9 juin 2011

Malcom McDowell : plus qu'un acteur, une icône

malcom mcdowell
© PHOTO ART STREIBER / AGENCE A

      Le magasine PREMIERE a saisi l'occasion d'interroger l'acteur Malcom McDowell lors de son passage au Festival de Cannes pour fêter les 40 ans de Orange Mécanique. L'interview est très intéressante et les photos qui l'illustrent sont magnifiques. Extraits.

Interview de Gérard Delorme pour le magasine PREMIERE JUIN 2011 n°412
 Les termes ente [ ] ont été ajouté par I love cinema !

PREMIERE : Comment avez-vous obtenu ce rôle ? [dans Orange Mécanique]
Malcom McDowell : Stanley (Kubrick) m'avait donné le livre d'Anthony Burgess, que j'ai trouvé tellement fantastique que je l'ai lu trois fois. J'ai appelé Stanley pour le lui dire et lui demander, sans trop y croire, s'il avait l'intention de me proposer le rôle d'Alex. Il m'a dit oui, un peu à contrecœur car il n'aimait pas dévoiler son jeu. Je n'en savais rien, mais il cherchait un acteur depuis deux ans. Lorsqu'il a vu If... [Lindsay Anderson, 1968], il a su qu'il l'avait trouvé. C'est ce qui était fantastique avec lui : il se fiait à son instinct, à la différence des réalisateurs d'aujourd'hui qui auditionnent des comédiens à n'en plus finir. A force, ils peuvent trouver le meilleur lecteur mais pas le meilleur acteur. Ils n'utilisent plus leur intuition. Tout est tellement cher de nos jours qu'ils évitent au maximum les risques. Ils souscrivent des assurances pour que rien n'aille de travers. Résultat, ils se retrouvent au milieu, c'est-à-dire dans la médiocrité. C'est seulement en visant le sommet qu'on peut s'envoler.

Quarante ans après, Orange Mécanique suscite toujours autant l'intérêt. Aviez-vous conscience de participer à quelque chose de spécial à l'époque ?
Non. Il était impossible d'imaginer que le film aurait cette portée. Pendant le tournage, j'étais de chaque plan, tous les jours, et j'ai adoré ça. Nous savions que nous avions fait quelque chose de bien. La première fois que je l'ai vu, j'étais avec un copain, et le choc a été tel que je lui ai demandé une cigarette alors que j'avais arrêté de fumer. Aucun des grands films de cette décennie n'a aussi bien passé l'épreuve du temps. Ils n'avaient pas cet élément assez indéfinissable qui fait que chaque nouvelle génération s'approprie cette œuvre de Kubrick. C'est un rite de passage. Lorsqu'ils atteignent l'âge de 16 ans, les ados vont le voir et peuvent dire : "Ça y est, j'ai vu Orange Mécanique." Je crois que ce qui plaît dans ce film aujourd'hui, c'est l'aspect politique, le discours sur le libre arbitre. Le reste - les drogues, les gangs, le style - a été repris sans arrêt. Tout le monde l'a copié, de David Bowie à Madonna.

Comment choisissez-vous vos rôles ?
On ne choisit que jusqu'à un certain point. On reçoit des propositions et on décode en fonction de ce qui nous paraît le plus intéressant à un moment donné. Les raisons peuvent varier : on peut aimer le rôle, le réalisateur, les autres acteurs, le script, le lieu de tournage ou le cachet. Ça peut être tout à la fois. Si vous parvenez à réunir deux critères, c'est déjà bien.

Quelle importance accordez-vous aux récompenses ?
Je suis très sceptique quant à l'intérêt de récompenser les acteurs, les scénaristes ou les réalisateurs. Je suppose que c'est sympathique... Mais il me semble déjà impossible de dire qu'un film est supérieur à un autre s'ils appartiennent à des genres différents. Alors, en fonction de quoi un acteur serait-il meilleur qu'un autre ? N'est-ce pas un peu grâce au script ? Ou au metteur en scène ? On ne peut pas juger. Mais moi, je jouerais le jeu. Si on me proposait un prix, je l'accepterais. Pour autant, est-ce que je le mettrais sur mon étagère ? Non. Je ne veux pas croire que je suis meilleur acteur qu'un autre. Hollywood adore ce genre de mise en scène parce que ça fait vendre des tickets. Ne l'oublions pas.

Votre filmographie est impressionnante. Qu'en retenez-vous ?
Rien. Je ne regarde jamais en arrière. Je ne me préoccupe que de ce qui est à venir. Là, j'ai huit films en attente de sortie. Je ne sais pas si un seul d'entre eux est bon... Avant même de rentrer chez moi après Cannes, je vais aller tourner dans le Colorado. Et, en septembre, je jouerai dans une série télé ("Franklin & Bash") pour la chaîne TNT. J'en suis très content.

                            La suite dans      



2 commentaire(s):

  1. Anonyme11.6.11

    Depuis son role en LOCI je ne l'aime plus!
    Val

    RépondreSupprimer
  2. Héhé ! Pourtant il faisait un joli salaud dans LOCI :) J'avais bien aimé sa confrontation avec Vincent ;)

    RépondreSupprimer