Logorama est un film du collectif H5 ( François Alaux,Hervé de Crécy et Ludovic Houplin ). Réalisé en image numérique, c'est un film "d'action" dans lequel chaque personnage est un logo de marque célèbre. L'occasion pour nous de découvrir Ronald McDonald en psychopathe, Monsieur Propre en guide de zoo ou les Pringles en obsédés sexuels...La peur d'un procès par l'une, voir toutes les marques ( environ 3000 ) a été effacé par l'obtention de nombreux prix dont un Oscar. Il serait idiot de s'attaquer à un film oscarisé. Enfin, espérons-le pour eux! Tous les détails du film, des passages- piétons aux tasses à café sont des logos existants. Autant dire qu'il est impossible de tous les voir mais c'est amusant d'essayer. La qualité graphique n'est pas exceptionnel mais en ces temps de surconsommation, il est amusant de voir ces logos détournés, limite ridiculisés... Je vous poste le film en VF (1) et en anglais (2). Le doublage de la version française craint un max...
Trois étudiants en cinéma tournent un docu sur une sorcière vivant dans la forêt de Blair. Ils se perdent et disparaissent. Le film est la vidéo qu'ils ont tourné et que l'on a retrouvé un an plus tard sur les lieux de la disparition.
Promenons-nous dans les bois tant que le loup y est, ou plutôt la vieille sorcière avide de chair fraîche. Le Projet Blair Witch a fait un carton en salle et les VHS se sont vendues comme des petits pains. Non pas parce que le film est un chef d'oeuvre mais parce qu'il a bénéficié d'une stratégie de vente originale. Des rumeurs ont été lancées sur Internet, faisant passer le film pour vrai et laissant croire à la disparition réelle de 3 personnes! De plus, ni les acteurs, ni l'équipe du film n'a laissé filtrer d'infos sur le tournage, entretenant encore plus le mystère...
Il faut reconnaître que Le Projet Blair Witch ressemble vraiment à un documentaire, étant donné que ce sont les acteurs eux-même qui tenaient les 2 caméras : une pour le film lui-même et une autre pour le making-of. Le scénario était quasi-inexistant, laissant la part belle à l'improvisation.
L'histoire est d'ailleurs assez mince et ne laisse pas de mystère puisque, dès le départ, on sait que nos 3 amis vont disparaître ( mourir? ). Le plus intéressant est que le contexte est réaliste et que ce qui arrive pourrait arriver vraiment. Les étudiants ressemblent à n'importe quel étudiant, les faits qui se produisent n'ont rien de surnaturels, la forêt n'est pas "magique"...Ce qui fait peur, c'est tout ce qu'on ne voit pas. Le côté "vidéo-amateur" nous oblige à regarder à travers les yeux des protagonistes et on ne voit que ce qu'ils voient ou nous laissent voir. Il n'y a pas d'autres caméras pour nous donner des indications de ce qui se passe autour d'eux. On ne voit jamais l'agresseur : est-ce une sorcière, un tueur en série, un des 3 étudiants qui a pété un câble, un habitant de Blair, un lapin géant???? Çà peut être tout et n'importe quoi, ce qui est bien flippant! La forêt est en elle-même un lieu angoissant, avec ses bruits étranges, ses arbres étouffants, ses animaux sauvages...La nuit est propice aux agressions et phénomènes bizarres. Tout est fait pour que l'on reste scotché à son fauteuil et qu'on ne mette plus jamais les pieds dans une forêt!
Le problème, c'est que le film est poussif. Certains bruits sont franchement énormes et certains plans frisent le ridicule. Quand Heather demande pardon à tout le monde, on a surtout envie de lui donner un mouchoir et un bain plutôt qu'une accolade!
Sans compter tous ces symboles ( dignes d'un bon épisode de Buffy contre les Vampires ), ces autels satanistes, une corde de pendu à l'entrée de la maison, les rires d'enfants...qui prêtent plus à l'agacement qu'à engendrer un sentiment de peur. Moi qui croyait que le Siècle des Lumières avait anéanti les croyances populaires de sorcelleries et autres diableries...il faut croire que non!
L'aspect "fait maison" devient vite insupportable. La caméra qui bouge dans tous les sens pendant une heure et demi, c'est plus qu'il n'en faut pour mon petit estomac! Titanic m'a donné moins mal au coeur!
