30 novembre 2010

Quizz : à qui sont ces beaux yeux de...psychopathes???

       Pour fêter la fin de cet interminable mois de novembre, voici un petit jeu.
A votre gauche des regards de psychopathes avides de sang. A votre droite, le nom des tueurs à qui appartiennent ces regards et, pour vous aider un peu (beaucoup), le titre des films d'où sont issus ces tueurs. Évidemment, les noms ne sont pas dans l'ordre : à vous d'associer un regard à son propriétaire... Bonne chance!





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                                                                              A. Léon Labbé (Les Fantômes du Chapelier)
                                                                              B. Albert DeSalvo (L'Étrangleur de Boston _ The
                                                                              Boston Strangler)
                                                                              C. Joseph Bouvier (Le Juge et l'Assassin)
                                                                              D. Hans Beckert (M, le maudit _ M, Eine Stadt such
                         
2                                       einen Mörder)
                                                                             E. Aileen Wuornos (Monster)
                                                                             F. Hannibal Lecter (Manhunter)
                                                                             G. Hannibal Lecter (Hannibal Lecter : les origines du
3                             mal _ Hannibal Rising)
                                                                             H. Patrick Bateman (American Psycho)
                                                                              I. Billy Loomis (Scream)
                                                                              J. Henri Verdoux (Monsieur Verdoux)
                                                                              K. Francis Dollarhyde (Manhunter)       
4                                      L. Norman Bates (Psychose _ Psycho)
                                                                               M. Ben (C'est arrivé près de chez vous)
                                                                               N. Peter Kürten (Le Vampire de Düsseldorf)
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                                                                               O. Dr Jekyll (Mary Reilly)
                                                                               P. Carl Stargher (The Cell)
                                                                               Q. Bruno Davert (Le Couperet)
                                                                               R. Robert Rusk (Frenzy)
 6                                      S. John Doe (Seven)
                                                                                T. Sweeney Todd (Sweeney Todd : le diabolique
                                                                                     barbier de Fleet Street _ Sweeney Todd :
                                                                                     the Demon Barber of Fleet Street)
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28 novembre 2010

American Psycho de Mary Harron (1999)

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     Au coeur des années 1980. Patrick Bateman (Christian Bale), goldenboy triomphant, cynique et obsédé par l'apparence, se complaît dans une existence superficielle. Comme tous ses confrères, il ne fréquente que les lieux à la mode et s'habille chez les plus grands couturiers. Il a une petite amie, Evelyn (Reese Whitherspoon), ce qui ne l'empêche pas de s'offrir des aventures. Mais tout cela ne ferait finalement de lui qu'un individu ordinaire si, derrière sa façade de gravure de mode, Patrick n'était en proie à des pulsions meurtrières incontrôlables et capable de poignarder le premier clochard venu ou de massacrer à la hache l'un de ses collègues, qui arbore une plus belle carte de visite que la sienne...

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     American Psycho est l'adaptation du roman homonyme de Bret Easton Ellis qui avait fait scandale lors de sa sortie en librairie. Haché menu par les ligues féministes qui ne voyaient en Ellis qu'un misogyne encourageant les violences faites aux femmes, taxé d'homophobie et de racisme, le livre avait été vilipendé par la critique qui considérait Ellis comme un imposteur sans avenir. Le livre s'étant écoulé à plus de 400.000 exemplaires, le monde du cinéma ne pouvait pas rester indifférent face à une telle opportunité.  C'est donc Mary Harron qui se retrouve à la tête de ce projet.
Bret Easton Ellis a jugé l'adaptation de son roman" intelligente" et la trouve "conforme à son histoire". Qui suis - je pour dire le contraire? Une lectrice acharnée, amoureuse du livre et de l'écrivain, qui s'est laissée envahir par chaque mots jusqu'à l'obsession, qui a dû s'étendre sur son lit _ en proie à la nausée lors d'un passage mettant en scène une cloueuse électrique et une jeune victime _ se jurant de ne pas terminer l'ouvrage et se précipitant dessus dès que la nausée fut passée, pensant à ce livre à chaque instants de répits, qui n'a pu recommencer à lire un nouvel ouvrage que plusieurs semaines après avoir terminer celui-ci et qui est incapable de croiser un jeune homme bien coiffé, vêtu d'un costume, musclé et rasé de prêt sans frémir...de peur. Alors oui, je le dis : je n'ai pas aimé cette adaptation. Ce n'est pas de la faute de Mary Harron ni de Christian Bale qui est très bon mais bien de Bret Easton Ellis himself. Monsieur Ellis a un style bien à lui, c'est à dire aucun. Il a une façon d'écrire qui n'appartient qu'à lui, il n'est pas linéaire et se fiche totalement des conventions tout en respectant ses propres conventions. Vous ne pigez rien? Rendez-vous dans la librairie la plus proche de chez vous, un samedi quand c'est bondé _ comme ça aucun vendeur ne viendra vous emmerder _ et lisez quelques pages de n'importe quels de ses romans et vous comprendrez.
Comment adapter des pages entières de discours intérieurs, de descriptions minutieuses de la vie de ce yuppie déglingué - cocaïné - obsédé par l'apparence? Comment rendre à l'image ses pensées froides et terribles, ce flot discontinu d'absurdités? Comment retranscrire cette écriture au fil du rasoir chargée de dégoût et de fascination? Mary Hurron a tenté le coup et s'est pas mal plantée. Bien que son film reprenne des dialogues du livre, que l'esprit de l'ouvrage soit respecté et que la performance de Christian Bale soit excellente, le film laisse un goût d'inachevé. Le livre est un documentaire clinique sur un monde d'abrutis finis, obsédés par eux-mêmes, incapables de se souvenir du nom des gens et prêts à faire un infarctus s'ils n'obtiennent pas une bonne table dans un resto chic. Le film, lui, n'est qu'un travail de reconstitution. L'ambivalente personnalité de Bateman nous ait jeté en pleine figure comme s'il n'y avait rien de plus normal.  Les scènes de sexes à la limite de la pornographie du livre se résument à une vidéo en noir et blanc en mode accéléré. La viande froide déchiquetée par Bateman est tenue hors champs, tout juste voit-on le sang gicler sur le beau visage de Christian Bale... comme si la cinéaste voulait réaliser un énième film de tueurs en série, remplissant son cahier des charges de violence et de sexe, contentant les producteurs et s'assurant d'une interdiction aux moins de 13 ans pas plus _ oh, la manne financière! Pas de quoi fouetter un chat. Scream était plus effrayant. Seule la fin du film a quelque chose de dérangeant _ Bateman est un monstre tellement commun que c'est peut-être votre voisin et personne ne l'arrêtera jamais _ mais elle arrive trop tard! American Psycho est un film timoré qui bannit le frisson. Un film sans couilles, aseptisé et sans audace.
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Le plus triste est que la performance de Christian Bale est tout à fait honorable. Il se livre corps (c'est peu de le dire) et âme et parvient, par moment, à insuffler de l'émotion à un film qui en est dépourvu. Il se montre drôle comme dans la scène où il tue Paul Allen (Jared Leto _ transparent comme jamais), désespéré lorsqu'il fait ses aveux à son avocat, fracassé du bulbe quand il reçoit Jean chez lui... A cela s'ajoute des scènes très intéressantes quand il fait ses exercices ou quand il prend une douche : mesdames et messieurs, c'est officiel, Chritian Bale a un très beau cul!Smileys A défaut d'avoir peur, on peut toujours fantasmer... La chaire est faible et je le suis.
Peut-être que le film plaira à ceux qui n'ont pas lu le livre ou à ceux qui ne l'ont pas aimé. Les autres risquent d'être déçus, déçus, déçus, déçus, déçus, déçus, déçus, déçus...

