28 juin 2010

La vieille dame et la mort ( La dama y la muerte ) de Javier Recio Garcia ( 2009 )

      Une vieille dame souhaite rejoindre la grande faucheuse et son défunt mari. Mais un médecin tente de la réanimer. S'engage alors un combat épique entre l'équipe médicale et la Mort...

Voilà une jolie réalisation espagnole! Prix Goya pour le meilleur court-métrage 2010 et nominé aux Oscars 2010, produit par Mr Antonio Banderas.
Le film traite de l'acharnement thérapeutique au détriment même de l'avis des patients. Mais le film est loin d'être morbide! La musique est endiablée, le rythme effréné et la mamie est tordante.

Si vous voulez voir le film en plein écran, suivez ce lien


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26 juin 2010

C'est culte : Bullit de Peter Yates (1968)



   Le lieutenant Bullitt (Steve McQueen) est chargé par Walter Chalmers (Robert Vaughn) de protéger un gangster qui doit déposer devant une commission sénatoriale enquêtant sur le "Syndicat du Crime". Mais le témoin se fait abattre...

Les 60's marquent le retour en force du film noir avec les succès de films comme Le Point de non-retour de John Boorman et surtout Le Détective de Gordon Douglas en 1968. Grâce à Bullitt, le flic est le nouveau héros US. Pendant plusieurs décennies, c'est le détective privé qui fait battre le cœur des spectateurs mais, ce personnage de policier intègre va détrôner son rival. Le film noir change de cap radicalement et a pour toile de fond la corruption des instances politiques et judiciaires. Cependant Bullitt est un film simple, avec une intrigue facile à suivre et à comprendre, avec des personnages qui parlent peu. Les dialogues vont droit au but et ne s'embarrassent pas de fioritures. Le caractère du lieutenant Bullitt est également clair : c'est un policier intègre, honnête, direct, séducteur, romantique, ironique et sans illusion. On aurait vite pu tomber dans la caricature mais Steve McQueen apporte une humanité et une vulnérabilité rarement présente pour ce genre de personnage. En ce sens, le personnage de Bullitt aurait très bien pu être incarné par Boggart.
Tout le film se concentre sur le personnage de Bullitt, Steve McQueen étant quasiment de tous les plans. Il compose un Bullitt stoïque, au visage impassible, sûr de lui et pourtant très vulnérable (pour preuve, la toute dernière scène du film quand il se regarde dans le miroir).
Ce qui est intéressant dans le film, ce n'est pas tant l'intrigue, classique, ni son dénouement un brin convenu. Ce qui capte l'attention, c'est le milieu pourri dans lequel évolue Bullitt et ses hommes et, surtout les magouilles des politicards. L'opposition entre Bullitt et Walter Chalmers se fait sentir dès leur rencontre. Chalmers est un ambitieux, avide de pouvoir, d'argent, de renommée, de prestige... En bref, il est tout ce que n'est pas le Lieutenant Bullitt et, malgré tout, ils doivent travailler dans la même équipe. Ils sont du même côté mais leurs objectifs sont différents : Bullitt veut connaître la vérité et faire régner la justice, Chalmers veut une promotion ! Walter Chalmers est interprété par Robert Vaughn qui est né pour jouer les méchants. Ce rôle lui va comme un gant.
Le film est typique des réalisations des 60's-70's : peu de dialogues, la ville comme décors principal (ici, San Francisco), des couleurs neutres comme le bleu, le gris, le taupe _ les couleurs vives n'étant apportées que par les femmes (les vêtements et la voiture de Jacqueline Bisset), de longues séquences silencieuses, une alternance équilibrée d'action et de calme, une musique marquante. La musique de Bullit, signée Lalo Schifrin est un personnage à part entière du film et se reconnait dès les premières notes.
Ce qui a fait le succès du film et qui a fait entrer Steve McQueen dans la Légende, c'est la course poursuite de 7 minutes (!) en voiture dans les rues de San Francisco. Peter Yates et Steve McQueen découvrirent pendant le tournage qu'ils avaient la même passion pour les courses automobiles. C'est de là que vint l'idée de cette incroyable scène. Le tournage fut autorisé et facilité par le maire de San Francisco et, c'est Steve McQueen himself qui pilote sa voiture (une Ford Mustang Fastback GT '68 pour les amateurs). Certains plans furent réalisés avec des voitures roulant vraiment à 200km/h ! La scène est plus crédible que n'importe quelle autre jamais tournée grâce aux angles de vues. Le spectateur est intégré car il adopte le point de vue du pilote (mais pas sa place et c'est franchement dommage) et les plans larges permettent de capter l'ampleur de l'action. Pour moi, c'est 7 minutes de bonheur !
Steve McQueen a également tenu à jouer lui-même la scène où il se couche sur le tarmac de l'aéroport pendant qu'un Boeing est en train de décoller. Après la prise, il a juré de ne plus jamais renouveler l'expérience !
Bullitt est un très bon film policier qui a un peu vieilli mais qui se laisse toujours regarder avec plaisir, enfin, moi, je le regarde toujours avec plaisir

En voiture, Simone!
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C'est bien Robert Duvall qui joue le chauffeur de taxi!



