31 mai 2010

Le Pacte des Loups de Christophe Gans ( 2001 )



                1766, France.  Une bête féroce et mystérieuse terrifie le Gévaudan en tuant des individus isolés depuis trois ans  malgré la présence d'une troupe de soldats envoyés par le Roi. Le chevalier de Fronsac est envoyé par son maître, le naturaliste Buffon, pour percer le mystère de la bête.  Accompagné de son "frère" Mani, un Indien Tomahawk, il fait la connaissance des notables de la région et tombe amoureux de la jeune Marianne. C'est une bête puissante et intelligente que va devoir affronter le chevalier...

Après Crying Freeman, Christophe Gans voulait prouver que les studios français pouvaient faire aussi bien que leurs cousins américains en matière de films à grand spectacle. Il se lance alors dans l'écriture d'un scénario ayant pour thème la fameuse bête du Gévaudan. La bête en question aurait massacré plus de 100 personnes entre 1764 et 1767 en Gévaudan (l'actuel Lozère). Certains y voyaient un châtiments divins ou l'œuvre d'un animal exotique voir d'un loup-garou! C'est donc à cette légende centenaire que s'attaque Christophe Gans. Pari risqué. Un peut trop peut-être.
Sur le papier, le film est excitant : mélange d'enquête policière historique, de fantastique et de film d'action,  il est pourtant bancal.
Christophe Gans est issu du jeu vidéo et celà se sent dans sa réalisation ultra-nerveuse et stylisée. Tellement stylisée que çà en devient fatiguant. De ralentis, en accélérations, en passant par des travellings compensés, l'œil n'a pas de repos. Dans les rares moments d'accalmie, Gans joue sur les champs contre champs, caméra serrée sur les protagonistes et crée une sensation d'étouffement.  Un peu de recul et de simplicité n'auraient pas nui à un film suffisamment riche visuellement en décors et costumes.
A cela s'ajoute une surenchère de scène de combats dont certaines n'ont d'utilité que de montrer la technique et la plastique parfaite de Marc Dacascos. On ne se bat pas à l'épée dans ce Pacte des Loups, on pratique le kung-fu. Idée charmante, qui donne du punch au film, mais qui, une fois encore subit une réalisation et un montage trop lourd.
Christophe Gans se plante aussi sur le casting. Jacques Perrin est formidable de sobriété et, ses dialogues en voix off apportent une chaleur bienvenue au récit (Jacques Perrin est né pour être conteur). Marc Dacascos est parfait dans son rôle d'Indien chaman, parlant aux arbres et maniant aussi bien le tomahawk que le sens de l'humour.  A côté, la distribution jure terriblement.  Peut-être que le costume d'époque est trop lourd à porter ?!  La diction lourde et monotone ou trop appliquée gâchent le plaisir. S'exprimer en vers pour l'Homme moderne n'est pas facile mais le concours d'un répétiteur aurait pu être utile... Vincent Cassel est dans l'excès et semble s'ennuyer ferme. Samuel Le Bihan est lourd (dans tous les sens du terme) et fait tâche au milieu de la vaisselle en porcelaine... Monica Bellucci ressemble à une gothique bafouillante, le seul intérêt que lui porte le réalisateur étant dû à ses formes généreuses ! Le problème vient peut-être du fait que Christophe Gans s'est concentré sur ses décors et sa réalisation plutôt que sur le jeu de ses acteurs. Dommage car le scénario est riche en rebondissements. Le mystère plane autour de la bête, est-ce un loup, une créature mystérieuse ou un animal dressé par l'homme ?  Qui est vraiment cette jeune prostituée chez qui Fronsac va chercher un peu de réconfort ? Le mystère est à notre porte et nous titille les neurones. Une autre bonne chose est que le personnage du chevalier de Fronsac est très bien écrit. Libertin, homme de sciences, politique avisé, il ne se laisse pas berner par des mystifications et prend son rôle de détective à cœur. Le duo qu'il forme avec Mani est parfait : Fronsac est la tête et Mani, les muscles. Fronsac est un personnage combatif, volontaire, intelligent, sensible  et drôle.

Christophe Gans a eu la bonne idée de planter son film dans des décors naturels à couper le souffle et a su les intégrer dans son film avec brio. Les reconstitutions numériques sont très bonnes (bien que la bête ait un peu vieilli depuis la sortie du film en 2001_ progrès techniques oblige) et la scène de rêve de Fronsac est hallucinante.
Le Pacte des Loups est donc un film qui aurait pu être excellent mais qui se contente d'être bon...ce qui n'est pas si mal au regard du nombre de navets projetés sur les écrans des multiplexes.

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30 mai 2010

Bonne Fête à toutes les mamans du monde...

                                                                                  ...et à la mienne en particulier!











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29 mai 2010

Dennis Hopper est décédé ce 29 mai...

...à l'âge de 74 ans des suites d'un cancer de la prostate. Sa dernière apparition publique date du 26 mars, jour où il reçut son étoile sur Sunset Boulevard. C'est à cet endroit qu'un hommage doit avoir lieu dans la soirée.
L'acteur, réalisateur, poète, photographe et peintre, est né au Kansas en 1936. Il manifeste très tôt un intérêt pour la peinture, ce n'est qu'à l'université qu'il développe le goût pour le théâtre.
Son premier rôle au cinéma, c'est à Johnny Guitar ( Nicholas Ray, 1954 ) qu'il le doit.  Mais c'est avec La Fureur de vivre en 1955 et Géant en 1956 que sa carrière décolle. Sa rencontre avec James Dean, qu'il admire, le conforte dans sa volonté d'être acteur. Le problème, c'est que l'homme n'est pas facile. Il se forge une très mauvaise réputation au point de se retrouver sans emploi pendant plusieurs années. Etant grillé à Hollywood, Dennis Hopper se tourne vers la photographie.
Il entre à l'école de Lee Strasberg et tourne dans des séries TV comme Bonanza. Au ciné, c'est à John Wayne qu'il donne la réplique. Mais, il acquiert de la crédibilité à Hollywood avec Easy Rider ( 1969 ) qu'il réalise et dans lequel il joue au côté de Peter Fonda. Ce road-movie marquera toute une génération et deviendra un film culte. Les 70's ne sont pas bonne pour Dennis Hopper qui boit et se drogue de plus en plus. Celà ne l'empêche pas de réaliser des films à succès et de tourner dans des chefs-d'œuvre tel que Apocalypse Now ( Francis Ford Coppola, 1979 ).  Dans les 80's, il suit une cure de désintox mais sa carrière ne redémarre pas vraiment. Il doit son renouveau à David Lynch qui lui donne le rôle de l'horrible Franck Booth dans Blue Velvet. Depuis, il n'a cessé de tourner et de réaliser des films. Ses rôles étaient souvent des personnages infects et méprisables. Il faut reconnaître qu'il avait le physique de l'emploi!
Marié 5 fois, Dennis Hopper s'apprêtait à divorcer de sa dernière épouse  en date! Il est également le père de 4 enfants.
Dennis Hopper a eu une carrière à son image : atypique, libre et rockn'roll...

