30 avril 2010

Faire un film peut être dangereux pour la liberté...d'aller et venir.

         Vivant dans une démocratie, nous n'avons pas toujours conscience de notre chance. Certains gestes nous semblent naturels alors que dans d'autres pays, ils sont interdits. Nous avons le droit de nous réunir et de manifester notre mécontentement dans les rues de nos villes ( c'est un sport national en France ) alors que dans des pays comme la Chine, l'Iran ou la Corée, organiser une manif' revient à se mettre soi-même la tête sur le billot.
Pour nous, réaliser un film est non seulement autorisé par nos gouvernements mais aussi encouragé! L'État et les Régions ont un budget spécial culture et une part de ce budget est prévu pour le cinéma. Le plus dur pour un cinéaste est de trouver des fonds et une équipe compétente pour mener à bien le projet. Il ne manque plus qu'un ministre pour épingler une médaille de Chevalier des Arts et des Lettres voire, la Légion d'Honneur aux valeureux artistes qui donnent de leur temps et de leur énergie pour faire grandir les esprits des spectateurs ou du moins les divertir.
Oui, mais voilà, le Monde n'est pas la France ni l'Europe ni même cette chère Amérique de l'entertainment. A l'heure où je vous écris, Jafar Panahi croupit à Evin, la plus grande prison de Téhéran depuis le 1er mars pour un crime horrible : il a réalisé des films dans lesquels il dénonce l'inhumanité du régime iranien! En d'autre termes, cet homme pétri d'humanisme est en taule car il a pris une caméra! Pour le même geste, Tim Burton a été fait Officier des Arts et des Lettres à Paris le mois dernier. Jafar Panahi a soutenu le mouvement vert d'opposition au président Ahmadinejad et, est officiellement accusé d'avoir tourné un film sur les émeutes et la torture.
Le cinéaste est pourtant reconnu à travers le monde et a reçu de nombreuses récompenses pour son travail ( Lion d'Or pour Le Cercle en 2000, Ours D'Argent pour Hors Jeu en 2006 , Caméra d'Or à Cannes pour Le Ballon Blanc en 1995, le Prix du Jury Un Certain Regard en 2000 pour L'Or Pourpre ). Il devait faire partie du jury du Festival de Cannes cette année mais sa participation semble compromise. Le gouvernement iranien l'ayant déjà empêché d'assister à la Berlinale cette année, même si Jafar Panahi était libéré, il y a peu de chance pour que son gouvernement le laisse fouler le sol français. Le Quai D'Orsay a officiellement dénoncé cette incarcération en condamnant   "l'arrestation et l'emprisonnement de l'un des représentants les plus éminents du cinéma iranien d'aujourd'hui". "Nous le disons avec d'autant plus de détermination qu'il est invité au festival international du film de Cannes. Il y a toute sa place. Nous l'attendons à Cannes". ( Source :  L'Express.fr ).
 Jafar Panahi, n'est hélas pas un cas isolé. Lou Ye est interdit de tournage en Chine depuis la sortie de son dernier film sur les manifestations de la place Tian'anmen ( Une jeunesse chinoise ). A présent, il tourne ses films sous le manteau, au péril de sa liberté, peut-être même de sa vie.
Bahman Ghobadi, cinéaste iranien, a vu son film Les Chats Persans interdit sur le territoire. Il y est persona non grata.
En Indonésie, une loi récente a renforcé la censure. Les cinéastes doivent se prémunir d'un certificat pour exercer leur métier, de nouveaux contenus sont interdits :  la nudité frontale, l'homosexualité et les transgressions religieuses...Tout est fait pour museler les artistes.
Si je devais faire la liste de tous les cinéastes interdits de tournage, censurés, violentés...je n'en aurais pas assez de toute ma vie! Pour ces cinéastes, tourner un film est un acte de bravoure et de rébellion. Que l'on aime ou pas leur travail, ce n'est pas la question. Ce qui compte, c'est de  reconnaître leur courage et notre chance d'être né(e) du bon côté du globe.
Lors de l'arrestation de Roman Polanski, nombre d'artistes et de politique se sont manifestés pour dénoncer un acte qu'ils jugeaient arbitraire. Les médias ont relayés l'information à profusion. Mais peu se sont exprimés sur le sort de Jafar Panahi. Apparemment, ce qui arrive de l'autre côté de la Terre n'émeut pas grand monde. A moins que l'on considère que violer une mineure est un acte moins grave que d'exprimer sa voix par le biais d'un film?
Il n'y a plus qu'à espérer que Jafar Panahi recouvre rapidement la liberté et qu'un jour, lui et tous les opprimés puissent s'exprimer librement. Mais là, je crois que c'est de la fiction...


Jafar Panahi, emprisonné à Téhéran depuis 60 jours.

28 avril 2010

Certains l'aiment chaud ( Some like it hot ) de Billy Wilder ( 1959 )




        Dans le Chicago des 30's, deux musiciens de jazz (Joe  et Jerry),  sont témoins d'un règlement de comptes et prennent la fuite. Travestis en femme, ils intègrent un orchestre féminin sous le nom de Joséphine et Daphné! Orchestre dont fait partie la pétillante Sugar...


