27 février 2010

The Player de Robert Altman (1992)

   
    Sale temps pour Griffin Mill, directeur de production pour un grand studio Hollywoodien. Non seulement il reçoit des cartes postales menaçantes qui semblent émaner d'un scénariste déçu, mais en plus son emploi au sein de la Major est menacé!
Après une petite enquête, il pense que celui qui lui envoie les cartes est David Kahane. Il le rencontre dans un bar, la conversation s'envenime et Griffin tue David dans une ruelle. Il est très vite soupçonné par la police. Le pire, c'est que le lendemain, il reçoit de nouvelles menaces de mort...

Le film commence par un plan-séquence superbement maîtrisé de 8 minutes. On voit immédiatement que l'on joue dans la cour des grands !  Robert Altman ne se contente pas de démolir Hollywood, il le fait avec classe ! Il est comique de voir défiler tout le gratin hollywoodien pour participer à la satire d'un milieu dont ils font pleinement partie...Pas moins d'une quarantaine de célébrités défilent sous la caméra d'un Robert Altman plus brillant que jamais. Altman n'épargne personne : producteurs, scénaristes, acteurs...Tout le monde en prend pour son grade. Il ose même se parodier lui-même.
Le film est un faux thriller dans le sens où le meurtre et l'enquête sont un prétexte à une satire féroce d'un milieu où tout repose sur les apparences. Le seul personnage a faire preuve d'honnêteté est David Kahane et il est victime d'un meurtre ! Comme s'il était impossible d'avoir quelques principes moraux à Hollywood.
On baigne dans un milieu d'ordures. Même la compagne de Kahane ne ressent aucune peine et mieux encore, elle va entretenir une liaison avec le meurtrier de son compagnon.
C'est à celui qui poignardera l'autre en premier pour sauver ses fesses. Le grand scénariste qui ne voulait surtout pas de "Happy End" finit par signer une bluette sentimentale pour répondre aux sirènes de Hollywood et s'assurer un portefeuille bien rempli.
Outre le scénario et la réalisation, le film tire sa force d'une interprétation très juste et d'un casting de rêve.
Tim Robbins est génial dans ce rôle d'arrogant aigri craignant pour sa "petite" vie. Salaud toute catégorie, il est aussi à l'aise dans les scènes de frime que dans les scènes de totale panique. Son face à face (beaucoup trop court) avec Vincent D'Onofrio est remarquable. VDO est excellent en scénariste déçu, speedé et amer. Mon désespoir est, qu'une fois n'est pas coutume, son personnage se fait tuer...
 Greta Scacchi est excellente en artiste vénéneuse ; Whoopi Goldberg n'a jamais été aussi surprenante qu'en tenant ce rôle de flic...
Un casting prestigieux, un scénario solide et un réalisateur au mieux de sa forme = The Player.




25 février 2010

Sex is comedy de Catherine Breillat (2002)

Jeanne réalise un film s'intitulant "Scènes Intimes". Elle doit filmer une scène de sexe difficile entre ses deux acteurs principaux. Aidée par son assistant, elle doit composer avec les sentiments de chacun, la mauvaise volonté de son acteur principal et les problèmes techniques...



C'est probablement le film le plus accessible de Catherine Breillat. C'est un film très personnel que nous propose la cinéaste puisqu'elle met en scène un personnage qui réalise des films très semblables aux siens...La ressemblance entre Anne Parillaud qui incarne Jeanne et Catherine Breillat est troublante : même démarche, même regard, phrasé identique...Jeanne, c'est Catherine. Regarder Sex is Comedy, c'est regarder un documentaire sur la façon de travailler de Breillat. Beaucoup reprochent à Breillat de "maltraiter" les comédiens sur ses tournages et de faire dans l'exhibitionnisme gratuit. A la vision de ce film, on peut se dire que tout n'est pas faux. Elle manipule ses comédiens pour obtenir d'eux ce qu'elle veut sans trop se soucier des conséquences psychologiques...Cependant, elle a parfaitement conscience de ce qu'elle fait comme elle a conscience que l'équipe technique désapprouve sa façon de faire. Qu'importe! Pour Jeanne/Catherine, la seule chose qui compte, c'est le film! L'Art au-dessus de tout!