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25 novembre 2010

Regarder Valse avec Bachir de Ari Folman (2008)

      Je ne sais pas si c'est Noël avant l'heure mais ARTE a décidé de permettre le visionnage du film Valse avec Bachir sur le net via sa chaîne YouTube du 23 au 30 novembre! Vous pouvez donc découvrir le film en son intégralité, en mode pleine écran avec une résolution de haute qualité.
Pour mes ami(e)s anglophones, je suis désolée mais le film est en français et sans sous-titres.

     Un bar de nuit à Tel-Aviv. Le metteur en scène israélien Ari Folman prend un verre avec un ami qui l'a tiré du lit pour lui raconter un cauchemar récurrent : il est poursuivi par vingt-six chiens, le nombre exact de ceux qu'il a dû abattre en 1982, comme jeune recrue dans l'invasion israélienne du Liban. Cette conversation fait surgir une image dans la mémoire d'Ari, lui qui n'a gardé aucun souvenir d'une guerre dans laquelle il fut pourtant mobilisé aussi : il se revoit soudain avec deux camarades en train de se baigner devant Beyrouth bombardée. Perturbé par cette vision, il décide d'aller interroger à travers le monde ses anciens compagnons d'armes...



24 novembre 2010

Zodiac de David Fincher (2007)

     20 décembre 1968. Un couple est abattu dans la région de San Francisco. Ce double crime et 35 autres seront revendiqués par une seule personne qui se fait appeler Zodiac. Ce tueur en série a terrorisé l'Amérique pendant des années sans jamais être arrêté. Les inspecteurs David Toschi (Mark Ruffalo) et William Armstrong (Anthony Edwards), le journaliste Paul Avery (Robert Downey Jr.) et le dessinateur Robert Graysmih (Jack Gyllenhaal) vont dédier leurs existences à sa traque...





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     C'est cette traque que le film de David Fincher restitue dans les moindres détails. David Fincher, le réalisateur du clinquant Se7en se lance à la poursuite d'un des serial killers les plus mystérieux à avoir fait rage aux États -Unis. Cette histoire vraie est un pur fantasme de studios hollywoodiens et le casting de rêve réuni par Fincher laissait présager une grosse production à but extrêmement lucratif : le cinéaste nous rassure dès les premières minutes du film. Pas de murs qui ruissèlent, pas d'atmosphère lourde, sombre et angoissante, pas de Nine Inch Nails en guise de bande-son et un générique qui s'ouvre sobrement sur un feu d'artifice illuminant la baie de San Francisco : Zodiac est un film policier où l'investigation prédomine sur le spectaculaire, un film dépouillé sur l'obsession de quatre hommes souhaitant confondre un meurtrier qu'ils n'arrêteront jamais.
Pari risqué mais relevé haut la main. Le film est passionnant de bout en bout et on regrette qu'il ne dure que 2 heures 40.
Jusqu'à Zodiac, David Fincher avait montré son talent dans l'exercice de style avec Se7en, Fight Club et l'ennuyeux Panic Room. Avec Zodiac, le cinéaste devient un narrateur intelligent et exaltant. Son film fait immédiatement penser aux meilleurs films policiers US des années 70 et plus particulièrement aux Hommes du Président (All the President's Men, Alan J. Pakula _ 1976). David Fincher prouve qu'il n'est pas qu'un petit malin planqué derrière sa maestria technique. Il met de côté tout sensationnalisme pour se rapprocher au plus près de la réalité même si les scènes de meurtres sont glaciales. Glaciales mais pas gores. Il aurait pu tomber dans le grand-guignolesque mais il s'abstient. Il s'abstient tellement que sa caméra se fait pudique en s'éloignant des victimes voire même, en en se détournant des corps meurtris.
Fincher montre le travail de fourmis des enquêteurs et des journalistes, leurs espoirs, leur fatigue, leurs désirs d'abandonner... Une enquête de police n'a rien de sexy ou glamour, c'est dangereux, long et parfois chiant. Et une enquête de plus de vingt ans qui n'aboutit pas taperait sur les nerfs d'un bonze. David Fincher filme cette attente, le temps qui passe sans apporter de nouveaux éléments et ces quatre hommes qui ne lâchent pourtant rien. Leur vie personnelle en prend un sale coup dans l'aile mais ils s'accrochent. Le spectateur s'intéresse autant à eux (si ce n'est plus) qu'à démasquer le coupable.
Le découpage du film, les ellipses (nécessaires), le cadrage, la lumière, les décors, le soin apporté à la photo...sont impeccables et font de Zodiac le meilleur film de Fincher, tant d'un point de vue narratif qu'esthétique.
Avec un tel sujet, il était nécessaire d'avoir un casting à la hauteur et David Fincher  a très bien su s'entourer. Il n'a pas choisi des stars mais des acteurs, des vrais, talentueux et modestes.  Modestes car ils respectent la normalité de leur personnage : ces hommes ont existé, certains sont encore en vie et ils mettent des caleçons en coton pour dormir, pas des pyjamas en soie Hugo Boss. Ceux sont des types ordinaires qui ont été confronté à l'indicible et Ruffalo, Edwards, Downey Jr. et Gyllenhaal jouent leur partition sans fausse note. Mention spéciale à Ruffalo et Gyllenhaal qui se sont appropriés le film et ont le regard habité comme jamais.
Quand aux second rôles, ils sont tous excellents.
A tout ceci s'ajoute une superbe bande-son qui mélange habilement les standards de l'époque et les mélodies feutrées de David Shire.
Zodiac est un film parfaitement maîtrisé et qui surprend par son parti pris : ce n'est pas un film sur un tueur en série mais un film sur ceux qui le traquent. Bien qu'il reprenne des thèmes chers à Fincher, il s'émancipe de la filmographie du cinéaste car Zodiac est le film d'un adulte qui confronte ses obsessions à la réalité. Mais c'est un film qui peut décevoir les fans de Fincher qui espéraient un nouvel opus électro-pop, tout comme il peut rebuter par sa lenteur (voulue et au combien nécessaire). Pour les autres, c'est l'éclate totale.