La scène de l'avion

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23 juin 2010

Training Day de Antoine Fuqua ( 2001)

You Wanna Go Home Or Jail ?




          Jack Hoyt est un jeune flic de la police de Los Angeles. Abonné aux patrouilles, il souhaite devenir inspecteur. Il est affecté par sa hiérarchie auprès du sergent chef Alonzo Harris de la brigade des stup' pour une journée de test. L'admiration de Hoyt envers Harris, héros de la guerre anti- drogue, va vite céder la place aux doutes et à la peur...

     Des films sur les ghettos américains et les gangsters, il y en a tellement que l'on a parfois l'impression que l'on a grandi à côté de ces mecs. Antoine Fuqua ne se contente pas de nous donner sa version de ce monde pourri mais il donne un vrai coup de tatane au genre. Son film a des aspects de documentaire et nous immerge totalement dans un monde où le maître mot est : pognon.
Le décors est rapidement planté, Antoine Fuqua ne s'embarrassant pas de psychologie : Hoyt (Ethan Hawke) est un jeune flic à l'idéalisme naïf qui semble tout droit sorti du manuel du flic de l'année. Il souhaite obtenir une promotion pour assurer un avenir plus confortable à sa famille. Nouvellement papa, sa femme et son enfant sont sa priorité et sa vocation de flic n'est dû qu'à une envie : débarrasser les rues des criminels et assurer la sécurité des citoyens. A côté de lui, Alonzo Harris (Denzel Washington) dévoile immédiatement son autoritarisme, son cynisme et la haute opinion qu'il a de lui-même. Son allure est plus proche d'un gangsta rap que d'un flic. En proposant à Hoyt de fumer du crack au bout de 5 minutes, il  montre à quel point ce type se fiche des limites. Le tableau est brossé : ce sont 2 mondes très différents qui vont s'affronter et non pas collaborer comme on aurait pu s'y attendre.
Le monde dans lequel évolue ces 2 flics n'est fait que de violence, d'argent sale, de magouilles, de corruptions, de lâcheté et de coups bas. En moins de 24 heures, le jeune Hoyt aura perdu sa naïveté et l'homme qui rentrera chez lui le soir ne sera plus du tout le même. C'est donc un film noir et sombre que signe Antoine Fuqua.
Le film est très réaliste,  Fuqua et David Ayer (scénariste) ayant eux-même grandi dans la rue. Antoine Fuqua a fait appel à des conseillers techniques de la police de L.A mais aussi à des membres de gang pour dépeindre avec véracité les 2 côtés du tableau. Mais le plus important est que le film a vraiment été tourné dans les banlieues sensibles de L.A. Habituellement, les films sont tournés dans des décors ou des lieux ressemblant aux banlieues pour éviter tout incident mais, les producteurs de Training Day ont préféré tourner en décors...naturels ! Cependant, les habitants de ces quartiers chauds ont reservé un accueil tellement sympa à la production qu'Antoine Fuqua a décidé d'en faire tourner un certain nombre dans le film.
Ce qui donne aussi une grande force au film, c'est la bonne idée de le faire se dérouler sur une seule journée. La décente aux enfers de Hoyt est d'autant plus angoissante et flippante qu'elle ne se déroule que sur quelques heures. On a du mal à respirer en regardant ses yeux terrorisés et l'horreur qu'il vit, on la vit en même temps que lui, dans les mêmes conditions (enfin presque puisque nous sommes dans notre canapé à triturer les coussins.). D'autant plus que le film est haletant et multiplie les scènes d'action. La réalisation sert le film, Antoine Fuqua ayant remisé au placard les effets de style et les fioritures. Un seul bémol : la multitude des champs/contre-champs sur les visages de Ethan Hawke et Denzel Washington. Une grande partie de l'action se déroulant dans une voiture, il est vrai qu'Antoine Fuqua pouvait difficilement faire autrement !
Ce qui a également fait la réputation du film, c'est son atmosphère gangsta rap. Le look de Denzel washington et des flics de son équipe mais aussi la présence de star du rap comme Dr Dre ou encore Snoop Dogg qui interprète Blue, le dealer en fauteuil roulant.  Chaque figurant à l'air de sortir tout droit d'un clip de 50 cents. La bande son du film a été écrite par les grands noms du rap : Macy Gray, Nelly, Snoop Dogg, Dr. Dre, Cypress Hill, P. Diddy (en duo avec David Bowie !), C. Murder, Trick Daddy ... Que du beau monde ! Lorsque Hoyt et Harris grimpent en voiture le première fois, on entend quelques accords de Dr Dre et cette chanson a marqué le film de son empreinte. Moi qui était très fâchée avec le rap, je reconnais que Training Day m'a un peu réconcilié avec lui...
Mais Training Day, ce n'est pas que des bagarres et du rap, c'est aussi une interprétation. Ethan Hawke n'a jamais été aussi expressif que dans ce film qui marque un tournant dans sa carrière. A la fois fragile, sonné, brillant et violent, il interprète tous les sentiments de son personnage avec justesse. Mais la vraie révélation, c'est Denzel Washington. Abonné pendant longtemps aux films chiants (excepté Malcom X, of course), on ne le savait pas capable d'un tel brio. Il casse totalement son image de type lisse et sans intérêt. Alonzo Harris est un fumier, une ordure de la pire espèce. Un de ces bad boys que l'on adore détester! Denzel Washington signe une composition exceptionnelle, toute en nuance. Sachant jouer de l'humour, du cynisme, de la colère rentrée et d'accès de rage tétanisants. Il crève l'écran et bouffe la pellicule. Pas étonnant qu'il ait reçu l'Oscar du meilleur acteur en 2002. Le personnage d'Alonzo Harris est classé parmis les 100 "Héros et Méchants" du cinéma US par l'American Film Institute.
 Évidemment le film n'est pas parfait (la fin moralisatrice m'agace) mais Training Day est un très très bon film qui mérite le coup d'œil...plusieurs même ! On espérait beaucoup d'Antoine Fuqua mais le réalisateur est du genre inconstant et a depuis signé un paquet de ratage total dont Le Roi Arthur en 2004. Cependant, il est récemment revenu aux sources avec le très bon L'Elite de Brooklyn avec... Ethan Hawke (on ne doit pas changer une équipe qui gagne !).

