Vivant dans une démocratie, nous n'avons pas toujours conscience de notre chance. Certains gestes nous semblent naturels alors que dans d'autres pays, ils sont interdits. Nous avons le droit de nous réunir et de manifester notre mécontentement dans les rues de nos villes ( c'est un sport national en France ) alors que dans des pays comme la Chine, l'Iran ou la Corée, organiser une manif' revient à se mettre soi-même la tête sur le billot.
Pour nous, réaliser un film est non seulement autorisé par nos gouvernements mais aussi encouragé! L'État et les Régions ont un budget spécial culture et une part de ce budget est prévu pour le cinéma. Le plus dur pour un cinéaste est de trouver des fonds et une équipe compétente pour mener à bien le projet. Il ne manque plus qu'un ministre pour épingler une médaille de Chevalier des Arts et des Lettres voire, la Légion d'Honneur aux valeureux artistes qui donnent de leur temps et de leur énergie pour faire grandir les esprits des spectateurs ou du moins les divertir.
Oui, mais voilà, le Monde n'est pas la France ni l'Europe ni même cette chère Amérique de l'entertainment. A l'heure où je vous écris, Jafar Panahi croupit à Evin, la plus grande prison de Téhéran depuis le 1er mars pour un crime horrible : il a réalisé des films dans lesquels il dénonce l'inhumanité du régime iranien! En d'autre termes, cet homme pétri d'humanisme est en taule car il a pris une caméra! Pour le même geste, Tim Burton a été fait Officier des Arts et des Lettres à Paris le mois dernier. Jafar Panahi a soutenu le mouvement vert d'opposition au président Ahmadinejad et, est officiellement accusé d'avoir tourné un film sur les émeutes et la torture.
Le cinéaste est pourtant reconnu à travers le monde et a reçu de nombreuses récompenses pour son travail ( Lion d'Or pour Le Cercle en 2000, Ours D'Argent pour Hors Jeu en 2006 , Caméra d'Or à Cannes pour Le Ballon Blanc en 1995, le Prix du Jury Un Certain Regard en 2000 pour L'Or Pourpre ). Il devait faire partie du jury du Festival de Cannes cette année mais sa participation semble compromise. Le gouvernement iranien l'ayant déjà empêché d'assister à la Berlinale cette année, même si Jafar Panahi était libéré, il y a peu de chance pour que son gouvernement le laisse fouler le sol français. Le Quai D'Orsay a officiellement dénoncé cette incarcération en condamnant "l'arrestation et l'emprisonnement de l'un des représentants les plus éminents du cinéma iranien d'aujourd'hui". "Nous le disons avec d'autant plus de détermination qu'il est invité au festival international du film de Cannes. Il y a toute sa place. Nous l'attendons à Cannes". ( Source : L'Express.fr ).
Jafar Panahi, n'est hélas pas un cas isolé. Lou Ye est interdit de tournage en Chine depuis la sortie de son dernier film sur les manifestations de la place Tian'anmen ( Une jeunesse chinoise ). A présent, il tourne ses films sous le manteau, au péril de sa liberté, peut-être même de sa vie.
Bahman Ghobadi, cinéaste iranien, a vu son film Les Chats Persans interdit sur le territoire. Il y est persona non grata.
En Indonésie, une loi récente a renforcé la censure. Les cinéastes doivent se prémunir d'un certificat pour exercer leur métier, de nouveaux contenus sont interdits : la nudité frontale, l'homosexualité et les transgressions religieuses...Tout est fait pour museler les artistes.
Si je devais faire la liste de tous les cinéastes interdits de tournage, censurés, violentés...je n'en aurais pas assez de toute ma vie! Pour ces cinéastes, tourner un film est un acte de bravoure et de rébellion. Que l'on aime ou pas leur travail, ce n'est pas la question. Ce qui compte, c'est de reconnaître leur courage et notre chance d'être né(e) du bon côté du globe.
Lors de l'arrestation de Roman Polanski, nombre d'artistes et de politique se sont manifestés pour dénoncer un acte qu'ils jugeaient arbitraire. Les médias ont relayés l'information à profusion. Mais peu se sont exprimés sur le sort de Jafar Panahi. Apparemment, ce qui arrive de l'autre côté de la Terre n'émeut pas grand monde. A moins que l'on considère que violer une mineure est un acte moins grave que d'exprimer sa voix par le biais d'un film?