Je ne saurai que trop vous conseiller de faire un tour sur Zodiac le film.com afin de visionner des vidéos qui vous en apprendrons plus sur la traque de Zodiac.


"On prend rarement conscience de sa propre obsession. J'ai réalisé la mienne en voyant la performance de Jake [Gyllenhaal] Robert Graysmith.

22 novembre 2010

La Lettre de Michel Gondry (1998)

     Une nuit, fin 1999, Stéphane discute avec son frère du millénaire, de photographies et des filles, surtout de la jolie Aurélie. Le lendemain matin, Aurélie lui téléphone car elle a une lettre à lui donner...

Michel Gondry nous propose sa vision des amours enfantines dans ce très joli court-métrage, emprunt de tendresse, d'humour et de ce surréalisme propre au réalisateur de La Science des Rêves. De là à dire que l'autobiographie s'installe à la table de la fiction, il n'y a qu'un pas.


Je sais que le film s'arrête abruptement, c'est parce qu'il manque le générique de fin. Si vous êtes accrocs aux génériques, vous pouvez retrouver le film en entier sur Dailymotion mais la vidéo est de moins bonne qualité.



Mis en ligne par egyptiansushi

18 novembre 2010

Psychose (Psycho) de Alfred Hitchcock (1960)


Marion Crane en a assez de ne pouvoir mener sa vie comme elle l'entend. Son travail l'ennui, son amant ne peut l'épouser car il doit verser une énorme pension alimentaire le laissant sans le sou... Mais un jour, son patron lui demande de déposer 40 000 dollars à la banque. La tentation est trop grande : Marion s'enfuit avec l'argent.
Très vite la panique commence à se faire sentir. Partagée entre l'angoisse de se faire prendre et l'excitation de mener une nouvelle vie, Marion prend la route. Mais il pleut des cordes et  la jeune femme s'arrête dans un motel tenu par un sympathique gérant nommé Norman Bates.
Après un copieux repas avec Norman, Marion prend toutes ses précautions afin de dissimuler l'argent. Pour se délasser de cette journée, elle prend une douche...


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Psychose a permis de codifier le slasher notamment en ce qui concerne les mobiles du tueur qui reposent sur une base psychologique, une femme ayant un comportement sexuel transgressif et une multitudes d'agressions et pénétrations au moyen d'objets phalliques.

Psychose est adapté d'un roman de Robert Bloch, un auteur de polars et de romans de science-fiction. Il s'est inspiré du cas de Ed Gein pour créer le personnage de Norman Bates.
Le film est tourné en noir et blanc pour à peine 800 000 dollars par l'équipe de "Alfred Hitchcock présente".

Tous les éléments du film sont nouveaux : la manipulation et le bouleversement des règles narratives, la perversion psychosexuelle et la démence meurtrière comme point de mire, l'emploi du suspense, de l'horreur et de l'épouvante par le biais de techniques stylistiques.

Le scénariste du film a eu la bonne idée de démarrer l'histoire en suivant Marion Crane et non Norman et sa mère. De cette façon, il lui assure la sympathie du public qui, non seulement, se demande ce qui va se passer mais qui est d'autant plus choqué de la voir se faire sauvagement assassiner dès la première demi-heure du film.
Pour renforcer l'effroi, Hitchcock confie le rôle de Marion à Janet Leigh, une star du cinéma adulée par le public et la critique. De même que le choix de Perkins n'est pas anodin. Dans le roman, Norman Bates est obèse ce qui n'est pas du tout le cas de Perkins mais peu importe à Hitchcock, au contraire même : non seulement Perkins est un jeune acteur connu pour ses rôles d'homme généreux et raffiné mais en plus, il n'a pas le "physique" du tueur. Il est mince et séduisant : ce n'est pas l'idée que l'on se faisait d'un tueur à l'époque (les temps ont changé, maintenant on a peur de tout le monde, merci Christophe Hondelatte).
Après Psychose, la carrière de Perkins a pris un coup dans l'aile car le public ne le percevra plus que comme un être ambigu. C'est vraiment dommage pour lui car il livre ici une performance étonnante et hypnotique.

Le film est tourné rapidement sauf la fameuse scène de la douche qui est encore considérée comme une des scènes les plus flippantes de l'histoire du cinéma. C'est à partir de storyboards réalisés par Saul Bass (le créateur du générique de Psychose et célèbre graphiste américain qui a énormément travaillé pour le ciné) que la scène fut tournée. Hitchcock tourne la scène sous différents angles puis se livre à un montage fébrile, le tout rehaussé par les violons stridents de la musique de Bernard Herrmann : l'effet produit est viscéral.
Alfred Hitchcock a utilisé de façon minimaliste le gore mais cette scène fait bien plus peur que s'il avait montré le corps de Marion lardé de coup de couteaux.

Le sarcasme de Hitchcock apparait clairement dans sa  génialissime campagne de pub pour le film : "Ne dévoilez pas la fin, nous n'en n'avons qu'une !". A cela s'ajoute l'interdiction aux spectateurs retardataires d'entrer dans la salle dès lors que la projection est commencée ! C'est la première fois qu'un tel procédé est utilisé, un vrai plan marketing qui a très bien fonctionné.
Pour Hitchcock, Psychose n'était qu'une comédie teintée d'humour noir mais on ne peut pas nier son caractère terrifiant vu le nombre de spectateurs qui jurèrent ne plus prendre de douches après avoir vu le film.