       Après 7 ans de Réflexion, Billy Wilder avait juré de ne plus jamais refaire un film avec Marilyn Monroe tant le tournage avait été pénible. Comme quoi, il ne faut jurer de rien. Cinq ans après, ils se retrouvent sur le tournage d'une comédie de mœurs envolées. Certains l'aiment chaud traite de l'ambiguïté sexuelle. Le titre lui même joue sur les mots. Qu'est qu'on aime chaud : le jazz ou le sexe?
     L'étymologie du mot jazz pouvant renvoyer aussi  à l'excitation sexuelle. Et le contexte du film est clair : on parle de sexe !
     Une fois n'est pas coutume, Billy Wilder porte un regard sans complexe sur les relations hommes-femmes et dénonce le mensonge et l'hypocrisie qui régit ces relations. Ainsi Sugar, ouvertement à la recherche d'un millionnaire, mettra le grappin sur le premier venu sans savoir qu'il est sans le sou. Quand à Joe, il se fera passer pour un millionnaire frigide pour attirer Sugar et la mettre dans son lit.
Le travestissement, le déguisement et la dissimulation sont au cœur du film. Joe et Jerry doivent se déguiser en fille pour échapper à la mafia, Joe se déguise en millionnaire pour séduire Sugar. Les mafieux utilisent un cercueil et un corbillard pour transporter illégalement de l'alcool (le film se situe au temps de la prohibition), le tripot clandestin est caché dans une église, le café que l'on y sert est du pur malt... Mais le travestissement est surtout utilisé comme un ressort de comédie. Les personnages de Joséphine et Daphné sont une caricature des stéréotypes de la féminité. 
     A ce titre, il faut dire que Jack Lemmon est exceptionnel ! C'est une pure merveille que de le voir avec cette coupe de cheveux invraisemblable, sautillant, se maquillant, parlant chiffons... La scène où il danse le tango avec Osgood vaut à elle seule d'être vue ! Jack Lemmon a reçu l'Oscar du meilleur acteur, le BAFTA du meilleur acteur ainsi qu'un Golden Globe pour sa performance dans Certains l'aiment chaud. Et, entre nous, ce n'est pas volé. De prime abord, son personnage est moins complexe que celui de Tony Curtis. En effet, il interprète le rôle du bon copain, qui suit la troupe alors que Curtis a le rôle de meneur, de mâle viril en recherche de séduction... Mais Jack Lemmon tire son épingle du jeu. C'est lui qui apparaît le plus en fille et il le fait très bien. Il a fait la voix haut perchée de Daphné contrairement à Tony Curtis qui a été doublé. Tony Curtis a confié, lors d'une interview en 2001 pour la sortie du DVD, que lui et Jack avaient adoré se travestir et qu'ils avaient pris un grand plaisir à se maquiller et à porter des robes ! Le résultat de cet enthousiasme est visible à l'écran.
Quand à Marilyn Monroe, elle est resplendissante ! On a du mal à croire que Marilyn Monroe souffrait de dépression quand on regarde la pétillante Sugar. Chaque regard, sourire, rire, hochement de tête renvoie à la fois à son image d'icône sexuelle et à sa naïveté de fille vulnérable. La première fois qu'elle apparaît à l'écran, c'est dans le sifflement du train ! Son interprétation de I wanna be love by  you est magistrale, à la fois sexuelle et douce. Robert Erbet, critique ciné de son état, estime que cette scène est " un strip tease dans lequel la nudité aurait été superflue". Sugar est probablement le personnage le plus attachant que Miss Monroe ait interprété.
Certains l'aiment chaud traite donc de sexe, de confusion des genres, de travestissement... mais sans jamais tomber dans la grossièreté. Il a quand même réussi le tour de force de réussir son examen devant le Haynes Office, garde fou des bonnes mœurs et censeur notable. Car, soyons clairs, le film fait des allusions au sexe mais il en parle aussi clairement. Ainsi Sugar, du haut de ses 25 ans, reconnait avoir eu des amants et même beaucoup d'amants. Une liberté sexuelle scandaleuse pour l'époque. Quand à la scène de séduction entre Sugar et Joe, elle est très directe. Non seulement, ils se bécotent passionnément mais en plus, Joe fait croire à Sugar qu'il est frigide pour lui donner envie de le décongeler. La frigidité et l'impuissance sont encore aujourd'hui des sujets tabous et Billy Wilder l'utilise comme ressort comique dans un film de 1959... Pas mal, non ? Même l'homosexualité est traitée en filigrane puisque Jerry/ Daphné entretient une relation avec un vieux millionnaire (dans le but d'aider Joe, certes mais quand même...) et il accepte de l'épouser. Jusqu'à la fin du film, on se demande s'il ne va pas vraiment l'épouser ! A aucun moment Daphné et Osgood ne s'embrassent et la scène où Osgood lui pince les fesses est hors champs mais on les voit danser le tango pendant 5 minutes. Deux hommes qui dansent ensemble dans un film des 50's, c'est du jamais vu ! De plus, on voit Joe habillé en femme embrasser Marilyn Monroe sur la bouche. Visuellement, c'est une femme qui embrasse une autre femme. Aujourd'hui, cela semble normal (pas pour tout le monde malheureusement) mais à l'époque, c'était juste énorme. Quelques voix de l'église anglicanne se sont élevées contre le film mais, dans l'ensemble, il n' y a pas eu de problèmes. Cela vient de l'habileté de Billy Wilder dans l'écriture du scénario. Les deux hommes sont obligés de se travestir, ce n'est pas un choix de leur part. Ensuite, l'homosexualité est suggérée, le film reste très hétérosexuel. Joe avoue être un homme à Sugar, il n'est pas vraiment frigide. Jerry avoue aussi à Osgood être un homme. Tout est clean.
     Bien qu'engagé, Certains l'aiment chaud est avant tout une comédie. Comme je l'ai dit plus haut, chaque apparition de Jack Lemmon est une pépite. La scène de la danse est géniale, tout comme celle où il annonce qu'il va se marier ou encore celle de la petite fête dans le train.