     
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26 mai 2010

Sherlock Holmes de Guy Ritchie ( 2010)



     Fin XIXème, Londres. Sherlock Holmes et son ami, le Docteur Watson, sauvent une jeune femme qui allait être sacrifié par une secte au nom de Satan. Ils arrêtent le gourou, l'affreux Lord Blackstone. Celui-ci est vite pendu par les autorités mais il ressucite mystérieusement et décide de terroriser l'Angleterre...

Attendions-nous grand chose venant du réalisateur de A la Dérive et du producteur de films pur testostérone, Joël Silvern ? Nooon ! On n'est vraiment pas déçu. Le film est une succession de scènes de baston destinées à combler les vides d'un scénario ultra-classique. Cette énième adaptation des aventures du héros de Sir Athur Conan Doyle ne restera pas dans les annales pour son mystère et sa mise en scène.
L'intrigue policière est laissée au second plan, le film visant clairement à remplir les salles des complexes et à vendre du pop-corn aux ados à qui le film est particulièrement destiné.
Guy Ritchie enchaîne donc les scènes d'actions à une vitesse fulgurante, les temps morts ne servant qu'à laisser les personnages dialoguer longuement sur le pourquoi et le comment, tout ceci dans des décors foisonnants et numériquement chargés.
Ce Sherlock Holmes (Robert Downey Jr, miam-miam) est plus jeune, plus sexy, plus drôle et il pratique...le kung-fu ! Il envoit ses adversaires au tapis à grand coups de lattes à la Bruce Lee. Mais notre héros possède aussi un cerveau et est doté d'une fulgurante faculté de déduction qui se manifeste par un étrange pouvoir de prémonition. En d'autres termes, on voit la scène de lutte une première fois au ralenti, Sherlock expliquant ce qu'il va faire et ce qui va arriver au débile qu'il va cogner, et, ensuite, on revoit la scène en vitesse normale !
Ce procédé permet à la fois de meubler le film et de donner un cours en accélérer de self-défense au spectateur peu sportif  ^^
Une autre nouveauté par rapport aux livres et autres adaptations, ce Sherlock Holmes semble avoir de nettes tendances homosexuelles. Il semble amoureux du Docteur  Watson (Jude Law) tant il fait pour briser le couple du bon docteur. Cette idée était plutôt bonne, elle aurait eu le mérite d'expliquer la relation fusionnelle des deux hommes et aurait donné un coup de jeune au sujet, mais elle n'est jamais exploitée. Guy Ritchie renvoit Watson à ses amours et Sherlock Holmes à sa solitude...
Malgré tout, l'expérience n'est pas totalement déplaisante, grâce aux acteurs (et à mes hormones ^^)
Les acteurs donnent le meilleur d'eux-même et Jude Law et Robert Downey Jr donnent de l'épaisseur à leurs personnages. Ils font vivre l'histoire d'amitié qu'entretiennent Sherlock et Watson, les meilleures scènes étant dues à leurs "affrontements".
Robert Downey Jr nous livre un Sherlock Holmes habité par son métier, jaloux, félin, intuitif, bordélique, sûr de lui, pince-sans-rire, un brin drogué et doté d'un indéniable sex-appeal. Bref, un Sherlock Holmes sexy, aventurier et ultra-intelligent (un vrai personnage de fiction, donc...).
 Jude Law, dont le rôle n'est pas aussi développé, donne de l'importance au Docteur Watson qui n'hésite pas non plus à mouiller sa chemise et en découdre (contrairement aux bouquins où il était toujours passif et pas mal largué !).
Le personnage féminin (Rachel McAdams) n'est pas qu'un décolleté, c'est une clé de l'énigme et une femme de tempérament, intelligente et moderne.
Le film est donc sauvé des eaux par les acteurs. La fin du film laisse présager d'une suite qui devrait être tournée dès Juin 2010. Espérons que ce second opus aura plus de corps que celui-ci...

5 bonnes raisons de voir le film :
  • La barbe sexy de Robert Downey Jr
  • Le regard de braise de Robert Downey Jr
  • Les combats de Robert Downey Jr
  • Robert Downey Jr
  • Robert Downey Jr !!!! 



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23 mai 2010

Festival de Cannes 2010 : the winner is...

Palme d'Or du Court-Métrage : Chienne d'Histoire de Serge Aredikian

Prix spécial du Jury : Micky Bader de Frida Kempf

Caméra d'Or : Ano Bisesto de Michael Rowe

Prix du jury : Un homme qui crie de Mahamat- Saleh Haroun

Prix de la mise en scène : Mathieu Almaric pour Tournée

Prix du scénario : Lee Chang Dong pour Poetry

Prix d'interprétation féminine : Juliette Binoche pour Copie Conforme de Abbas Kiarostami

Prix d'interprétation masculine : Javier Bardem pour Biutiful de Alejandro Gonzalès Innaritu
Ex-æquo: Elio Germano pour La Nostra Vita de Daniele Luchetti

Grand Prix du Festival de Cannes : Des hommes et des Dieux de Xavier Beauvois

Palme d'Or : Uncle Bunmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures de Apichatpong Weerasethakul


Pour nous qui n'avons pas vu les films, ça ne veut pas dire grand chose, on verra dans quelques mois...

La cérémonie a été émouvante, spécialement Juliette Binoche qui a remercié sa famille et ses enfants et qui a pris le temps de parler de la condition de Jafar Panahi (toujours retenu en prison et qui a entamé une grève de la faim depuis 9 jours).