Quoiqu'il en soit, Psychose marque l'apogée de la carrière de Hitchcock, le film lui valant le respect des critiques, l'admiration du public et une nomination aux Oscars.
 Des suites plus que décevantes furent tournées avec Anthony Perkins dans le rôle de Norman Bates et Gus Van Sant réalisa même un étrange remake en 1998 avec Vince Vaughn dans le rôle de Bates. Gus Van Sant a repris plan par plan le film, il n'a fait qu'ajouter la couleur : le film relève plus de l'exercice de style et de l'hommage qu'autre chose et prouve que le Psychose de Sir Alfred est une œuvre intemporelle et imperfectible.




15 novembre 2010

Le Silence des agneaux (The silent of the lambs) de Jonathan Demme (1991)

"J'ai mangé son foie avec des fèves et un bon chianti" Hannibal Lecter

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      Afin d'obtenir des informations sur un tueur en série nommé "Buffalo Bill", meurtrier de plusieurs jeunes filles, Clarice Starling, jeune recrue du F.B.I, accepte d'interroger en prison Hannibal Lecter, un psychopathe cannibale...

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  Le Silence des agneaux est l'adaptation cinématographique du roman homonyme de Thomas Harris. Dans l'histoire du ciné d'horreur, il y a un avant et un après Le Silence des agneaux. Non seulement au regard de son atmosphère très particulière et de la personnalité même du "méchant" mais aussi parce que, pour la première fois, les techniques de profilage des agents du F.B.I sont intégrées dans le scénario et apportent une touche supplémentaire de réalisme. Le Silence des agneaux donne un nouveau ton au genre qui sera largement (trop largement) exploité par la suite par l'industrie ciné.
Thomas Harris s'est inspiré de trois tueurs en série pour créer le personnage de Lecter : Ted Bundy, Ed Gein et Gary Heidnik (qui a enlevé, séquestré, violé, assassiné plusieurs femmes_on le soupçonne de cannibalisme car des restes humains ont été découverts dans une casserole de sa cuisine...)
Dans les films policiers (et surement dans la réalité), les flics font appel à des indics pour faire avancer leur enquête. Le trait de génie du roman, et donc du film, est que cet indic soit un tueur en série intelligent et pervers, un ancien psychiatre qui va établir un jeu de "donnant-donnant" avec Starling. Il donne des tuyaux en échange d'informations personnelles sur la jeune femme. Bizarrement, il l'aide à résoudre son enquête et la libère de ses démons intérieurs tout en y trouvant un grand amusement (il la baladera, se moquera d'elle et aura un grand plaisir à la voir à la fois terrifié et attiré par lui). Un lien étrange se tissera entre les deux personnages bien que chacun restera du côté de sa ligne de conduite : la loi pour Starling, les bouillons de langues humaines pour Hannibal...
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Le face à face Lecter / Starling est la clé de voûte du film et ces scènes sont les plus intéressantes et flippantes. Cela tient en grande partie du personnage même de Lecter. Au début du film, la description qui est faite de Lecter nous laisse penser que c'est un fou sanguinaire qui déambule la bave aux lèvres, le couteau à la main en débitant des inepties. Or, il n'en est rien. La première rencontre entre Starling et Lecter est un choc : le monstre est un être courtois, à cheval sur la politesse, calme, un brin dandy, extrêmement brillant et cultivé, il ne supporte ni la bêtise ni le manque de respect. Il allie le raffinement culturel et les instincts les plus vils. Pour lui, le meurtre est une œuvre d'art et la folie n'est que du génie. Sa monstruosité, Jonathan Demme nous la balance en pleine figure alors que nous tombions sous le charme lorsqu'il fait dire à Lecter, toutes narines en émois : "Vous portez parfois L'Air du Temps, mais pas aujourd'hui". Le regard d'acier, qui se pose alors sur nous, nous ramène à la réalité : Lecter est un être d'une rare dangerosité et Clarice n'est qu'un possible repas pour lui.  Le ton du film est donné : dur, sordide, cruel.
Le jeu du chat et de la souris se transforme vite en course contre la montre et fait monter le tensiomètre. 
Jonathan Demme a particulièrement soigné la photo en sous-exposant l'image, en faisant évoluer ses personnages dans un monde fait de gris, de bruns, de verts émeraudes, en enlevant tous les ornements qui auraient pu apporter de la gaieté (Clarice porte des vêtements sombres, ses cheveux sont sans éclat, sa coiffure est quelconque...) Tout est froid et cinglant, baigné de lumière naturelle. Le film n'en ait que plus réaliste et angoissant.
La scène finale de la cave est un choc émotionnel et visuel. Un choc émotionnel car elle résout l'énigme, nous plonge dans l'indicible et nous délivre des tensions accumulées. Un choc visuel car elle est tournée en "nightshot", un procédé qui permet de voir dans le noir dans des tons verts étranges. L'obscurité s'empare de nous et cette main qui effleure la chevelure de Starling nous transporte dans l'horreur.
Il faut également souligner le travail exceptionnel de Howard Shore sur la musique. Il a su accompagner l'émotion et la tension du film sans en rajouter. La mélodie ne suit pas les battements cardiaques. Elle n'est pas non plus un effet de style destiné à faire peur. La musique se marie au film et à la noirceur ambiante.
La réalisation de Demme se joue des règles stylistiques pour mieux capturer le spectateur. Lorsque Lecter s'adresse à Clarice, il le fait face caméra en plan serré : c'est nous qu'il regarde, c'est à nous qu'il s'adresse. L'effet est déroutant et ensorcelant.
Le casting est parfait : Jodie Foster et Anthony Hopkins ont reçu l'Oscar de la meilleure actrice et celui du meilleur acteur pour leurs performances (Hopkins a reçu ce prix_mérité_alors que son personnage est présent un quart d'heure dans le film...)
jonathan demme, anthony hopkins, le silence des agneauxAnthony Hopkins a été choisi après bien des atermoiements. Au départ, c'était Gene Hackman qui devait tenir le rôle mais il trouvait le scénario trop sombre (le même Gene Hackman qui a tourné dans Bonnie and Clyde, Carnage, Mississipi Burning, Impitoyable... rien que des comédies familliales et légères..^^). Jeremy Irons, Robert Duval et Brian Cox (qui avait interprété Lecter dans Manhunter de Michaël Mann) sont approchés jusqu'à ce que Jonathan Demme s'empare du projet et impose Hopkins. A cet époque, Anthony Hopkins était inconnu du grand public car il évoluait dans des œuvres shakespeariennes ou auteuristes.
Dès les premières secondes, il en impose dans son personnage de dégénéré : le cheveu gominé en arrière, le calme apparent, le sourire sardonique et le regard insensible font de lui le méchant le plus adulé du cinéma. On a l'impression qu'il ne cligne jamais des paupières, qu'il peut voir à l'intérieur de nos têtes et l'on bénit cette vitre blindée de nous protéger du monstre.
Jodie Foster est également géniale dans le rôle de la final girl. Son personnage évolue dans un milieu masculin et il doit prouver sa valeur. Jodie Foster a su insuffler à Clarice la volonté de cette femme mais aussi ses faiblesses. Clarice est un personnage qui évolue beaucoup et rapidement : de novice naïve, elle devient combative, sure d'elle et consciente de ses possibilités. Jodie Foster exprime les sentiments de son personnage d'un simple mouvement de tête ou d'un petit grincement.  Elle aurait pu la jouer "homme en jupon" ou au contraire utiliser sa beauté mais elle a préféré la jouer tout en nuance.
Le fait que son personnage rejette toute forme de sexualité est intéressant : elle ne supporte pas le regard des hommes, elle rejette l'idée d'être un objet de fantasmes et ses contacts avec les hommes sont froids... excepté avec Lecter. C'est en parfaite harmonie avec le film et avec le personnage de Buffalo Bill : le sexe est violent, sale, cruel, mortel et douloureux.
Le Silence des agneaux est un parfait mélange de serial killer, de thriller, de drame psychologique et de film policier. Près de vingt ans après sa sortie, il n'a pas pris une ride et fait passer nombre de serial killers pour des contes de fées. Le succès du film a été tel que de nombreuses suites ont vu le jour mais aucunes d'elles n'arrivent à la cheville du Silence des agneaux. Julianna Moore a repris le rôle de Clarice dans Hannibal de Ridley Scott en 2001 mais, malgré son talent, elle ne fait pas oublier Foster. Brett Ratner a réalisé Dragon Rouge avec Edward Norton en 2002 . En 2006, Peter Webber a signé un honorable Hannibal Lecter : Les Origines du Mal avec Gaspard Ulliel.
Hannibal Le Cannibale n'a pas fini de faire parler de lui...