     Le film joue sur l'humour de répétition et les contradictions. Le "I'm a girl, i'm a girl" de Daphné se transforme en "I'm a boy, i'm a boy". Quand au "Well...Nobody's perfect" prononcé par Osgood à la fin du film, il est simplement devenu culte. De même, le choix du noir et blanc est parfait. Non seulement, il permet de respecter l'esthétisme des films des 30's, époque où se déroule l'histoire, mais il permet de faire passer le maquillage de Tony Curtis et Jack Lemmon comme une lettre à la poste. Le résultat est sublime, l'image est brillante et la photo parfaite. La musique est également exceptionnelle. Le jazz hot qui accompagne le film ajoute encore du rythme au scénario.
     Quand à la mise en scène de Billy Wilder, c'est une leçon de cinéma d'1h30. Il filme les corps comme personne, il apporte un rythme fou au film et rend tous ses personnages attachants. Les gangsters, les filles de l'orchestre, Sweet Sue, les flics du FBI... chaque personnage est important et apporte de la cohésion à l'histoire.
     Au final, Certains l'aiment chaud est probablement le meilleur film de Billy Wilder, de Marilyn Monroe, de Tony Curtis et de Jack Lemmon. Et c'est probablement l'une des meilleures comédies du cinéma... Culte, je vous dis !

Je vous joints la scène de séduction et de tango ainsi que celle de l'annonce de mariage...
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26 avril 2010

Comment épouser un millionnaire (How to Marry a Millionaire) de Jean Negulesco ( 1953 )



       Charlotte, mannequin, décide de louer un appartement avec deux copines dans le centre de New York. Le but de la manœuvre étant de se trouver un mari rapidement. Mais pas n'importe qui : un homme riche. "Rien en dessous d'un million par an!" est l'ordre donné par Charlotte! Le problème, c'est que les trois jeunes femmes sont passablement désargentées et que les millionnaires, çà ne pousse pas sur les arbres!

      Et oui, les femmes sont vénales, c'est bien connu ! Au diable l'Amour, vive les Dollars ! Enfin, pas tout à fait...
Le film est issu d'une pièce de théâtre de boulevard au ton joyeusement léger. Les trois filles sont cupides, intéressées mais elles sont surtout amusantes, touchantes et finissent par tomber amoureuses d'hommes désargentés ou censés l'être. C'est Hollywood, les 50's, les actrices bénéficient d'un grand capital sympathie aux yeux du public : il ne peut y avoir qu'un Happy End et un retour à la "morale" (l'amour c'est mieux que le pognon...). Le but du film n'est pas de changer la face du monde, ni de changer les stéréotypes féminins mais bien d'amuser la galerie ! Ce n'est pas la meilleure comédie du monde, loin de là, mais les scènes avec Marilyn Monroe valent leur pesant d'or. Une fois n'est pas coutume, le personnage de Marilyn (Pola) est une femme légère dans tous les sens du terme. Belle à en pleurer, elle n'a pas grand chose à faire ou à dire pour séduire les hommes et c'est tant mieux car elle n'a pas inventé l'eau chaude. Naïve, influençable, un brin narcissique et... myope ! La pauvrette est myope comme une taupe et refuse de porter ses lunettes en public ce qui lui permet de se prendre les portes et les murs en pleine tête ou de suivre le serveur en le prenant pour son amant ou même de se tromper d'avion. A propos de ses lunettes qu'elle refuse de porter, elle répond " Mais tu sais ce que l'on dit à propos des femmes qui portent des lunettes ?" Et de répondre " Les hommes ne s'y intéressent pas !" En France, on aurait probablement donné une autre réponse...
     Le film est une succession de saynètes mettant en scène tour à tour chacune des filles dans leur folle aventure matrimoniale. Ainsi voit-on Loco (Toctoc en VF) partir dans le Maine avec un vieux cochon marié, tomber amoureuse du garde forestier qu'elle croit millionnaire et finir par l'épouser car c'est beau la vie au grand air! Pola finira par tomber amoureuse du propriétaire de l'appartement qui a de gros soucis avec le fisc mais, comme lui-même est myope et qu'il trouve Pola belle comme un coeur avec ses binocles, tout est bien qui finit bien ! Et enfin Charlotte, interprétée par Lauren Bacall (la moins attachante des 3 en ce qui me concerne), tenter de mettre le grappin sur un riche Texan, réussir à l'amener devant Monsieur le Curé et renoncer à ce riche mariage car elle est amoureuse de Tom, un pauvret ! Enfin pas pauvret pour deux sous car, en réalité, Tom est millionnaire ! Ça tombe bien, car des trois filles, c'est Charlotte qui y tenait le plus à son millionnaire. Tout est bien qui finit bien...
     Le film fait quelques clins d'œil à la vie perso ou professionnelles des interprètes féminines. Ainsi, dans une scène, Charlotte qui explique pourquoi les jeunes femmes préfère les hommes plus âgés dit : "Look at that ol' fella, what's his name ? In The African Queen. Crazy about him!". Le "vieux'" en question , c'est Humphrey Bogart, son mari à a ville.
Toctoc ( Betty Grable ) croit reconnaître  Harry James à la radio et Harry James était son mari.
Enfin, lorsque Pola fait son défilé en maillot de bain, la présentatrice l'annonce en disant "Diamonds are a girl's best friends" qui était la chanson que Marilyn Monroe a interprété dans Les hommes préfèrent les blondes, son précédent film.
Comment épouser un millionnaire a dépassé Les hommes préfèrent les blondes en nombre d'entrées, ce qui est assez bizarre car il est beaucoup moins bon. Mais il faut reconnaître que le film bénéficiait d'une belle distribution ( Monroe et Bacall en tête ) et d'un joli coup marketing. En effet, Comment épouser un millionnaire est le premier film tourné en CinémaScope mais le second distribué. Le premier étant La Tunique en 1953 avec Richard Burton. Le slogan était bien accrocheur " Le miracle moderne _ Vous n'avez même pas besoin de lunettes spéciales". L'attrait pour les nouvelles technologies a toujours été source de rentabilité pour les distributeurs !
Le format CinémaScope explique l'abondance de scènes inutiles à la limite de l'inepte parfois! Ainsi, la scène d'ouverture est proprement sans rapport avec le reste de l'histoire : on assiste pendant 5 minutes à un concert d'un orchestre symphonique dans toute sa largeur ! Un moyen de montrer la taille de l'écran. Ainsi, le film débute après 7 minutes de musique et générique : on n'entendra plus parler des musiciens de tout le film et il n'y a même pas une des actrices qui assiste au concert... On a droit aussi à des vues de New York en veux-tu en voilà, des vues imprenables de forêts du Maine, un atterrissage d'avion depuis le cockpit, des plans larges de l'appart des filles qui semble gigantesque... Rien que du grandiose.
(Pour la petite histoire, le CinémaScope, c'est le format panoramique. Un format rectangulaire si vous préférez, alors qu'auparavant, les films étaient "carrés".)
     Le film est certes décevant car il aurait pu être une satire sociale féroce ou au moins une pétillante comédie. Faute à un scénario lourd, des gags qui tombent à plat et une réalisation pâlichonne, le film se contentera d'être "sympathique". Mais comme vous le savez, Hollywood est le temple du remake ! Bon ou mauvais film peu importe tant que çà rapporte...On prévoit la sortie de Comment épouser un millionnaire l'année prochaine avec Nicole Kidman... Ça donne envie, non ? Non !