J'ai peut-être vu un peu trop de film pour me laisser emballer par un projet dont l'aspect le plus intéressant consiste à intégrer une caméra comme personnage à part entière du film. D'autant que cette pratique n'a rien de nouveau ( contrairement à ce qui a été dit lors de la sortie du film ). PeterWatkins l'a utilisé dans la quasi-totalité de ses films. Je n'ai pas besoin de vous dire queMichaelLindsay-Hogg l'avait fait 2 ans plus tôt avec Guy ( dans lequel joue un Apollon ). Je citerais également C'est Arrivé Près de Chez Vous deRémyBelvaux.
Rien de neuf sous le soleil.
D'autant que Le Projet Blair Witch reprend en grande partie les codes du film d'horreur classique : l'anormalité dans la normalité, la terreur suivie de l'horreur, le plongeon dans la folie...
Il est probable que les spectateurs n'ont pas été dupes puisque le second volet a été un vrai bide. Ce qui n'a pas découragé les producteurs qui, depuis, ont commis des REC et autres Paranormal Activity.
Comme quoi, il ne faut pas laisser une caméra entre toutes les mains...
En début de semaine, Tim Burton et Helena Bonham-Carter étaient présents à Paris pour présenter Alice Aux Pays Des Merveilles et pour que Tim reçoive la médaille d' Officier dans l'ordre des Arts et des Lettres. A cette occasion, le magazine Première a interviewé le cinéaste et son épouse.
A l'occasion du 60ème anniversaire du Festival de Cannes, 35 cinéastes réalisent chacun un court métrage de trois minutes sur le thème de la salle de cinéma.
Le film regroupe 33 segments car les frères Coen et les frères Dardenne travaillent ensemble.
Comme dans tous les projets collectifs, certains courts sont meilleurs que d'autres mais l'ensemble du projet est, non seulement cohérent, mais aussi très émouvant. C'est fort de voir des personnes issues de pays différents, de cultures différentes s'unir autour d'un même projet. Et je ne vois pas quel meilleur cadeau pouvait s'offrir le Festival pour son anniversaire?!
Voici ceux qui m'ont le plus touché, amusé...:
Anna de Alejandro Gonzalez Inarritu : Un couple assiste à la projection du Mépris de Godart. L'homme décrit le film point par point à sa compagne car elle est aveugle. Soudain, elle sort de la salle, allume fébrilement une cigarette. Son compagnon la rejoint, elle lui demande si le film est en noir et blanc. Il lui répond qu'il est en couleur. Elle se jette dans ses bras et fond en larme. Pendant tout le film, on entend la musique du Mépris. 3 minutes d'émotions pures, d'amour en barre.
Diaro di uno spettatore ( Journal d'un spectateur) de Nanni Moretti : Nanni Moretti, assis dans une salle de cinéma, face caméra, raconte ses ( mauvais ?) souvenirs de cinéma. De sa mère qui lui a repproché pendant des mois de l'avoir emmené voir Légende d'Automne, à son fils qui veut voir Matrix, Nanni s'épanche avec humour et amour.
Cinéma de Boulevard de Claude Lelouch : 1936, un homme aborde une femme dans un cinéma après l'avoir suivie dans la rue. Sur l'écran, Fred Astaire déclare sa flamme à Ginger Rogers dans Top Hat. Quelques mois, plus tards, elle est enceinte et les deux amoureux continuent de hanter les salles de cinéma. Après la mort du père, la mère continue d'aller au ciné et revoit Top Hat mais cette fois en compagnie de son fils. Fils qui a rencontré Fred Astaire et est devenu un cinéaste de renom. Car ce petit garçon, c'est Claude Lelouch. Ou comment raconter sa vie en moins de trois minutes.
Occupations de Lars Von Trier : Un spectateur s'ennuie devant le film. Très fier de lui, il raconte sa vie à son voisin de fauteuil, ne se souciant pas de le déranger. Le type ne bronche pas jusqu'à ce que l'autre lui demande ce qu'il fait dans la vie. Là, il lui répond "Tueur", se lève et lui défonce le crâne à coups de marteaux puis se rassoit et regarde la fin du film. Pour tous ceux qui ont subi les bavardages sans broncher mais qui rêvaient de cogner les responsables. Jouissif .