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22 mai 2010

Festival de Cannes :

 Il y avait longtemps qu'un film n'avait pas senti le souffre à Cannes. Cette année, on en tient un !
Vendredi 21 mai, le film de Rachid Bouchareb Hors-la-loi a été présenté à Cannes. Dès sa sélection, rien qu'à la lecture du scénario, le film avait provoqué quelques remous car considéré comme anti-Français. Le film traîte de l'indépendance de l'Algérie et ne serait pas tendre avec les Français et le gouvernement de l'époque, et, ferait des membres du FLN des héros. N'ayant pas vu le film, je ne peux pas commenter. Il n'empêche qu'un déploiement sécuritaire a été nécessaire ce vendredi matin aux pieds des marches du palais. La municipalité Cannoise avait organisé une remise de gerbe de fleurs devant le Monument aux Morts ainsi qu'un défilé de porte-drapeaux en hommage aux victimes françaises en Algérie et protester contre le film. On a donc pu voir défiler sous la même bannière des anciens combattants, des conseillers municipaux socialistes, des députés UMP, des Pieds Noirs ainsi que des membres du Front National! Le cinéma est décidément un art unificateur! Certains ont même dit que l'Algérie continuait sa propagande par le biais du film. ( voir cet article ) Vous pensiez que Rachid Bouchareb était un cinéaste ? Et bien non ! En fait c'est un politicien ! On croit rêver ! Je ne fais pas de politique mais là, il y a de quoi flipper un peu...
Rachid Bouchareb se retrouve au cœur de la tourmente et doit se défendre becs et ongles. Comme il l'a dit lui-même, c'est le public qui tranchera.( voir son interview ).
 Pour tout dire, ce qui me choque c'est que personne n'avait vu le film mais tout le monde le taclait déjà ! Comment est-il possible de parler de quelque chose que l'on n'a pas vu ? En tous cas, toute cette histoire a fait une superbe pub gratuite au film qui ne va pas manquer d'attirer les curieux en salle... Il est à parier que les producteurs de Hors-la-loi vont rentrer dans leurs frais !



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21 mai 2010

La saga Die Hard

      Piège de Cristal (Die Hard 1) de John McTiernan ( 1988 ) est le premier volet d'une saga de 4 films dans lesquels on suit les aventures de John McClane, incarné par Bruce Willis.

    John McLane  est un policier New Yorkais. Il débarque à Los Angeles afin de passer Noël avec son ex-femme, Holly, et ses enfants. Mais, des terroristes envahissent la tour Nakatomi où se déroule la soirée du réveillon et où travaille Holly. Les preneurs d'otages veulent voler 600 millions en bon au porteur. Ils ont tout prévu sauf John McLane et son marcel maculé de sang...

Piège de Cristal revisite le film policier en y intégrant la forme du serial qu'avait remis au goût du jour Steven Spielberg avec les Aventuriers de l'Arche Perdue (1981). Le serial ou film à épisodes était un art populaire essentiellement destiné aux adolescents. Le serial racontait, sous la forme d'une quinzaine d'épisodes de 15 à 20 min chacun, les péripéties d'un héros sans peur et sans reproche, au prise avec une organisation criminelle. L'action était échevelée et continue et il n'y avait AUCUN soucis de vraisemblance! Piège de Cristal reprend ce schéma : l'action est ininterrompue, les multiples péripéties qui ponctuent le film sont incroyables et irréalistes, l'humour noir est omniprésent.
La seule concession au réalisme sont les multiples blessures et contusion de notre héros !
Piège de Cristal fait penser à La Tour Infernale (John Guillermin et Irvin Allen, 1974) puisque c'est un building entier qui est pris en otage (ici par des terroristes, dans la Tour Infernale par le feu).
Le décor particulier dans lequel se déroule l'action du film rappelle les préoccupations de certains auteurs de SF qui voient dans les buildings un symbole de cauchemar technologique, de cataclysme écolo. Le décor est la vedette du film et est mis en valeur dans chaque plan. Il  est typique des villes modernes et parfaitement traumatisant : " une jungle de béton, de verre et d'acier" dixit Jackson DeGovia, le directeur artistique du film. Un gratte-ciel, la nuit, rempli de terroristes est un endroit assez flippant, non ?
L'enquête en elle-même est secondaire, le but du film est de voir Bruce Willis dégommer les méchants (Alan Rickman est parfait dans le rôle du bad boy), marcher pieds nus sur du verre et sauver le monde!
Piège de Cristal est saupoudré de quelques répliques qui sont devenues cultes (essentiellement dans les cours d'école).  John McClane prononçant son "Yppie-Kay-yee, pauvre con." après avoir flinguer quelques terroristes est LA réplique culte du film pour tous les fans! Et oui, John McClane est un poète qui s'ignore !



     Après avoir tué le méchant terroriste Allemand de Piège de Cristal, on pensait que John McClane allait prendre des vacances. Nenni! Dans 58 minutes pour vivre (Die Hard 2) de Renny Harling (1990), notre bon ami va à nouveau sauver le monde. Merci  Johnny !
John attend que l'avion de sa femme atterrisse à l'aéroport, près de Washington. John et sa femme se sont remis ensemble, une façon comme une autre de le remercier de lui avoir sauvé la vie, je suppose !
John a la curiosité avivée par un groupe d'hommes qui font d'étranges allées et venues. Il les suit, se fait tirer dessus et des terroristes prennent le contrôle de l'aéroport. Les passagers dans les avions qui doivent atterrir n'ont plus beaucoup de temps à vivre avant que leur avion ne s'écrase, faute de carburant. L'avion de la femme de John n'a plus que 58 minutes de carburant, John n'a que 58 minutes pour la sauver !
Cette fois, Renny Harling joue gravement avec nos nerfs. Piège de Cristal réveillait le claustrophobe qui dormait en nous, 58 minutes pour vivre nous fait jurer de NE JAMAIS prendre l'avion !
Dans l'absolu, l'histoire est la même : des méchants, la femme de McClane en danger, John ensanglanté-en-marcel-crado-seul-contre-tous, une vague histoire politique, des destructions, des explosions et cet humour potache si agréable.  On fait le plein de testostérone et d'action. Mais il faut reconnaître que les effets spéciaux ont salement vieillis. La scène où John s'éjecte de l'avion et s'envole dans le ciel est à mourir de rire...mais ce n'est pas fait exprès !
Il n'empêche que John s'éclate toujours (et nous aussi, il faut bien le dire !) à balancer des blagues à 2 balles. Après avoir détruit l'aéroport, il dira au Directeur qui l'engueule : "Je me demande ce qui déclenche les détecteurs de métaux en premier : la barre que vous avez dans le cul ou la merde que vous avez dans le cerveau ?" 
Une fois de plus, notre héros sauve tout le monde après avoir manqué mourir lui même 50 fois au moins et remis au goût du jour les blagues Carambar....