23 avril 2010

Sept Ans De Réflexion ( The Seven Year Itch ) de Billy Wilder ( 1955 )


     Richard Sherman, employé dans une maison d'édition, doit rester à New York pour travailler alors que sa femme et son fils partent en vacances dans le Maine pour fuir la canicule. Les Sherman sont mariés depuis sept ans et Richard a bien du mal a calmer sa libido, comme bon nombre des hommes restés seuls en ville. Richard tente de respecter les consignes données par sa femme : ne pas boire et ne pas fumer...Mais voilà, qu'une jeune femme aux formes voluptueuses et au joli minois emménage dans l'appartement du dessus. Elle va lui donner la fièvre et l'envie de réaliser tous ses fantasmes...

      Billy Wilder fait du Billy Wilder et c'est bon ! La scène d'ouverture nous met dans le bain : 500 ans plus tôt, on voit des Indiens de Manhattan (qui auraient donné le nom à la ville) envoyer femmes et enfants au frais pendant qu'ils restent seuls à s'occuper virilement...comme de suivre, en groupe, une jolie petite indienne, dès que leur famille est partie ! Dans le plan suivant, on voit les hommes modernes conduire leur famille à la gare et lorgner sur les beaux petits culs rebondis alors que le train est à peine parti. L'être humain est ainsi renvoyé à son animalité sexuelle et le mâle est et a toujours été en chaleur. Pas de critiques ou de moqueries mais juste l'humour espiègle de Billy Wilder. On assiste plutôt à un plaidoyer envers l'utilité des fantasmes sexuels, nécessaires au bon état psychique de tout à chacun.
Pour se faire, Billy Wilder instaure un dialogue entre Sherman (qui est censé se parler à lui-même) et le spectateur mais aussi entre Sherman et sa conscience. Il met en scène les fantasmes de Sherman en détournant des scènes de films cultes dans lesquels Sherman est en prise avec les femmes. La scène dans laquelle notre héros se ballade sur la plage de Tant qu'il y aura des hommes est de loin ma préférée! Billy Wilder pousse le vice jusqu'à faire dire à un invité : " Qui est cette blonde dans la cuisine ?" Et Sherman de répondre "C'est peut-être Marilyn Monroe".
     Le film ne traite par directement de l'adultère (puisque Sherman ne cédera jamais à la tentation) mais s'interroge sur les comportements sociaux liés à la sexualité. La société se donne des airs de civilité et de sophistication mais dès qu'il s'agit de sexe, les comportements bestiaux ne sont plus très loin !
     Marilyn Monroe est parfaitement à sa place dans le rôle de cette tentatrice voluptueuse et naïve. Elle ne se rend pas compte que Sherman fantasme comme un malade (ce qui permet des scènes de quiproquos désopilantes). D'une beauté sulfureuse, elle est l'incarnation du péché originel. Les féministes de tous bords s'échauffent l'esprit en fustigeant la naïveté frôlant la connerie de notre héroïne. Le côté " soit belle et tais-toi" est usé jusqu'à la corde mais la dernière scène du film entre la Belle et Sherman laisse présager plus d'intelligence et d'intuition de sa part. Lorsqu'il la quitte pour rejoindre sa femme, le visage de Marilyn se fait plus rêveur et son sourire plus pâle. Et elle reconnaît que la femme de Sherman a de la chance de l'avoir comme époux...
     On peut reprocher au film de ne pas être assez mordant. La génération actuelle risquerait de le trouver un peu pantouflard mais il faut situer le film dans son contexte. Tout d'abord, il s'agit de l'adaptation d'une pièce de théâtre d'où l'aspect visuel figé du film.
 De plus, le Code Hayes était encore en vigueur. Ce joyau de puritanisme et de morale bien pensante censurait à tout va qui d'un sein dénudé qui d'une réplique polissonne qui de tout ce qui avait trait au sexe. Passer devant le Hayes Office avec un film traitant de l'adultère et de sexe revient à demander à un agneau d'entrer chez le boucher. Le Hayes Office exige que Billy Wilder expurge le film de toutes allusions à l'adultère et de tout dialogue à connotations sexuelles ! Certaines scènes et dialogues disparaissent purement et simplement pendant que d'autres voient leur montage modifié. Autant dire que le film que nous pouvons voir ne ressemble en rien à celui imaginé par Billy Wilder. Le cinéaste dira d'ailleurs "C’est un film inexistant (…) le film devrait être tourné sans la moindre censure. Ce film fut embarrassant à faire." Bon, c'est totalement exagéré mais on peut comprendre sa colère et sa frustration. D'autant plus que les garants des bonnes mœurs sont souvent les premiers à jouer les dépravés dès que la porte est fermée...
     Les censeurs ne seront pas parvenus à freiner le message de Wilder sur la liberté et l'épanouissement personnel. La présence de Monroe y est évidemment pour beaucoup et particulièrement la fameuse scène de la bouche de métro. Ce qui est amusant, c'est que cette scène est devenu cultissime alors qu'elle ne dure que quelques secondes. Marilyn en robe blanche marchant au dessus d'une bouche de métro et Hop ! Poupoupidou, la soie se soulève au dessus... du genou seulement, saloperie de censure ! Érotisme suggestif qui a fait tourner la tête de nombres de jeunes connaisseurs ^^
Le tournage de cette scène a relevé du parcours du combattant puisque les producteurs, friands de marketing, avaient décidé de tourner en plein New York au milieu de la foule surexcitée !  Sans compter la crise de rage de Joe DiMaggio (le mari de Marilyn) qui s'est senti atteint dans son honneur (il n' y a rien de plus fragile que l'ego masculin). Résultat, ce fût la fin du mariage de Marilyn et la scène dû être retourné en studio car le son était infect ! C'était bien la peine...
     Il est donc vrai de dire que Sept Ans De Réflexion n'est pas le meilleur film de Billy Wilder mais il est quand même très réjouissant et très drôle.
Et puis les films de Billy Wilder, c'est comme l'amour, même si ce n'est pas génial, ça reste quand même très bon...