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Merci, merci The Gnome Whisperer d'avoir travaillé si dur pour m'envoyer cette vidéo !

13 novembre 2010

Tueurs, psychopathes et serial killers

    "Il n'y a pas de bonheur sans larmes, pas de vie sans mort. Prenez garde, je vais vous donner des raisons de pleurer." Lucien Staniak*.
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     L'horreur est la réalité à laquelle nous ne pouvons pas échapper. C'est le regard froid du meurtrier, la marre de sang sur le sol, l'ombre du couteau, les insectes qui dévorent un cadavre, l'enfant qui traverse la rue sans voir la voiture qui arrive... La terreur est l'angoisse, la peur de ce qui pourrait arriver. La terreur promet le supplice, l'horreur est la réalisation de cette promesse.
     Qui mieux qu'un tueur en série pour vous entraîner dans les abysses de la souffrance et du désespoir? Le serial killer et son petit frère, le slasher (tueur psychopathe masqué qui élimine les ados à l'arme blanche) occupent une jolie place dans le cinéma d'horreur. Je sais, je sais. Certains vont me dire que le film d'horreur ne peut être peuplé que de goules, zombies, loups-garous et autres esprits diaboliques et que le tueur en série n'a pas sa place dans cette catégorie. Pour moi, le film d'horreur est un film où un monstre s'ingénie à massacrer le plus possible de monde en  un minimum de temps. A mon sens, le tueur en série est assez monstrueux pour pouvoir être classé dans ce type de films. Évidement, le serial killer reste un genre à part entière du cinéma d'horreur mais non des moindres cependant.
     Bien avant l'invention du terme serial killer par les profilers du F.B.I, le cinéma s'était déjà nourri de ces bêtes féroces. Ainsi, Peter Lorre , dès 1931, glaçait le sang des spectateurs en interprétant le rôle de Hans Beckert, infanticide impitoyable et espiègle à la fois dans le film allemand de Fritz Lang : M, Le Maudit. Le personnage de Hans Beckert est très largement inspiré par Peter Kürten, baptisé le "vampire de Düsseldorf" par la presse, qui dans les années 1920, tuait indistinctement hommes, femmes et enfants avec des objets divers tels des couteaux et des marteaux.
peter lorre, fritz lang, m le maudit
En 1927, Alfred Hitchcock réalisait Les Cheveux D'Or (The Lodger), un film muet mettant en scène les meurtres de Jack l'éventreur et en 1943, il mettait en scène L'Ombre d'un Doute (Shadow of a Doubt) dans lequel Joseph Cotten est un psychopathe qui massacre des veuves. En 1944 sort une comédie macabre, Arsenic et Vieilles Dentelles (Arsenic and Old Lace) de Franck Capra dans laquelle des petites mamies écharpent des clochards avant de les enterrer dans leur jardin. En 1947, Sir Charlie Chaplin se donne le rôle du mari assassinant ses riches épouses dans Monsieur Verdoux. Le film a été massacré par la critique (désolé, mais il fallait que je la fasse...) et boudé par le public lors de sa sortie en salles.
     C'est à partir de 1960 avec les sorties simultanées de Psychose (Psycho) de Sir Hitchcock et du Voyeur (Peeping Tom) de Michael Powell que le serial killer devient un genre à part entière. Ces deux films ont davantage permis de définir les codes du slasher des années 80 que du serial killer. C'est à partir des années 70 que le serial killer passe dans le domaine policier avec des films comme L'Inspecteur Harry (Dirty Harry, 1972_Don Siegel), Magnum Force (1973_Ted Post) ou Cruising_La Chasse (Cruising, 1980_William Friedkin). 
     Ce n'est qu'à partir des années 80 que les techniques de profilage du F.B.I seront incluses dans les scénarios. Michael Mann signe un magnétique Sixième Sens (Manhunter, 1986) et offre la première apparition cinéma du Docteur Hannibal Lecter, brillant psychopathe crée par l'écrivain Thomas Harris. Le Silence des agneaux (The Silence of the Lambs, 1991_Jonathan Demme) floutera encore plus la frontière entre réalité et fiction et définira les codes du genre.
jodie foster, silence des agneaux     Les films de tueurs en série se présentent sous la forme de thrillers d'investigation tels que Seven (David Fincher, 1995), Copycat (Jon Amiel, 1995), Le Collectionneur (Kiss the Girls_Gary Fleder, 1997)The Cell (Tarsem Singh, 2000)  mais aussi sous forme de docu-fictions : C'est arrivé près de chez vous (Rémy Belvaux, André Bonzel, Benoît Poelvoorde, 1992), The Last Horror Movie (Julian Richard, 2003), The Poughkeepsie Tapes (John Erick Dowdle, 2007)... Certains films vont plus loin car ils sont de vrais sujets d'études de vrais tueurs en série : L'Étrangleur de Boston ( The Boston Strangler_Richard Fleisher, 1968), Henri, portrait d'un serial killer (Henry : Portrait of a serial killer_John McNaughton, 1986), Dahmer le cannibale (Dahmer_David Jacobson, 2002)... On trouve quelques films d'auteur tel Frenzy (Alfred Hitchcock, 1972), Tueurs Nés (Natural Born Killers_Oliver Stone, 1994), Pulsions (Dressed To Kill_Brian De Palma, 1980)... Et aussi les fameux giallo, ces thrillers italiens à qui Dario Argento a donné ses lettres de noblesse ( L'oiseau au plumage de cristal / L'uccello dalle piume di cristallo,1970 ; Quatre mouches de velours gris / 4 mocshe di  velluto grigio, 1971...). Les gialli, aini nommés car la couverture des romans dont ils s'inspirent est jaune (giallo veut dire jaune en italien), ne tiennent pas du tout compte d'une quelconque cohérence narrative. La priorité est donné à l'esthétisme des scènes de meurtres. Le tueur porte des gants noirs et est armé d'un couteau et l'enquêteur est souvent un amateur. 
