Sale temps pour Griffin Mill, directeur de production pour un grand studio Hollywoodien. Non seulement il reçoit des cartes postales menaçantes qui semblent émaner d'un scénariste déçu, mais en plus son emploi au sein de la Major est menacé!
Après une petite enquête, il pense que celui qui lui envoie les cartes est David Kahane. Il le rencontre dans un bar, la conversation s'envenime et Griffin tue David dans une ruelle. Il est très vite soupçonné par la police. Le pire, c'est que le lendemain, il reçoit de nouvelles menaces de mort...
Le film commence par un plan-séquence superbement maîtrisé de 8 minutes. On voit immédiatement que l'on joue dans la cour des grands ! Robert Altman ne se contente pas de démolir Hollywood, il le fait avec classe ! Il est comique de voir défiler tout le gratin hollywoodien pour participer à la satire d'un milieu dont ils font pleinement partie...Pas moins d'une quarantaine de célébrités défilent sous la caméra d'un Robert Altman plus brillant que jamais. Altman n'épargne personne : producteurs, scénaristes, acteurs...Tout le monde en prend pour son grade. Il ose même se parodier lui-même.
Le film est un faux thriller dans le sens où le meurtre et l'enquête sont un prétexte à une satire féroce d'un milieu où tout repose sur les apparences. Le seul personnage a faire preuve d'honnêteté est David Kahane et il est victime d'un meurtre ! Comme s'il était impossible d'avoir quelques principes moraux à Hollywood.
On baigne dans un milieu d'ordures. Même la compagne de Kahane ne ressent aucune peine et mieux encore, elle va entretenir une liaison avec le meurtrier de son compagnon.
C'est à celui qui poignardera l'autre en premier pour sauver ses fesses. Le grand scénariste qui ne voulait surtout pas de "Happy End" finit par signer une bluette sentimentale pour répondre aux sirènes de Hollywood et s'assurer un portefeuille bien rempli.
Outre le scénario et la réalisation, le film tire sa force d'une interprétation très juste et d'un casting de rêve.
Tim Robbins est génial dans ce rôle d'arrogant aigri craignant pour sa "petite" vie. Salaud toute catégorie, il est aussi à l'aise dans les scènes de frime que dans les scènes de totale panique. Son face à face (beaucoup trop court) avec Vincent D'Onofrio est remarquable. VDO est excellent en scénariste déçu, speedé et amer. Mon désespoir est, qu'une fois n'est pas coutume, son personnage se fait tuer...
Greta Scacchi est excellente en artiste vénéneuse ; Whoopi Goldberg n'a jamais été aussi surprenante qu'en tenant ce rôle de flic...
Un casting prestigieux, un scénario solide et un réalisateur au mieux de sa forme = The Player.















