20 avril 2010

Marilyn Monroe

   Norma Jeane Baker, dit Marilyn Monroe est née le 1er juin 1926 à Los Angeles.
Sa mère et son père sont séparés lors de sa naissance. Sa mère travaille commme monteuse à Hollywood, a de nombreux amants et autant de problèmes mentaux. Pendant longtemps, elle sera inccapable de s'occuper ni de sa fille ni des 2 enfants nés d'une précédentes unions. Les enfants seront placés dans de multiples familles d'accueil. Marilyn aura honte des problèmes de sa mère au point de la prétendre morte.
Pendant les 7 premières années de sa vie, la petite Norma vivra chez ses "parents" adoptifs sans comprendre que la "dame rousse" qui lui rend visite est sa mère. Ensuite, Norma ira de familles d'accueil en orphelinats. En 1941, elle va vivre chez une amie de sa mère et fréquente un jeune homme qu'elle finira par épouser alors qu'elle a à peine 16 ans. Son mari s'engage dans la marine marchande pendant que Norma travaille dans une usine de confection de parachutes.
C'est en 1944 que Norma fait sa première photo professionnelle dans le cadre d'une campagne de l'armée américaine pour promouvoir l'effort de guerre fait par les femmes. En quelques mois, elle fait la couverture d'une trentaine de magazines de pin-up et la "Mmmmm girl" abandonne son travail à l'usine pour se consacrer entièrement au mannequinat. Elle éclaircit ses cheveux et tourne sa première pub pour des maillots de bain. Dans la foulée, elle divorce de son mari en 1946.
Ben Lyon, un cadre de la 20th Century Fox la remarque et lui fait signer un contrat. On lui change son nom en Marilyn Monroe ( Marilyn en hommage à Marilyn Miller et Monroe étant le nom de sa mère ). Elle joue dans Bagarre pour une Blonde et Dangerous Years.
En 1948, elle signe un contrat avec Columbia, joue dans une comédie musicale qui est un flop. Son contrat n'est  pas renouvelé.
Son agent et amant lui obtient un rôle dans Quand La Ville Dort de John Huston et la critique s'enthousiasme pour la belle. Belle qui n'a pas un rond et décide de poser nue sous le nom de Mana Monroe pour mettre du beurre dans les épinards. Evidemment, les photos feront le tour du monde quand Marilyn deviendra célèbre.
Elle tourne au côté de Bette Davis dans Eve de Mankiewicz , le succès est tellement grand qu'elle signe un contrat de 7 ans avec la Fox.
Elle tourne dans des films mineurs, prend des cours d'art et de littérature à l'université de Californie et continue de poser nue! Loin de ternir sa carrière, ses photos de calendrier tendent à accroître sa notoriété...Notoriété acquise aussi grâce à sa liaison avec Joe DiMaggio, star du baseball fraîchement retraitée.  Elle continue de tourner mais les critiques des films ne sont pas géniales. Marilyn Monroe souhaite tourner dans des drames mais ce qu'on lui propose ne lui plaît pas, elle refuse de tourner et la Fox suspend son contrat. Elle en profite pour épouser DiMaggio en 1954 et chanter devant les soldats US en Corée. Tout un programme!
Après le tournage d'un énième échec commercial, Marilyn enchaîne avec 7 ans De Réflexion de Billy Wilder. C'est là qu'elle tournera la scène la plus célèbre de toute sa carrière : robe blanche et bouche de métro.
8 mois après son mariage, Marilyn annonce son divorce! Elle se remet vite et fréquente Arthur Miller quelques mois plus tard. Elle intègre l'Actors Studio, suit les cours de Lee Strasberg, participe aux pièces de théâtre de l'école et connaît beaucoup de succès. Pendant ce temps, 7 ans De Réflexion fait un carton, ce qui permet à Marilyn Monroe de renégocier  juteusement son contrat avec la Fox. Paula Strasberg devient la conseillère perso de Monroe sur chaque film. C'est toujours vers elle que se tourne Marilyn dès qu'une prise est finie. Un mouvement de tête et Marilyn exige de refaire la scène même si le réalisateur est satisfait. La présence de Paula deviendra vite envahissante.
