torturé en testant des médicaments sur eux, en les enfermant dans des cages ou en les battant pour le plaisir d'affirmer leur supériorité. Évidemment les êtres humains n'ont pas le beau rôle car on le sait le pire ennemi de l'Homme c'est lui-même et l'animal le plus con qui peuple cette planète est l'Homme. On le sait mais il est toujours bon de le répéter.
Car La Planète des Singes : les Origines a l'apparence d'un blockbuster estival (budget énOOOrme, effets spéciaux à gogo, beau gosse, belle nana qui ne sert à rien...) et c'est un blockbuster estival mais c'est aussi un film intelligent qui pousse à une réflexion sur la place de l'Homme dans le monde et sur son égo démesuré. Oui, la question est facile et la réponse donnée l'est tout autant mais elle a le mérite d'exister dans un film dont personne n'espérait rien d'autre que de l'action à tire-larigot. Oui, on sait où le film nous mène et il faut avouer qu'on en est ravi car c'est exactement là où on espérait aller.
la planete des singes les origines, affiche
     C'est une histoire simple qui aurait pu tomber à plat sans l'incroyable performance de Andy Serkis. J'en parlait sur ce blog il y a quelques jours, les critiques américaines se sont montrés unanimes sur l'incroyable performance de Andy Serkis. Après avoir vu le film, je comprends leur réaction. Sans aucun doute, c'est lui le meilleur acteur du film. John Litgow est également très bon mais sa prestation est brève et un brin plus facile que celle de Serkis qui a du se mettre dans la peau d'un singe. James Franco est oubliable, il n'est pas mauvais mais lui ou un autre, c'était pareil sauf qu'un autre n'aurait peut-être pas autant séduit une partie du public. Quant à Freida Pinto, son personnage ne sert à rien si ce n'est à séduire la partie du public que James Franco n'a pas réussi à emballer. Tom Felton joue... un con (ça change) et son personnage a une fin que j'espérais mais il ne brille pas. Donc oui, Andy Serkis est le vrai héros du film et sa performance est incroyable. Il a réussi à créer un personnage complexe doté d'une grande humanité tout en en respectant le caractère simiesque. Le voir à l'écran est un grand moment. Je pourrais tenter de vous décrire sa performance mais ça ne donnerais rien de bon, il vaut mieux que vous le voyez vous-même.
     Une performance inestimable qui a du aider plus qu'un peu le studio WETA dans la création virtuelle de César. On le savait depuis Le Seigneur des Anneaux, la société WETA est capable de miracles. Elle confirme ici son talent : tous les singes sont plus vrais que nature. Leur animation est incroyablement fluide grâce au travail des acteurs mais leur aspect brut est le fruit de prouesses technologiques. On a du mal à se dire que ce n'est pas un vrai singe que l'on voit à l'écran. Je parie que La Planète des Singes : Les Origines repartira en février avec l'Oscar des Meilleurs Effets Spéciaux (si ce n'est pas le cas, je ne danserai pas nue sous la Tour Eiffel mais je regarderai Oncle Boonmee et j'en ferai la critique. Oui, je me mets en danger).
     Mais il risque de ne pas partir avec l'Oscar du Meilleur Réalisateur car Rupert Wyatt n'est pas totalement à la hauteur. Il est très bon dans toutes les scènes d'actions, de même qu'il n'hésite pas à serrer le cadre sur César. Cependant, je regrette qu'il ne fasse pas vivre davantage l'émotion. Certaines scènes auraient pu faire serrer les poings et nouer la gorge mais faute à une réalisation un peu molle, elles tombent à plat. Peut-être la peur du réalisateur de basculer dans le mélo ou de perdre en route une partie du public ? C'est d'autant plus dommage que Rupert Wyatt a réussi à créer un univers parfois très anxiogène (la prison de César est glauquissime) et qu'il a su aller à la simplicité dans des scènes où d'autres auraient trop tirés sur la corde lacrymale (quand César refuse de suivre Will).
Espérons que le réalisateur se lâchera davantage dans la suite qui ne manquera pas d'être tournée au regard de la scène finale et du joli succès que rencontre le film au box office.
     La Planète des Singes : les Origines ne révolutionne pas le genre et ne métamorphosera pas votre vie mais c'est un excellent divertissement estival. Il vaut essentiellement d'être vu pour la performance de Andy Serkis qui prouve une fois de plus qu'il est l'un des meilleurs acteurs britanniques de sa génération.

Andy Serkis revient sur ses rôles de César, King Kong et Gollum.
video
L'accent du journaliste de Allociné est épouvantable même quand il parle français, il devrait envisager une version muette de son job.

A voir aussi : un court making of de La Planète des Singes : les Origines.

3 commentaire(s):

  1. Je me demandais si j'allais aller le voir, Mr a très envie moi non mais après ton long et bon résumé je vais peut être me laisser tenter. Bises

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  2. Rhaaa j'ai hâte de le voir celui-là !

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  3. @Dameskarlette : merci pour le compliment mais c'est un résumé plein de fautes d'orthographe, je viens de me relire ! Le pire c'est que je m'étais relue 3 fois avant de publier !
    Si tu le vois, j'espère que tu passeras un bon moment ! Bonne soirée, bises :)


    @PixScreen : je ne suis pas du tout étonnée ! Ravie de te revoir mon ami :)

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