31 août 2010

Décès d'Alain Corneau

Alain Corneau, décès
        Alain Corneau est décédé des suites d'un cancer du poumon dans la nuit du dimanche 29 au lundi 30 août 2010 à l'âge de 67 ans.
Né à Meung-sur-Loire en 1947, Alain Corneau se destine d'abord à une carrière de musicien mais il se tourne très tôt vers le cinéma. Diplômé de l'IDHEC, il entame sa carrière au côté de Costa-Gavras en tant qu'assistant réalisateur sur L'Aveu. Ce sera l'occasion de rencontrer Yves Montand avec qui il tournera 3 fois.
En 1973, il dirige son premier film,  France Société Anonyme avec Michel Bouquet dans le rôle du Français. Ce film, mélange de film policier et de science-fiction, nous projette en 2222. Un homme, ancien trafiquant de drogue maintenu en hibernation, est réanimé et raconte son histoire de combattant pour une "défonce libre". Le film choque et se trouve interdit au moins de 16 ans.
Alain Corneau, fan du cinéma US, trouve sa voie dans le polar et signe en 1975 Police Python 357 avec Yves Montand dans le rôle de l'inspecteur Marc Ferrot, un policier au méthodes peu académiques, très inspiré par l'inspecteur Harry de Clint Eastwood. Montand et Corneau se retrouveront l'année suivante pour La Menace, une histoire de crime passionnel, et en 1981 pour Le Choix des Armes qui marquera la première collaboration entre Alain Corneau et Gérard Depardieu.
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Entre temps, Alain Corneau signe l'adaptation de Série Noire (1979) avec un Patrick Dewaere époustouflant en représentant de commerce au bout du rouleau. Le film est salué par la critique et connait un joli succès public.
Dans les années 80, Alain Corneau se détache du film policier pour s'essayer à un autre genre de cinéma : la fresque historique. Ainsi, en 1984, il retrouve Gérard Depardieu pour Fort Saganne d'après le roman éponyme de Louis Gardel. Corneau s'entoure d'acteurs prestigieux. Outre Depardieu, Catherine Deneuve, Sophie Marceau, Michel Duchausssoy, Philippe Noiret, Hippolyte Girardot et Robin Renucci viennent grossir les rangs du film le plus cher du cinéma français de l'époque.
En 1989, il filme la société indienne et la quête de Rossignol (Jean-Hugues Anglade) dans Nocturne Indien.
En 1991, il reçoit 7 César dont celui du meilleur film pour Tous les matins du monde, un film historique dans laquelle Guillaume et Gérard Depardieu prêtent leur trait à Marin Marais , un joueur de viole de gambe, qui a tout appris de Monsieur de Sainte-Colombe ( Jean-Pierre Marielle).
En 1997, Alain Corneau revient au film policier et signe Le Cousin avec Alain Chabat, Patrick Timsit, Marie Trintignant et Agnès Jaoui en tête d'affiche.
En 2000, Alain Corneau dirige pour la première fois Thierry Lhermitte et retrouve Patrick Timsit pour le Prince du Pacifique. Ce film ambitieux au casting intéressant (Marie Trintignant, François Berléand) laissera le public et la critique indifférents.
Alain Corneau abandonne le spectacle à gros budget pour se consacrer à un cinéma plus intimiste. En 2003, il signe l'adaptation du roman éponyme d'Amélie Nothomb, Stupeurs et Tremblements, dans lequel Sylvie Testud se débat en pays nippon. Elle remportera le César de la meilleure actrice en 2004. Sylvie retrouvera Alain en 2005 sur le tournage des Mots Bleus au côté de Sergi Lopez.
En 2007, le cinéaste revient au source et signe le remake du Deuxième Souffle avec Daniel Auteuil, Monica Belucci, Jacques Dutronc, Michel Blanc, Nicolas Duvauchelle, Gilbert Melki...et reçut le Prix Jacques Deray du film policier français.
Il y a quelques semaines, Alain Corneau assurait la promotion de son dernier film  Crime d'Amour dans lequel Ludivine Sagnier et Kristin Scott Thomas se donnent la réplique et signe un affrontement entre deux femmes de pouvoir.
C'est un grand cinéaste qui nous a quitté cette semaine. Il a largement participé à un cinéma de qualité, populaire (dans le bon sens du terme) et ambitieux. Il a dirigé de très grands acteurs et a su donner sa chance à de jeunes talents. Au revoir Monsieur Corneau et merci!



   Dans Série Noire, Franck, représentant de commerce traine son mal de vivre dans la grise banlieue parisienne. Un jour, une vieille matrone lui propose de coucher avec sa jeune nièce Mona en échange d'un peignoir! Mona et Franck veulent fuir cette vie minable et sont prêts à employer tous les moyens pour y arriver. Série Noire est un film violent, sinistre et magnifique. Pas besoin de préciser que Dewaere s'était investi de façon féroce dans la création de son personnage au point de vraiment se taper la tête contre la voiture et de faire très peur à toute l'équipe de tournage. Série Noire est un film âpre dont on ressort totalement bouleversé et physiquement épuisé.




   Tous les matins du monde, c'est d'abord un casting magnifique : Guillaume Depardieu, Gérard Depardieu, Jean-Pierre Marielle, Anne Brochet, Michel Bouquet, Jean-Claude Deyfuss, Myriam Boyer, Caroline Sihol...C'est aussi une musique envoûtante. C'est aussi des décors et des costumes grandioses. C'est une mise en scène subtile et délicate. C'est une histoire humaine, troublante, sensuelle teintée de nostalgie coupable.
ARTE diffusera ce film le lundi 6 septembre à 20h40.


   Stupeurs et Tremblements est une adaptation du roman d'Amélie Nothomb. Totalement autobiographique, le roman (et le film) nous conduit au pays du soleil levant et suit la déroute personnelle de la jeune Amélie. Pleine d'espoir et de bonne volonté, Amélie intégrera une prestigieuse firme japonaise en tant que cadre pour terminer sa carrière en tant que dame-pipi au toilettes des femmes. Difficile d'adapter un roman de Madame Amélie tant sa prose est particulière et son univers est personnel. Alain Corneau s'en tire honorablement, bien qu'il taille dans  le vif et sectionne la moitié du livre. Quelques longueurs aussi et une Amélie trop blonde et franchouillarde.


   Les Mots Bleus est un film d'une grande poésie et d'une infinie douceur. Clara (Sylvie Testud, sublime) et illétrée. Mère célibataire, elle s'inquiète pour sa fille, Anna qui n'a jamais dit un mot. Suite à des brimades, elle est obligée de placer sa fille dans un centre spécialisé tenu par Vincent (Sergi Lopez, magistral). Entre eux 3, se nouent une relation d'amour vrai.
Porté par la musique de Christophe, une interprétation juste et un scénario subtile, Les Mots Bleus est un film émouvant et envoûtant. Jamais larmoyant ou excessif, ce film fait partie de ces beaux moments de cinéma.