La bande-annonce craint, non??!!!

     Après toutes ces péripéties, John McClane reprend du collier en 1995 et va vivre Une Journée en Enfer (Die Hard with a Vengeance) sous la houlette de John McTiernan.
Bon, cette fois Madame McClane a fait définitivement ses valises, y en a marre de c'mec ! John est seul et déprimé dans les rues de New York. Heureusement pour lui, un dénommé Simon (Jeremy Irons) a décidé de le prendre pour cible, çà lui change les idées. Simon est un poseur de bombe qui a décidé de jouer à Jacques a dit (Simons says en anglais) avec notre pauvre John.
Quoi de neuf dans cet opus ? Rien mis à part que notre flic adoré se retrouve à faire équipe avec un chauffeur de taxi bougon à souhait et trop-vieux-pour-ces-conneries (Samuel L.Jackson, sans sa Kangol). La saga Die Hard prend des airs de buddy movie. Dans cette épisode, John McClane n'est plus que l'ombre de lui-même et tout ce qui arrive le gonfle particulièrement. Surtout que ce cabochard de Simon lui fait tout voir, comme se balader dans Harlem avec une pancarte "I hate  niggers"... Une fois encore, John sera en avance sur tous les autres pour comprendre les vraies motivations des poseurs de bombe, il sera ensanglanté, son marcel ne sera plus qu'un chiffon sale et il nous balancera ses vannes en-veux-tu en-voilà. Et, évidemment, il va réussir à sauver la ville de New York d'une destruction massive !
SPOILER à ne pas lire si vous n'avez pas vu le film mais juste pour le plaisir. Une des réparties de John, après avoir découvert que Simon est le frère du terroriste de Piège de Cristal, dira  "J’ai balancé son petit frère du 32e étage ; j’imagine qu’il doit m’en vouloir un peu."
La fin de cette Journée en Enfer est donc un Happy End mais ce n'est pas ce qu'avait prévu au départ John McTiernan. Les studios (encore ces trouble- fêtes) ont eu la trouille et en ont décidé autrement. Je vous poste donc la fin alternative rêvée par McTiernan. Dans cette version, Simon a réussi a échappé à la police et John s'est fait virer. Il recherche Simon pour lui régler son compte...à sa façon.



Ce troisième volet est le meilleur de la saga et le public s'est précipité en masse dans les salles pour le voir.
Forcément, les studios par l'odeur du fric alléchés ne pouvaient pas en rester là. Un 4ème volet à la série est donc sorti en salle en 2007 : Die Hard : Retour en Enfer (Live Free or Die Hard). Tout un programme.
Cette fois, Bruce Willis / John McClane doit faire équipe avec un jeune hacker, Matt Farell (Justin Long) pour...sauver le monde! Je reconnais avoir eu la trouille car l'homme au marcel s'est transformé en l'homme en t-shirt-à-manches-longues : peut-être a-t-il perdu sa force et son humour destructeur en même temps que son marcel crado ? Heureusement, non ! John McClane est fidèle a lui-même bien qu'il n'ait plus du tout de cheveux et que sa fille soit en âge de procréer. Cet épisode de la saga privilégie largement l'action au suspense. Les échanges entre McClane et Farell font tout le sel du film : ils sont très différents (âge,  milieu social...) et McClane est totalement dépassé par les nouvelles technologies. Cependant, le film est encore plus irréaliste que les précédents (si, si, c'est possible !) et le personnage de Justing Long se laisse trop écrasé par celui de Willis (on est loin des engueulades de Zeus/Jackson). Le quatrième volet est donc un peu moins réussi que le précédent mais ça fait du bien de revoir ce genres de films à l'heure des superhéros en collant...



On parle du tournage d'un Die Hard 5 pour l'année prochaine, dixit Bruce Willis. Info à prendre avec des pincettes puisque la 20th Century Fox ne s'est pas prononcée sur le sujet...
Le saga Die Hard a assis définitivement Bruce Willis comme star internationale. Quand il a tourné Piège de Cristal, il n'était qu'un acteur connu essentiellement  pour son rôle dans la série Clair de Lune.
La saga Die Hard fait partie de ces petits plaisirs coupables que l'on savoure entre copains le samedi soir ou seul(e) entouré(e) d'une montagne de chocolats !
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19 mai 2010

Une vie de Emmanuhell Bellegarde (2010) [ Prix de l'originalité, sélection internationale au Festival Des Très Courts 2010 )

Film autobiographique d'animation, réalisé en ruban adhésif, Une Vie est le portrait d'un homme qui a décidé de ne pas vivre dans la norme et qui en subit les conséquences...
Un bijou d'imagination, d'intelligence et d'émotions...



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17 mai 2010

Usual Suspects de Bryan Singer ( 1994 )


                                    Après une gigantesque explosion dans un port, l'inspecteur Kujan tente de reconstituer les événements qui ont conduit 5 criminels à une mortelle confrontation avec un mystérieux truand, l'insaisissable Kyser Söse.