Marilyn continue de tourner mais en 1957, elle fait une fausse couche. Miller l'encourage à retourner sur les plateaux et elle commence le tournage de Certains L'Aiment Chaud de Billy Wilder. Le tournage s'avère pénible pour tout le monde tellement Marilyn se montre capricieuse. Enceinte au moment du tournage, elle fait une nouvelle fausse couche à la fin de celui-ci. Le film est un succès mondial.
En 60, elle tourne Le Milliardaire de Cukor au côté d'Yves Montand avec qui elle a une liaison. Liaison qui s'achève quand Montand refuse de quitter sa femme. Le film est un échec et la santé de Marilyn se détériore. Elle commence à consulter un psychiatre, le Dr Ralph Greenson. Elle le verra tous les jours, parfois plusieurs fois par jour jusqu'à sa mort. Certains prétendront que le bon docteur aurait eu des relations sexuelles avec Marilyn et que, loin de l'aider, il n'aurait fait qu'aggraver son état.
Elle joue dans Les Désaxés de John Huston, écrit par Arthur Miller. Une fois de plus le tournage est un désastre. Clark Gable, son partenaire, meurt en novembre 1960. La presse accusera Marilyn de cette mort en raison de ses retards sur le plateau!! Pois chiche sur le couscous, le film est un échec critique et public! Dans les mois qui suivent, Marilyn Monroe devient de plus en plus accro aux médocs et à l'alcool. Elle divorce de Miller en 61 et se fait interner volontairement dans un centre psychiatrique.
Tenue par son contrat de tourner encore un film pour la Fox, elle entame le tournage de Something's got to give sous la houlette de Cukor qui la déteste prodigieusement.
Malgrè l'interdiction du studio, Marilyn quitte le tournage pour souhaiter un "Bon Anniversaire" à son cher Président Kennedy. Elle retourne sur le tournage et, le 1er juin, le jour de son 36ème anniversaire, on lui organise une petite fête. Ce sera sa dernière apparition professionnelle. La Fox entame un procès à Marilyn pour rupture de contrat et lui réclame des sommes astronomiques. Après des négociations, les poursuites sont abandonnées et on annonce le retour de la star sur le tournage. Marilyn tente de redorer son blason auprès du public et participe à des séances photos et interviews en tout genre. Des nouveaux projets de films sont même évoqués et Marilyn annonce son remariage avec DiMaggio. Il n'empêche que Marilyn Monroe est malheureuse. Elle avoue à sa coiffeuse qu'elle vient de subir un avortement et, totalement déprimée, elle accélère la prise de médicaments...
Marilyn Monroe meurt dans la nuit du 4 au 5 août 1962. Le médecin légiste déclarera un "suicide probable". Sa mort ne sera jamais élucidée. Marilyn n'avait que 36 ans.

C'est le mystère qui entoure sa mort qui entretient le mythe Monroe. Certains prétendent à un complot du FBI ou de la CIA , du clan Kennedy et même de Franck Sinatra... Une nouvelle théorie concerne le psychiatre Ralph Greenson. Présent lors de la découverte de Marilyn, il aurait empêché les secouristes de réanimer la jeune femme...Plus de 40 ans plus tard, la mort de Miss Monroe reste toujours un mystère et il est probable qu'elle le sera toujours.

Un nombre impressionnant de documentaires, téléfilms, biographies et couvertures de magazines lui a été consacré depuis 1966. Son image est encore utilisé dans les pubs ou pour customiser des objets de déco. Elton John et Madonna lui ont rendu hommage dans des chansons. Son portrait par Andy Warhol est l'oeuvre de l'artiste la plus reproduite. Sans compter toutes les femmes qui se vaporisent tous les matins au Numéro 5 en pensant à elle...

