Le pouvoir de Voldemort s'étend : il contrôle à présent le Ministère de la Magie et Poudlard. Aidé des Mangemorts, il élimine un à un les sorciers qui tentent de s'opposer à lui. Harry, Hermione et Ron décident de terminer le travail commencé par Dumbledore : trouver et détruire les Horcruxes afin de détruire le Seigneur des ténèbres. La tâche s'annonce ardue et désespérée...
On l'attendait depuis longtemps, avec impatience, la Warner ayant réussi à
nous me rendre dingue avec ses micro-extraits, le Harry Potter cuvée 2010 est sorti en salle fin novembre. Et j'ai (enfin) pu le voir. Je ne cache pas y être allée un peu à reculons car les derniers opus de la saga m'avaient déçues tant l'histoire originale avait été amputée afin de tenir dans le format de 2h30. Heureusement, le studio a eu la très bonne idée d'accorder deux parties à l'adaptation du roman homonyme de
J.K Rowling. Très bonne idée, c'est peu dire, tant le film tient et va au-delà de ses promesses.
Ce dernier volet est de loin le meilleur de la saga, il est tellement bon que je regrette qu'elle s'achève avec la seconde partie dans quelques mois. Les autres films étaient bon enfant, à la limite cul-cul la praline avec ces interminables discours sur l'importance des ami(e)s et de la famille, on a besoin des autres pour survivre, pauvreté n'est pas vice...
Harry Potter et les reliques de la mort nous épargne ces stéréotypes pour se concentrer sur les aspects les plus sombres de l'existence. Le fascisme était abordé en filigrane dans les précédents opus, il est ici clairement évoqué et dénoncé par
David Yates : les Rafleurs sont vêtus comme des nazis avec leurs vestes de cuir noir et leurs galons aux épaules; des statues à la gloire des "Sangs purs" sont érigées et les "Sangs mêlés" sont traqués sans relâche.
Il est loin le temps où le petit Harry apprenait à voler sur un balai et s'enguirlandait joyeusement avec son meilleur ennemi Malfoy. Harry et ses potes sont adultes, David Yates aussi et le film est d'une terrible noirceur. Ce que le film perd en fraîcheur, il le gagne en intensité émotionnelle et en action. Ce septième volet se concentre essentiellement sur les trois personnages principaux et sur leur relation. Bien que les mots "sexe" et "désir" ne soient pas prononcés, il n'est question que de cela. Il était temps.

Les personnages sont mieux écrits, leur psychologie est plus développée et le courage à toute épreuve fait place au doute et à la peur.
Changement de décor également pour ce début de la fin : adieu Poudlard et Privet Drive, bonjour les rues poisseuses de Londres, les forêts angoissantes et les plages désertiques. Ces décors somptueux renforcent encore le sentiment de solitude de nos héros et sont l'occasion pour David Yates de prouver qu'il est un bon metteur en scène.
Bon metteur en scène aussi dans les scènes d'action époustouflantes : la scène de transfert du début et sa course-poursuite à moto est digne d'un James Bond, la découverte de Godric Hollow m'a scotché au fauteuil et la scène de torture d'Hermione m'a tordu le ventre. David Yates alterne habilement scènes d'action éprouvantes et plages de repos : le spectateur ne s'ennuie jamais.
Yates respecte l'œuvre originale mais il a eu le courage (le mot n'est pas trop fort au regard de l'acharnement des fans des bouquins) de s'en éloigner voire d'ajouter des éléments tels la fameuse scène de la danse sous la tente entre Hermione et Harry : tendre, drôle, émouvante, sensuelle.
Dans la case changement, on peut également ajouter une bande son moins féérique, plus sombre, lyrique, signée par un français (j'ai déjà dit que j'étais chauvine)
Alexandre Desplat. Certains regretteront l'absence de leur thème fétiche, personnellement j'en suis ravie.
Avec autant de changements salutaires, il n' y avait plus qu'à espérer un jeu d'acteurs à la hauteur : c'est le cas.
Daniel Radcliffe,
Emma Watson et
Rupert Grint nous offrent une performance subtile et naturelle. Il faut reconnaître que ces jeunes acteurs n'étaient pas toujours crédibles. A présent, ils jouent dans la cour des grands. Daniel Radcliffe a une approche plus nuancée de son personnage : Harry est moins frondeur, plus à l'écoute des autres, il laisse entrevoir ses faiblesses et ses sentiments. Il est en proie au doute, à la peur, à la colère et au désespoir.
Rupert Grint dévoile un Ron adulte, posé, plus sûr de lui, amoureux, jaloux et altruiste. Quand à Emma Watson, elle nous offre une Hermione douce, angoissée, partagée entre l'amour et l'amitié, courageuse... Je crois qu'on ne verra plus jamais Emma froncer outrageusement des sourcils pour illustrer le questionnement de son personnage!
Les autres acteurs,
Ralph Fiennes,
Alan Rickman et
Jason Isaacs en tête, sont épatants mais leurs apparitions à l'écran sont courtes puisque, comme je vous l'ai dit, le film se concentre essentiellement sur Harry, Ron et Hermione.
Le volet numéro 7 marque un tournant décisif dans la saga Harry Potter et la dernière scène appelle une seconde partie épique. Vivement le 13 juillet 2011...
5 bonnes raisons de voir le film :
- La séquence animée du conte des Trois Frères : poétique et audacieuse,
- La scène de torture d'Hermione,
- Les huit Harry Potter,
- La danse entre Harry et Hermione,
- Le sortilège d'Oubliette pratiquée par Hermione sur ses parents.
Critique de la seconde partie de
Harry Potter et les Reliques de la mort sur I love Cinema