 Tourné en 35 jours avec un budget ridicule, Usual Suspects est le second film de Bryan Singer qui n'a que 25 ans à l'époque.
Une intrigue gigogne, un découpage
brillamment déconstruit sur le plan chronologique, un montage virtuose, une direction d'acteurs maîtrisée et des acteurs étonnants = Usual Suspects. Le film utilise la méthode du mindfuck* et perd consciencieusement le spectateur dans un labyrinthe de questions. Le film est très original d'un point de vue scénaristique  car il réussit à raconter les événements par le jeu du traditionnel flash-back mais mélangé au point de vue d'un seul personnage. Les images que nous voyons peuvent être interprétée de plusieurs manières car le volubile "Verbal" Kint (Kevin Spacey) ne possède pas toutes les informations et son point de vue est transformé par ses sentiments personnels. Ce que nous voyons est sa vérité, la reconstitution méthodique des faits mais les apparences sont trompeuses et il nous manque des éléments pour comprendre pleinement tout ce qui s'est passé. Bryan Singer nous laisse divaguer dans un monde de faux-semblants jusqu'à la fin du film et son coup de théâtre mémorable. A ce moment là, le film bascule totalement et le spectateur se retrouve plongé dans une réalité qu'il ne soupçonnait à aucun moment. D'où un sentiment de frustration pour certains ou de joie pour d'autres ( je suis dans la 2nd catégorie )! A l'époque, Bryan Singer expliquait qu'il " [...] aime l'idée que les choses ne puissent pas être toujours ce qu'elles semblent être. J'ai vu dans cette histoire la possibilité de jouer un peu avec cette convention qui veut que le récit ne peut mentir et indique toujours de manière sincère la façon dont s'est déroulée l'intrigue." Par cet aspect captivant, Usual Suspects est un film qui nécessite une seconde vision immédiate pour découvrir une partie du vrai sens des images. Je dis bien une partie car, au fond, certaines choses demeurent mystérieuses et on ne peut que difficilement démêler le vrai du faux. Le rébus n'est jamais résolu.
La force du film réside aussi dans la psychologie même des personnages, réduits à leurs fonctions de criminels ou de policiers. Dans le schéma initial, on imagine que les criminels n'agissent que par goût du lucre, que leur intelligence reste limitée ( ce sont des "petites frappes" ) et que la police en sait long sur eux et sur leur commanditaire. En réalité, il n'en est rien. Le twist final nous révèle que les criminels peuvent changer, agir pour des motifs de préservation et les flics, aussi minutieux et aguerris soient-ils,  peuvent être le jouet d'une diabolique mascarade.
L'atmosphère du film est lourde et sombre. Dès le départ, on se sent largué ( dans tous les sens du terme! ) au milieu d'une faune infréquentable et terriblement dangereuse. Violence, drogue, désespoir, peur, châtiment, trahison, mensonge, solitude sont au menu d'un film à la lenteur angoissante. Cependant, les personnages sont attachants. On espère du fond du cœur que Dean Keaton (Grabriel Byrne) et sa bande vont s'en sortir. Pendant tout l'interrogatoire de "Verbal", on voudrait baffer ce flic arrogant et méprisant! Celà est dû à une mise en place habile des personnages. Ainsi, on découvre Keaton essayant de se ranger des voitures, tentant de se construire une vie honnête en compagnie d'une belle et jeune avocate. "Verbal" Kint attire la sympathie car il est timide et lourdement handicapé. Hockney ( Kevin Pollack ) est un raté qui utilise l'humour pour désamorcer les tensions. Quand à McManus et Fenster (Stephen Baldwin et Benicio Del Toro), ils sont dans un trip ados attardés plus touchant que condamnable. Le personnage du flic est assez antipathique pour qu'on en vienne à souhaiter son échec! Même pendant les dernières minutes du film, alors que l'on connaît l'intolérable vérité, on retient son souffle jusqu'à ce que Keyser Söse grimppe dans sa voiture! C'est décidément le monde à l'envers. Nos sentiments sont aussi chamboulés que le scénario du film!
L'interprétation est excellente, mentions spéciales à Kevin Spacey, Gabriel Byrne et Pete Postlethwaite. Le film révéla Kevin Spacey qui reçut un Oscar pour son interprétation de "Verbal" Kint.
Usual Suspects est un film marquant et passionnant. Il mérite sa place au rang des films cultes.


*mindfuck désigne une œuvre qui utilise des moyens comme un scénario non-linéaire ou des retournements de situations  afin d'introduire des thèmes compliqués mais pourtant non contradictoires. On parle de mindfuck quand le spectateur lambda doit se montrer attentif et doit réfléchir pour comprendre ce qui se déroule sous ses yeux. Le mindfuck est caractérisé par un retournement de situation qui fait voler en éclat les certitudes du spectateur. En d'autres termes, le mindfuck s'accompagne d'un twist final.

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14 mai 2010

Nouvelles photos de Vincent D'Onofrio

Tjara et Havers ont donné un lien vers de nouvelles photos de Vincent. Je les ai trouvé tellement belles que j'ai eu envie de les partager avec vous sous la forme de 2 petits collages...Vous pouvez trouver les photosICI





Merci Tjara et Havers!
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13 mai 2010

Poulet au Vinaigre de Claude Chabrol ( 1985 )

        Louis Cuno, postier de son état, et sa mère, invalide, subissent des pressions de la part du Docteur Morasseau, du notaire Lavoisier, et du boucher Filiol, qui veulent les expulser. Un soir, Louis verse du sucre dans le réservoir du boucher qui se tue au volant le lendemain. Chargé de l'enquête, l'inspecteur Lavardin constate également que la femme du médecin a disparu ainsi que la maîtresse du notaire...

Après avoir été une figure importante de la Nouvelle Vague, Claude Chabrol retourne aux sources d'un cinéma très critiqué par ses pairs! Il met en scène une intrigue policière solidement bâtie et prétexte à une critique virulente de la vie provinciale (cela deviendra par la suite la marque de fabrique du cinéma de Claude Chabrol).
Il fustige une petite bourgeoisie de la France "profonde" qui, sous des airs de respectabilité, dissimule sa cupidité et sa perversité.
Poulet au Vinaigre est un mélange de bon vieux  polar classique et de film noir. La personnalité même du flic (cynique, ne respectant que ses propres règles, plus soucieux de rendre sa propre justice que de respecter la loi, ressemblant plus à un détective privé qu'à un flic), nous fait penser aux polars américains des 50's. L'inspecteur Lavardin est un personnage que n'aurait pas renié Boggart.
On pense aussi à Hitchcock car Claude Chabrol, tout comme le" Maître du suspense", présente des événements très dramatiques sur un ton léger, parfois même humoristique. Claude Chabrol alterne les séquences éprouvantes et les scènes légères, ce qui permet au spectateur de souffler un peu. La scène du petit-déjeuner de l'inspecteur et de ses œufs est un de ces moments de légèreté (et m'a beaucoup influencé sur ma façon de manger les oeufs au plats ! )