«L'idée d'être un symbole me déplaît, mais si je dois être le symbole de quelque chose je préfère que ce soit du sexe.»  Marilyn Monroe 

Site officiel de Marilyn Monroe
 

*vidéo publiée par heavenonearth16

18 avril 2010

Partly Cloudy Court-Métrage de Pixar ( 2009 )

     En cette belle journée de printemps propice à la fantaisie, j'ai décidé de vous faire un petit topo sur la reproduction. On n'en sait jamais assez sur le sujet...
Vous pensiez que les bébés naissaient dans les choux ou dans les roses? ERREUR!! Ils naissent dans les nuages! Et quand je dis bébés, c'est tous les bébés : chiens, hérissons, requins, boucs...
Diffusé juste avant Là-haut ( Up ), ce "petit" film muet est drôle et émouvant...



15 avril 2010

The Party de Blake Edwards ( 1968 )



   Bakshi, acteur indien nul, vient de se faire virer du tournage du remake de Gunga Din, après avoir saccagé par mégarde le décors. Persona non grata, il se retrouve pourtant invité à la fête du producteur qui vient de le virer...Il va accumuler les bourdes toutes la soirée mais il ne sera pas le seul...

The Party n'est pas le film le plus drôle de Blake Edwards, certains gags sont prévisibles et sentent le réchauffé.L'humour absurde et la lenteur du film peuvent rebuter. Si le film a acquis le statut de film culte, c'est surtout grâce à la performance de Peter Sellers, irrésistible dans ce rôle de catastrophe ambulante! Ecrit par Blake Edwards pour Peter Sellers, The Party laisse libre cours au talent d'improvisation de cet acteur de génie. La rumeur qui circule, est que le script ne faisait qu'une cinquantaine de pages, ne servant que de fil conducteur pour Peter Sellers.
L'accent incroyable dont il a affublé le héros, cette courtoisie à toute épreuve, ce sourire béat et cette faculté de ne faire que des gaffes font le comique du personnage. Là où Blake Edwards fait fort, c'est que tous les personnages du film vont faire leur show. Chacun devient le clown de son voisin et vice versa. Le personnage principal devient le lien. Exactement comme Monsieur Hulot, Mon Oncle ou François de Jour de Fête de Jacques Tati.
Il est possible de suivre le personnage grâce à un décor transparent, amovible et totalement cartonné ( qui a coûté pas moins de 200.000 $ ). Pour ce film, Blake Edwards a du faire preuve d'inventivité technique et a utilisé une caméra mobile avec retour vidéo, une première au cinéma. Les séquences s'enchaînent ainsi à une cadence infernale, chaque gag renvoie à un autre avec une constance échevelée.
Outre Jacques Tati, le film fait référence à Buster Keaton ( l'enchaînement des gags ) et à Tex Avery ( la recherche des toilettes et son "Close the door, man" ).
Tout le monde s'en prend plein la tête et l'image du gratin Hollywoodien est définitivement écorné. Notre "héros" a torpillé ces clichés sur pattes, petites marionnettes uniquement préoccupées par l'apparence mais dont le cerveau est plus creux qu'un vase. Les deux personnages qui quittent la fête sont des "innocents" alors que le cataclysme a anéanti les vaniteux ! Biblique peut-être, réjouissant sûrement !


*Vidéo publiée par laurelpho

13 avril 2010

"E" de Francine Desbiens et Bretislav Pojar (1981)

   
 Film d'animation mettant en image une fable philosophique, qui engendre une réflexion sur l'homme, le pouvoir et le monde. «E» égale «E», rien n'est plus simple, direz-vous? Eh, bien non! En vérité, «E» ne sera jamais «E» si en décident autrement le tyran et sa police. Ou comment un seul homme peut annihiler et aliéner un peuple entier! Terriblement d'actualité....


10 avril 2010

Cinéma Paradiso de Giuseppe Tornatore (1989 )



        Rome, 1980. Le grand cinéaste Salvatore Di Vitta vient d'apprendre, par sa mère, la mort de son ami et mentor, Alfredo. Les souvenirs de son enfance lui reviennent en mémoire. Il se revoit, en Sicile, passant ses journées auprès d'Alfredo, le projectionniste du cinéma Paradiso...


Sortez les mouchoirs ! Cinéma Paradiso renoue avec le cinéma populaire italien des 50's. Profondément humain, généreux et enthousiasmant, le film est une réflexion sur la vie et le temps qui passe. Parfois mélodramatique, Cinéma Paradiso oscille entre rires et larmes. C'est un film nostalgique, qui a le goût des villages d'après guerre. La vie s'écoule paisiblement et la seule attraction est la salle de cinéma paroissiale. Ouvertement mélancolique, la présence rassurante de Philippe Noiret illumine le récit de bout en bout. Le gamin est espiègle, le village respire la douceur méridionale...En bref, le film est rempli d'une douce chaleur humaine
Mais, Cinéma Paradiso est aussi, et avant tout, un hommage vibrant au 7ème art ou plutôt à une forme de cinéma à jamais disparu. Le cinéma de Gary Grant, Errol Flynn, Chaplin, Greta Garbo, James Stewart... Un cinéma pas encore industriel , où l'aspect financier ne dominait pas encore l'aspect artistique. Un cinéma où les acteurs étaient des demi-dieux pour les spectateurs. Un cinéma encore magique...Le montage final, mettant en scène les plus beaux baisers du cinéma de l'époque, ferait fondre le cœur du plus blasé des misanthropes.
Oui, on peut le dire, Cinéma Paradiso est un film d'amour. L'amour entre un jeune garçon et un vieux bougon qui l'initie aux petits riens qui font sourire la vie et l'apprendra à voler de ses propres ailes. L'amour entre deux jeunes gens, passionnés et exubérants. L'amour du Cinéma et de ces salles obscures. Sentimental mais aussi rempli d'humour, Cinéma Paradiso est un de ces films que l'on n'oublie pas. Une vraie pépite de cinéma.