*NB : une fois de plus Peter Greene n'est pas crédité au générique. Il nous avait déjà fait le coup dans  Usual Suspects où il interprété Bigfoot. Dans Training Day, il interprète Jeff, le flic sur lequel Harris tire pour faire croire à de la légitime défense.


Publiée par
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21 juin 2010

Closed Zone de Yoni Goodman

              Un jeune homme est retenu dans Gaza par des mains qui lui bloquent toutes les issues.

Le directeur de l'animation de Valse avec Bachir signe ce très court-métrage sur l'occupation de la bande de Gaza par l'armée Israélienne. Ce film, à l'animation simpliste, est plus parlant que bien des discours.
Ce personnage est "un peu enfant, un peu adulte, un peu arabe et un peu juif", explique Yoni Goodman dans le making of de Closed Zone.
Le film a été produit par l'ONG Gisha qui milite pour la liberté de mouvement des civils palestiniens.



Making of

 Vidéos publiées par gishaorg
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19 juin 2010

C'est culte : Frenzy de Alfred Hitchcock (1972)

 Londres. Un tueur en série sévit depuis quelques temps dans la capitale britannique : il assassine des femmes en les étranglant avec une cravate.
Richard Blaney (John Finch), ancien pilote de la R.A.F, vient de se faire virer de son boulot de barman. Il rencontre son ami Bob Rusk (Barry Foster), marchand de fruits & légumes au marché de Covent Garden, qui lui conseille de jouer aux courses. Mais, n'ayant pas d'argent pour miser, il décide d'aller voir son ex-femme, Brenda (Barbara Leigh-Hunt) qui lui donne de l'argent. Peu de temps après sa visite, Brenda est retrouvée étranglée avec une cravate autour du coup. L'inspecteur Oxford (Alec McCowen) est chargé de l'enquête. Très vite, ses soupçons se portent sur Richard...



    Pour Alfred Hitchcock, Frenzy a un parfum particulier puisque le film marque son retour en Angleterre après 20 ans "d'exil" américain.
 L'action se situe à Londres et plus particulièrement dans le quartier de Covent Garden, endroit cher au cœur d'Alfred Hitchcock puisque son propre père était vendeur de fruits & légumes sur le marché. C'est donc un Hitchcock emprunt de nostalgie qui signe ce film policier violent et emprunt d'humour macabre. C'est un vrai retour au source pour Alfred Hitchcock qui réalise une œuvre dans la plus pure tradition hitchcockienne : vrai/faux coupable, humour noir, virtuosité de la mise en scène, plus une scène d'ouverture vertigineuse. Le film s'ouvre sur un magnifique panoramique de Londres jusqu'au Tower Bridge. Filmée depuis un hélico, la scène dut être tournée avec précision, le pont ne se soulevant que deux fois par jour. C'est l'utilisation d'un zoom qui donne l'impression de passer sous le pont car celà est totalement interdit (dommage, ça peut être marrant ^^).
Une autre tradition est respectée puisque Alfred Hitchcock apparaît en caméo  lors du discours de début, couvert d'un très British chapeau melon !