Visionner "La Menace" en intégralité (letopfilm)

22 août 2010

Mary et Max de Adam Elliot (2009)

mary et max, affiche, adam eliott
      

          Mary Daisy Dinkle a 8 ans, 3 mois et 9 jours. Elle habite la banlieue de Melbourne en Australie et s'ennuie horriblement. Un jour, à la poste, Mary trouve un annuaire de New York. Elle choisit un nom au hasard et décide d'écrire à cet inconnu pour tromper sa solitude. C'est Max Jerry Horrowitz, un homme grand comme un arbre d'1 m 80 qui reçoit sa missive. Entre eux va se nouer la plus belle histoire d'amitié (par correspondance!)...


mary et max, adam eliott, animation
Je ne vais pas tourner autour du pot : ce film est une merveille. Non, mieux, c'est un chef d'œuvre. Adam Elliot a crée un univers en pâte à modeler hyper réaliste et rend ses personnages immédiatement attachant en dépeignant tous ces "petits" riens qui les caractérisent.
La petite Mary est moche, elle porte d'horribles lunettes, a les "yeux couleur gadouille", sa couleur préférée est le marron, elle adore le lait concentré sucré et le chocolat. A ses nombreuses heures perdues, elle crée des colliers avec des paquets de chips vides et fabrique, avec des os de poulets, des figurines des "Noblets", les personnages de son dessin animé préféré. Elle est seule, n'a aucun ami et, en plus, ses parents sont barges :  son père passe son temps libre à empailler tous les animaux morts qu'il trouve, sa mère est une alcoolique notoire qui boit du sherry comme du thé et adore voler dans les magasins.
Max a 44 ans, il est obèse, adore les  hot-dogs au chocolat, le Loto et lire le National Geographic. Il a 8 survêtements de la même couleur (et de la même taille!) et souhaite avoir un ami qui ne soit pas invisible! Vous l'aurez compris, Max souffre de maladie mentale. Il a un syndrome d'Asperger qui lui fait tout prendre au premier degrés. Le syndrome d'Asperger est une maladie proche de l'autisme mais sans les troubles du langage. C'est à cause grâce à cette maladie que Max va répondre à la lettre de Mary, car, mentalement, ils ont le même âge.
Dit comme ça, on a l'impression que le film est déprimant. Pas du tout! Mary et Max est un film joyeux, drôle, enthousiasmant, émouvant mais jamais sinistre. Le film est drôle mais ne sent pas la guimauve, il n'y a pas de morale chiante mais une bonne dose d'acidité. Le film nous attendrit car les personnages nous ressemblent. Ils ont les mêmes angoisses, les mêmes chagrins, les mêmes envies, les mêmes ras-le-bol... Les lettes qu'ils échangent racontent leurs vies, pas toujours drôles, pleines de désillusions mais surtout d'espoir. Ils sont tous les deux assez pitoyables dans leur existence et, de ce fait, comiques aux yeux du spectateurs. Pendant 20 ans, ils vont s'écrire, se disputer, se réconcilier...ils seront les meilleurs amis du monde sans jamais se parler de vive voix.
mary et max, adam elioot, animation, personnages
C'est à travers ces lettres que nous suivons leur parcours : Max sera interner, subira des électrochocs, suivra une psychothérapie, sera accusé d'homicide involontaire, gagnera au Loto...Mary enterrera ses parents, épousera Damion Cyril Popodopoulos, un amateur de Boy George, qui la quittera pour vivre une passion avec un homme. Elle deviendra une spécialiste des maladies mentales grâce à Max et sombrera dans une dépression alcoolisée et tentera même de se suicider. Cette scène du suicide est un grand moment de cinéma.  Un moment de grâce où la misère humaine est dépeinte avec magie, douceur et tendresse.
Adam Elliot s'est inspiré des portraits en noir et blanc de la photographe new yorkaise, Diane Arbus pour créer son univers. L'Australie est colorée en sépia et New York est en noir et blanc, avec pour seules couleurs quelques éclats de rouge.
Adam Elliot explique son choix artistique :
"Il y a de nombreux moment sombres dans le film, le noir est très présent dans la palette de couleurs pour souligner l'esprit de l'histoire. Deux mondes simultanés sont représentés : le monde de banlieue australienne de Mary et le monde urbain de New York de Max. L'univers de Mary est dans des tons bruns, celui de Max dans des tons noirs, blancs et gris. Chacun comprend des touches de rouges, accentuant le symbolisme de certains objets. Une palette de couleurs réduite au minimum me permet de renforcer le style visuel et de le distinguer de l'univers loufoque, farfelu et multicolore de la plupart des films d'animation."
Il est clair que l'on est très loin d'un film à la Disney et de son iconographie chatoyante. D'ailleurs, le film ne s'adresse pas du tout aux enfants car, bien que drôle, il est quand même cruel. Je ne pense pas que des enfants comprendraient l'histoire et y prendraient du plaisir.
Presque sans dialogue, Mary et Max est un film subtile, cocasse, absurde, poétique et tendre. A consommer sans modération.

 En V.F
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En V.O.S.T
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18 août 2010

I'm still here : le trailer du (faux?) documentaire de Joaquin Phoenix

joaquin phoenix, affiche,i'm still here

    I'm still here est le nom du projet de Joaquin Phœnix et de son beau-frère Casey Affleck. Après le succès de Two Lovers, Joaquin Phœnix annonçait qu'il abandonnait le cinéma pour le rap. Une décision bizarre qui a fait dire à plus d'un que ce n'était qu'une blague. Les rumeurs sur un possible canular n'ont fait que s'intensifier quand on a vu Joaquin disjoncter sur les plateaux TV ou ivre sur scène. Pourtant, les deux amis ont continué d'organiser des concerts et n'ont rien dit pour infirmer l'éventualité d'une grosse blague. Comme l'a dit un journaliste, si c'est un vrai documentaire, on peut s'inquiéter pour la santé de Joaquin Phœnix! Sinon, c'est une grosse prise de risque pour l'acteur qui refuse son statut de star et se pose des questions sur la célébrité. Le film sort en salle le 10 septembre 2010 aux USA mais aucune sortie n'est prévue en France, faute de distributeur. Sa présentation à la 67ème Mostra de Venisepermettra peut-être de changer la donne.