Quand Catherine Breillat filme le sexe de façon aussi frontale, crue...ce n'est pas par exhibitionnisme ou par envie de choquer. C'est pour parler de la réalité des choses ou plutôt de la chose. Au cinéma, le sexe est toujours beau, facile et extatique...Dans la réalité, les choses sont différentes. Le sexe, c'est plus compliqué. Ce n'est pas toujours agréable, ce n'est pas toujours facile de se laisser aller, le plaisir n'est pas toujours au rendez-vous...Et tourner une scène de sexe réaliste n'est pas chose aisée. L'aspect purement technique échappe au spectateur mais filmer le sexe requiert la même technicité que de filmer un match de boxe! Le placement des caméras, des lumières, des corps...tout est calculé. La difficulté est renforcée par la pudeur des acteurs et leur sensibilité. Et c'est là que la réalisatrice entre en jeu, rassure, cajole, maltraite aussi pour faire sortir de ces petites âmes tout ce qu'elles ne veulent pas montrer! Tans pis si ce jeune homme se sent humilié, tans pis si cette jeune fille fait une crise de nerf car le résultat est là, bien au chaud dans sa boîte, fixé à jamais sur pellicule...Sex is comedy mais pas pour les acteurs, ni l'équipe technique qui assiste médusée à l'acharnement de la cinéaste. Une équipe technique assignée à résidence, soumise à l'énergie créatrice du "monstre", attendant pendant des heures ses décisions, se soumettant aux changements...
Le film est une vraie réflexion sur le cinéma et après l'avoir vu, on peut se demander si tout çà en vaut vraiment la peine. Car au fond, ce n'est "que" du cinéma...
Ce que je reprocherai au film, c'est son côté pensant. Il se veut philosophique, limite métaphysique parfois et ce n'est vraiment pas nécessaire. Le sujet se suffit amplement à lui-même. Le film est également un peu froid. Bizarrement, plus la caméra s'approche, plus on se sent loin des personnages...
Sex is comedy vaut surtout pour le regard réaliste, cynique et ironique que Breillat pose sur elle-même. Il faut beaucoup de courage pour montrer ce que l'on est, ce que l'on fait et la façon dont on le fait. Elle ne cherche pas à se rendre sympathique, elle ne cherche pas l'absolution non plus. C'est également une belle leçon de cinéma que nous propose Breillat.
J'ajouterai une mention spéciale à Roxanne Mesquida, parfaite dans le rôle de cette jeune actrice fragile et sensible. Tout comme à Grégoire Colin qui apporte humour et légèreté à un film qui en a bien besoin...

22 février 2010

Qu'est-il arrivé à Baby Jane de Robert Aldrich (1962)

   Au temps du cinéma muet, 'Baby Jane' (Bette Davis) est une super star, une des premières enfants stars. Sa soeur, Blanche (Joan Crawford) est plus timide et reste dans l'ombre...Dans les années 30, les rôles sont inversés : Blanche connaît la gloire et Jane est oubliée.
Bien des années plus tard, elles vivent ensemble et sont névrosées. Blanche est devenue infirme à la suite d'un étrange accident et semble soumise aux délires sadiques de sa soeur qui multiplie les mauvais traitements. Jane ne cesse de répéter son antique tour de chant dans l'espoir de remonter sur scène...

     Baby Jane est devenu un film culte et est le symbole du cinéma " d'horreur psychologique".
Un réalisateur génial mettant en scène deux "monstres sacrés", et des dialogues signés Robert Altman, on ne pouvait qu'atteindre l'excellence.
     Le film se situe juste après la fin de la gloire des studios, le rêve est terminé depuis longtemps... C'est une histoire cynique, triste et pathétique. Le film dénonce avec force la vie de ces 'bébés stars', sacrifiés sur l'autel de la réussite et de la gloire ; évoluant dans un monde d'adultes et volés de leur enfance. Il n'y a pas d'autres destins que de sombrer dans la plus effroyable obscurité pour ces gloires éphémères. Alcool et schizophrénie sont au rendez-vous pour ces oubliés qui ont brûlés leurs ailes sur l'autel des ambitions de leurs parents, vivant par procuration leurs rêves de gloire...


     Le film ne serait pas ce qu'il est sans le jeu époustouflant de Bette Davis, métamorphosée pour l'occasion en loque humaine, vieillit pour paraître  70 ans. Elle joue à merveille cette adulte dotée de l'esprit d'une enfant, aigrie et revancharde. Son visage se transforme, son corps délivre le terrible secret : Baby Jane vit toujours en elle, cette enfant partage le corps de cette vieille femme et la pousse au bord du plus profond des précipices... Le jeu de Joan Crawford est tout aussi intense. Elle est saisissante dans ce rôle d'infirme, pétrie de remords...Le duo fonctionne à merveille et nous transporte dans l'histoire monstrueuse de ces deux femmes.
     A cela s'ajoute une réalisation intelligente : Aldrich ne fait pas dans le sensationnel, il laisse la part belle à ses deux actrices et fait preuve d'une certaine inventivité. Par exemple, l'éclairage de la chambre de Blanche qui évolue au fil de l'histoire. On n'est pas loin d'un Hitchcock en très grande forme pour ce qui est de faire monter la tension avec ces 'petits riens' qui vous glacent le sang. Aldrich mélange l'humour noir, le suspense et une bande son hallucinante (les chansons qu'entonnent Jane sont des morceaux de morbidité) avec un réel savoir-faire.
      Le film se nourrit également de la relation désastreuse unissant Davis et Crawford... Elles se détestaient ouvertement ! Pendant la promo du film, Aldrich a assuré qu'elles s'étaient toutes deux bien comportées sur le plateau, conscientes de la chance de renouer avec le succès ( leurs carrières étaient en chute libre depuis des années et elles n'apparaissaient plus que dans les magazines à scandales). On veut bien le croire mais plusieurs anecdotes (potins?) de tournage laissent penser le contraire... Entre autre, Bette Davis aurait frappé Crawford durant une scène de bagarre et,  pour se venger, Crawford aurait remplie les poches de sa partenaire avec des briques pour qu'elle se brise le dos ! Charmant... Vrai ou pas, tout ceci a fait une très bonne pub au film... Qu'est-il arrivé à Baby Jane a été présenté au Festival de Cannes et hué par les journalistes. Cela n'a pas empêche le public de se déplacer en salle et de faire du film un succès commercial.
Hué à Cannes hier, film culte aujourd'hui...