Le film vaut surtout pour les prestations brillantes de Jean Poiret et Michel Bouquet. Notons aussi la présence de Lucas Belvaux dans le rôle de Louis, le facteur. Oui, c'est bien le Lucas Belvaux  réalisateur de Un couple épatant, Cavale, Après la vie...
Poulet au Vinaigre a été tourné en quelques semaines, faute de budget : "en gros, le prix d'une télé" dixit Mr Chabrol ! Le film a rapporté assez d'argent pour qu'un second opus soit tourné quelques mois plus tards.C'est ainsi que l' Inspecteur Lavardin (1986) mena à nouveau l'enquête. Jean Poiret repris d'ailleurs le rôle pour une série TV "Les Dossiers de l'Inspecteur Lavardin". Seulement 4 épisodes furent tournés, la série fut interrompue par la mort du comédien en 1992.
Poulet au Vinaigre n'est pas le meilleur polar qui soit, ce n'est même pas le meilleur Chabrol, mais il reste un bon film de divertissement. Et, en ce qui me concerne, c'est un vrai plaisir de regarder Jean Poiret...




vidéo publiée par pablomaia54
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12 mai 2010

Festival de Cannes

"Feel the films and be open!", voilà le mot d'ordre donné par Tim Burton aux membres du jury de ce 63ème Festival de Cannes. Il aurait très bien pu dire "Couchez-vous tôt et démerdez-vous!"  Sacré Tim!   XD
Le Festival de Cannes s'ouvre toujours par une montée des marches tout en robes du soir et smokings. Cette année, les premiers à gravir les marches sont les membres de l'équipe de Robin des Bois, film diffusé en ouverture. Equipe venue sans Ridley Scott qui s'est blessé et ne peut se déplacer. Info passionnante, s'il en est!
Kristin Scott Thomas, la maîtresse de cérémonie, tout en chignon et rouge-à-lèvres "Rouge Baiser", a tenté quelques notes d'humour pour détendre l'atmosphère... Ensuite, la présentation du jury et un bel hommage au travail de son Président, Tim Burton, sous la forme d'un clip musical et d'un "mini" concert de Melody Gardot, que Tim a semblé apprécié (moi aussi, d'ailleurs !).
A suivi  la présentation (ultra rapide) des films en compétition officielle...
Une ouverture de Festival très classique, bien huilée mais sans surprise particulière. Espérons que Tim Burton réveille un peu tout ça !
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9 mai 2010

L'Elite de Brooklyn ( Brooklyn Finest ) d'Antoine Fuqua ( 2010 )

      Une semaine dans la vie de trois flics qui vont se croiser sans jamais vraiment se rencontrer... Eddie, à une semaine de la retraite, est un flic fatigué et pourri. Sa femme l'a quitté et il se console dans les bras du whisky et d'une prostituée. Sal, flic aux stup', a besoin d'argent pour déménager sa (très) nombreuse famille. Tango, lui est un flic infiltré chez les trafiquants de drogue, il vient de passer plusieurs mois en taule, sa femme demande le divorce et il ne sait plus s'il est du côté des gentils ou des méchants...

Depuis Training Day, Antoine Fuqua se garait plutôt au rayon navets. C'est donc un vrai plaisir de le retrouver dans un très bon film policier, tendu, nerveux et maîtrisé de bout en bout. Antoine Fuqua retourne aux sources avec L'Elite de Brooklyn et retrouve les mêmes thèmes : la corruption, la loyauté, la moralité, le sens du devoir. On suit ici le parcours de trois flics, très différents et pourtant si semblables. Le résultat de ce parcours est un signal d'alarme au boulot de flic outre Atlantique. Le film est tellement riche est intense qu'il pourrait nourrir le scénario de plusieurs films.
Antoine Fuqua excelle dans la mise en place de l'intrigue et dans le montage du film. La scène d'ouverture est une tuerie (dans tous les sens du termes) et donne le ton à un film dont le rythme ne ralentit (presque) jamais. J'avais beau savoir ce qui se passerait au début du film pour l'avoir vue sur le net (merci jazzy!, la scène sur grand écran m'a scotchée ! Le montage du film ajoute encore à la tension, tout comme la bande-son signée Marcelo Zarvos.
Antoine Fuqua se montre particulièrement à l'aise pour les tournages en extérieur, ce qui ajoute du réalisme à l'action (le film est tourné dans les cités de Brooklyn).
Quant au casting, il est exceptionnel. Tous les acteurs jouent sans fausses notes. Ethan Hawke, dans le rôle de Sal est excellent en flic en prise avec sa conscience. Catholique pratiquant, il décide de voler l'argent de la drogue pour subvenir aux besoins de sa famille. Il sera déchiré entre sa foi, son devoir de flic et ses obligations familiales. Ethan Hawke joue sur un registre qu'il connait bien, le personnage de Sal ressemblant étrangement  à celui de Sully dans Little New York ( Staten Island) [ James DeMonaco 2009 ]. Ethan Hawke poursuit une carrière cohérente et quasi sans faille.

Don Cheadle donne une profondeur et une intensité bienvenue au personnage de Tango. Il aurait pu facilement tomber dans la caricature avec ce personnage d'infiltré chez les gangsters-frimeurs-colliers-en-or-pantalons-trop-grands. Au lieu de çà, il réussit à flouter la barrière entre bien et mal et nous montre que les "méchants" ne sont pas forcément ceux qu'on croit (mention spéciale à Ellen Barkin pour sa prestation de salope-agent du F.B.I).
Richard Gere n'a jamais été aussi bon. A force de le voir s'épanouir dans des débilités telles que Pretty Woman ( Garry Marshall, 1990 ), Just married [ou presque] ( Garry Marshall, 1999 ) ou Un automne à New York ( Joan Chen, 2000), on en avait oublié que le bonhomme avait du talent. Il traîne le désespoir d'Eddie du commissariat, à sa voiture de flic jusque chez sa prostituée attitrée. Pourri jusqu'à l'os, Eddie est à la recherche de la rédemption et cherche un sens à sa vie.
Les personnages secondaires ne sont pas en reste. Wesley Snipes est touchant dans ce rôle de caïd dépassé et supplanté par la nouvelle génération. Le duo qu'il forme avec Don Cheadle est impeccable et apporte son lot d'émotions. Ils sont la définition du mot" loyauté".