 *du 1er au 11 septembre prochain, avec Quentin Tarentino en président du jury international


15 août 2010

Arthur et les Minimoys de Luc Besson (2006)_ Arthur et la vengeance de Maltazar (2009)

Arthur et les Minimoys


arthur et les minimoys

      Comme tous les enfants de son âge, Arthur est fasciné par les histoires que lui raconte sa grand-mère avant de s'endormir. Elles sont peuplées de créatures étranges et d'inventions extraordinaires, tirées d'un vieux grimoire, souvenir de son grand-père disparu depuis quatre ans. Mais si toutes ces histoires étaient réelles? Si un trésor était vraiment caché dans le jardin? Si les Minimoys, ces adorables petites créatures dessinées par son grand-père existaient vraiment? Voilà qui aiderait la grand-mère d'Arthur a éponger ses dettes et à sauver la maison des mains d'un promoteur véreux! Arthur est bien décidé à trouver le chemin qui mène vers le royaume des Minimoys...

        Arthur et les Minimoys est l'adaptation ciné des livres pour enfants écrits par Luc Besson et Céline Garcia. Le scénario du film est issu des deux premiers tomes de la saga. Le film est un mélange de prises de vues réelles et d'image en 3D.
La première chose à dire sur Arthur et les Minimoys, c'est qu'il s'agit d'un film pour les enfants. D'ailleurs, Luc Besson n'a jamais caché le fait que ce film s'adressait principalement à ses propres enfants  :

"Ecrire l'histoire d'Arthur et lui donner, à lui, les réponses à ces questions, était une façon de m'adresser à mes enfants. Moi, ils ne m'écouteront pas, mais si c'est Arthur qui s'exprime, cela prendra une toute autre valeur à leurs yeux !"
Il ne sert donc à rien de faire remarquer l'aspect naïf et enfantin du film, je laisse çà aux cyniques qui ne verront en ce film qu'une petite histoire gnangnan sans intérêt. Mais étant moi-même toujours une enfant (de presque 30 ans !) dans la tête , j'ai beaucoup apprécié le premier volet des aventures du petit Arthur. Il faut dire que le film repose sur un bon scénario et qu'il est brillamment mis en scène par Luc Besson. Ce n'est pas l'histoire la plus originale du monde mais elle est parsemée de rebondissements, notre jeune héros étant amené à vivre un périple dangereux : il va devoir se battre contre des moustiques géants, il va naviguer sur des rapides, rencontrer l'innommable Maltazar et, pire que tout, va tomber amoureux! Et oui, Arthur va en pincer grave pour la Princesse Sélénia, une petite créature aussi entêtée que casse-cou. Sélénia est une héroïne typiquement Bessonienne aussi proche de Leeloo que de Nikita. Elle et Arthur forment un joli couple, très semblable à celui de Leeloo et Corben dans Le Cinquième Élément. Leur relation est sincère, passionnée et pleine de cette gêne propre aux premiers émois amoureux.
La force du film tient à l'attachement que l'on a pour ces personnages. Arthur (interprété par le doué Freddy Higmore) est un galopin plein d'énergie et très mûr pour son âge. Le fait qu'il soit très seul explique sans doute cette précocité, ses parents le laissant en pension pendant l'année scolaire et chez sa grand-mère pendant les vacances. Une grand-mère adorable interprétée avec conviction par une Mia Farrow qui a l'air de bien s'amuser !
Les Minimoys sont également craquants : ils sont minuscules, ont un physique assez "rond", s'habillent comme des punks écolos et ont le sens de l'humour. Personnellement, j'ai craqué sur Betamèche et sa bouille sympathique. C'est un vrai gamin, transportant tout un attirail improbable dans son sac et toujours partant pour l'aventure. On a qu'une envie, c'est de le prendre dans nos bras et de lui croquer les joues.
Quant à Maltazar, c'est un méchant de haut vol, une belle ordure entourée de misérables créatures plus répugnantes les unes que les autres.

Les personnages réels ne sont pas en reste et semblent tout droit sorti d'un dessin animé ! Luc Besson n'a pas fait des Minimoys des personnages grotesques et à préféré laisser ce rôle aux humains : ils tombent dans les pommes pour un oui ou pour un nom, ils tombent les quatre fers en l'air... alors que les Minimoys sont beaucoup plus sérieux et n'ont qu'un but : sauver leur peuple.
Le seul vrai reproche que l'on pourrait faire au film, c'est une technique très faible comparée aux autres films d'animations. Venant du réalisateur du Cinquième Élément et de la société BUF (qui a travaillé sur Matrix, The Cell, Silent Hill...), on s'attendait vraiment à mieux. Les Minimoys sont jolis mais pas réalistes. Les textures (la peau, les cheveux, les vêtements) manquent de relief et de naturel. Les yeux manquent d'expressivité et les mouvements ne sont pas fluides. Par moment, on a l'impression de regarder des poupées de plastiques animées. Heureusement, les décors sont plus réussis puisqu'il s'agit d'un mélange d'images de synthèse et de maquettes en 3D. De plus, les couleurs sont chaudes et la lumière est très belle. Et puis, je ne pense pas que les enfants s'attachent à de telles considérations techniques.
Pour résumer, je dirais que Arthur et les Minimoys est un film sympathique qui réussi le pari de combler les enfants sans ennuyer les adultes.




Behind the scene
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Arthur et la Vengeance de Maltazar


arthur et la vengeance de maltazar, selena


      Arthur est au comble de l'excitation : c'est aujourd'hui la fin du dixième cycle de la Lune, et il va enfin pouvoir regagner le monde des Minimoys pour y retrouver Sélénia. Dans le village, tout est prêt pour l'accueillir : un grand banquet a été organisé en son honneur, et la petite princesse a passé sa robe en pétales de rose... C'est sans compter le père d'Arthur, qui choisit précisément ce jour tant attendu pour quitter plus tôt que prévu la maison de sa grand-mère. Au moment du départ, une araignée dépose dans les mains du jeune garçon un grain de riz sur lequel est gravé un message de détresse. Pas de doute, Sélénia est en danger, et Arthur n'a plus qu'une idée en tête : voler à son secours ! Quitte à employer un passage de fortune, tomber tête la première dans le bar de Max pour découvrir, une fois arrivé au village des Mimimoys, qu'aucun message de secours ne lui a été envoyé ! Mais qui donc a bien pu piéger ainsi notre jeune héros ?