19 février 2010

Boulevard du Crépuscule (Sunset Boulevard) de Billly Wilder (1950)

1949, Hollywood. Joe Gillis, un scénariste sans argent, accepte l'hospitalité d'une ancienne star du cinéma muet, Norma Desmond, qui vit recluse sur Sunset Boulevard. Norma lui confie une adaptation de Salomé car elle espère faire son grand retour à l'écran. Joe s'exécute à contrecoeur et passe rapidement du statut d'employé à celui d'amant ( gigolo ?)...

     Ce film est l'histoire d'une séduction et d'une chute, le conflit de deux générations, le choc de deux époques. Celle déjà lointaine du muet et celle naissante des 50's. Billy Wilder n'est pas tendre avec ce nouveau Hollywood dont il met en exergue le mercantilisme et l'âpreté. Mais il n'épargne pas non plus celui des années 20 même s'il y trouve une grandeur déliquescente, une extravagance qui satisfont ses penchants expressionnistes (très affirmés à l'époque), son goût de la tragédie et son humour caustique.

Personnage pathétique et monstrueux, Norma Desmond trouve en l'incroyable Gloria Swanson une interprète d'exception. Elle assume tous les excès de son personnage et nous offre une superbe interprétation de la gestuelle du muet.
Norma incarne un temps aboli, un monde disparu ; sa villa inquiétante, sa voiture, son majordome-mari-mentor en sont les reflets. Joe Gillis se laisse entraîner dans ce monde par lâcheté...
Hollywood passe pour une ville sans histoire et c'est un tort. Surgie du néant, cette ville s'est construite sur le terrain de l'illusion et des faux-semblants : le cinéma. Or il n'y a pas d'art plus fragile que le cinéma... Un art affamé de nouveaux visages et de nouveaux corps, abandonnant sans plus de remords ceux et celles qui ont participé à sa gloire et sa mythologie. Norma succombe à son image artificiellement préservée par le cinéma. Hollywood est une ville funèbre et cannibale...
La force du film tient non seulement de l'interprétation mais aussi du réalisme. Gloria Swanson est elle-même une ancienne star des films muets, la plupart des jeunes spectateurs de l'époque ne la connaisse même pas ! Il est encore plus troublant de la voir interpréter un personnage avec qui elle partage la perte de la gloire... D'autant plus que sa collection personnelle de photos sert à décorer la maison de Desmond, ce qui contribue encore à flouter la barrière entre réel et fiction...
Le film est rempli de références cinématographiques : Autant en emporte le vent, le Dahlia Noir, Rudolph Valentino, Greta Garbo, Bebe Daniels...
Le choix de la distribution n'est pas innocent : en plus de Swanson, on retrouve Erich Von Stroheim qui était un réalisateur important de l'époque du muet. Dans une scène, on le voit même regarder un film avec Norma, ce n'est autre que Queen Kelly, qu'il a lui-même réalisé et dans lequel joue Gloria Swanson... De même, Cecil B. DeMille, qui joue son propre rôle dans le film, a découvert Gloria Swanson...
Les amis qui viennent jouer au bridge chez Norma sont des anciennes stars du muet (on y voit entre autre Buster Keaton) et Norma imite même Charlie Chaplin.
Les lieux de tournage ne sont pas anodins non plus : outre une scène tournée au studio Paramount, le domicile de Joe Gellis existe réellement et servait à héberger les scénariste de la Paramount.
Tout est fait pour apporter de la crédibilité et pour perdre le spectateur entre rêve et réalité.
Certaines répliques du film sont devenues cultes, probablement car elles sont chargées de cynisme. Le film n'est d'ailleurs pas dénué d'humour mais c'est un humour d'une grande noirceur.
Le succès du film à sa sortie ( 11 nominations aux Oscar, plusieurs Golden Globes...) ne s'est toujours pas démenti. Boulevard du crépuscule est réguliérement en bonne position dans les classements de plus grands films, de meilleures répliques, de meilleure musique...


18 février 2010

Quand le cinéma se regarde le nombril...