Les apparitions de Lili Taylor et de Vincent D'Onofrio nous font regretter que leurs personnages ne soient pas plus développés.
La mise en scène, en forme de partie de ping-pong, apporte un renouveau bien senti à un genre classique et permet de mélanger les 3 histoires à un point que ces 3 personnages n'en forment plus qu'un. Car c'est bien là l'idée du film : bien que leurs vies soient différentes, ces 3 hommes ont un point commun qui les rend terriblement semblables : ils sont désespérés et leur métier de flic bouffe leur vie. Cependant, cette mise en scène originale peut également rebuter car elle oblige le spectateur à se montrer attentif. Et elle peut aussi donner le tournis.
L'Élite de Brooklyn est un film violent, sanglant, triste. L'Élite de Brooklyn est un film humain, touchant, authentique. L'Élite de Brooklyn est un film à voir.
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Le film policier...

Le film policier est un genre cinématographique très présent sur les écrans depuis le début du 20ème siècle. Il reprend généralement les codes du film noir : le passé est un poison, l'avenir est sans espoir, les femmes sont fourbes (ou du moins source d'ennui !) et, partout, la MORT est là... On distingue le film policier du film de gangsters car, dans le film policier, on résout une enquête et, flics et voyous sont filmés d'égale façon. Dans le film de gangsters, c'est le "bad boy" qui joue le premier rôle (comme dans Scarface et tous les films sur les mafieux). Le film policier peut aussi se mélanger avec les films d'espionnage ou les thrillers. On les mélange d'autant plus facilement qu'un même film intègre plusieurs genres.
Le film policier est d'abord un genre américain mené par une main de maître par des génies comme Hitchcok, Fritz Lang ou Orson Welles. Très tôt, le détective est une sorte d'envoyé spécial dans la nuit, un "héros" face aux dangers et au mal qui ronge le monde moderne. Il n'est pas parfait, il boit, il est cynique... mais il affronte le Mal. Humphrey Boggart et Robert Montgomery sont les spécialistes du genre. On y trouve des femmes fatales, beautés vénéneuses, dominatrices et toujours synonymes de danger. Même si le genre est dominé par l'Amérique, l'Europe et  la France ne sont  pas en reste. Largement inspiré des romans policier, les films policiers de l'époque sont un prétexte à une dure critique sociale (Le jour se lève de Marcel Carné , 1939). Pendant l'Occupation, les flics sont sombres et pessimistes. On comprend pourquoi.
Dans les années 60, on continue d'adapter des romans et surtout les Séries Noires. Le détective devient  alcoolique, coureur de jupons, séducteur... Jean Gabin, Lino Ventura, Jean-Paul Belmondo et Alain Delon sont les héros de ces films. Fin des années 60, la Nouvelle Vague déferle en France et de jeunes cinéastes comme Truffaut et Godard s'essaient au genre avec A bout de souffle (Godard, 1959), La mariée était en noir (Truffaut, 1967)... La révolution du genre n'a pas lieu même si les femmes prennent parfois la place des hommes.
Après mai 68, les films policiers français se veulent plus politiques, engagés socialement, dénonciateur des inégalités sociales (racisme, chômage, injustice, drogue...).
Aux USA, dans les années 70 et 80, le genre succombe, une fois de plus, aux sirènes Hollywoodiennes et il s'épuise. Seuls quelques films tirent leur épingle du jeu : Bonnie and Clyde (Arthur Penn, 1967), Chinatown  (Roman Polanski, 1974) ou L'Année du Dragon (Michael Cimino, 1985). En France, dans les années 80, c'est la même chose, le style s'essouffle et le drame psychologique, les films d'espionnages, d'actions et le film noir se mélangent joyeusement au film policier "pur".
Le retour du film policier se fera dans les années 90, crise oblige ?  Deux styles s'affrontent : d'un côté, le monde est stone et les tueurs en série massacrent à tout va et les flics doivent faire preuve de psychologie pour les arrêter. Le film policier est alors sanglant et ultra-violent. D'un autre côté, le mal est incarné par des terroristes russes poseurs de bombe (90's = guerre froide), ou par des kidnappeurs ou voleurs de haut vol. Le flic est un solitaire détesté par sa hiérarchie qui doit arrêter les méchants. Une variante existe : deux flics doivent résoudre l'affaire, ils ne se connaissaient pas avant et ne s'entendent pas du tout. Mieux, il ne se ressemble tellement pas qu'on en vient à se demander s'ils pourront rester dans la même pièce plus de cinq minutes. Évidemment, à la fin du film, ils seront copains comme cochons. C'est ce qu'on appelle le "buddy movie ". Voir L'Arme Fatale et autre Tango & Cash.
Dans les années 2000, la multiplication des séries policières, essentiellement américaines, et leurs succès publics touche le ciné. L'enquête se fait plus scientifique et les flics sortent de Harvard ou de Math Sup', le "profiler" gagne du terrain... Et, aujourd'hui, les terroristes sont Afghans ! En parallèle, les adaptations de romans reviennent en force en Amérique et en France ( Les Rivières Pourpres en 2000, Da Vinci Code en 2005, Le Dahlia Noir en 2005 ou encore Sherlock Holmes en 2009 ).
Cinéma cynique, intelligent, désespéré et social, le film policier n'a pas fini de faire preuve de sa richesse...surtout s'il est servi par des auteurs inventifs et féconds.
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7 mai 2010

On s'en fout...ou pas?

     Comme vous le savez, le mois de mai est le mois du muguet mais pas seulement. Et oui, tous les ans à la même époque, le belle ville de Cannes se retrouve envahie par des troupeaux de gens du cinéma et autres journalistes venus du monde entier ( je pourrais bosser sur M6, non? ) pour le Festival Internationnal du Film de Cannes. Cette année, le festival débute le 12 mai, enfin, normalement, vue que la croisette est sous l'eau...C'est rien, on demandera un sous-marin à James Cameron ( pardon, j'ai eu une longue journée!  ). Cette année, une nouveauté, la cérémonie d'ouverture sera diffusée en directe dans de nombreuses salles de cinéma française. Et, juste après, sera projeté Robin des Bois de Ridley Scott, qui a été choisi pour ouvrir les festivités.
L'année dernière, quelques salles Pathé/Gaumont avait déjà retransmis la montée des marches. Mais cette année, il semble que les exploitants de salles se soient mobilisés. Certains auraient même prévus de diffuser la montée des marches.
Personnellement, la cérémonie d'ouverture du Festival de Cannes est quelque chose que j'ai toujours suivi distraitement sur Canal +. Tous ces discours ampoulés m'ennuient! Et, après avoir vu la bande-annonce et des extraits de Robin des Bois, je n'irai pas au ciné le 12 mai! Beaucoup trop d'explosions pour moi ( des explosions, à une époque où les bombes n'existaient pas, c'est intéressant...)! Et puis, j'avoue que j'ai trop vu celui de Kevin Reynolds avec le formidable Alan Rickman, je serais forcément déçue.