      Trois ans ont passé, ce qui a permis à la société BUF de faire de gros progrès, visibles dès la scène d'ouverture. C'est une vraie tuerie visuelle ! Les couleurs sont époustouflantes, les détails sont saisissants et la caméra de Luc Besson est à la fois fluide et vertigineuse. Le rendu des personnages est beaucoup plus réussi et réaliste. Les détails sont vraiment impressionnants comme la représentation de Paradise Alley, une ville fourmillante et joyeuse.
Le film s'adresse encore une fois à un public jeune, Besson présentant la suite de son conte pour enfants en respectant l'esthétisme et l'idéologie du premier volet.
Malgré tout, cette suite est moins bonne que le premier film, faute à un scénario inexistant. Tout d'abord, il faut attendre plus de la moitié du film avant qu'Arthur ne rejoigne le monde magique des Minimoys. Pendant cette demi heure, on voit Arthur dormir contre un arbre, dans la caverne d'un ours, se faire pisser dessus par un chien ou sauver la vie d'une abeille car il suit un rite initiatique des chefs Massaï. Fascinant. Ensuite, lorsqu'il arrive enfin chez les Minimoys, on ne voit quasiment pas les personnages les plus attachants, dont la Princesse Sélénia qui apparait ici plus en guest star. Le secret de la disparition est vite éventé et à un goût un peu moisi. Il n'y a aucun rebondissement si ce n'est à la fin du film. Le film commence à être intéressant au moment où il s'achève, puisqu'il annonce une suite (une fin ?) à la saga des Minimoys. On en ressort avec l'impression d'avoir regardé pendant une heure et demi une pub pour le troisième volet! Ce qui est désagréable car 1_on s'est terriblement ennuyé ; 2_ on se sent arnaqué par un voleur de haut vol, comme si ce second film ne servait qu'à remplir les caisses (pourtant pas vide) d'EuropaCorp.
A la fin du film, Luc nous donne rendez-vous au mois d'octobre pour connaître la fin des aventures de son prince Arthur. Pas sûre que j'y sois.


14 août 2010

Pixels de Patrick Jean (Lauréat des Audi Talents Award 2010 catégorie animation)

    Une ville est envahie par des personnages de jeux vidéos...

Le film rend hommage aux jeux vidéos des années 80 avec lesquels le réalisateur jouait sur son Commodore 64 ( j'ai eu un Commodore *nostalgie*) : Frogger, Pac-Man, Arkanoid...Le film mélange prises de vues réelles et éléments de pixel art. Le tournage a pris deux jours (avec un Canon 5D, un appareil photo qui filme en qualité HD)  mais la postproduction a duré 5 mois! Patrick Jean  (ancien graphiste et réalisateur de pubs) serait actuellement en pourparlers avec Sony pour adapter Pixels en long métrage. C'est tout le mal que je lui souhaite mais je me demande ce que sera le scénario?


Mise à jour du 9 novembre 2010 : Patrick Jean vient de signer avec Happy Madison Productions pour réaliser son long métrage. Il s'agit de la société de production d'Adam Sandler.
L'écriture n'a pas encore commencé, on réfléchit aux différentes directions qui s'offrent à nous. C'est une grosse machine. je vais réaliser et Adam jouera probablement dedans. [...]Le film sera dans l'esprit de S.O.S  Fantôme, Tron ou Starfighter, avec des effets spéciaux très actuels" Patrick Jean.
Mise à jour 25 novembre 2011 : Sony Pictures vient d'annoncer la date de la sortie du long métrage adapté de Pixel : le 17 mai 2013. C'est le scénariste Tim Herlihy qui a été charge de l'adaptation. Lidée serait de faire un film avec des personnages qui sortent d’un jeu vidéo pour semer la panique dans le monde réel.

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11 août 2010

Bob L'Eponge_Le Film (The SpongeBob SquarePants Movie) de Stephen Hillenburg (2005)

bob l'eponge, patrick, affiche





             Catastrophe à Bikini Bottom! La couronne du Roi Neptune vient d'être volée et les soupçons se portent sur Monsieur Krabs, le propriétaire du restaurant le plus prisé des environs. Bob L'Eponge et son ami Patrick partent pour Shell City afin de prouver l' innocence du pauvre Krabs et  ramener la couronne...



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              Bob L'Eponge_Le Film est l'adaptation de la série TV Bob L'Eponge. Lancée en 1999 par la société de production Nickelodeon Network, la série remporte un vif succès et se voit distribué dans 130 pays. La série marie un humour enfantin, irrévérencieux, potache, déjanté, absurde et naïf. Pour son passage au grand écran, Stephen Hillenburg conserve cet esprit bon enfant et ne sacrifie pas l'émotion.
Oh, je vous entends déjà me dire que je décâble complètement de faire l'éloge d'un film destiné aux mangeurs de bouillies et autres petits pots. Nenni ! Bob L'Éponge (la série et le film) s'adresse aussi bien aux enfants qu'aux adultes. Les enfants s'identifieront avec plaisir et jubilation à Bob, l'éponge en forme de gruyère, et à Patrick, l'étoile de mer. Ces deux personnages sont des enfants qui ne pensent qu'à s'amuser, faire des bêtises et à qui il arrive toujours des aventures rocambolesques. Bob est un optimiste enjoué, candide, heureux, dont toutes les idées se transforment en catastrophes ! Il est fluo, porte des pantalons pliables, vit avec un escargot qui miaule dans un ananas au fond de la mer! Patrick est son meilleur ami, toujours prêt à suivre Bob dans ses péripéties.  Voilà de quoi satisfaire l'esprit d'aventure et de découverte de nos petits lardons adorés.

Mais il s'adresse aussi aux adultes car l'humour présent dans le film et les subtilités scénaristiques risquent forts : 1_ d'échapper à la compréhension des petits navets, 2_d'enthousiasmer au plus haut point leurs parents.
La série est une caricature de la société américaine et tout le petit monde qui évolue à Bikini Bottom se prélasse dans les us et coutumes made in USA. La série n'est pas une satire mais développe un humour caustique, à la limite de l'ironie et se complait dans un second degré jubilatoire. Bob L'Éponge_Le Film ne cherche pas à se démarquer de la série et en reprend tous les ingrédients. Les personnages, leurs habitudes, leurs façons d'être sont les mêmes. L'esthétisme même du film (à l'instar des Simpson_Le Film) est le même que celui de la TV, c'est-à-dire moche! Il faut reconnaître que  le graphisme fait un peu peur surtout en comparaison avec le travail d'autres studios de longs métrages mais le but du réalisateur n'est pas de faire joli ou d'étonner avec des prouesses techniques. Bob L'Éponge est un mélange d'animation et de prises de vues réelles, d'images figées sur certains détails...En bref, le film utilise des techniques moyenâgeuses tout à fait adaptées à l'ambiance et au ton du film.
Ce qui importe ici, c'est le scénario qui est d'une absurdité sans nom! Le film laisse la part du lion aux personnages, loufoques et insensés, et prend des allures de budy movie initiatique. Le film est hilarant et intelligent, enchaîne les gags et les trouvailles scénaristiques et visuelles.
Le film est une ode à l'enfance et à l'imaginaire, Bob et Patrick ne voulant pas être considérés comme les enfants qu'ils sont et devant vivre dans un monde d'adultes. Ils s'enthousiasment d'un rien mais témoignent d'un courage dont peu d'adultes seraient faire preuve.
Bob L'Eponge surprend pas l'émotion qui s'en dégage, en particulier quand nos deux amis arrivent à Shell City et j'ai été surprise de sentir ma gorge se serrer devant un film de potache ! Les plus cyniques peuvent toujours rire...Jusqu'au bout, le film tient son cap et ne cède pas à une moralité sirupeuse. On est loin des standards Hollywoodiens. Bob et Patrick ne sont pas des héros et c'est très bien comme cela.
A toute cette frénésie s'ajoute une jolie B.O, particulièrement la chanson des Gloutons Barjots et la chanson de Bob.
Pour terminer, je vous conseille de voir le film en V.O et non pas doublé en français car le doublage est plus qu'approximatif. Roulements de tambour : Emma Daumas, la pouf de Star Academy 3, double merdiquement la princesse Mindy et, Nikos Aliagas massacre Dennis, le tueur à gage. Au secours ! Préférez Scarlett Johansson, Alec Baldwin, Tom Kenny et Jeffrey Tambor.
Bob L'Éponge_Le Film n'est pas un chef d'œuvre du 7ème Art mais il vous fera passer un bon moment, pour peu que vous ayez un peu de loufoquerie...