                               Celà fait longtemps que le cinéma aime se contempler dans un miroir et le film sur le cinéma est devenu un genre à part entière. Exercice narcissique qui permet au 7ème Art d'entretenir son propre mythe. Au début, le représentation est optimiste comme dans Mirages (King Vidor 1928) où une jeune fille de province rêve de gloire et y parvient. La vision idéale s'assombrit avec Une étoile est née de William Wellman en 1937. Mais le plus célèbre et le plus cruel demeure Boulevard du crépuscule (Sunset Boulevard, Billy Wilder 1950) qui raconte l'histoire d'une star déchue du cinéma muet sombrant peu à peu dans la folie. Wilder reviendra sur ce thème en 1977 avec Fedora ou le portrait d'une star oubliée, cloîtrée à Corfou et enfermée dans ses souvenirs.
En 1952, Vincente Minelli met en scène Kirk Douglas en producteur véreux qui va tout sacrifier pour sa passion du cinéma. A partir de cette date, à cause de la concurence de la TV (?), le cinéma se délecte de plus en plus de lui-même et s'affirme comme un art traditionnel, bourgeois et donc décadent. S'installe alors une image négative du cinéma et de ses vedettes qui culminera dans les 60's et 70's. Les cinéastes se régalent des misères des stars et dénoncent l'envers du décors. L'argent, la célébrité et la gloire ne font pas le bonheur. Grandeur et décadence d'un milieu fondé sur l'argent et l'apparence.
En France aussi le cinéma se penche sur lui-même. Dans Vie Privée (Louis Malle 1962), Brigitte Bardot incarne une star glorifiée mais à qui le bonheur échappe.
On retrouvera Bardot dans Le Mépris de Godart (1963) qui raconte le naufrage d'une histoire d'amour entre un scénariste et sa femme lors d'un tournage à Capri. Le personnage de Bardot meurt mais le tournage ne s'arrête pas car, au cinéma, c'est la fiction qui domine sur le réel.
Fiction et réalité se combattent jusqu'à produire des effets inattendus. Ainsi, dans La Rose Pourpre du Caire ( Woody Allen ), une serveuse se réfugie au ciné pour oublier la morosité de son existence. Elle va tellement de fois voir le même film que le héros finit par la remarquer et décide de traverser l'écran pour la rejoindre! La barrière entre imaginaire et réel n'existe plus!
En 1973, c'est au jeu du quiproquo et du miroir que se livre Truffaut dans La Nuit Américaine. C'est par le procédé du film dans le film que Truffaut exprime son amour pour le cinéma et le pourquoi de cet amour.
Dans une veine nostalgique le Barton Fink des frères Coen (Palme d'or, Cannes 1991), raconte la guerre sans pitié que se livrent créateurs et financiers à Hollywood. De même, dans The Player (1991), Robert Altman signe une charge extrêmement violente à l'égard d'Hollywood et des studios. C'est un vrai jeu de massacre auquel se prêtent une quarantaine de célébrité dont Julia Roberts, Bruce Willis, Jack Lemon, Tim Robins, Vincent D'Onofrio, Whoopi Goldberg...totalement maso mais ravies de dénoncer un système où les maîtres mots sont arrogance, arrivisme et cynisme !
Dans les 90's, le cinéma s'interroge enfin sur la cinéphilie et le pouvoir du cinéma. Ainsi, en 1995, Tim Burton rend hommage à Ed Wood et raconte l'histoire d'amour entre le pire cinéaste de tout les temps et le cinéma. De même, dans Travelling Avant de Jean-Charles Tacchela (1987), le cinéma ira jusqu'à bouleverser la conscience et la sensibilité de trois affamés de films.
Mais le cinéma s'interroge aussi sur le processus même de création. Dans Sexe is Comedy (2001), Catherine Breillat suit une réalisatrice dans la fabrication de son film et la façon dont elle manipule ses comédiens pour obtenir d'eux tout ce qu'elle veut.
Tous ces films posent au fond la même question : A quoi sommes-nous prêts, nous, gens du cinéma pour réaliser ce rêve qu'est un film? A tout.

14 février 2010

Can I touch you? Poème de Aparna Chatterjee.

Can i touch you?
I say.

You say.

















12 février 2010

La saga ALIEN


La saga Alien suit le lieutenant Ripley dans son combat contre des créatures extra-terrestres avides d'êtres humains.

     En 1979, déboulent sur les écrans des créatures répugnantes et hyper violentes. Sous la houlette de Ridley Scott vient de naître une des sagas les plus rentable de l'histoire du cinéma.