                      
            

Pour plus de vidéos sur Robin des Bois, suivez ce lien.
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5 mai 2010

Baisers de cinéma...


 Doux, tendres, romantiques, passionnés, voraces, féroces, violents, choquants, enivrants, fraternels, insensés, réconfortants, sensuels...le cinéma n'est pas avare de baisers ou plutôt de scènes de baisers. Voici une liste (non exhaustive, évidemment !) de baisers qui m'ont marqué. Certains m'ont fait battre le cœur, d'autres pleurer, amuser... Bref. D'une manière ou d'une autre, ils m'ont émus. Et vous, quels sont vos baisers de cinéma préférés?



    • Le premier baiser dans The Whole Wild World (Dan Ireland, 1996)
    • Le baiser entre Demi Moore et Patrick Swayze à la fin de Ghost (Jerry Zucker, 1990)
    • Michèle Morgan et Jean Gabin dans Quai des Brumes  (Marcel Carné, 1938)
    • Kim Novak et James Stewart quand Kim sort de la salle de bain dans Vertigo (Alfred Hitchcock, 1958)
    • Naomi Watts et Laura Harring dans Mulholland Drive (David Lynch, 2001)
    • Celui de la Belle et du Clochard au milieu des spaghettis (La Belle et le Clochard;  H.Luske,C.Geronimi, W.Jackson, 195)
    • Sous la pluie, entre Hugh Grant et Andy McDowell dans Quatre Mariages et Un Enterrement (Mike Newell , 1993)
    • Sarah Michelle Gellar et Selma Blair dans Sexe Intentions (Roger Kumble, 1999)
    • Deborah Kerr et Burt Lancaster sur la plage de Tant qu'il y aura des hommes (Fred Zinnemann, 1953)
    • Scarlett Johanson et Jonathan Rhys Meyer sous la pluie dans Match Point (Woody Allen, 2004)
    • Charlot et son fils dans Le Kid (Charlie Chaplin, 1921)
    • Ingrid Bergman et Humphrey  Boggart dans Casablanca (Michael Curtiz, 1942)
    •  Le baiser électrique entre Wall-E et Eve (Wall-E; Andrew Stanton, 2008)
    • Tous les baisers de The Velocity of Gary (Dan Ireland, 1998)
    • Winona Rider et Gary Oldman dans Dracula (Francis Ford Coppola, 1993)
    • Alain Souchon et Isabelle Adjani, nus et trempés, dans L'été meutrier (Jean Becker, 1983)
    • Nicole Kidman et Tom Cruise dans la salle de bain dans Eyes Wide Shut (Stanley Kubrick, 1999)
    • Faye Dunaway et Steve McQueen après une partie d'échec dans l'Affaire Thomas Crown (Norman Jewison, 1968)
    • Romy Schneider et Alain Delon au bords de la piscine (La Piscine; Jacques Deray, 1968)
    • Gérard Depardieu et Fanny Ardant sur le sol dans La Femme d'à Côté (François Truffaut, 1981)
    • Viggo Mortensen et Liv Tyler dans la Communauté de l'Anneau (Trilogie Le Seigneur des Anneaux_La Communauté de L'Anneau, 2001)
    • Fanny Ardant et Catherine Deneuve dans 8 Femmes (François Ozon, 2001)
    • Mélanie Laurent et Julien Boisselier sous la tente dans Je vais bien, ne t'en fais pas (Philippe Lioret, 2006)
    • Le baiser sanglant entre Christopher Walken et Miranda Richardson dans Sleepy Hollow (Tim Burton, 2000)
    • Vivien Leigh et Clarck Gable au milieu des flammes dans Autant en Emporte le Vent (Victor Flemming, 1939)
    • Bill Murray et Scarlett Johanson à la fin de Lost in Translation (Sofia Coppola, 2002)
    • Harrisson Ford et Sean Young dans Blade Runner (Ridley Scott, 1982)
    •  Marcello Mastroiani et Sophia Loren, dans de beaux draps, dans Une Journée Particulière (Ettore Scola, 1977)
    • ...et pleins d'autres encore auxquels je ne pense pas...
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      4 mai 2010

      Lynn Redgrave

      L'actrice britannique est décédée dimanche 2 mai 2010 à l'âge de 67 ans. Elle luttait depuis plusieurs années contre un cancer du sein. Elle avait commencé sa carrière en 1962, au théâtre, dans Songe d'une nuit d'été de Shakespeare.
      C'est en 1966 que sa carrière explose avec Georgy Girl pour lequel elle sera nommée aux Oscars. Lynn Redgrave a également tourné pour Woody Allen dans Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe ( sans jamais oser le demander ), dans Gods and Monsters de Bill Condon aux côtés de Ian McKellen et Brendan Fraser, dans How to kill your neighbor's dog de Michael Kolesniko avec Kenneth Branagh et Robin Wright Penn et récemment dans Confession d'une accroc du shopping de P.J Hoggan.
      Lynn Redgrave a également participé a des séries TV comme Desperate Housewives, Ugly Betty et Law and Order : C I (épisode de la saison 8 'Folie à Deux ).
      Lynn Redgrave était la soeur de Vanessa Redgrave et fût mariée jusqu'en 2000 à l'acteur John Clark.


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      3 mai 2010

      Al Dente de Jean-François Barthelemy, Maël François et Carlos Felipe Leon Ortiz. ( 2007 )

        Un petit crève-la-faim fouille les poubelles à la recherche de nourriture et tombe dans la cuisine d'un restaurant. Mais le cuisinier n'est pas vraiment sympa... Ce n'est pas aussi bien que Disney ou Pixar mais pour une fois que je trouve un film d'animation français! Oui, oui, c'est du chauvinisme...



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      1 mai 2010

      Bonne fête du travail!!


       


      Je vous souhaite un très joyeux premier Mai! J'espère que ces petits brins de muguet vous porterons bonheur...


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