     Quand au slasher, c'est un genre qui a eu un succès commercial immense_aucun genre ciné n'a eu autant de succès. Dans ces films, des cinglés porteurs de masques ou carrément invisibles à l'écran s'en prennent à des adolescents, souvent des filles, dont l'aspect physique ou la personnalité ravivent en eux un souvenir douloureux et entrainent un déferlement de violence psychique et sexuelle. Même si le genre n'est pas figé, il s'emploie à exploiter certains domaines précis : le voyeurisme masculin, le perversion sexuelle, la confusion sexuelle, la force féminine, le meurtre comme métaphore de l'acte sexuel, l'incapacité de la police à assurer la sécurité, la théâtralisation du meurtre. Pendant longtemps, le slasher n'a été perçu que comme de la pornographie violente par une partie des critiques et historiens du cinéma. Il a été honni par les féministes car ils transmettent des messages misogynes. Quand aux autres, ils ne voyaient en lui qu'un produit de sous-culture pop. Le fait que l'explication du mobile du tueur relève de la psychologie de bazar, que l'héroïne ait un comportement sexuel transgressif et que l'on peut voir une multitude de pénétrations au couteau ou avec d'autres objets phalliques n'aident pas le genre à être pris très au sérieux!
Un des slasher le plus célèbre et le plus gore est Massacre à la tronçonneuse (The Texas Chain Saw Massacre_Tob Hooper, 1974) qui est inspiré par les crimes de Ed Gein (assassin nécrophile, la police a retrouvé chez lui des abats-jour, des gants, des rideaux...en peau humaine et des morceaux humains dans des bocaux). Ce film a apporté deux nouveautés au slasher : un groupe d'ados qui se font tuer les uns après les autres et une final girl ou superhéroïne qui subit les pires supplices pendant toute la deuxième partie du film  mais qui s'en sort vivante à la fin.
scream, wes craven, slasher
John Carpenter, en 1978, devient le maître du slasher avec Halloween, la nuit des masques (John Carpenter's halloween) en évitant toutefois la surenchère gore de Massacre à la tronçonneuse. On y retrouve cependant un groupe de victimes adolescentes et une final girl hypercombative incarnée par Jamie Lee Curtis, que l'on peut élire "plus grande crieuse de tous les temps" (or ciné porno évidemment).  Le succès du film est tel que pas moins de 11 slashers inspirés de Halloween seront tournés entre 1978 et 1981 dont Vendredi 13 (Friday the 13th_Sean S. Cunnigham, 1980), Le Bal de L'horreur (Prom Night_Paul Lynch, 1980), La Mort en Récompense (Graduation Day_Herb Freed, 1981)... Tous reprennent la composition de l'original tout en ajoutant quelques nouveautés formelles.  Ces films se focalisent sur le duo chasseur / proie, sur l 'inventivité du meurtre et sur le choix des prises de vue.
Aux Etats-Unis, un débat est né autour des slashers : certains députés prétendant que le flot de violence déversé dans ces films a un lien direct avec la recrudescence de la violence chez les adolescents. En 1984, le Parlement britannique vote la Video Recording Bill, loi visant à restreindre l'accès aux "vidéos abjectes". Depuis 1989, des lois votées dans le Missouri, le Colorado, le Texas et l'Ohio permettent aux procureurs locaux de décider quelles vidéos dépassent la limite de la "violence excessive" et exige l'accord parental pour être loué par de jeunes mineurs.
Tout ceci semble dérisoire au regard du déclin du genre depuis le milieu des années 80. Le slasher souffrant d'une trop grande rigidité stylistique et d'une surabondance de films aux fins trop prévisibles. Il connaitra un revival au milieu des années 90 avec des films comme Scream (Wes Craven, 1996), Souviens-toi, l'été dernier (I know what you did last summer_Jim Gillepsie, 1997), Halloween, 20 ans après (Halloween, H20_ Steve Miner, 1998). Les scénaristes de ces films ayant eu la bonne idée de s'affranchir des codes du genre voire même de s'en moquer ouvertement (Scream).
     Une chose est sure : le slasher et le serial killer ont toujours plu au public malgré ou à cause de leur violence et il y a fort à parier que la donne n'est pas près de changer.


"Nous, les tueurs en série, nous sommes vos fils, vos maris, nous sommes partout. Et il y aura d'autres morts demain." Ted Bundy**.