Frenzy est probablement l'un des films les plus violents de Sir Alfred. Le film fut tourné dans les années 70, la censure se faisait déjà plus légère, ce qui a permis au Maître du suspens d'aller crescendo dans la violence et de développer le composite sexuel. Dans les 70's, les tueurs en série se faisaient plus rares (quel bol !) et, au ciné, ils étaient quasi absents des écrans. Une fois n'est pas coutume, "Stinky" a été avant-gardiste et a su faire preuve d'audace en transposant à l'écran le roman d'Arthur La Berne (GoodbyePiccadilly, Farewell Leicester Square ). Avec son scénariste, Anthony Shaffer, il s'est documenté sur le sujet afin d'être le plus crédible possible et cette volonté d'authenticité apparaît à chaque plans. Ainsi, le viol et le meurtre de Brenda sont filmés dans leur intégralité, dans une alternance angoissante de plans larges et de plans serrés. Pour la première fois dans un film d'Hitchcock, la nudité est dévoilée. Dans cette scène, le violeur arrache les vêtements de sa victime, la viole, la bat, la terrorise, l'étrangle face caméra et abandonne le cadavre dans une position humiliante. Hitchcock avait même tourné un gros plan sur le visage de Brenda, langue pendante, la bouche en sang mais cette séquence fut retirée car jugée répugnante par l'ensemble de l'équipe ! Il aura fallu 3 jours de tournage pour que la scène soit "dans la boîte", Hitchcock l'ayant storyboardée avec minutie.
Dans cette scène, tout comme dans la scène où Babs se lève nue en pleine nuit, Alfred Hitchcock a fait appel à des mannequins professionnels. Ce n'est donc pas le corps de Anna Massey  ni la poitrine généreuse de Barbara Leigh-Hunt que l'on voit à l'écran...
Une autre scène est particulièrement violente : celle où le violeur, dans un camion de marchandise, casse les doigts de sa dernière victime pour récupérer son épingle à cravate. Il ne montre aucun respect pour elle et le bruit des doigts cassés est écœurant à souhait. Lorsque le tueur cherche sa victime dans les sacs de patates, il soulève le sac et plonge la tête la première. Vu la position du corps, on a l'impression de voir un homme qui soulève la jupe de sa copine pour lui faire une gâterie, cela apporte à la fois une touche comique mais aussi un aspect scabreux. C'est d'ailleurs étonnant que cette scène soit passée à la commission de censure... à moins que les censeurs n'aient pas l'esprit aussi mal tourné que le mien !
Cette scène est typique de l'humour noir que pratiquait Hitchcock pour dédramatiser des situations horribles : lorsque le tueur ouvre le sac, il se mange le pied de la victime en pleine tête, il manque de peu de tomber du camion, etc. Mais Alfred Hitchcock ne pratique pas que l'humour noir, il pratique aussi un humour rafraîchissant. Ainsi, tout le long du film, on suit le pauvre Inspecteur Oxford lutter contre sa femme et surtout contre les plats qu'elle lui prépare ! La pauvre a dans l'idée de l'initier à une cuisine raffinée qui n'est pas du tout de son goût. Il se débat avec des cailles aux raisins et autres soupes de poissons pendant que son épouse (qui, elle, ne mange pas) évoque les meurtres et les pires détails de l'enquête ! C'est un gag de comique de répétition qui permet aux spectateurs de reprendre ses esprits et de se détendre un peu.
Le film est aussi une ode à la nourriture (chose très importante dans la vie d'Alfred Hitchcock ^^), elle est présente tout le long du film : les repas de l'inspecteur, les pommes de terre dans le camion de transport, la grappe de raisin écrabouillée avec rage par Richard, les produits du marché de Covent Garden. D'ailleurs, Alfred Hitchcock rend un bel hommage à ce quartier et à ses propres origines (modestes) dans ce film.
Alfred Hitchcock maîtrise parfaitement son sujet et sa réalisation sert le film de bout en bout. Le choix des plans accentue la perception de l'histoire : les plans serrés du camion de marchandises rendent l'atmosphère étouffante ; la vue en contre-plongée de la cellule de Richard donne le même vertige que celui que ressent Richard à ce moment là ; le plan fixe dans la rue, pendant que la secrétaire de Brenda monte les escaliers et découvre son corps, accentue la pression...
L'interprétation est évidemment pour beaucoup dans la réussite du film. John Finch, interprète avec justesse un homme dont la vie bascule en enfer. Mais le plus épatant est Barry Foster dont le personnage est répugnant, glaçant, bref, totalement flippant ! Les gros plans sur son visage feraient peur à un Légionnaire !
Certains pensaient qu'Hitchcock était fini mais avec Frenzy, il renoue avec la virtuosité qui avait fait de lui le Maître du suspens.
A noter que Frenzy est le dernier film britannique et l'avant dernier film d'Hitchcock.

Je poste ici une de mes scènes préférées, la fameuse scène du dîner et son magnifique plat de résistance : les pieds de cochon à la mode de Caen. Bon appétit !

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Désolée pour la qualité de l'image mais Blogger a modifié son lecteur afin que le traitement de la vidéo soit plus rapide. C'est réussi, il n'y a plus de traitement du tout ! Mais ça reste tout à fait regardable...
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16 juin 2010

La saga L'Arme Fatale (Lethal Weapon) de Richard Donner

Trop vieux pour ces conneries!