     De retour d'une mission, l'équipage du Nostromo fait halte sur une planète après avoir reçu un message de détresse. Mauvaise idée. Un des membres de l'équipage se fait attaquer par une créature étrange. L'équipage le ramène à bord du vaisseau mais ce qu'ils ne savent pas encore, c'est que la bestiole a pondu à l'intérieur du corps du malheureux et que le rejeton n'est pas du genre pacifiste. Pendant l'heure qui va suivre, on va assister à un massacre de l'équipage, excepté Ripley (et son chat) qui s'en sort in extremis après avoir failli mourir 20 fois.
     Autant le dire, ce film n'est absolument pas reposant. Très novateur à sa sortie, le film n'a presque pas vieilli. A part la scène où l'équipage découvre que Ash est un robot (plutôt comique), Alien, le Huitième Passager mérite sa place au rang de film culte. Scott a inventé le genre SF gore et maîtrise bien son sujet. La mise en scène joue sur l'obscurité et sur ce qui est caché. La peur naît de tout ce qu'on imagine tapi derrière nous. Car il faut un moment avant de voir la créature mais, quand elle apparaît enfin à l'écran, on est frappé par sa laideur et son aspect repoussant et terrifiant. Dans le genre, on n'a pas fait mieux depuis. Son système de reproduction est une trouvaille fantastique pour terrifier tout à chacun ! Que celui qui n'est pas écœuré par les systèmes parasitaires de certains insectes lève la main. Pas de main levée ? Normal ! Et l'idée d'être soi-même l'hôte d'une telle créature est simplement insupportable. D'autant que Scott a renchéri dans l'horreur avec la "mise au monde" de la créature...
Le personnage de Ripley est parfaitement interprété par Sigourney Weaver. Elle est pour beaucoup dans la réussite du film. Elle joue juste du début à la fin sans jamais en faire des tonnes. Au départ, son personnage devait être un homme, ce qui explique son caractère.


     Dans le second volet, Alien-le Retour (1986), c'est James Cameron qui est aux commandes.

Ripley a dérivé dans l'espace pendant 50 ans avant d'être repêchée par une mission de sauvetage. Elle raconte ce qui s'est passé mais personne ne la croit car, la planète sur laquelle vivait la créature a été colonisée par une communauté humaine qui y vit paisiblement. Jusqu'au jour où on perd le contact avec les habitants... Ripley accepte de repartir dans le but de dégommer tous les monstres. Ce deuxième volet est beaucoup moins bon que le premier. Il y a beaucoup trop de personnages. On se retrouve avec une cargaison de soldats dont on ne retient même pas les noms. Sans compter la lumière du film ou plutôt son absence ! Le film est difficilement regardable tellement il fait noir. On a aussi droit à des filtres rouges et bleus qui explosent les yeux... De plus, le personnage de Ripley est sous-exploité pendant la première heure du film. La seule vraie bonne surprise est la "mère" des créatures. Cet espèce de reine insectoïde est terrifiante ! Dès qu'elle apparaît à l'écran, le film prend une autre dimension, plus angoissante et visuellement plus réussi. Une autre bonne idée est d'inclure dans la galerie des personnages une petite fille à laquelle Ripley s'attache rapidement. Non seulement le spectateur est encore plus angoissé à l'idée qu'une petite fille puisse mourir mais celà donne aussi un aspect plus doux au personnage de Ripley...

     On retrouve Ripley dans un troisième épisode intitulé Alien 3 réalisé par David Fincher en 1992. Les survivants du second opus sont éjectés de leur vaisseau  à la suite d'un incendie. Malheureusement, les capsules de survie s'écrasent et il ne reste qu'un survivant. Devinez qui ? Ripley ! Elle attérit au milieu d'une prison pour hommes. Elle pourrait se faire du soucis de se retrouver au milieu de mâles en rut mais elle a beaucoup mieux à faire puisqu'elle a embarqué avec elle un alien très méchant, très affamé et très content de retrouver Ripley puisqu'il a pondu un bébé à l'intérieur de son joli ventre ! Tous ceux qui avaient été en manque de sang dans les premiers numéros en auront pour leurs frais dans celui-ci. On doit voir s'écouler pas moins de 300 litres d'hémoglobine en moins de deux heures. Petit cœur s'abstenir...
Le scénario du film est plus mince qu'une feuille à cigarette puisqu'il est surtout question de scènes d'action, de courses-poursuites, de gore et de fin tragique. Rien ne nous est épargné : ni la mort d'une enfant, ni  l'éventration d'un chien innocent, ni la mort de notre héroïne sous forme de suicide christique... Le film n'a d'intérêt que pour la scène de poursuite dans les sous-sols de la prison, brillamment mise en scène par Fincher. A noter aussi que Ripley a le crâne rasé (super) et que l'alien sort du corps d'un chien et qu'il se déplace à quatre pattes... Dire qu'Alien 3 est mauvais n'est pas de la méchanceté puisque Fincher lui-même a renié ce film, à tel point qu'il n'apparaît pas dans sa filmo sur les DVD de ses films !!

     Et là vous vous dites : ça y est, c'est fini. Ripley est morte donc c'est la fin de la saga. Râté ! C'est mal connaître le génie de Hollywood. Il suffit de la ressusciter et le tour est joué !

     On retrouve donc Jean-Pierre Jeunet à la tête de Alien - la Résurrection en 1997.