First Kiss de Gus Van Sant : Un jeune projectionniste met en route un film. Il va dans la salle. Sur l'écran, c'est une mer paradisiaque et une blonde qui l'est tout autant. Le garçon se déshabille, traverse l'écran et embrasse la blonde. Pour tous ceux qui aiment mélanger réalité et fictions et qui rêvent de rencontrer leurs personnages de films préférés. Elton et Valentino, par exemple... :o)
Cinéma érotique de Roman Polanski : Un couple regarde un film érotique ( Emanuelle) au cinéma. Ils sont dérangés par un homme qui geint. Visiblement, le Monsieur se fait plaisir tout seul. Ils préviennent la Direction du cinéma. Après vérification, on s'apperçoit que le malheureux ne se masturbe pas mais qu'il est tombé du balcon et qu'il pousse des cris de douleurs! Je crois qu'il n'y a rien a ajouter!
At the Suicide of the Last Jew in the World in the Last Cinema in the World ( Le Suicide du DernierJuif du Monde dans le Dernier Cinéma du Monde) de David Cronenberg : tout est dit dans le titre. Le pauvre bougre a décidé de se tuer dans les toilettes du dernier cinéma, événement relayé en direct sur une chaîne info par deux journalistes cyniques, odieux et répugnants.
Rencontre Unique de Manoel De Oliveira : La rencontre entre Kroutchev et le Pape Jean XXIII. Film muet en noir et blanc, emprunt d'humour et de fantaisie.
Happy Ending de Ken Loach : Un père et son fils font la queue au cinéma. Comme ils ne savent pas quoi aller voir, le père lit les résumés des films. Après avoir lu les scénarios plus nuls les uns que les autres, le fils propose à son père d'aller voir ...un match de foot! Parfois, un bon match vaut mieux qu'un mauvais film, même pour un cinéaste!
Artaud Double Bill de Atom Egoyan : Que fait-on dans une salle de cinéma? On regarde le film et on envoie des SMS pour dire à l'autre, qui est dans une autre salle, ce que l'on voit. Les deux films s'entremêlent, les images se percutent...
L'ensemble des réalisateurs :
Cinéma d'été de Raymond Depardon
One Fine Day ( Une Belle Journée) de Takeshi Kitano
Trois Minutes de Theo Angelopoulos
Dans le Noir de Andreï Konchalovsky
Diaro di uno spettatore de Nanni Moretti *
The Electric Princess House de Hou Hsia-Hsien
Dans l'obscurité de Jean-Pierre et Luc Dardenne
World Cinema de Joel et Ethan Coen
Anna de Alejandro Gonzalez Inarritu *
En regardant le film de Zhang Yimou
Le Dibbouk de Haïfa de Amos Gitaï
Lady Bug de Jane Campion
Artaud Double Bill de Atom Egoyan *
Valimo ( La Fonderie) de Aki Kaurismäki
Recrudescence de Olivier Assayas
47 ans Après de Youssef Chahine
It's a dream de Tsaï Min Liang
Le Don de Raoul Ruiz
Occupations de Lars Von Trier *
Cinéma de Boulevard de Claude Lelouch *
First Kiss de Gus van Sant *
Cinéma érotique de Roman Polanski *
No Translation Needed de Michael Cimino
At the Suicide of The Last Jew in the World in the Last Cinema in the World de David Cronenberg *
I travelled 9000 km o give it to you ( J'ai fait 9000 km ) de Wong Kar Waï
Where is my Romeo? de Abbas Kiarostami
The Last Dating Show ( La Séance du Dernier Rendez-Vous ) de Bille August
Irtebak ( Maladresse ) de Elia Suleiman
Rencontre Unique de Manoel de Oliveira *
À 8944 km de Cannes de Walter Salles
War in Peace de Wim Wenders
Zhanxiou Village ( Au village ) de Chen Kaige
Happy Ending de Ken Loach *
/A noter que le segment de David Lynch, Absurda, présenté lors de l'ouverture du Festival ne fait pas partie de Chacun Son Cinéma...
Emilie Duquenne, Jeanne Moreau, David Cronenberg, Beat Takeshi, Josh Brolin, Elia Suleiman, Denis Podalydès, Jean-Claude Dreyfuss, Michael Lonsdale, Michel Piccoli, Nanni Moretti, Zinedine Zoualem, Lars Von Trier, Sara Forestier...font partie du casting.
Je vous poste Worl Cinema des frères Coen qui est également très bon ( vidéo publiée par khayambashi )
Ainsi que Absurda de David Lynch car, bien que ne faisant pas partie du film, ce segment aurait pu en faire partie sans problème. Et c'est bizarre à souhait...( vidéo publiée par thepesci)
*Vous trouverz le segment de David Cronenberg ici.