            En 1987, déboulent sur les écrans, deux flics que tout oppose et qui vont devoir faire équipe pour mettre en échec une bande de trafiquants de drogue. Leur seul point commun : ils ont fait la guerre du Vietnam.
C'est le pitch du premier film d'une saga de 4 épisodes. L'Arme Fatale est réalisé par Richard Donner et met en scène Mel Gibson dans le rôle du déglingué Martin Riggs et Danny Glover dans le rôle de Roger Murtaugh.

  Ce film est un tournant dans le film policier américain. Le point de départ de ce buddy movie est conventionnel : 2 flics que tout sépare sont contraints de travailler ensemble et les circonstances finiront par les rapprocher. Roger est Noir, heureux en mariage et dans sa famille, a la cinquantaine, doit partir en retraite dans 2 ans et ne rêve que de cette retraite. Le second est Blanc, tête brûlée, suicidaire depuis le décès de sa femme, il accepte tous les risques, les provoque et glisse dans la folie. C'est le même duo que pour 48 Heures de Walter Hill (1982) mais en beaucoup plus dramatique. L'Arme Fatale est empreint d'une nostalgie post-Vietnam. Les 2 flics sont des anciens combattants de cette guerre honteuse et perdue qui a traumatisé l'Amérique. Ceux que doivent combattre Riggs et Roger ne sont d'autres que leur anciens compagnons d'armes, passés du côté des méchants. "Le syndrome vietnamien gangrène à ce point le cinéma américain populaire que tous les protagonistes sont ici (bons ou mauvais) des anciens des "special corps" a écrit Jacques Zimmer (ancien rédac en chef de La Revue du cinéma et de La Saison cinématographique).
Une fois le passé des personnages mis en place, l'action devient prédominante au mépris de toute vraisemblance! C'est souvent le cas dans les buddy movies et c'est aussi pour çà qu'on les aime autant! Mis en scène par un réalisateur expérimenté ( Richard Donner a réalisé La Malédiction en 1976 et le premier Superman en 1978 ), le film est une succession affriolante de poursuites infernales et d'actions en tout genre. La violence est prédominante et particulièrement intense dans des scènes de torture influencées par l'émergence du cinéma de Hong Kong. Le film est d'ailleurs dédié à un cascadeur  Dar Robinson  ("This Picture is dedicaced to the memory of Dar Robinson one of the motion picture industry's greatest stuntmen") et à la profession en général pour qui Richard Donner a le plus grand respect et la plus grande admiration : "sans eux, le cinéma n'aurait pas la même magie".
Heureusement pour le spectateur, quelques bonnes répliques et un sens de l'autodérision affirmé, lui permettent de décompresser un peu entre 2 explosions !
L'Arme Fatale n'aurait pas eu la même saveur si les 2 compères n'avaient pas été aussi complice. Leur amitié rend les moments d'émotion encore plus forts. Car L'Arme fatale est avant tout l'histoire d'une rencontre : celle d'un homme effondré avec celui qui deviendra son meilleur ami, son frère, son père, et qui lui redonnera goût à la vie en lui offrant une  famille. L'incursion de Riggs dans la famille de Roger deviendra une sorte de gimmick dans tous les épisodes de la saga.
Le charme évident de Mel Gibson a été aussi un facteur déterminant du succès du film. On n'a jamais vu autant de femmes dans une salle de ciné pour un film d'action ! C'est possible d'avoir les yeux aussi bleus ? ^^




     Le film ayant très bien marché en salle, une suite fût donc tourné. En 1989, Riggs et Roger sont de retour et affrontent cette fois des trafiquants de drogue Sud Africains. Le boss des trafiquants est un diplomate inattaquable aux yeux de la loi, les 2 compères (et leur témoin à charge) devront choisir entre loi et justice.


     Dans L'Arme Fatale 2, on aura droit a plus d'action, plus de violence, plus d'humour, plus de personnages, plus de tout en somme !
L'arrivée de Joe Pesci dans le rôle de Leo Getz, cet intarissable repenti, volubile et insupportable confère au film un ton plus léger voire plus loufoque. Son personnage deviendra un membre à part entière de l'équipe et il fera parti des deux autres volets de la saga.
Dans ce second opus, on va en apprendre plus sur Riggs. Il va non seulement perdre sa nouvelle petite amie mais on va aussi apprendre que sa femme n'est pas morte dans un accident mais qu'elle a été assassinée. Ce qui fera ressortir en lui son côté arme-de-destruction-massive ! Cette fois, nos 2 compères détruiront une maison sur pilotis et utiliserons une planche de surf d'une façon très rockn'roll !
Ce deuxième film reste dans l'esprit du premier, le côté dépressif en moins : logique puisque Riggs va mieux...


  
       Dans L'Arme Fatale 3 (1992), nos deux flics mettent à jour un traffic d'armes et de drogues provenant des locaux des saisies de la police. Ils vont rencontrer Lorna Cole (Renee Russo) un membre des bœufs-carottes qui suit la même piste.