7 avril 2010

Loyalty Part 2




Ou directement sur Megavideo ou Movshare et j'ai trouvé cette page avec toutes une liste de liens pour télécharger l'épisode Juste ici. J'espère qu'au moins un lien fonctionnera!

Plusieurs choses me viennent à l'esprit après avoir vu cet épisode :
  1. Vincent et Kathy méritaient mieux que ce double épisode plan-plan qui ne sert, en réalité, que de passage de flambeau à la nouvelle équipe
  2. Les meilleures scènes ont toujours été celles qui témoignent de l'attachement mutuel entre Bobby et Alex ( ce doux baiser m'a étreint le coeur. Je sais, je suis une sentimentale...)
  3. Je ne regarderai plus la série et pas seulement parce que Vincent la quitte. La Mouche et The New Kid sont aussi charismatiques qu'une tasse de thé froid...
  4. Le bleu, c'est une couleur qui va vraiment bien à Vincent... :o)
  5. J'ai besoin d'un psy car j'ai des tas d'idées lubriques qui me viennent en tête quand Vincent est à l'écran même dans les moments tragiques!
Goodbye Bobby! Tes ruses, tes déductions, tes super costards et ton humeur de dog me manqueront!


6 avril 2010

Eclosion de Jérôme Boulbès (2006 )

  Des cubes de pierre solitaires, usés et brisés, flottant dans la brume. Comme signe de vie, ils n’ont que deux petits yeux noirs. Le temps du rassemblement est venu pour eux.

Un petit film plein de fantaisie, de suspense et d'émotion. Un film silencieux mais parlant...

2 avril 2010

Guy de Michael Lindsay-Hogg (1997)

     Une jeune femme, caméra à la main se ballade dans la rue à la recherche d'un sujet. Elle a décidé de filmer la vie d'un type ordinaire. Elle jette son dévolu sur Guy, qui n'est absolument pas enclin à la laisser faire. Il tente de se débarrasser d'elle, en vain. Cachée derrière sa caméra, refusant de dire son nom, elle va le suivre et le filmer jusqu'au tréfonds de son intimité. La relation qui va se nouer entre eux, les changera à un point qu'ils n'avaient pas imaginé...

Autant être honnête tout de suite : je n'aime pas tant le film que l'acteur principal! Je suis évidemment de partie pris et j'assume totalement !
Si vous voulez savoir ce que l'intrusion d'une caméra peut faire sur votre vie, votre façon d'être, regardez TF1 ou Guy !
Guy est un homme ordinaire dont la vie va basculer du (simple ? ) fait d'être filmé 24 heures/24. Comment réagir lorsque l'on se retrouve sous le microscope? C'est toute l'idée du film qui montre un type ordinaire se faire manipuler par une cinéaste plus que déterminée. Pour obtenir de lui ce qu'elle veut, elle jouera la carte du sentiment tout en restant bien cachée derrière sa caméra. Car, cette fille qui demande tout, ne donne absolument rien. Elle et sa caméra réussiront à pénétrer la plus grande intimité de Guy, sans se soucier des conséquences pour lui et son entourage.
Au début, il ne veut rien lâcher, puis, il finira par se prêter au jeu parce qu'il se laisse séduire et manipuler par cette fille mystérieuse. Lui qui ne voulait pas être filmé finira par faire l'amour avec sa copine face caméra et, surtout, face réalisatrice. Car c'est elle qu'il regarde, c'est à cause d'elle qu'il est si agressif... Ce type devient dingue à force d'être scruté en  permanence par cet oeil inquisiteur. Il finira par perdre les pédales et disparaître.
Le film offre un double portrait  : celui de Guy, la victime de ce jeu grotesque; et celui de la réalisatrice, manipulatrice, égoïste, lâche et victime d'elle-même. A force de jouer avec le feu, on se brûle. Non seulement, Guy ne lui laissera pas finir son film mais il va créer chez elle un manque qu'elle n'avait jamais connu alors.  A la fin du film, c'est l'arroseur arrosé. C'est à son tour d'être filmée, épiée, décortiquée. Peut-être bien que Guy n'est pas vraiment une victime après tout...
Pas besoin d'ajouter que Vincent D'Onofrio est excellent, çà serait un euphémisme! Ce que j'ai vraiment aimé, c'est qu'on ne voit pas la réalisatrice, à part ses mains. Ça nous permet d'être totalement à sa place, de voir et d'entendre exactement la même chose qu'elle ... On se retrouve collé au personnage, dans la position du voyeur. On n'a pas forcément envie de voir ce qu'elle nous montre mais on regarde quand même. Et on finit aussi par tout vouloir de lui (OK! Il ne faut pas nous pousser !).
Guy est un film provocateur et dérangeant qui  laisse une drôle d'impression après la vision...

1 avril 2010

Loyalty Part.1



Je me suis dit que çà pourrait vous intéresser...