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En version française

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9 août 2010

Décès de Bruno Cremer

Bruno Cremer, Maigret, Biographie

  Bruno Cremer, 80 ans est décédé ce samedi 7 août des suites d'un cancer de la gorge.
Il prêtait ses traits et sa carrure impressionnante au personnage de Maigret depuis 1991. Mais Bruno Cremer a également beaucoup tourné pour le cinéma et a brûlé les planches.
Né à Saint-Mandé en banlieue parisienne, le jeune Bruno ressent très tôt le désir de jouer la comédie. Dès ses études secondaires terminées, il file à Paris et s'inscrit au Conservatoire. Il prendra des cours au côté de Jean-Paul Belmondo, Jean Rochefort, Jean-Pierre Marielle, Annie Girardot, Claude Rich...
Il entame sa carrière au théâtre auquel il se consacrera entièrement pendant 10 ans. Il joue du Oscar Wilde (Un mari Idéal), du Shakespeare (Périclès)...Ses performances comblent Jean Anouilh qui  lui confie le rôle principal de deux pièces : Pauvre Bitos ou le dîner de tête (1956) et Becket ou l'honneur de Dieu (1959). C'est à cette période que Bruno Cremer tape dans l'œil de Yves Allegret qui lui offre un rôle dans son film Quand la femme s'en mêle (1957). Cependant, le succès ne viendra qu'avec son rôle de mercenaire violent dans la 317ème Section de Pierre Schoendoerffer en 1964. Ce film lui permet d'accéder à la popularité et il enchaîne les prestations de durs à cuire avec plus ou moins de réussite.
"Ce rôle m'a collé à la peau très longtemps. J'ai aimé le jouer sur le moment. Après, je l'ai presque regretté, tant il a limité l'éventail de propositions que l'on m'a faites par la suite." a-t-il écrit dans son recueil de souvenirs Un Certain Jeune Homme en 2000.
Il tourne dans Paris brûle-t-il ? de René Clément en 1966, L'Étranger de Visconti en 1967, Un Homme de Trop de Costa-Gavras en 1968, La Chair de L'Orchidée de Patrice Chéreau en 1975, 
ou Une Histoire Simple de Claude Sautet en 1978 au côté de Romy Schneider. Mais c'est Jean-Claude Brisseau qui lui offrira un des ses plus beaux rôles avec Noce Blanche en 1989 : celui d'un professeur de philosophie qui tombe fou amoureux d'une jeune élève interprétée par Vanessa Paradis.
En 1991, Bruno Cremer accepte de tourner pour la TV dans la série Maigret, le célèbre détective créé par Simenon et n'apparaîtra au cinéma que de façon épisodique.  C'est en 2000 qu'il fait un retour remarqué sur le grand écran avec Sous le Sable de François Ozon auprès de Charlotte Rempling. En 2001, on a pu le voir dans Mon père, il m'a sauvé la vie de Joe Giovanni, dans lequel il incarne un homme taciturne qui sauve son fils de la guillotine et en 2003, il a retrouvé son complice Pierre Schoendoerffer pour Là-haut, un Roi au-dessus des nuages. 
En 2006, il se découvre atteint d'un cancer de la gorge. Sa voix étant irrémédiablement endommagée, il décide de se retirer après un ultime tournage de la série Maigret : Maigret et l'Etoile du Nord dans lequel il a dû être doublé en raison de la maladie. Ce sera son adieu au nonchalant commissaire.

La 317ème Section



Noce Blanche



Sous le sable



Maigret et le fantôme



Claude Lelouch rend hommage à Bruno Cremer

5 août 2010

La Trilogie Toy Story : Toy Story 1 de John Lasseter (1995) _ Toy Story 2 de John Lasseter (1999) _ Toy Story 3 de Lee Unkrich (2010)

Toy Story 1 de John Lasseter (1995)

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            Dans la chambre d'Andy, les jouets se mettent à vivre dès qu'il sort de la pièce. Woody, un cow-boy, est le jouet préféré du jeune Andy. Il règne avec bonne humeur sur l'ensemble des jouets. Pourtant, sa situation de chouchou semble bien fragile car le super cow-boy panique à chaque anniversaire du petit Andy. Il pourrait recevoir un jouet super cool qui éclipserait Woody ! Le drame se produit lorsque Andy reçoit un astronaute : Buzz L'Éclair. Mais Woody n'est pas du genre à se laisser faire et entreprend de se débarrasser de ce gêneur...