* Lucien Staniak dit "L'Araignée Rouge" est un tueur en série polonais qui s'attaquait aussi bien aux hommes, aux femmes et aux enfants dans les années 60.
** Ted Bundy dit "Le Tueur des Femmes" a violé et assassiné officiellement 34 femmes dans les années 70 mais il est soupçonné d'en avoir en réalité tué une centaine.

10 novembre 2010

Red Ocean de Kenny Frankland (2007)

  Je sais que cette œuvre relève davantage du clip que du court-métrage mais j'ai trouvé la vidéo fascinante. Ce genre de musique n'est pas ma tasse de thé mais j'ai bien aimé l'idée. J'aime vraiment la fin...

Musique : Audio Mainline




8 novembre 2010

La Chambre du fils (La Stanza del figlio) de Nanni Moretti (2001)


     Giovanni et Paula affrontent, avec leur fille Irène, la plus horrible des épreuves : la mort accidentelle de leur fils Andrea...

la chambre du fils, film
     Nanni Moretti est une figure emblématique de la vie intellectuelle et sociale de son pays, l'Italie. Il est à la fois acteur, réalisateur, producteur, distributeur, directeur de salle et cinéphile averti! C'est un citoyen engagé, homme de gauche, ouvertement opposé à la politique de Silvio Berlusconi. Lors du 55ème Festival de Cannes, il a donné la traditionnelle "Leçon de Cinéma" dans laquelle il fit remarquer que, lors d'un hommage à Fellini, la télé italienne avait diffusé La Dolce Vita avec 5 interruptions, totalisant ainsi 40 minutes et 52 secondes de publicité! Nanni Moretti n'est pas un adepte de la langue de bois ni du cinéma plan-plan.
La Chambre du fils est un retour au film de fiction pour le cinéaste. En effet, ses deux précédents films Journal intime (1993) et Aprile (1998) étaient davantage des autobiographies filmées. Dans Aprile, il parlait de sa toute nouvelle joie d'être père. Dans La Chambre du fils, il semble exorciser une peur commune à tous les parents : la perte de leur enfant.
Nanni Moretti plante son film à Ancône, une jolie ville portuaire où la sérénité règne. La famille est unie, joyeuse et n'a aucun soucis financier. Le père (Nanni Moretti) est psychanalyste, il aime son métier même s'il lui arrive parfois d'être un peu agacé par les confession de ses patients. La mère ( Laura Morente) est éditrice. Les enfants (Jasmine Trinca et Giuseppe Sanfelice) sont en bonne santé, font du sport, travaillent bien à l'école... L'ambiance est tranquille, joyeuse, douce et remplie d'amour. Puis, Andrea meurt. Cette mort va lentement empoisonner la famille et pratiquement détruire la cellule familiale. En effet, la fin du film (déchirante) laisse entrevoir un peu d'espoir pour cette famille.
Avec un sujet aussi sensible, Nanni Moretti aurait pu sombrer dans un drame familial de mauvaise facture, utiliser toutes les ficelles lacrymales et tomber dans cette vulgarité propre aux pires mélos hollywoodiens. Mais Nanni Moretti a réaliser son film avec délicatesse, sincérité et sobriété. Son film est bouleversant et doux.
"En tant que réalisateur comme en tant que personne, je ne voulais pas avoir une attitude sadique vis-à-vis des spectateurs". Nanni Moretti.
Cela ne veut pas dire non plus que le film est édulcoré ou vidé de tout réalisme. Au contraire. Nanni Moretti ne filme pas de cadavre disloqué mais il ne nous épargne pas la mise en bière d'Andrea, un des moments les plus dur du film.

"J'ai cherché à mettre cet instant en scène de façon réaliste. Quand ce cercueil est scellé, c'est vraiment la fin. C'est pourquoi comme réalisateur, je n'ai pas fui la dureté de cette scène. Leur fils est mort, Giovanni et Paola ne le reverront plus, d'aucune manière, sous aucune forme". Nanni Moretti.

La mort est traitée sans poésie ni romantisme. Elle apparait comme ce qu'elle est : une vraie saloperie.  Le cinéaste filme la douleur de ses personnages sans concession et c'est bien là l'atout principal du film. Mais pas seulement. L'interprétation est à l'unisson de la réalisation.
nanni moretti, chambre du fils, film, 2001
Nanni Moretti, d'abord, qui joue dans tous ses films, livre une performance remarquable. C'est lui qui semble réagir le plus mal, probablement car la culpabilité pèse sur ses épaules : il n'était pas libre pour accompagner son enfant à cause d'un de ses patients. Il s'installe dans une auto-analyse dangereuse et se met en péril. Les discussions avec ses patients sont touchantes, parfois drôles mais toujours justes.
La fabuleuse Laura Morente est douce et sa détresse de mère déchire les tripes.
Quand à Jasmine Trinca, elle est incroyable de vérité dans ce rôle d'ado d'abord heureuse et pleine de vie, puis endeuillée mais qui parvient à surmonter sa peine et veut vivre à tout prix, sans plus savoir comment parler avec ses parents.
La sobriété de la mise ne scène, le jeu mesuré des acteurs, la douceur de la musique font de La Chambre du fils un chef d'œuvre qui n'a pas volé sa Palme d'Or à Cannes en 2001 ni ses nombreuses autres distinctions.
Un film triste et plein d'espoir.

4 novembre 2010

Orphans de Peter Mullan (1998)

     A Glasgow, quatre frères et sœurs se réunissent dans la maison familiale pour préparer les funérailles de leur mère. Durant cette nuit, une tempête se déchaîne sur  la ville. Dévastés par le chagrin et la colère, ils sombrent dans la  violence et le non sens...