     L'Arme Fatale 3 marque un tournant dans la saga : la violence est moins présente au profit de l'humour. Moins violent ne veut pas dire moins d'action, car de ce côté, on est toujours servi! En effet, Riggs détruira une cinquantaine de maisons (!) dans le repaire de l'affreux-méchant-moche, on aura aussi une poursuite en moto et en... métro !
Le film tend à s'équilibrer concernant les personnages. Riggs en a fini avec ses tendances suicidaires, il se laisse même aller à aimer la jolie Lorna Cole. Par contre, Murtaugh décâble suite à une bavure  et sombre dans l'alcoolisme. Cette fois, c'est à Riggs de l'aider. Le duo continue de fonctionner parfaitement mais à l'envers ! De tous les épisodes, c'est sûrement le moins bon, faute à un scénario un peu mièvre : le méchant est pâlichon à souhait et l'histoire d'amour entre Riggs et Cole, amusante au début, prend vite des allures de guimauve dégoulinante.



     Dans le dernier opus, sorti en 1998, Martin et Roger doivent faire face à une organisation chinoise aux activités diverses (dont l'esclavage), dirigée par Ku (Jet Li), un expert en arts martiaux.
Les 2 amis se retrouvent affublés d'un jeune officier de police, Butter (Chris Rock), plein de fougue et d'énergie. Quand à Riggs et Lorna, ils vont bientôt être parents.

     La bonne idée du film, c'est le casting : Jet Li nous compose un magnifique salaud, cruel, froid, sans scrupule. Il respire le danger. Sans compter des capacités physiques étonnantes : ce mec est une arme de guerre. Précis, rapide, violent et fort, ses scènes de baston sont flippantes. On en vient à se demander comment nos 2 papys flics vont faire pour l'arrêter...
Dans L'Arme Fatale 4, l'humour est toujours présent et le duo Gibson/Glover fonctionne aussi bien. On pensait qu'un cinquième opus verrait le jour mais celà semble compromis. Tous les ans, on entend que Mel Gibson est en négociations mais, comme la soeur Anne, on ne voit jamis rien venir !


      Le succès de la saga ne s'est pas démenti pendant toutes ces années. Succès mérité pour des films d'action au-dessus de la moyenne...
Sans compter un gimmick resté dans toutes les mémoires : "trop vieux pour ces conneries!"
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11 juin 2010

Black Button de DearkHeartProductions ( 2007 )

       Mr Roberts se retrouve dans une pièce blanche baignée de lumière. Devant lui, un homme lui propose un marché étrange : s'il appuie sur le bouton noir se trouvant sur le bureau, il gagnera une mallette remplie de plusieurs millions de dollars. Ou alors, il peu choisir de prendre la clé qui ouvre la porte et partir. Parce que, s'il appuie sur le bouton noir, quelqu'un va mourir...

Oh! Je vous entends d'ici me dire : "Non, mais tu nous prends pour des jambons ou quoi? Ton Black Button, c'est un plagiat de The Box de Richard Kelly! C'est carrément la même histoire!" C'est vrai, c'est le même pitch mais les Australiens de DearkHeartProductions ont réalisé ce court bien avant le film de Kelly, donc, s'il y a plagiat ce n'est pas de leur côté qu'il faut chercher. Ils s'expliquent à ce sujet sur la page de la vidéo.
Bien que la fin soit très prévisible et très moralisatrice, il n'en reste pas moins que l'idée est bonne. A vous de juger...





Chaîne de DearkHeartProductions
Site Web 
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9 juin 2010

Dans la brume électrique (In the Electric Mist) de Bertrand Tavernier (2009)


       New Iberia, Louisiane. Le détective Dave Robicheaux est sur les traces d’un tueur en série qui s’attaque à de très jeunes femmes. De retour chez lui après une investigation sur la scène d’un nouveau crime, Dave fait la rencontre d' Elrod Sykes. La grande star hollywoodienne est venue en Louisiane tourner un film. Elrod raconte à Dave qu’il a vu, gisant dans un marais, le corps décomposé d’un homme noir enchaîné. Cette découverte fait rapidement resurgir des souvenirs du passé de Dave... D'après le roman "Dans la brume électrique avec les morts confédérés" de James Lee Burke.