toy story 1, pixar, john lasseter              Toy Story a été une vraie révolution dans le monde de l'animation. C'est le premier film d'animation entièrement réalisé en image de synthèse, c'est-à-dire réalisé grâce à un ordinateur. Les studios Disney avaient déjà tenté l'expérience en réalisant une séquence entière en animation pour Le Roi Lion (1994)  mais personne, jusqu'à présent n'avait eu l'audace de faire un long métrage. C'est donc le jeune John Lasseter et sa bande de chez Pixar qui se sont lancés dans l'aventure, mais pas sans obstacle.
John Lasseter est embauché chez Disney en 1979 et participe à Rox et Rouky, au Noël de Mickey et à Tron qui est considéré comme l'ancêtre de l'animation numérique. John Lasseter prend conscience du potentiel du procédé pour les films d'animation mais il est le seul. La firme aux grandes oreilles le licencie donc en 1983 ! Coup de bol, il se fait embaucher par LucasFilm et rejoint la section I.L.M. Il co-réalise son premier court en image de synthèse : Les Aventures d'André et Wally B.
En 1986, Steve Jobs rachète I.L.M et le studio est rebaptisé Pixar. Le studio se fait connaître en réalisant de nombreux courts-métrages : Luxo Jr., Red's Dream, Tin Toy, Knick Knack. Le studio croule sous les prix et les propositions de réalisations de  films publicitaires. Ces pubs font vivre le studio et tout ceux qui y travaillent.
Se rendant compte de leur connerie, les studios Disney tentent de faire revenir John Lasseter au sein des studios et lui propose un paquet de fric. John refuse alors même que Pixar est au bord de la banqueroute. Il se paye même le luxe de narguer les dirigeants de Disney en leur envoyant une copie de chaque nouveau court! Conscient que Pixar va vraiment mal, il propose un partenariat d'exclusivité aux studios Disney qui l'envoient balader. Ils refusent que les films se fassent ailleurs que dans leurs locaux. Celui qui va changer la donne, c'est Tim Burton. Ce bon vieux Tim avait également travaillé pour Disney et lui aussi s'était fait virer. Aussi, lorsqu'il se pointe chez Mickey, fort de sa réputation de génie de la réalisation, pour leur (re)proposer son projet de film, L'Etrange Noël de Mr Jack, le studio accepte pour ne pas refaire encore une lamentable erreur. Le film sort sous le label Touchstone pour ne pas entâcher la réputation de Disney si le film est un fiasco. Le film est un succès et prouve à Disney qu'il est possible de réaliser un film en dehors de ses murs tout en en gardant le contrôle. Disney accepte donc un partenariat avec Pixar. Ne reste plus qu'à trouver un projet. John Lasseter propose de réaliser un court pour la télévision mais Jeffrey Katzenberg, le grand manitou de chez Disney, ne l'entend pas ainsi et pousse Lasseter à réaliser un long métrage pour le cinéma. Ce sera Toy Story.
John Lasseter imagine la rivalité entre deux jouets : l'un flambant neuf et l'autre, un peu usé. Toy Story n'est rien d'autre qu'un buddy movie en image de synthèse!
Le film tient sur une question : qui a-t-il de plus effrayant pour un jouet ? Être cassé, supplanté, oublié!
Le choix d'un astronaute pour le jouet neuf est venu rapidement et facilement à l'esprit des créatifs de chez Pixar. Grand, fort, étincelant, voici Buzz L'Eclair! Ce qui est super comique, c'est que Buzz, contrairement aux autres jouets, ne se rend pas compte qu'il est un jouet. Il est persuadé d'être un vrai ranger de l'espace, ce qui conduit à des scènes de quiproquos d'une cocasserie terrible. Quand il découvre qu'il n'est qu'un jouet (après une bonne heure de film), Buzz fait une dépression nerveuse! Il se retrouve à prendre le thé, accompagné de poupées, un tablier à fleurs autour du cou, bafouillant des inepties comme le dernier des soûlards! A ce moment-là, le personnage de Buzz devient plus complexe car il laisse apparaître une sensibilité qu'on ne soupçonnait pas et qui était plutôt du fait de Woody. Woody, le cow-boy terre à terre, pur produit de l'imagerie américaine. Woody est chaleureux, sympathique, brillant, intelligent et ... de mauvaise foi ! Le duo qu'il forme avec Buzz est parfait et donne lieu à des situations rocambolesques. Mais Toy Story ne serait pas Toy Story sans la floppée de personnages secondaires plus délicieux les uns que les autres : La Bergère (dont le cœur d'artichaut balance entre Woody et Buzz), Monsieur Patate (désespérément célibataire et râleur), Rex (le dinosaure trouillard), Bayonne (le cochon tirelire pudique et mégalomane), ZigZag (le chien à ressort, ami fidèle de Woody, au tempérament aventurier), sans oublier les soldats en plastique vert toujours prêts à aller au combat ou les petits martiens idiots mais pleins de gentillesse. Tout ce petit monde permet d'apporter de la véracité à l'ensemble, de la fluidité au récit mais surtout de gagner la sympathie du public. Le studio donne vie aux jouets avec un réalisme saisissant. On n'avait jamais vu çà auparavant, l'animation frôle la perfection. Je dis frôle car l'animation des êtres humains n'est pas terrible. La texture de la peau et des cheveux n'est pas exceptionnelle et leurs mouvements manquent de naturel.
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Seul Sid, le bad boy de l'histoire s'en sort : ce gosse fout les jetons ! Sa chambre est un mélange entre le laboratoire du Dr Frankenstein et l'île du Dr Moreau. C'est  un vrai psychopathe à qui nos amis les jouets vont donner une bonne leçon de vie. Woody se démonte la tête comme dans l'Exorciste et Sid mouille son slip !
Une des marques de fabrique du studio sera la référence à des films à succès et le public se prendra au jeu de les découvrir au fil des films.
Dans Toy Story, il y a aussi de la musique. La B.O est signée Randy Newman qui  a écrit 3 chansons d'honnête facture. John Lasseter ne voulait pas que Toy Story soit un film musical et ne voulait surtout pas que les héros de son film se mettent à chanter au milieu d'une réplique comme c'est le cas dans les "Classiques Disney". Ces chansons ne servent qu'à traduire les sentiments et les pensées des personnages.
Les studios Pixar signent une histoire douce, drôle, pleines de rebondissement et d'action. Le public est immédiatement conquis. Le film cartonne et une Toy Storymania s'empare des fans. Même la critique ne tarit pas d'éloge sur le film. Quand on pense qu'il a failli être abandonné en cours de production à cause de divergences entre Pixar et Disney, on est ravi que Jeffrey Katzenberg ait eu la bonne idée de démissionner! En effet, JK souhaitait voir le film s'adressait uniquement à un public adulte. Il refusait même que le mot "Toy" ne soit dans le titre de peur de rebuter les ados. Résultat, les animateurs de Pixar obéissant à ses consignes, livrèrent à Disney une première mouture sombre peuplée de personnages antipathiques. Les dirigeants souhaitent abandonner le projet mais Lasseter les convint de regarder une version storyboardée débarrassée des idées ineptes de Katzenberg. Disney est conquis, relance le projet et Katzenberg démissionne  (il en profite pour créer la société Dreamworks). Ouf ! Les Toy(s) sont sauvés !
Le film a tellement bien marché qu'il a rendu has been l'animation 2D. Les dirigeants de Disney ont même fermés leur département 2D ! Heureusement, depuis quelques années, John Lasseter a pris les rênes du département Disney/Pixar et a demandé à Disney d'ouvrir à nouveau son département 2D car il est persuadé que ce qui cloche, ce n'est pas l'animation mais les histoires. Il a eu raison car, "le dernier né des studios Disney Classiques" , La Princesse et la Grenouille, a permis à la 2D de renouer avec le succès. Joli paradoxe que de voir le génie de la 3D et de l'image de synthèse batailler pour réhabiliter la 2D !
Toy Story est devenu un film culte et il ne pouvait y avoir qu'une suite.