orphans, peter mullan, film,1998
     Peter Mullan est un acteur que l'on a pu voir dans Braveheart, Trainspotting ou encore Petits Meurtres  Entre  Amis. Avec Orphans, il réalise un film hors norme, mêlant tragédie et humour noir.
L'histoire débute réellement dans un pub lorsque l'aîné, Thomas décide de monter sur scène pour entonner une chanson en hommage à sa défunte mère. Des clients se mettent à rire et à se moquer de lui. Michaël, le second de la fratrie se jette sur eux et provoque une bagarre. Il est poignardé par Duncan, un des clients. Dès lors, le benjamin de la famille, John, n'aura plus qu'une idée en tête : tuer Duncan. Il le cherchera toute la nuit en compagnie d'un de ses amis (encore plus cinglé que lui), Michaël se videra de son sang, Thomas veillera sa mère dans l'église et la jeune Sheila (la seule fille de la famille), lourdement handicapée, tentera de regagner sa maison et trouvera refuge chez des inconnus.
Peter Mullan signe un film social et profondément humain. Sa mise en scène est sobre et sert totalement le jeu des acteurs, tous épatants. Il aurait pu tomber dans le misérabilisme avec un sujet aussi lourd mais il n'en est rien. Le film ne tombe jamais dans le pathos car il est très bien écrit et parce que les acteurs n'en font pas des tonnes.
Orphans déborde de vie et dépeint les personnages dans leur féroce et bouleversante humanité.
Le cinéaste n'a pas oublier de pimenter son film de quelques touches d'humour noir bienvenues. Il marie l'ironie, le macabre et l'esprit grinçant et décalé.
On peut reprocher au scénario d'être un peu lourd par moment : il arrive tellement de choses à ces frangins en une seule nuit que le film perd un peu de réalisme. Par exemple lorsque le toit de l'église s'envole ou lorsque Michaël va prendre un verre dans un pub tenu par un sadique et qu'il rencontre un groupe de gens totalement cinglés. C'est vrai que l'histoire est exagérée mais c'est cela qui la rend si drôle. Il y a des scènes vraiment poilantes comme lorsque Thomas décide de porter le cercueil de sa mère sur le dos (!) Mais je dois reconnaître que le film débute mieux qu'il ne termine.
Je tiens à ajouter qu'il ne faut surtout pas voir le film en version française car le doublage est pourri au-delà du possible. Préférez la version originale avec sous-titres car l'accent écossais, c'est quelque chose!
Pour conclure, je dirais que Orphans peut autant enthousiasmer qu'agacer mais il ne peut pas laisser indifférent.


video

2 novembre 2010

Amour Déloyal (Crooked Hearts) de Michael Bortman ( 1991)



     Edward et Jill Warren ont toujours pensé qu'ils faisaient ce qu'il y a de mieux pour leurs enfants. Mais toutes leurs bonnes intentions étouffent et inhibent leurs enfants qui n'arrivent pas à couper le cordon et à s'épanouir. Le pire est à craindre quand des secrets enfouis font faire surface...


     Avant toute chose, il faut que je sois honnête : si j'ai vu ce film, c'est uniquement parce que Vincent D'Onofrio joue dedans car, si ça n'avait pas été le cas, je ne l'aurais probablement jamais regardé. La bande-annonce et le pitch n'avaient rien d'alléchants. A l'arrivée, j'ai trouvé le film mignon mais sans plus.
vincent d'onofrio, amour deloyal, crooked hearts, charleyMichael Bortman nous plonge dans une famille qui a de gros problèmes. De l'extérieur, elle ressemble à n'importe quelle famille américaine typique : papa, maman, les enfants, une jolie maison pavillonnaire de banlieue, une petite ville tranquille... Mais en réalité, les membres de cette famille ont tous des problèmes psychologiques plus ou moins graves. Tom (Peter Berg) revient chez lui après avoir abandonné ses études sur un coup de tête. Son frère aîné, Charley (Vincent D'Onofrio_mamamia !) est un rebelle qui est incapable de quitter le nid et de vivre sa vie. Ask (Noah Wyle) et Cassie (Juliette Lewis) sont très sensibles et très naïfs (vraiment très naïfs !).  Edward (Peter Coyote), le père a de terribles secrets qu'ils tentent de garder cacher pour sauver les apparences. Quand à la mère, Jill (Cindy Pickett), elle fait tout pour conserver un semblant d'harmonie dans sa famille en jouant à celle qui ne sait rien.
Voilà qui paraît alléchant pour la psychologie des personnages mais tous les membres de cette famille sont mal définis séparément car ils vivent tous les uns par rapport aux autres.  On a du mal à voir de réelles différences entre les personnages car Michael Bortman semble s'être focalisé sur le noyau familial plutôt que sur les individus qui la composent.  Ce n'est pas de la faute des acteurs, qui livrent tous une honorable performance, mais du scénario répétitif et creux. Le film tourne en rond et s'achève là où il a commencé. C'est gâcher un casting épatant.
A cela s'ajoute quelques bizarreries qui n'étaient pas du tout nécessaires : la petite Cassie s'endort à tout bout de champ et n'importe où. Vu que le film ne parle pas de narcolepsie et que cet état n'apporte rien à l'histoire, je me demande pourquoi la faire dormir partout. Ah, si ! C'est pour justifier le fait qu'elle s'endorme dans le van de son frère qui est obligé de retourner à la maison pour la ramener et ainsi prouver qu'il est incapable de quitter les siens ? Brillante pirouette scénaristique !
Ask fait des listes de tout et de rien et s'invective à suivre des règles rigides qu'il a lui-même choisi, le père organise des petites fêtes dès qu'un des membres de la famille échoue (examens ratés, performances théâtrales pitoyables...) mais la palme revient à Charley qui met le feu à la maison en guise d'appel à l'aide! Certains se suicident, lui, il fait tout cramer!
A cela s'ajoute une voix-off agaçante (mais pratique pour le réalisateur) et des personnages qui ne servent à rien comme celui de Jennifer Jason Leigh qui joue la petite amie de Tom. Elle ne fait pas avancer l'intrigue, ne transforme pas Tom, en bref, si son personnage n'existait pas, ce serait la même chose.
Enfin, le plus pénible est de voir que le personnage le plus touchant (par sa gentillesse, ses maladresses, sa timidité et sa naïveté) meurt dans le dernier quart d'heure comme pour rendre les choses encore plus misérables. En même temps, comme dit le proverbe, c'est toujours les meilleurs qui s'en vont les premiers...
Comme je vous l'ai dit, je n'ai vraiment pas trouvé ce film terrible dans son ensemble. J'ai aimé certaines scènes, certaines répliques et surtout les acteurs. Pas besoin de préciser que mon DVD est rayé sur toutes les scènes de Vincent D'Onofrio ! J'ai aussi beaucoup apprécié la performance de Peter Coyote. Quand à Juliette Lewis, c'est amusant de la voir si jeune et prometteuse. 
Amour Déloyal a au moins le mérite de ne pas vous embrumer l'esprit ni de vous retourner les sangs. Mais on peut s'en passer...