     Cela fait 200 ans que Ripley a fait le grand plongeon et des savants véreux décident de la cloner afin d'étudier l'alien qui vivait en elle. Mais, surprise ! Ripley partage avec la bestiole des caractéristiques génétiques et l'alien a une partie de la mémoire de Ripley. De plus, pour étudier les aliens, les scientifiques font appel à des pirates de l'espace pour leur trouver des cobayes humains et implanter les embryons...
Jeunet réalise un Alien assez rock et réussi. Le personnage de Ripley est différent puiqu'elle est à moitié Alien. Froide, distante, arrogante, fascinante... Weaver est géniale et apporte une nouvelle dimension à son personnage (elle n' a jamais été aussi sexy...). L'Alien aussi est différent puisqu'il finit par abandonner le mode de reproduction ovipare, il a des sentiments, il communique... Cet épisode est sans doute le plus psychologique de toute la saga. Et le plus sensuel aussi. ( La présence d'un français à la réalisation doit y être pour quelque chose... ^^). Certaines scènes sont marquantes comme celle sous l'eau et celle où Ripley et la créature se retrouve seules et s'appréhendent l'une l'autre... Toujours aussi gore, ce dernier volet bénéficie de la présence d'acteurs chevronnés dont Ron Perlman ou Dominique Pinon.

     Il n'empêche qu'il était temps que la saga s'achève car on finissait un peu par tourner en rond. Malheureusement pour nous, les studios US en mal d'inspiration et d'argent, ont eu l'idée saugrenue de mixer l'univers d'Alien à celui de Predator dans Alien vs Predator et Alien vs Predator : Requiem en 2004 et 2007.
Pour moi, comme pour la majorité des cinéphiles, ces derniers films ne font pas partie de la saga pour la simple et bonne raison que Sigourney Weaver ne fait plus partie du casting.

     La saga Alien a marqué un vrai tournant dans le genre film de monstres et est devenue totalement culte pour toute une génération de spectateurs.

7 février 2010

Le Voyage dans la Lune de Georges Méliès (1902)

 Lors d'un congrès scientifique du club des astronomes, il est décidé d'organiser une expédition vers la Lune. Dans une usine, on construit un canon géant qui permettra d'envoyer un obus-fusée. L'obus pique en plein dans l'oeil de l'astre et c'est le début d'une folle aventure pour les intrépides explorateurs...

      Quand les Frères Lumière projettent leur premier film en 1895, Méliès entrevoit tout de suite les fabuleuses possibilités du cinéma. Louis Lumière refuse de lui vendre une caméra prétextant que le "cinéma est une invention sans avenir". Méliès s'entête et cet expert en pyrotechnie, illusion et magie sera le premier à mettre en scène des récits fantasmagoriques, posera les bases des trucages... En bref, il sera l'inventeur des premiers effets spéciaux. En 1896, il en découvre un par hasard :
Un blocage se produisit. Une minute fût nécessaire pour remettre l'appareil en marche. Pendant cette minute, les passants, les omnibus avaient changé de place. En projetant la bande, je vis un omnibus Madeleine-Bastille changé en corbillard et les hommes en femmes. Le truc par substitution était trouvé.
     Il construit un studio dans son jardin et met au point une série de trucages. Il superpose deux scènes sur une seule pellicule, joue avec les distances et découvre qu'un personnage vêtu d'une cagoule sombre devant un tableau noir paraît décapité !
     Le Voyage dans la Lune symbolise à lui seul l'immense talent du créateur. En 1902, il bouleverse l'exploitation cinématographique en imposant le "grand spectacle" avec une vraie mise en scène et le ciné de (science)-fiction ! Il s'inspire d'une opérette de Offenbach, du roman de Jules Verne De la Terre à la Lune et des écrits d' H.G Wells à qui il emprunte les hommes-langoustes vivant dans les souterrains. Méliès donne libre cours à son imagination débordante et délirante. Il invente des figures de montage et de style. On y trouve un travelling avant, plusieurs  raccords de mouvements et de directions.
     Le public fût enthousiasmé par la virtuosité technique, les décors animés et le burlesque de situation. Sans compter avec la pointe d'érotisme apportée par les formes généreuses des danseuses costumées en matelots.
     Le film aura un succès immense aussi bien en France qu'aux USA où il sera maintes fois plagié. C'est avec Méliès que le spectacle cinématographique a vu le jour...
     Il a été classé parmi les 100 meilleurs films du 20ème siècle...
La version que je vous propose comporte une bande son non présente dans l'original.
Georges Méliès interprète lui-même le personnage de Barbenfouillis, le président du club des astronomes.