Fin des années 20. Howard Hughes, jeune héritier d'une riche famille texane, investit Hollywood et devient producteur. Il réalise un film, Les Anges De L'Enfer, consacré à sa passion : l'aviation. Le film lui coûte beaucoup d'argent et de temps. Fin des années 40, il crée sa propre compagnie d'aviation et donne naissance au plus grand hydravion de l'histoire de l'aviation. Entre les deux époques, il aura produit de grands films, fait le tour du monde en un temps record, séduit les plus grandes stars du cinéma, gagné et perdu un tas de fric, fait la une de la presse à scandale, perdu la raison...
Howard Hughes est une légende. Sa réclusion volontaire pendant les dernières années de sa vie est pour beaucoup dans la construction du mythe.
Qui mieux que Martin Scorsese, immense réalisateur, pouvait raconter l'histoire de cet aventurier, séducteur, aviateur, businessman, sujet aux pires névroses, sans tomber dans un académisme plan-plan et sans faire de psychologie de bazar?
D'un point de vue formel, Aviator est le film le plus classique de Martin Scorsese qui remplit son cahier des charges de la biographie filmée. Martin Scorsese restitue parfaitement l'ambiance de l'époque à tel point que le film semble tout droit sortir des années 30! Les dialogues, les scènes de fêtes, l'utilisation de la couleur ( du type Cinecolor, pour la partie de golf et son incroyable herbe bleue, et Technicolor pour le reste du film), les tournages pharaoniques, les épisodes aériens et les personnages hauts en couleurs ( Katharine Hepburn, Ava Gardner, Errol Flynn, Jean Harlow) : tout y est. Mais le film n'est pas un hommage figé à ce cinéma disparu car Martin Scorsese s'intéresse surtout à l'homme et à sa perception tordue du monde dans lequel il vit.
La vie d'Howard est une souffrance quasi-perpétuelle : une poignée de main est une épreuve, sortir des toilettes lui donne des sueurs froides, les aliments lui font peur, l'autre est un ennemi...Les seuls moments de paix sont ceux où il s'envoie en l'air à bord d'un de ses avions. D'aucuns remarqueront que Hughes, phobique des microbes à l'extrême, ne pouvait pas serrer une main mais pouvait coucher avec la première fille venue et a vécu enfermé un an dans la même pièce sans y faire le ménage. Aussi étrange que celà paraisse, c'est pourtant la vérité. Ses propres germes ne l'effrayaient pas, pas plus que ceux d'une jolie fille! A moins que le désir sexuel ne soit plus fort que tout ?!
La mise en scène de Martin Scorsese suggère le désir d'Howard de s'envoler au-dessus des autres ( aux sens propres et figurés). Hughes est un ambitieux, avide de pouvoirs, de réussites, de gloire...Réussites parsemées de chutes brutales et vertigineuses comme ses deux accidents d'avion dont il ressort meurtri mais encore plus tenace. A la fin de sa vie, Hughes se retrouve seul. Forcément.
Martin Scorsese a su s'entourer d'interprètes de talents, à la hauteur de l'histoire, dont Léonado DiCaprio ( hallucinant), Cate Blanchett, Kate Beckinsale, John C.Reilly, Alec Baldwin, Jude Law...
Scorsese ne joue pas au psy mais il plonge dans le labyrinthe d'un personnage complexe, ambivalent, désespérément humain. Un film immense pour un personnage immense.
"Je ne pensais pas comprendre cet univers jusqu'à ce que je lise le script, qui parlait d'Howard Hughes comme d'un homme jeune, vibrant, obsédé par la vitesse. Un visionnaire qui voulait voler comme un dieu mais portait en lui tous les éléments de sa déchéance. Ses faiblesses sont inscrites dansses gènes"Martin Scorsese, Première n°335
*Pour l'anecdote, c'est Léonardo DiCaprio qui a proposé le script à Martin Scorsese...dont la phobie de l'avion est de notoriété publique!
*A noter aussi que les décors ont été en grande partie brûlés par les incendies qui ont sévi en Californie en 2003.
*Le film a reçu 3 Oscars dont celui de meilleure actrice dans un second rôle pour Cate Blanchett ainsi que le Bafta du meilleur film.