Toy Story 2 de John Lasseter

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           Woody est tout excité : il doit partir en vacances avec Andy ! Mais, suite à un accident, le bras de Woody se déchire et il se retrouve remisé sur une étagère en attendant d'être réparé. Après avoir tenté de sauver le pauvre Siffli d'un vide-grenier, Woody se fait voler par l'affreux Al, un collectionneur de jouets. Woody se retrouve captif auprès de Jessie, du Chercheur D'Or et du cheval Pil Poil. Mais ses copains, Buzz en tête, ne sont pas prêts à abandonner Woody et partent à sa recherche...



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              Après le succès au box-office de Toy Story, les dirigeants de Disney souhaitaient sortir une suite mais directement en vidéo. C'est devenu une manie suicidaire pour Disney de sortir en salle un long métrage de qualité et de sortir une suite médiocre directement en vidéo. Le procédé a rudement entâché la réputation du studio qui, aujourd'hui encore, a bien du mal à s'en remettre. Pixar et Disney ont signé un contrat pour 5 nouveaux longs métrages à sortir en salle mais ce contrat prévoit que les histoires doivent être originales. John Lasseter est prêt à tourner une suite pour la vidéo uniquement si l'histoire est bonne.
L'idée du film lui est venu grâce à ses enfants qui venaient lui rendre visite au boulot. John possède, en effet, un jouet Woody dédicacé par Tom Hanks himself. Quand il a vu un de ses enfants s'emparer de cette pièce de collection, il a arrêté son geste de peur que le gosse n'abime le jouet. La déception du gosse lui  a fait comprendre qu'il commettait une erreur : un jouet meurt s'il ne sert plus à amuser un enfant. Le rôle même du jouet est de se faire triturer, mâchouiller, malmener par les enfants, il n'a aucune vocation à rester derrière des vitrines protectrices. La question du film n'est pas vraiment de savoir si un jouet a une plus belle vie derrière une vitre ou dans les bras d'un enfant. Il s'agit plutôt de savoir s'il vaut mieux vivre pleinement sa vie, prendre des risques quitte à en mourir ou s'il vaut mieux ne prendre aucun risque pour se préserver ? Le film est beaucoup plus ambitieux qu'il n'y paraît au premier abord.
Le projet du film est lancé mais confié à une équipe de débutants car  _1 le film doit sortir directement en vidéo _2 les valeurs sûres de chez Pixar travaillent comme des dingues sur le nouveau métrage qui doit sortir en salle : 1001 Pattes (A bug's Life). Malgrè tout, après une réunion avec Disney, Lasseter convint le studio de sortir Toy Story 2 en salle au regard de son potentiel. Après la promotion de 1001 Pattes, Lasseter et Cie se remettent au boulot avec Toy Story 2 dont l'histoire se ramasse complétement. Le projet doit alors être totalement revu, John Lasseter reprenant même son rôle de réalisateur. Mais celà en valait la peine !
Côté personnages, on retrouve avec plaisir tous les membres du premier film. A celà s'ajoute des petits nouveaux : Siffli , un petit pingouin atteint d'emphysème qui fera prendre conscience à Woody de la précarité de sa situation. L'abominable Empereur Zurg entre en scène après avoir été mentionné dans le premier volet. Zurg ne sait pas qu'il est un jouet et se prend vraiment pour un méchant de l'espace. Sa rencontre avec un Buzz L'Éclair sorti de sa boîte par accident donnera une scène très drôle et sera l'occasion d'un hommage à L'Empire Contre Attaque (Star Wars, Episode V : The Empire Strikes Back) !
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Mais les personnages les plus marquants sont ceux issus de la série des années 50 : Woody' Roundup. En effet, les créatifs de chez Pixar ont eu la bonne idée d'inventer une série tv dont le héros était Woody! Le cow-boy était alors célèbre et adulé. C'est cette série qui explique le choix de Woody de partir pour le musée. On rencontre donc Jessie, une écuyère dynamique qui a été abandonnée par une petite fille qu'elle aimait. Elle explique son histoire dans la chanson de Randy Newman "Elle m'aimait" et nous fait pleurer comme des bébés! On rencontre aussi Pil Poil, un gentil cheval froussard qui adore Woody. Et enfin, le Chercheur D'Or, le "gentil papy pépite" qui, au premier abord se montre charmant mais qui, au fond n'est qu'un sale con. Le vieux chnoque n'est jamais sorti de sa boîte, n'a jamais connu l'amour d'un enfant et ne comprend pas la réaction vicérale de Woody de rejoindre Andy. Il a le cœur sec et n'a aucune humanité. A la fin du film, il se retrouvera coincée dans les bras d'une petite fille qui est une véritable "artiste" et qui risque de lui en faire voir de toutes les couleurs !
On y retrouve aussi le vieux monsieur du court-métrage Le Jeu de Géri mais cette fois il interprète un réparateur de jouets. Enfin, les fabuleuses poupées Barbie font leur entré dans le monde de Toy Story. Elles sont bécasses et adorables.
Côté son, c'est toujours Randy Newman qui est aux commandes mais il ne s'est pas foulé. La bande-son ressemble à celle du premier opus et n'apporte que peu d'émotions. D'ailleurs cette suite laisse moins de place aux émotions et privilégie l'action et l'humour. Je ne trouve pas ça plus mal. Certains gags valent leur poignée de cacahouètes : la rencontre entre Buzz et Zurg, la traversée de la route par nos amis les jouets, le jeu vidéo de Buzz et le fameux "Regarde, Buzz, je suis un yo-yo" de Woody qui est devenu MA réplique culte !
A la sortie du film, personne ne s'y trompe : Pixar est un poids lourd de l'animation. Le public se précipite en salle et la critique encense le film. Tout le monde est d'accord pour dire que le studio a fait d'énormes progrès notemment concernant l'animation des humains. Le rendu 3D est éblouissant et les scénarios sont solides.  Grâce à Toy Story 2, on se rend compte que Pixar est un studio respectueux de son public, qui offre des œuvres de qualité, inventive et innovante. Toy Story 2 entre dans le cercle très (très) fermé des suites meilleures que l'originale. Le film s'est même offert une nouvelle sortie en 3D en salle à l'automne 2009, quelques mois seulement avant la sortie du troisième volet.