4 février 2010

Wall-E de Andrew Stanton (2008)

22ème siècle. La Terre est devenue un immense dépotoir, ce qui a contraint les humains à la quitter pour vivre à bord d'un vaisseau spatial. Sur place, ils laissent des robots Wall-E (Waste Allocation Load Lifter Earth-Class) pour nettoyer la Terre. Le temps passant, il ne reste plus qu'un seul Wall-E qui a eu le temps de développer une forte personnalité et un goût immodéré pour la collection d'objets anciens! La quiétude de Wall-E est bientôt troublé par l'arrivée d'une sonde robotisée dénommée EVE (Extraterrestrial Vegetation Evaluator) dont la mission est de ramener une preuve de vie sue Terre aux humains. Wall-E tombe amoureux d'EVE au point de tout plaquer pour la suivre dans l'espace et vivre une folle aventure...

Neuvième long métrage du studio Pixar, Wall-E est un vrai chef d’œuvre du film d'animation.On a beau savoir que le film est signé Pixar, rien ne préparait à une telle réussite. Dès le début, l'histoire embarque le spectateur, qui laisse passer une heure avant de se rendre compte qu'il n'y a pas de paroles ! L'équilibre entre l'image, le mouvement et le son est parfait et offre un résultat beau, drôle, émouvant et compréhensible par tous.
L'histoire a une forte dimension écologique ( dans l'air du temps) puisque les humains doivent abandonner la Terre qu'ils ont souillé. Mais, là où les autres films d'anticipations donnent au futur une image post- apocalyptique, Wall-E est positif. Oui, la pire va arriver mais les humains seront capables de réagir avec bon sens (quitter la Terre pour qu'elle se "repose" et la faire nettoyer par des robots) et tout s'arrangera. Le film n'est pas culpabilisant mais ressemble plus à une mise en garde. Quand Nicolas Hulot & Cie nous culpabilisent d'allumer la lumière, Wall-E nous laisse l'allumer mais nous demande juste de l'éteindre avant de sortir.
Le deuxième thème est la surconsommation et ses effets sur la planète et sur l'Homme. On l'aura compris, la Terre est devenu une vaste déchetterie à cause de la consommation à outrance. Il y a tellement d'ordures que Wall-E les compacte et les transforme en building. La surconsommation a un effet dévastateur sur les humains eux-mêmes qui sont devenus obèses et inactifs. On les voit à bord de l'Axiom se faire servir par des robots et passer leur journée à manger et chater ! Ils sont incapables de marcher seuls et s'ils tombent de leur chaise, il doivent appeler les secours ! Il n'y a qu'à la fin du film où ils se redressent enfin pour reconquérir leur statut d'Hommes. C'est un reflet de se qui se passe dans le monde occidental. Le taux d'obèses n'a jamais été aussi important surtout chez les enfants. Soumis toute la journée à la publicité, aux milliers de produits colorés et alléchants, la majorité d'entre nous oublie qu'il faut se nourrir pour vivre et non vivre pour se nourrir...
Enfin, le film traite aussi des nouveaux modes de communication virtuels. A force de ne "parler" qu'avec des personnes sur son ordinateur, les individus ne savent plus à quoi ressemble leur voisin et sont incapables de communiquer entre eux...
Le film n'est jamais moralisateur, il est simplement le reflet de notre société et de ses dérives.
Comme d'hab' chez Pixar, le film fourmille de références cinématographiques. D'abord, 2001, l'Odyssée de l'espace, SF oblige ! L'Auto-pilote est une copie du Hal de 2001,  le capitaine se lève pour la 1ère fois comme le 1er singe de 2001 et  on entend même le Beau Danube Bleu quand le capitaine se fait un café ! On pense aussi à Titanic pour la scène du vaisseau qui s'incline, à la Guerre des Etoiles pour les robots et le langage de Wall-E copié sur R2D2...Et le film que regarde Wall-E est Hello, Dolly !
Le film est aussi un petit bijou de tendresse, d'amour et de drôlerie. Qui aurait dit qu'on pouvait pleurer devant une histoire d'amour mettant en scène deux robots?
Magnifiquement réalisé, à la pointe du savoir faire Pixar, Wall-E est le film de SF le plus accessible et le plus joyeux que j'ai jamais vu!
Plus d'infos? le site de PIXAR

*Vidéo publiée par WallEMovie

2 février 2010

Impostor de Gary Fleder (2001)


       2075, des méchants aliens attaquent les colonies humaines depuis 10 ans. Spencer Ohlam, un brillant scientifique travaille sur une arme de destruction massive. Un matin, Ohlam est accusé d'être un imposteur alien et  de haute trahison. Il parvient à échapper à la police avec une seule idée en tête : prouver son innocence.