Après cinq ans d'absence, Bertrand Tavernier revient avec l'adaptation d'un roman de James Lee Burke.
Amateur de culture américaine, c'est en passionné de blues et des USA qu'il filme la Louisianne et cette enquête entre rêve et réalité. Ici, l'intrigue est moins importante que le point de vue du policier sur des injustices et des dysfonctionnements du système qui perdurent depuis des décennies. Le défi qu'a dû relever Bertrand Tavernier est de retranscrire par l'image la richesse des émotions du livre de Burke. Pour celà, Tavernier s'est appuyé sur les paysages même de la Louisiane et plus spécifiquement du bayou qui est tour à tour paisible ou hostile. A l'image du détective Robicheaux dont les accès de colère sont aussi impressionnants que ses moments de sérénité. Robicheaux est un ancien alcoolique, ancien de la guerre du Vietnam qui combat ses démons intérieurs en même temps que ceux qui répandent le sang sur le bayou. Son allure placide cache une rage toujours prête à éclater de façon imprévisible. Le choix de Tommy Lee Jones pour incarner ce flic est parfait. Son jeu, tout en retenue, donne le poids à ce personnage ambigu. Impressionnant comme jamais, il campe un flic loin de ceux qu'il a pu interpréter jusqu'à maintenant (et différent de ceux que l'on voit habituellement sur les écrans). Les acteurs qui l'entourent ne sont pas en reste pour déterminer la personnalité de Robicheaux. John Goodman est excellent en mafioso obèse et répugnant. Peter Sarsgaard, dans le rôle de la star paumée, est un double de Robicheaux.
Plus l'enquête avance, plus le monde dans lequel vit Robicheaux nous apparaît écœurant. Haines, corruptions, luxure, mensonges, lâchetés...règnent sur la population de New Iberia.
Pour plonger le spectateur dans la subjectivité de Robicheaux, Bertrand Tavernier utilise la classique et très américaine voix off, issue du film noir. Ou il fait intervenir le fantôme d'un officier confédéré. A ce moment là, Dans la brume électrique prend des chemins plus mystiques. Ainsi, les passages "oniriques", les plus creux,  sont aussi les plus intéressants. Ils reflètent l'univers mental du détective. Et c'est bien parce que Robicheaux est comme il est, qu'il parviendra à résoudre l'enquête (les enquêtes en réalité).
Le détective évolue donc dans une Louisiane dévastée par le crime et par l'ouragan Katrina. Tavernier montre la détresse de la population qui a tout perdu et dont les aides financières sont détournées par des escrocs. Le film de Tavernier a une dimension politique mais il ne tombe jamais dans le tragique ou le pathétique. Plus américain, tu meurs ! Quoi de plus américain que de choisir d'être du côté des gentils ou celui des méchants ?
Car, Bertrand Tavernier Made In France, se plie aux canons des films  américains pendant la première demi-heure (musique locale, routes poussiéreuses et flic viril et droit dans ses bottes) pour mieux les faire voler en éclat par la suite. [SPOILER] La rupture, c'est la mort du personnage Kelly Drummond (Kelly McDonald). Elle se fait tuer à la place de Robicheaux et celà le bouleverse profondément. A ce moment là, le style de Tavernier gagne en intensité et nous fait oublier l'ennui qui menaçait de poindre jusqu'alors. A partir de là, et jusqu'au dénouement, le film est passionnant, tendu et rythmé.
Dans la brume électrique est donc un polar psychologique, servi par une pléiade d'acteurs épatants, doté d'un scénario dramatique et recherché. Hommage aux films de héros solitaires tel Clint Eastwood dans la série des Inspecteurs Harry, le film est dense et brutal.



N.B : Bertrand Tavernier et son producteur ont eu de nombreux différents lors du tournage du film. Sa sortie a donc été retardée. Aux USA, il est sorti dans une version plus courte, plus classique et avec une voix off différente...directement en DVD sauf en Louisiane où il est sorti en salle. Dans les autres pays, c'est la version final cut qui a été présentée au public.
Bertrand Tavernier est l'auteur de 2 livres sur les USA : 50 ans de cinéma américain co-écrit avec J.P Coursodon et Amis américains. Dans la brume électrique est son premier film de fiction "américain". En 1983, il avait co-réalisé un docu avec Robert Parrish Pays d'octobre (Mississippi Blues).


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6 juin 2010

Judas Kiss de Sebastian Gutierrez ( 1998 )


     La  Nouvelle- Orléans, quatre escrocs à la petite semaine (Coco, Junior, Lizard et Ruben) décident de kidnapper un magnat de l'informatique en échange d'une confortable rançon. Mais tout ne se passe pas comme prévu et Coco abat une femme qui s'avère être l'épouse d'un sénateur. L'agent Hawkins et le détective Friedman sont chargés de l'enquête...

Sebastian Gutierrez plante son film à la Nouvelle-Orléans, ville chaude, moite et piquante. Ville à l'image de Coco Chavez (Carla Gugino, caliente) personnage centrale de ce Judas Kiss. La demoiselle, après avoir brillée dans l'arnaque au divorce avec Junior (son amant), décide de passer aux choses sérieuses avec l'aide de deux autres gangsters. C'est elle la meneuse et c'est elle qui percera en premier la clef de l'énigme. C'était clairement le but du film pour Sebastian Gutierrez qui voulait créer un vrai personnage féminin et lui donner la place centrale dans un film :


"J'aime les femmes. Elles représentent plus de la moitié de la population et je trouve qu'elles sont mal représentées dans le cinéma actuel. Je voulais raconter l'histoire d'une femme forte et sexy, la placer au milieu d'un groupe d'hommes et voir ce qui lui arrive. Ce sont de jeunes truands mus par un idéal naïf de rêve américain. Les trois garçons sont très différents les uns des autres mais chacun à sa manière est amoureux de Coco. Je crois que c'est comme ça que ça se passe en réalité. Dans les groupes de guérilla ou de kidnappeurs, il y a toujours une femme qui dirige d'une manière ou d'une autre. Je n'avais pas envie de faire un de ces films noirs actuels qui revendiquent l'influence de la Nouvelle Vague française et des cinéastes de Hong-Kong. J'étais bien plus intéressé par les relations, la sensualité et l'humour qui se développent entre les personnages."