Toy Story 3 de Lee Unkrich (2010)

toy story 3, affiche




                       Andy est devenu un jeune homme et il s'apprête à partir pour l'université. Sa mère l'oblige à mettre de l'ordre dans ses affaires avant de partir. L'angoisse gagne les jouets de Andy : mais que va-t-il faire d'eux ? Après une terrible erreur commise par Maman, nos amis se retrouvent à la crèche...


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            Onze ans séparent Toy Story 3 du second volet! Cette suite a fait beaucoup de remous : certains craignent que le studio à la petite lampe ne perde de sa superbe et ne se contente de recycler ses idées à l'infini. On pourrait avoir peur puisque Cars 2 doit sortir en 2011 et Monstres et Cie en 2012 ! Après avoir vu le troisième épisode de Toy Story, mes craintes sont apaisées : le studio ne se moque pas de son public et nous offre un film qui clôt superbement la saga. Toy Story 3 est un mélange des deux précédents : il reprend l'émotion du premier et l'action du second.
C'est après bien des désaccords que ce film a enfin pu voir le jour.  En effet, Pixar en a eu plein les bottes de partager le fruit des recettes avec Disney (le contrat prévoit un partage à 50/50) et souhaitait que Toy Story 3 soit comptabiliser dans les fameux 5 films qui lient Pixar à Disney. Evidemment, les dirigeants de Disney ont refusé (ils ne sont pas idiots) en arguant du fait que le concept Toy Story existait avant la signature du contrat et que ses suites n'entraient pas dans le cadre dudit contrat. Après 5 ans de guerre fratricide, Bob Iger (nouveau PDG de Disney Compagny) s'est rapproché de Pixar, a rachèté le studio et a placé John Lasseter à la tête du Département Animation de la nouvelle société Disney/Pixar. Ouf!
John Lasseter  a alors proposé à Lee Unkrich de réaliser le troisième (et dernier ?) volet de la saga.
Lee Unkrich avait une pression terrible car il souhaitait que Toy Story 3 soit encore meilleur que les précédents épisodes. Onze ans sépare les deux films ? Tant mieux, la vie s'est écoulée! Andy a grandi, c'est un beau jeune homme qui s'apprête à partir à la fac, vivre de nouvelles expériences. Le film répond comme un écho à la question que posait le Chercheur D'Or à Woody : que vas-tu devenir quand Andy aura grandi ? Tu crois vraiment qu'il va t'emmener à l'université ? Le film réussi le pari d'aborder des thèmes comme le dépassement de soi, le sens du devoir, la notion de bien et de mal, la manipulation... sans jamais tomber ni dans le pathos ni dans le manichéisme. Bravo les mecs !
Toy Story 3 est très émouvant et on a vraiment peur de ce qui peut arriver à ces jouets en image de synthèse ! Mais on est aussi attendri par Andy qui, bien qu'heureux de grandir et voler de ses propres ailes, ne peut s'empêcher d'avoir peur de quitter le cocon familial. Andy porte un regard doux et nostalgique sur son enfance mais finira par passer le flambeau. La dernière scène entre Andy et la petite fille m'a brisé le cœur...
Heureusement, le film ne se contente pas de tirer sur la corde lacrymale.  Il y a de l'action, de l'humour et du suspense.
La scène du Buzz qui parle en espagnol et fait la cour à Jessie est à se tordre de rire. Mais le plus comique vient de la rencontre entre une Barbie Gymnaste et un Ken Safari. Ce Ken est un festival comique à lui tout seul. La séquence où il défile pour Barbie dans des tenues kitchissimes sur la chanson Freak du groupe Chic est un des meilleurs moments du film ! Ken est un accessoire de jouet pour fille d'où une attitude désopilante. Et il y a aussi cette scène démente où Monsieur Patate se reconstitue grâce à une tortilla !
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Toy Story 3 intègre de nombreux nouveaux personnages dont l'ours Lotso. Sous ses abords adorables de nounours qui sent bon la fraise se cache un redoutable psychopathe! Il ressemble beaucoup au Chercheur D'Or et sa "fin" est similaire à celle du vieux papy. Ce qui les diffère, c'est que le papy est devenu amer car il n'a pas connu l'amour alors que Lotso a perdu la raison après avoir perdu l'amour d'un enfant. Celà en fait un psychopathe très attendrissant!
Une autre similitude avec Toy Story 2 est la scène de l'incinérateur qui ressemble beaucoup à celle de l'aéroport mais en beaucoup plus angoissante.
L'équipe de Pixar a rendu hommage à un de mes animateurs préféré, Hayao Miyazaki, en provoquant une rencontre entre Woody et un Totoro! Je vous ai déjà dit que je voudrais avoir un Totoro ? Non ? Et bien, je vous le dis !
D'un point de vue technique, le film déchire. Les jouets sont hyper réalistes mais ce qui frappe le plus, ce sont  les humains. Jamais leur animation n'a été aussi fluide. La 3D est excellente (surtout en comparaison de la médiocrité de la 3D des films en prise réelles)  particuliérement au niveau de la profondeur de champ. Mais je reste persuadée qu'on aurait pu s'en passer car j'ai vu des extraits du film à la tv à "plat" et c'était déjà bluffant.
Il faut quand même que je vous avoue quelque chose : la 3D m'ennuie. La majorité du temps, elle est mauvaise (même mon chouchou Tim Burton s'est planté) et n'apporte rien d'un point de vue émotionnel. Ensuite, je porte des lunettes donc, c'est très inconfortable. Ensuite, le prix des places est exorbitant (je ne suis pas millionnaire). Sans compter que je pense aux ados qui essaient d'emballer les filles une fois la lumière éteinte et qui n'y arriveront jamais avec ces lunettes de mouche sur la tête.  Pauvres gosses !
Je ferme cette parenthèse très utile (lol) pour en revenir au film. La technique est bonne mais pas la musique qui est soporifique! Une fois encore, c'est Randy Newman qui signe la B.O et qui se contente du minimum syndical. Ce type est un flemmard.
Il n'empêche que Toy Story 3 a été une bonne surprise et réussi le pari de gagner en intensité. Il démontre une fois encore le savoir faire et le génie des gens de Pixar. Vivement Cars 2 !



Les Aventures D'André et Wally B de Alvy Ray Smith (1984)



                     Après une sieste en forêt, André se retrouve nez à nez avec une abeille facétieuse...

Voici le premier court-métrage des studios Pixar dont je vous ai parlé dans la revue sur Toy Story 1. Sur Internet, il y a tout un débat pour savoir si l'on doit considérer le film comme étant le premier Pixar ou pas, car, à l'époque, Pixar ne s'appelait pas encore Pixar! C'est sans intérêt mais les gens aiment bien batailler pour des conneries...
Le film est hyper court mais laisse déjà présager du meilleur.  Enjoy!

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