Impostor est l'adaptation d'un roman de Philippe K. Dick, auteur de Blade Runner, Minority Report, Total Recall, Planète Hurlante...Autant dire que l'annonce d'une nouvelle adaptation d'un roman du maître de la SF fait saliver les amateurs du genre. Sans compter un casting intéressant : Vincent D'Onofrio, Madeleine Stowe et Gary Sinise pour ne citer que les têtes de casting...Une appréhension cependant pour le réalisateur responsable des très moyens Le Collectionneur et Pas un Mot... Appréhension justifiée après le visionnage du film... Immense déception : Sinise n'a jamais été aussi mauvais depuis son rôle de Mc Taylor dans les Experts ! Froid, absent, aussi charismatique qu'une guimauve, il ne nous fait pas aimer son personnage. Tout ce qui peut bien lui arriver laisse indifférent et c'est dommage vu que c'est le personnage principal ! Deuxième déception, le personnage de Stowe est presque invisible, à la limite de l'inutile sauf pour la fin !
Les effets spéciaux ne sont pas terribles...L'appart' de Olham et sa femme se veut Hi-Tech mais on n'y croit pas. Les séquences aériennes ressemblent à celles de Star Wars (les nouveaux) qui étaient déjà navrantes chez Lukas. Passe encore si au moins le scénario tenait la route. On assiste à une chasse à l'homme façon Le Fugitif et c'est tout! La seule chose qui vaille le détour, c'est la fin du film qui respecte l'oeuvre de K.Dick et qui nous inspire un peu d'émotions...
Même Vincent a dû mal à exister dans tout cela ! Son personnage est un flic entêté, borderline et misanthrope... Il aurait pu être le plus méchant gentil du cinéma si son personnage n'avait pas été réduit au mec qui court dans tous les sens, un talkie walkie à la main, tout de noir vêtu. Oui, oui, le noir lui va très bien et ce petit bouc lui va à ravir mais comme l'a dit un fan de Vincent D'Onofrio: "Impostor n'est qu'un film avec Vincent portant un bouc!"
Sans compter une mise en scène plate et formatée et un visible manque de moyens...
Grâce aux géniaux ingénieurs, le DVD existe, ce qui nous permet de ne regarder que les scènes avec Vincent car il est toujours agréable de le mater ! Et éventuellement, de faire des collages pour les copines !!







*Trailer publié par adrianopel
J'adore les bandes-annonces américaines. A chaque fois, il y a une chaude et virile voix off pour expliquer l'histoire comme si les images ne suffisaient pas!  Ici, c'est encore plus fort, car on voit la fin du film !

1 février 2010

Solaris de Steven Soderbergh (2003)

     Quelques mois après le suicide de sa femme, le Dr Chris Kelvin (George Clooney), psychiatre, est appelé en renfort sur la station orbitale autour de la planète Solaris. Il découvre l'équipage affolé, en proie à des phénomènes étranges. Il ne va pas tarder à subir lui-même ces phénomènes et sa vie en sera à jamais bouleversée...

       Steven Soderbergh qui réalise un film de Science-Fiction ? Bizarre ? Un peu, oui. Solaris est un film de SF sans en être un totalement : il fait référence à 2001: l'Odyssée de l'espace, dans le sens où l'on se retrouve dans une station orbitale dans laquelle il se passe des choses très désagréables et parce que Soderbergh emprunte à Stanley Kubrick son sens de l'épure. Mais la comparaison s'arrête là. Le début du film est assez laborieux : l'arrivée dans la station manque de fluidité et on se demande ce qu'on fait ici. On a même l'impression que le cinéaste se frotte à un genre qui ne lui convient pas. Puis une scène superbe, qui mérite à elle seule d'être vue, nous réveille et nous emporte totalement dans l'histoire. Le gentil docteur est endormi et sa femme lui apparaît en rêve. Est-ce qu'il rêve ou est-ce qu'elle est vraiment là ? Chris se perd entre fantasmes et réalité et ne sait plus où il en est. A ce titre, on peut remercier Soderbergh d'être le roi du flashback et  un maître du montage. Parce qu'en fait, le scénario de Solaris est le prétexte à une histoire d'amour et à une grande question : quand une personne meurt, que nous rappelons-nous d'elle ? Se souvient-on vraiment d'elle ou fabriquons-nous des souvenirs ? Sommes-nous capables de "bien" nous souvenir des gens que l'on a connu et aimé ?
Personnage neutre au départ, l'épouse de Kelvin se construit en fonction des souvenirs tronqués de son mari. Elle se raccroche à une vie qui n'est pas la sienne et son destin ne peut-être que la répétition de ce qu'elle a vécu (je n'en dirai pas plus si vous n'avez pas vu le film...). Bouleversante et poignante, elle se cherche un passé tandis que son mari se débat dans le présent et se cherche un futur...
Les dialogues sont ici réduits au minimum mais il s'en dit plus que dans de longues tirades sur l'amour ou sur la seconde chance. Ce qui envoûte aussi, c'est la musique de Cliff Martinez qui instaure un climat très particulier.
Remake du film de Andreï TarkovskiSolaris n'est pas un chef d'oeuvre et ceux qui veulent de la SF pure et dure en seront pour leur frais... Solaris est une expérience sensorielle et émotionnelle qui est à voir au moins une fois  pour la prestation de Georges Clooney parfait de sobriété et de mélancolie et pour la sublimissime Natascha McElhone...