La minute culturelle de Mlle Potzina : Je vous ai parlé de l'utilisation de couleurs semblables à celles du Cinecolor et du Technicolor. Le Cinecolor a été utilisé à partir de 1932 et n'utilisait que des filtres de deux couleurs : le rouge et le bleu. Il pouvait produire des tons rouges, oranges, bleus, bruns et des tons chairs mais le reste ( principalement les verts brillants et les violets) étaient mis en sourdine. Ce qui explique les arbres bleus par exemple. Le Technicolor utilisait des filtres de trois couleurs ( rouge, bleu et vert ), ce qui a permis d'améliorer la qualité de l'image. On a utilisé la méthode du Technicolor jusqu'en 1955. Après cette date, la mention "Color by Technicolor" désigne le traitement de la pellicule par le laboratoire Technicolor.
Comme la cérémonie des Oscars approche, que le film est nominé et qu'il ne sortira jamais en France ( j'en suis malheureusement sûre), je nous fais plaisir avec la bande annonce... C'est toujours çà de pris! Et Vincent rit, alors...
Los Angeles. Une superbe jeune femme brune devient amnésique suite à un accident de voiture. Elle trouve refuge chez une jeune actrice, Betty, qui va l'aider à découvrir sa véritable identité ...
Vais-je tenter une analyse du film? Non... c'est impossible !
La première partie du film est "normale" ( je mets des " " car normal chez David Lynch, c'est franchement bizarre chez un autre !). On suit les deux jeunes femmes faire leur petite enquête, se rapprocher l'une de l'autre jusqu'à devenir amantes. En parallèle, on suit les tribulations d'un jeune cinéaste qui tente de monter son film, se bat avec les hautes instances d'un studio, se fait cocufier par sa femme et subit les menaces d'un étrange cow-boy... Jusqu'ici toutva bien !
Puis, d'un coup, on bascule dans un autre film. Betty se réveille dans la peau de Diane, une actrice misérable. Elle est la maîtresse d'une célèbre actrice (Camilla) qui passe son temps à la torturer en la trompant avec tout ce qui bouge... Sachant que la maîtresse est la mystérieuse femme du début, que l'un de ses amants est le jeune réalisateur du début et que la charmante gardienne d'immeuble de la première partie est devenue la mère du jeune réalisateur... Vous ne comprenez rien ? Normal ! Ce film est un des plus grand mystère du cinéma ! L'oeuvre de David Lynch est étrange et envoûtante. Tous ses films (excepté Une Histoire Vraie) ne sont pas construits de façon linéaire comme la plupart des autres films. Mulholland Drive ne faillit pas à la règle. Il en est même l'expression la plus intense. Le film est parsemé d'une galerie de personnages plus étranges les uns que les autres, certains apparaissent et disparaissent comme par magie...
Certains (les plus courageux) ont tenté d'apporter une explication : la première partie du film serait un rêve que fait Diane et la seconde serait la réalité (après son réveil). Possible mais il y a quand même des contradictions dans ce cas là. Comment Diane peut-elle rêver d'une logeuse qu'elle ne connaît pas encore ? Pourquoi le meurtre qu'elle commandite dans la réalité se déroule en rêve et la pousse au suicide ? On pourrait poser une centaine de questions de ce genre...
Pendant longtemps, j'ai eu le sentiments d'être totalement idiote après la vision d'un film de David Lynch. L'expérience sensorielle que me proposait Lynch m'a toujours enthousiasmé mais, ne comprenant rien, j'avais l'impression d'avoir le Q.I d'une huître. Jusqu'au jour où j'ai vu une interview de Mr Lynch sur Arte dans laquelle il expliquait qu'il n'y avait rien à comprendre, et que ceux qui prétendaient comprendre quoique ce soit étaient, soit passés à côté du film, soit des menteurs ! Il a expliqué qu'il pratique le yoga tous les jours depuis des années et que ses films ne sont que l'expression sur pellicule des visions qu'il a pendant ses transes ! Ses films sont faits pour provoquer des émotions, des sensations physiques.
David Lynch commente Mulholland Drive en disant que
"il s'agit du rêve d'Hollywood, d'une relation entre deux filles différentes et d'un polar, avec des virages intéressants."
C'est assez parlant, je trouve...
David Lynch nous emmène dans un univers très particulier qui peut en rebuter plus d'un. Je n'ai jamais pris de drogues de ma vie mais, je crois qu'un film de Lynch doit faire le même effet que la prise de LSD !
*Si vous avez envie d'en savoir plus, je vous conseillece superbe site de fans et ce blog.
Je vous poste ce clip réalisé par JoannaUchia93 que je trouve très réussi...