Il n'y a plus qu'à espérer que Jafar Panahi recouvre rapidement la liberté et qu'un jour, lui et tous les opprimés puissent s'exprimer librement. Mais là, je crois que c'est de la fiction...
Pour nous, réaliser un film est non seulement autorisé par nos gouvernements mais aussi encouragé! L'État et les Régions ont un budget spécial culture et une part de ce budget est prévu pour le cinéma. Le plus dur pour un cinéaste est de trouver des fonds et une équipe compétente pour mener à bien le projet. Il ne manque plus qu'un ministre pour épingler une médaille de Chevalier des Arts et des Lettres voire, la Légion d'Honneur aux valeureux artistes qui donnent de leur temps et de leur énergie pour faire grandir les esprits des spectateurs ou du moins les divertir.
Oui, mais voilà, le Monde n'est pas la France ni l'Europe ni même cette chère Amérique de l'entertainment. A l'heure où je vous écris, Jafar Panahi croupit à Evin, la plus grande prison de Téhéran depuis le 1er mars pour un crime horrible : il a réalisé des films dans lesquels il dénonce l'inhumanité du régime iranien! En d'autre termes, cet homme pétri d'humanisme est en taule car il a pris une caméra! Pour le même geste, Tim Burton a été fait Officier des Arts et des Lettres à Paris le mois dernier. Jafar Panahi a soutenu le mouvement vert d'opposition au président Ahmadinejad et, est officiellement accusé d'avoir tourné un film sur les émeutes et la torture.
Le cinéaste est pourtant reconnu à travers le monde et a reçu de nombreuses récompenses pour son travail ( Lion d'Or pour Le Cercle en 2000, Ours D'Argent pour Hors Jeu en 2006 , Caméra d'Or à Cannes pour Le Ballon Blanc en 1995, le Prix du Jury Un Certain Regard en 2000 pour L'Or Pourpre ). Il devait faire partie du jury du Festival de Cannes cette année mais sa participation semble compromise. Le gouvernement iranien l'ayant déjà empêché d'assister à la Berlinale cette année, même si Jafar Panahi était libéré, il y a peu de chance pour que son gouvernement le laisse fouler le sol français. Le Quai D'Orsay a officiellement dénoncé cette incarcération en condamnant "l'arrestation et l'emprisonnement de l'un des représentants les plus éminents du cinéma iranien d'aujourd'hui". "Nous le disons avec d'autant plus de détermination qu'il est invité au festival international du film de Cannes. Il y a toute sa place. Nous l'attendons à Cannes". ( Source : L'Express.fr ).
Jafar Panahi, n'est hélas pas un cas isolé. Lou Ye est interdit de tournage en Chine depuis la sortie de son dernier film sur les manifestations de la place Tian'anmen ( Une jeunesse chinoise ). A présent, il tourne ses films sous le manteau, au péril de sa liberté, peut-être même de sa vie.
Bahman Ghobadi, cinéaste iranien, a vu son film Les Chats Persans interdit sur le territoire. Il y est persona non grata.
En Indonésie, une loi récente a renforcé la censure. Les cinéastes doivent se prémunir d'un certificat pour exercer leur métier, de nouveaux contenus sont interdits : la nudité frontale, l'homosexualité et les transgressions religieuses...Tout est fait pour museler les artistes.
Si je devais faire la liste de tous les cinéastes interdits de tournage, censurés, violentés...je n'en aurais pas assez de toute ma vie! Pour ces cinéastes, tourner un film est un acte de bravoure et de rébellion. Que l'on aime ou pas leur travail, ce n'est pas la question. Ce qui compte, c'est de reconnaître leur courage et notre chance d'être né(e) du bon côté du globe.
Lors de l'arrestation de Roman Polanski, nombre d'artistes et de politique se sont manifestés pour dénoncer un acte qu'ils jugeaient arbitraire. Les médias ont relayés l'information à profusion. Mais peu se sont exprimés sur le sort de Jafar Panahi. Apparemment, ce qui arrive de l'autre côté de la Terre n'émeut pas grand monde. A moins que l'on considère que violer une mineure est un acte moins grave que d'exprimer sa voix par le biais d'un film?
Il n'y a plus qu'à espérer que Jafar Panahi recouvre rapidement la liberté et qu'un jour, lui et tous les opprimés puissent s'exprimer librement. Mais là, je crois que c'est de la fiction...
Jafar Panahi, emprisonné à Téhéran depuis 60 jours.