Judas Kiss est un hommage aux films noirs des 50's. Tout d'abord, l'histoire est racontée par Coco en voix off, ce qui nous permet de mieux cerner son personnage et  comprendre ses réactions et ses rapports aux autres. Ensuite, les personnages des détectives (Emma Thompson et Alan Rickman, parfaits et à l'unisson) sont des solitaires, cyniques et droit dans leurs godasses _ pas moyens de corrompre ces deux-là. Des clones de Sam Spade, en plus drôles et modernes quand même !
D'autre part, la ville de La Nouvelle Orléans est un personnage à part entière, avec ses codes, ses personnages loufoques, ses arnaques et sa corruption à chaque coins de rues.
A celà s'ajoute une narration en flash back, qui aurait pu être casse-gueule mais Gutierrez maîtrise son sujet. Les flash back nous permettent de comprendre comment et pourquoi ces quatre zigotos se retrouvent dans une telle galère et apportent une cadence tonique au film.
Un autre point fort du film : l'humour. Judas Kiss est émaillé de répliques savoureuses et d'un vrai tempo narratif.
 Coco demande à Ruben comment va l'otage: _ Ruben : "Il continue de chialer"
_ Coco : "Putain, c'mec va nous faire une carence en sel avant la fin"...


Une de mes scènes préférées



Le personnage de Walter (Joe Slotnick), qui est chargé de négocier avec les malfaiteurs, est la meilleure trouvaille du film. Gauche, trouillard, colérique, malhabile...chacune de ses apparitions à l'écran est un moment de bonheur !
Le personnage de Ruben vaut également son pesant de cacahouète car il est totalement frappé ! C'est une sorte de mercenaire, avec plusieurs cases en moins, qui a une grande gueule et des petits bras.
C'est la force du film : tous les personnages sont bien écrits, clairement définis les uns par rapport aux autres et ils sont tous très attachants (à l'exception du sénateur qui est immédiatement détestable). C'est ce qui fait que l'on s'intéresse à cette histoire de kidnapping. Car, il faut bien le reconnaître, le scénario est un peu mince et le "retournement " de situation assez prévisible. L'enquête en elle-même n'est pas fouillée et les motifs du crime sont un peu limite.  Il est clair que si vous souhaitez voir un film policier classique avec intrigue solide, enquête et dénouement extraordinaire, il vaut mieux passer votre chemin !
Il n'empêche que Judas Kiss mérite mieux que d'être classé comme film de série B comme l'ont fait certains internautes. Beaucoup se sont amusés à le comparer à un film de Quentin Tarantino et c'est bien là le malheur pour tous les cinéastes qui s'attaquent aux films de gangsters sous un jour humoristique. Immédiatement, on leur ressort l'artillerie Reservoir Dog ou Pulp Fiction. Il est vrai qu'à certains égards, Judas Kiss fait penser à un film de Tarantino mais il nous épargne les longs dialogues insensés, la prise de came toutes les 5 minutes et les grossièretés à en faire rougir un G.I...et ce n'est pas plus mal. J'aime le cinéma de Tarantino mais il n'est pas le seul à maîtriser ce genre de sujets... Judas Kiss est un bon film policier, drôle, efficace, sombre, sulfureux et au casting impeccable. Je lui mets un A.
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3 juin 2010

The Big Shave de Martin Scorsese ( 1967 )

       Une salle de bain. Un homme arrive, ôte son T-shirt et commence à se raser. Il se coupe, le sang coule, il se coupe de plus en plus, le sang coule de plus en plus...

Attention! Petits cœurs s'abstenir ( tout comme les enfants... )

Interrogé sur ce court-métrage, Martin Scorsese a déclaré : "Je me suis presque convaincu que c'était un film contre la guerre du Viêt Nam, que ce type qui se rase méticuleusement et qui finit par s'ouvrir la gorge était un symbole de l'Américain moyen de ce temps.
C'est pour ces implications politiques que j'ai utilisé en fond sonore la version originale de I can't get started, celle de Bunny Berigan en 1939. Je voulais même terminer sur des stock-shots du Vietnam, mais ils étaient inutiles.
En fait, The big shave était un fantasme une vision de la mort strictement personnelle." (Positif n°170, juin 1975 Entretien avec Martin Scorsese par Michel Ciment et Michael Henry).
"Consciemment, c'était un hurlement de colère contre la guerre. Mais en réalité il y avait quelque chose en moi qui n'avait rien à voir avec la guerre. C'était juste une très mauvaise période" (David Thompson et Ian Christie, Scorsese on Scorsese, Faber and Faber, Londres, 1989.)

Film étrange et gore sur la culpabilité et l'autodestruction...

Film à retrouver sur le dvd Films et Documentaires Martin Scorsese dans lequel on trouve 5 autres courts de Martin Scorsese ( en vente ici )

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